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Constructeurs - 14/02/2019

Carlos Ghosn privé de 76% de son salaire des 4 dernières années

La majeure partie de la rémunération du PDG de Renault est constituée d’actions dont l’acquisition est différée et soumise à conditions dont sa présence dans l’entreprise. Le conseil d’administration a annoncé que Carlos Ghosn ne percevrait pas la part variable des exercices 2014 à 2017 ni les actions de performances qui lui avaient été attribuées ces 4 dernières années.

Si l’importance du salaire de Carlos Ghosn défraye la chronique depuis longtemps, il ne touchait pas immédiatement la majeure partie de sa rémunération et il ne l’aura donc pas pour les 4 dernières années.
Selon les documents de référence de Renault, la rémunération annuelle de Carlos Ghosn était évaluée entre 7 millions (en 2016 par exemple) et 7,4 millions d’euros (en 2017). En réalité, l’entreprise ne versait au PDG que la partie numéraire soit selon les années entre 1,6 million (2014, 2016 et 2017) et 1,7 million (2015), ce qui représente la part fixe de son salaire (1,23 million) et 25% de sa rémunération variable.
La rémunération du PDG est donc constituée essentiellement d’actions : 75% de sa part variable est convertie en action et un certain nombre d’actions lui sont attribuées sous conditions de performances (100 000 par an jusqu’en 2017, 80 000 en 2018).
Selon le document de référence, "l’acquisition définitive des actions reçues au titre de la part variable différée" est soumise à "une condition de présence de quatre ans au sein de Renault". Ces 4 ans, se comptent à partir de la date d’attribution.
Pour la part variable, cela signifie que le PDG n’étant plus dans l’entreprise en 2019, il perd le bénéfice de ce qui lui a été attribué pour les exercices 2014, 2015, 2016 et 2017. Ce qui représente un total de 4,8 millions d’euros (selon les valorisations des documents de référence, soit au cours de l’action de l’époque).
Les actions de performances sont, elles aussi, soumises à cette condition de présence de 4 ans. "La démission, qui est une rupture du mandat social à la seule initiative du Président-directeur-général, avant la fin de la période d’acquisition, lui fait perdre le bénéfice des actions de performances", précise le document de référence du groupe Renault.
Ces actions attribuées au titre de l’année 2015 étaient conditionnées à sa présence en 2019, celles au titre de 2016 à sa présence en 2020, et ainsi de suite. Pour les trois années, 2015 à 2017, ce sont au total 16,6 millions d’euros que Carlos Ghosn ne touchera donc pas. En fonction des années, cela représente entre 76% et 77% de sa rémunération depuis 2015.
Pour 2018, on ne connaît pas encore la décision du conseil d’administration qui a annoncé qu’il "statuera le 15 mars prochain sur la rémunération de M. Ghosn au titre de l’exercice 2018". On sait déjà qu’il ne touchera pas la partie convertie en action de sa rémunération variable, ni les 80 000 actions de performance (soit un total théorique de 5,3 millions). La question qui se pose concerne donc la partie numéraire de sa rémunération variable. Déjà, sous la pression des actionnaires et notamment l’Etat français, le fixe de Carlos Ghosn avait baissé de 19% en 2018 à 1 million (soit 230 000 euros de moins) et la part variable avait aussi baissé pour être plafonnée à 100% du fixe au lieu de 120%.

Pas de clause de non-concurrence

"Le Conseil a décidé à l’unanimité, lors de sa séance du 13 février 2019, de renoncer au bénéfice de l’engagement de non-concurrence souscrit par M. Ghosn et, en conséquence, de ne pas lui verser l’indemnité correspondante égale à deux ans de rémunération fixe et variable", précise le communiqué de Renault.
Compte tenu de la révision des critères de rémunération intervenue à partir de 2018 (variable au maximum à 100% du fixe) et des modalités de calcul (sur la rémunération versée et non par rapport à la rémunération théorique), la clause de non-concurrence représentait un maximum de 1,25 million d’euros par an. C’est donc une perte potentielle de 2,5 millions d’euros qui s’ajoutent aux 21,5 millions d’euros de rémunérations différées que sa démission lui a fait perdre.
Cité par l’AFP, Bruno Azière, délégué CFE-CGC, a dit "accueillir positivement les décisions" prises par Renault, notamment "la non-activation de la clause de non-concurrence".
Même accueil positif de Charles Pinel, associé de Proxinvest : "C'est une décision qui nous paraît extrêmement sage et pertinente au regard de la situation de Carlos Ghosn et du contexte social actuel", notamment le mouvement des "gilets jaunes".
Florence Lagarde

