Jacques Aschenbroich a présenté hier à la presse son plan stratégique pour permettre à Valeo de renouer avec la croissance et de jouer "un rôle actif dans la consolidation de l’industrie". "Lorsque j’ai fait le diagnostic de la situation du groupe à mon arrivée, j’ai constaté des faiblesses, dont deux à mon sens inadmissibles : le manque de croissance, le chiffre d’affaires du groupe était étal quand nos concurrents progressaient de 30 à 60%, et le manque de rentabilité", a souligné le directeur général de Valeo. "J’ai pour obsession la croissance et la rentabilité. Notre stratégie doit permettre d’assurer la croissance organique de Valeo et d’atteindre un taux de rentabilité du niveau de celui des meilleurs", a-t-il dit.
Le directeur général vise un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros en 2013 (contre 7,5 milliards en 2009) et une marge opérationnelle de 6 à 7% en 2013 (contre 1,8% en 2009). Il a indiqué que 72% de l'objectif de chiffre d’affaires pour 2013 était "déjà en carnet de commandes" et qu’il "ne se souciait pas pour la réalisation des 28% restant".
Un milliard d’euros de CA avec la réduction de CO2
Estimant que l’environnement et les économies d’énergie constituent "une lame de fond dans l’industrie automobile", M. Aschenbroich a fait de la réduction des émissions de CO2 "la ligne directrice" de sa stratégie de croissance pour les années qui viennent. Valeo "a les produits et les technologies" pour se positionner sur le marché de la réduction des émissions de CO2, qui présente un potentiel de 20% de croissance annuelle, a-t-il assuré. Valeo a d’ailleurs présenté toute sa gamme de produits actuels et futurs contribuant à réduire les émissions de CO2 et à diminuer le poids du véhicule. Le chiffre d’affaires représenté par ces différents produits devra doubler d’ici 2013 à 1 milliard d’euros.
Pour M. Aschenbroich, la technologie Stop and Start devrait ainsi équiper 20 à 30% des véhicules d’ici 2020, les LED (phares), 40%, et l’électronique de puissance visant à réguler les moteurs électriques, 25%.
L’autre principal axe de croissance du groupe est son développement dans les pays émergents et notamment en Chine et en Inde où Valeo entend réaliser 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2013.
600 licenciements
Pour parvenir à l’objectif de 6 à 7% de marge opérationnelle d’ici 4 ans, M. Aschenbroich compte sur la nouvelle organisation du groupe autour de quatre grands pôles d’activité*, mise en place en juillet. Cette organisation, qui remplace "une organisation obsolète", doit engendrer une optimisation des coûts et une réduction des frais administratifs devant se traduire par 1,5 point de marge opérationnelle dès 2012.
Dans le cadre de cette réorganisation, le directeur général a en outre annoncé la suppression de 600 emplois en Europe dont la moitié en France. Entre novembre 2008 et décembre 2009, l'équipementier a déjà supprimé 9% de ses effectifs, soit 5 000 postes dont 1 600 en France.
Le directeur général a jugé "peu probable" la fermeture d’un site en France. Il a en revanche prévenu que les activités dont le retour sur investissement serait inférieur à 20% d’ici 2013 seront cédées. "Je ne crois pas qu’une seule de nos activités n’en soient pas capables", a-t-il toutefois ajouté.
Emilie Binois
(*) : Confort et aide à la conduite, systèmes de propulsion, systèmes thermiques et systèmes de visibilité.