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Marchés - 17/06/2019

Des députés déplorent l’absence d’offres de véhicules au superéthanol E85

Lors de la discussion du projet de loi d’orientation des mobilités les députés ont regretté l’absence d’offres de véhicules roulant au superéthanol dans les gammes des constructeurs français. Ils ont cependant refusé l’adoption d’un amendement qui voulait leur imposer au moins un véhicule superéthanol E85.

La loi d’orientation des mobilités (Lom) ne poussera pas le développement de la motorisation superéthanol E85. Il en a pourtant été question lors des discussions à l’Assemblée. Grégory Besson-Moreau (LRM) a défendu un amendement visant à obliger les constructeurs qui proposent des véhicules "hybride essence" à proposer "au moins un modèle de motorisation hybride à carburant modulable fonctionnant au superéthanol E85".
"Le développement des biocarburants issus de productions locales permet de répondre efficacement à la hausse des prix du carburant, de favoriser la transition écologique vers une mobilité bas-carbone et d’assurer le développement d’une filière ambitieuse, solide et enracinée dans nos territoires", a-t-il dit. "Nous avons l’habitude des amendements gagnant-gagnant. En l’espèce, nous avons un amendement gagnant-gagnant-gagnant : pour le pouvoir d’achat des Français, pour l’écologie et pour nos agriculteurs."
Le rapporteur de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, Jean-Luc Fugit a reconnu l’intérêt de ce carburant pour la baisse des émissions de CO2 compte tenu de son "cycle de vie" ("On ne peut que partager votre intention de promouvoir cette filière, d’autant plus que, si on l’analyse en cycle de vie – vous auriez d’ailleurs pu l’ajouter –, le superéthanol émet moins de dioxyde de carbone et de polluants de proximité tels que les particules et l’oxyde d’azote", a-t-il dit) mais il a estimé que ce n’était pas la bonne manière de le promouvoir ("En réalité, votre amendement paraît contraire à la liberté du commerce et de l’industrie car il tend à contraindre les industriels à mettre des véhicules sur le marché, alors que, de mon point de vue, il convient plutôt de les y inciter", a-t-il dit).

Le député qui défendait cet amendement a mis en évidence que le superéthanol permettait de concilier les objectifs d’une mobilité "neutre en carbone" abordable en proposant une alternative aux véhicules électriques avec une énergie fabriquée en France alors que les batteries seront importées d’Asie. "On parle de neutralité carbone, de la fin des moteurs thermiques… Allons-y ! Privilégions les moteurs à bilan carbone neutre ! Nous y sommes ! La transition écologique est là, précisément ! Nous voulons favoriser l’industrie des batteries électriques et nous voulons que les utilisateurs achètent des véhicules hybrides, mais encore faut-il qu’ils puissent s’en offrir un ! Soyons pragmatiques : nos concitoyens attendent de pouvoir faire le plein pour 60 centimes le litre. Ce sera le cas avec un véhicule hybride : à la fin du mois, ils économiseront de l’argent", a-t-il dit.

Plusieurs députés l’on soutenu comme Stéphane Demilly, député de la Somme (UDI et Indépendants) : "Le superéthanol E85 est produit localement, non en Arabie Saoudite ! D’après l’exposé sommaire de l’amendement, "son développement ne pourra pas se faire sans les constructeurs automobiles, qui ont un rôle à jouer dans la transition écologique". Je suis entièrement d’accord. Lorsque j’étais maire, j’ai voulu acheter une flotte de flexfuel roulant au E85, mais on ne trouve aucune voiture française de cette nature", a-t-il soulignant qu'il avait dû acheter des Ford.
"Je voudrais vraiment, madame la ministre, que vous interveniez auprès des constructeurs automobiles français : il n’est pas normal que, si une collectivité ou un particulier souhaite acheter un flexfuel qui roule d’emblée, sans qu’il faille l’un des fameux kits accompagnés financièrement par les conseils régionaux – on les en remercie –, l’une comme l’autre soit obligé d’acheter une voiture étrangère. Si le Gouvernement intervenait auprès d’un constructeur comme Renault, par exemple, pour qu’il accélère la mise sur le marché d’un véhicule flexfuel, ce serait une bonne chose", a dit Stéphane Demilly.

Elisabeth Borne a de son côté soutenu l'avis du rapporteur Jean-Luc Fugit qui a estimé qu'une telle obligation allait "contre le droit de l’Union européenne".
"Je voudrais confirmer que la rédaction de l’amendement est contraire au droit de l’Union européenne : chacun sait qu’on ne peut pas prévoir d’imposer une telle norme à quiconque vend un véhicule en France", a dit la ministre des Transports..
La ministre a estimé que les avantages dont bénéficiait actuellement les véhicules roulant au superéthanol était suffisants : exonération de la taxe à l’immatriculation, abattement de 40 % dans le calcul des émissions de CO2, notamment pour apprécier le système de bonus-malus, et, une TICPE six fois inférieure à celle qui s’applique aux carburants d’origine fossile.

Florence Lagarde

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Réactions

Seul FORD semble s'être emparé du sujet avec le KUGA Flexifuel, le pragmatisme est américain...
MAC GYVER57, Le lundi 17 juin 2019


Un nouveau flop comme le GPL ?
Pas très cher mais des consommations plus importantes
PAUL COLI, Le lundi 17 juin 2019

Il n'y a pas que les députés qui déplorent la pauvreté du catalogue...

Mais imposer la présence d'une telle motorisation à un constructeur national est une bêtise. déjà par ce que c'est obliger un constructeur à développer une offre spécifique, ça nous ramène à l'après deuxième guerre mondiale; mais pas seulement.

Le fond du problème reste européen, puisque l'ajout au catalogue du constructeur d'un tel véhicule ne permet aucun abattement sur le calcul CO2 du véhicule.
Donc à l'échelle européenne c'est se tirer une balle dans le pied pour le constructeur qui s'expose à de lourdes amendes pour le non respect de son quota.

Il est dommage que nos députés n'aient pas eu cette lecture plus globale de la question...
Grumly Ours, Le lundi 17 juin 2019

De la bêtise de taxer les véhicules uniquement sur les taux de rejets de CO2 sans regarder le bilan carbone global du puits à la roue…
Logique financière vs logique écologique ?...
clerion, Le lundi 17 juin 2019

… Cà n’est pas trop maladroit de proposer une version flexfuel du KUGA de la part de Ford … Cà peut aider pour les ventes tricolores voire plus largement ( ?) …. De là à louer la permanence du « pragmatisme des Américains », c’est sans doute aller bien vite en besogne …

Quant à envisager « à obliger les constructeurs qui proposent des véhicules "hybride essence" à proposer "au moins un modèle de motorisation hybride à carburant modulable fonctionnant au superéthanol E85"… ?
Il arrive que l’on prête au mouvement LREM une certaine inspiration « libérale » pour qualifier la démarche …
S’agissant de Monsieur le Député Grégory Besson-Moreau, il semble pour sa part s’inspirer de l’interventionnisme le plus achevé pour défendre les activités agricoles, de la circonscription auboise mais pas seulement …. De la part d’un profil, entrepreneur connecté à ses heures, c’est pour le moins étonnant (?) … Plutôt Gosplan que « progressiste » pour le coup Monsieur le Député …!
De là à en déduire que le progrès ne désigne pas forcément une évolution positive …
;0)
ADEAIRIX, Le lundi 17 juin 2019



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