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Constructeurs - 15/10/2019

Dyson envoie à la casse son projet de voitures électriques

(AFP) - L'inventeur britannique James Dyson abandonne son ambitieux projet de fabriquer des voitures électriques face à une concurrence trop rude: un nouveau revers pour le milliardaire britannique pro-Brexit déjà critiqué pour avoir déménagé le siège de son groupe à Singapour.

Le groupe Dyson, connu pour ses aspirateurs sans fil, sèche-mains et purificateurs d'air, avait créé la surprise fin janvier en annonçant le déplacement de son siège social du Royaume-Uni vers Singapour où il prévoyait de fabriquer sa voiture électrique.
Dyson comptait consacrer une bonne part des 2,5 milliards de livres d'investissements qu'il prévoit dans les nouvelles technologies à ce projet de véhicule, qui ambitionnait de rivaliser avec les voitures Tesla.
Mais dans un email envoyé aux employés jeudi soir, et dont l'AFP a obtenu copie, James Dyson a annoncé abruptement jeter l'éponge. "Notre équipe automobile chez Dyson a développé une voiture électrique fantastique (...) mais nous ne voyons plus comment la rendre commercialement viable", a-t-il expliqué.
"Nous avons tenté de trouver un acheteur pour le projet qui s'est révélé infructueux jusqu'à présent", et le "conseil d'administration a donc pris la décision difficile de proposer l'abandon du projet automobile", a-t-il ajouté.
James Dyson avait dévoilé en mai les contours de sa future voiture électrique qui devait être un véhicule tout terrain, pour une commercialisation prévue en 2021. Le projet avait été annoncé en grande pompe en 2017 et faisait travailler plus de 500 personnes.
"Nous travaillons pour trouver rapidement des rôles alternatifs au sein du (groupe) pour autant de membres de l'équipe que possible, sachant que nous avons assez de postes à pourvoir pour absorber la plupart d'entre eux", poursuit M. Dyson.
James Dyson veut continuer à investir dans les nouvelles technologies en Angleterre, à Singapour et ailleurs, et se concentrer désormais "sur la fabrication de batteries et d'autres technologies fondamentales, comme les capteurs, les systèmes de vision, la robotique, l'intelligence artificielle", a-t-il précisé.
M. Dyson, qui est partisan du Brexit, s'était attiré des critiques en début d'année lorsqu'il avait annoncé le déplacement à Singapour du siège social du groupe, qui emploie 14 000 personnes dans le monde et 4 500 personnes au Royaume-Uni.

scepticisme sur le projet
Les dirigeants avaient précisé que le choix de Singapour s'appuyait sur "les opportunités qui s'ouvrent" pour Dyson en Asie. Le groupe y dispose déjà de toute sa présence manufacturière et d'une partie de ses centres de recherche et développement.
L'agence de développement économique de Singapour a estimé que l'abandon du projet n'aurait qu'un impact minimal sur la cité-Etat puisqu'il n'en était qu'à un stade initial.
En mai, Dyson avait dévoilé des brevets pour sa voiture électrique en soulignant qu'elle serait plus économe en énergie que ses concurrents.
Mais de nombreux analystes sont restés sceptiques à propos de ce projet et n'ont pas été trop surpris par son abandon.
"Depuis le début il était difficile de comprendre pourquoi Dyson pensait avoir un quelconque avantage compétitif en s'embarquant dans ce projet", souligne Walter Theseira, économiste des transports de l'Université des Sciences sociales de Singapour.
Et "dans un paysage mondial très concurrenciel, il s'agit d'un nouveau constructeur qui n'a aucune expérience", ajoute-t-il, interrogé par l'AFP.
Pour Nitin Pangarkar, de l'école de commerce de l'université nationale de Singapour (NUS), le secteur automobile devient d'ailleurs "moins attirant" puisque les villes développent leurs réseaux de transport en commun et que les consommateurs adoptent des nouveaux comportements comme de partager les voitures.
"Les ressources de Dyson (...) seront mieux utilisées ailleurs, dans des produits plus proches de ses activités actuelles", a-t-il noté.
Les véhicules électriques se démocratisent alors que les gouvernements cherchent à limiter l'impact environnemental des véhicules utilisant les énergies fossiles. Mais ils restent difficiles à rentabiliser pour les constructeurs.
Si Tesla rencontre un succès commercial certain, ses investisseurs critiquent un rythme de production trop bas et s'inquiètent d'objectifs financiers manqués à plusieurs reprises.
En 2018, Dyson affichait un chiffre d'affaires en hausse de 28% sur un an à 4,4 milliards de livres (4,96 mds d'euros) et un bénéfice de 1,1 milliard de livres, en progression de 33%.
AFP

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Réactions

Le VE Dyson ... c'était donc une mauvaise "aspiration" (?).
;0)
Cet arrêt "brusque" dit quelque chose sur l'état du marché vu la masse financière qui a été mobilisée sur ce développement de projet (mort né donc). "Griller" 2 Mds d'euros (?) sans aucune retombée de revenus (directs en tous cas) à l'echelle de Dyson, faut il que la "prise de conscience" des coûts de commercialisation, notamment, ait été tardive...?