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Réactions

Et un nouveau procès en vue ,un
alain boise, Le jeudi 14 février 2019

« On » peut désapprouver les ultra rémunérations versées aux top managers sans pour autant se réjouir de ce qui est train de se passer … Oui les sommes en jeu sont considérables mais il y a la manière de donner le coup de grâce …
Passons sur la prime de « non concurrence » mais « sucrer » au passage l’intégralité des parts variables de 2014 à 2017, çà manque « un peu d’élégance" … On objectera qu’en l’espèce que l’élégance passe en arrière plan lorsque des enjeux financiers significatifs sont en jeu … Alors les « courageux » administrateurs s’abritent derrière un point règlementaire pour justifier leurs décisions, çà ne mange pas de pain … D’autant qu’à y regarder de plus près le précité a donné sa démission (forcé ?) pour permettre la continuité du pilotage de Renault (et de l’Alliance, si possible …) … Que se serait il passer si il ne l’avait pas fait …On lâchait les chiens pour l’en convaincre ( ?).
Pas de quoi être dupe … En plus les « sans culottes » rôdent dehors et tous ces incapables du monde politique qui ont poussé la poussière sous le tapis pendant des années et des années prennent de la distance …
Au-delà des sans culottes, il y aurait bien eu un représentant d’actionnaires pour se saisir vertueusement du sujet au motif du préjudice financier … Comme si 20 M€ pesait quelque chose au regard du résultat de Renault … Si il y a un préjudice, c’est dans l’impréparation (volontaire) de Carlos GHOSN a assurer sa succession, d’abord chez Renault, (Thierry BOLLORE est arrivé bien tard après l’éviction de ses différents prédécesseurs) et surtout surtout à la tête de l’alliance sans qu’elle soit contestée d’une manière quelconque par les gens de Nissan ….
Nous verrons ce qu’il adviendra …!
Certes c’est peu dire de Carlos GHOSN que l’homme est antipathique et que son leadership est probablement à l’origine de beaucoup de souffrances … Son bilan chez Renault est plus que mitigé mais c’est pas forcément une raison pour écraser un homme quasiment à terre avec les guillemets de circonstances … Cela n’honore pas ces « conjurateurs » de la vingt cinquième heure ….
Après on pourra toujours répliquer que Carlos GHOSN paie quelque part les conséquences de ces actes et c’est pas faux … Mais j’avais cru comprendre que c’était surtout le boulot de la justice d’en décider …
Bien sûr Carlos GHOSN n’est pas à plaindre et beaucoup d’anciens collaborateurs ont probablement faits les frais de son management « à la dur » sans contreparties significatives …

Ce qui est patent c’est que cette affaire tient de la dramaturgie classique … Après la « gloire » vient la déchéance brutale et la meute alors se « dé chaîne » … Nous ne sommes pas dans un univers 4.0 mais dans l’humanité avec ses sentiments les plus grégaires et universels …
« Selon que vous serez puissant ou misérable, … »


PS : par avance je comprends parfaitement que l’on ne soit pas d’accord avec ce que je viens d’écrire ... en tous les cas je n’en serai point surpris …
ADEAIRIX, Le jeudi 14 février 2019

Une parole est une parole Carlos va leur faire comprendre,en bon Libanais...on doit ,on paye
alain boise, Le jeudi 14 février 2019

Que fait le délégué CGT ??
;0)
Lucos, Le jeudi 14 février 2019

vous aviez parlé de Brutus ?
A un moment donné quand le tyran ne reçoit pas le couteau d'une seule personne mais de tout son entourage c'est peut être le signe de la fin d'un règne tyrannique ?

@Alain
une parole reste une parole, là le CA ne fait qu'appliquer les closes d'un contrat dûment signé par les 2 parties en toute connaissance de cause.
J'en ai moi même fais les frais par le passé en étant démissionnaire avant que les primes de performances ne tombent alors que j'avais pourtant fais tout l'exercice de l'année précédente. Et je vous parle d'une grosse prime à mon échelle (1 mois de salaire).
Grumly Ours, Le jeudi 14 février 2019



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