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Autour de l'auto - 06/12/2019

Procès pour corruption en Algérie : le financement électoral de Bouteflika

(AFP) - Le financement électoral de l'ex-président Abdelaziz Bouteflika s'est retrouvé jeudi à Alger au coeur du procès pour corruption d'anciens hauts dirigeants politiques et grands patrons du secteur automobile algériens.

Dans le box de ce procès inédit, ouvert mercredi, figurent deux anciens Premiers ministres - Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal -, plusieurs ex-ministres, des cadres du ministère de l'Industrie ainsi que des grands patrons du secteur automobile, dont Ahmed Mazouz, président du groupe éponyme qui assemble et distribue en Algérie des véhicules de marques chinoises.
Ce dernier, accusé de "corruption pour obtenir des avantages indus et financement occulte de la campagne électorale" de l'ancien président en début d'année, a été longuement interrogé jeudi matin par le juge et le procureur et confronté aux deux ex-Premiers ministres.
L'accusation estime que M. Mazouz a bénéficié d'une autorisation de montage de camions et de bus, sans répondre aux exigences du cahier des charges du secteur et sans passer par la commission technique du ministère de l'Industrie, en contrepartie du financement de la campagne de M. Bouteflika.
Le chef de l'Etat entendait briguer un 5e mandat lors de la présidentielle prévue le 18 avril 2019, finalement annulée face au mouvement ("Hirak") populaire de contestation du régime, déclenché le 22 février par sa candidature.

"J'ai donné un chèque"

Le patron du groupe Mazouz a rejeté ces accusations, admettant toutefois avoir remis un chèque de 390 millions de dinars (3 millions d'euros) à Ali Haddad, alors président de la principale organisation patronale algérienne, le Forum des chefs d'entreprises (FCE), et chargé selon lui de récolter les fonds pour la campagne.
"Le vice-président du FCE (Mohamed Bairi, également sur le banc des accusés : ndlr) m'a demandé de participer au financement de la campagne. J’ai demandé à mon avocat, il m'a dit que je pouvais le faire avec mon argent personnel. J'ai donné un chèque de 390 millions de dinars, deux jours avant le début de la contestation (le 22 février)", s'est défendu M. Mazouz.
Ce procès est le premier consécutif aux vastes enquêtes sur des faits présumés de corruption, déclenchées après la démission, en avril, du président Bouteflika, poussé au départ par un mouvement ("Hirak") populaire de contestation du régime inédit, après 20 ans à la tête de l'Etat.
Il se déroule en l'absence de nombreux avocats qui ont décidé de le boycotter, dénonçant un climat de "règlements de compte".

Les accusés sont poursuivis pour diverses malversations et favoritisme dans la jeune industrie automobile algérienne, mise sur pied à partir de 2014, via des partenariats entre marques étrangères et grands groupes algériens, souvent propriétés d'hommes d'affaires liés à l'entourage de M. Bouteflika.
Malgré un cahier des charges loin d'être respecté par les industriels, le secteur a bénéficié d'aides publiques et d'importants avantages fiscaux, sans jamais atteindre son double objectif : réduire la facture des importations et le prix des véhicules sur le marché local.

Accusations de népotisme 

Depuis le début du procès devant le tribunal de Sidi M'hamed, dans le centre d'Alger, les principaux accusés nient en bloc, plaident l’ignorance et ne cessent de se défausser sur les autres.
Interrogé par le juge pour savoir pourquoi, il avait accordé illégalement un agrément au patron du groupe Mazouz pour assembler des véhicules, l'ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia a répondu : "L'usine était prête et il (Mazouz) avait déjà importé les kits". 
"Les décisions se prennent au niveau du Conseil national de l'investissement (CNI) présidé par le Premier ministre, en présence de 11 ministres et du représentant du président de la République", a justifié M. Ouyahia, quatre fois chef du gouvernement entre 1995 et 2019, dont trois fois durant la présidence d'Abdelaziz Bouteflika.
Les accusés doivent également faire face à des accusations de népotisme. Le juge a ainsi questionné Ahmed Mazouz sur le fait que Farès Sellal, fils de l'ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal, soit actionnaire de son groupe (23%), sans le moindre apport financier.

"Mazouz n'a eu aucun avantage pendant que j'étais Premier ministre et mon fils est entré dans le groupe grâce à ses connaissances acquises à l'étranger", a assuré l'ancien chef du gouvernement (2014-2017).
Quant à son fils Farès, il a déclaré que "son père n'avait rien à voir dans (s)es affaires" et nié avoir reçu des actions par népotisme.
L'audience reprendra samedi.
AFP

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