Cet arrêt "abrupt" ... aussi bizarre qu' étrange ?
;0)
ADEAIRIX, Le mardi 15 octobre 2019

"Au départ" James Dyson est un "ingénieur fou". Son aspirateur sans sac lui a permis de gagner beaucoup d'argent sans des dépenses R&D faramineuses. Le petit électroménager a suivi, avec tout le succès mérité. (je trouve que le sèche-mains est une bénédiction des dieux).

S'attaquer à l'industrie automobile est une toute autre histoire. Ce n'est pas le premier à s'y risquer en pensant "révolutionner" le bastringue : Nicolas Hayek a voulu concevoir, fabriquer et commercialiser la Swatchmobile tout seul, puis, devant les immenses difficultés rencontrées (sécurité passive, sécurité active, règles anti-pollution, etc.) il est allé frapper à la porte de VW qui lui a dit que vouloir vendre une bagnole au prix d'un congélateur était mission impossible. Nicolas, furieux, a dû renoncer et Daimler a plus ou moins repris le concept avec la Smart et le succès financier qu'on lui connaît = des pertes colossales sans interruption et un abandon en sifflet.

Dans le domaine du VE, Elon Musk montre à quel point cette industrie automobile est impitoyable. Lui non plus n'a pas gagné un centime mais a englouti des milliards de $, fortune acquise en revendant Paypal (aspirateurs à billets de banque, si on veut faire un parallèle avec Dyson).

Les constructeurs "traditionnels" ne font que commencer à commercialiser des VE, certains en concurrence directe avec Tesla (je pense à Porsche, Land Rover / Jaguar, les premium allemands, etc.) et Musk n'a pas la sagesse de Dyson.

Quant aux milliards que Dyson a investi dans la bagnole, ils ne sont pas perdus car ils serviront (servent) à toutes les autres activités de recherche de son groupe.

En conclusion : Dyson est à mon avis plus malin que Musk.
Bruno HAAS, Le mardi 15 octobre 2019

Informez-vous, les plans de tout le jus de cerveau Dyson est à vendre!
L’aspirateur à gogos est prêt à démarrer !
Le patron de Tesla c’est fait du mouron un petit moment, lui qui est le plus grand aspirateur en bourse...deux en bourse ce serai trop, mais avant lui ce fut Darty satisfaction du client. Vous imaginez une voiture avec un aspirateur dans le coffre, et des stocks conséquents ! Quel casse tête !
Jo Duchene, Le mardi 15 octobre 2019

J’ai oublié de vous assommer tous avec les « bornes de recharge » indispensables, mais il faut convenir qu’aspirer et charger les Dyson au même temps... c’est une idée géniale que Musk n’a pas eu, je suis sur! La ménagère de moins de cinquante ans et au-delà, était dans son viseur ...
Et pourquoi pas avec machine à laver le linge et vaisselle associées! a la borne!
Le Brexit va produire de grandes inventions !
Jo Duchene, Le mardi 15 octobre 2019

Essayons de comprendre ...

Estimations des dépenses :
Au plus 500 personnes pendant 2 ans (plutôt qualifiées et situées en Asie) :
- 500 p * 80 k€/p/an * 2 = 80 M€
- coûts directs associés : ~ 500 * 80 * 2 = 80 M€
- coûts des prototypes réalisés : ~ 500 * 50 k€ * 2 = 50 M€
Soit un coût sur 2 ans : 210 M€
Avec les coûts de fermeture : on peut estimer le montant global à 300 M€
Soit 150 M€ / an
Bénéfice annuel : 1,1 MM£ = 1,2 MM€
Soit 150/1200 = 13 % de son bénéfice annuel ...

Estimation des gains :
R&Ds quasiment totalement récupérables sur :
- batteries
- rendement des moteurs électriques
- composants : Lidar, radar, super processeurs de traitement des données, utilisation de l'Intelligence Artificielle, ...

Management : apprendre comment affronter un monde de technologies hyper concurrentielles ( ce qui est très nouveau pour Dyson ...)

Bilan : Sur seulement 2 ans avec un coût annuel = 10 / 15 % du bénéfice
==> POSITIF ...




JG, Le mardi 15 octobre 2019

@ Bruno
oui les 2 Milliards d'€ ne sont pas totalement "grilles" et dans mon commentaire comme dans l'article, c'est sous entendu au moins une partie de l''investissement" sera amorti par différentes applications à venir .

Il reste que l'annonce de Dyson arrivant sur le marché du VE, comme son brusque départ, est assez "paradoxal"" justement s'agissant d'un ingénieur plutôt malin .
Juste un étonnement...!

Ps : j'apprécie aussi le sèche main des "lieux publics" avisés et à titre plus personnel certains produits de la gamme ...Chers mais efficaces et plutôt costauds ..donc pas si chers (?). .. Le prix s'oublie... seule la qualité reste ?
;0)

ADEAIRIX, Le mardi 15 octobre 2019

Il est arrivé trop tard pour pouvoir vendre un concept vraiment différent qui n'existe pas déjà sur le marché, et a sous estimé (comme d'autres) le besoin en capital de la fabrication d'une voiture, électrique ou pas.
Arnaud C., Le mardi 15 octobre 2019

Il y a aux States des kits pour fabriquer et adapter son propre VE ... à n’importe quelle marque... un cab New Beetle en VE, la classe!
Au fait son concept à Dyson c’étaIt quoi? C’est passé inaperçu en tout cas...
Jo Duchene, Le mardi 15 octobre 2019



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