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Analyse - 30/01/2020

Alcool au volant

La chronique de Jean-Philippe Thery, consultant, fort d’une expérience automobile aussi bien dans le domaine du produit que de l’Intelligence de marché, avec des expériences chez Renault, Nissan et PSA. Installé depuis 2008 au Brésil, Jean-Philippe Thery est spécialiste des marchés automobiles en Amérique Latine.

Ecrasez avec un pilon un demi-citron vert coupé en quartier, jeté sur une bonne dose de sucre en poudre fin. Ajoutez de la glace pilée et une grande rasade de cachaça, l’eau-de-vie à base de canne à sucre, et pronto, vous venez de réaliser une caïpirinha. A la demande d’une bonne centaine de lecteurs qui m’ont inondé de mails sur le sujet, autoactu.com vous livre enfin le secret du célèbre cocktail brésilien. Pour les amateurs de variations, substituez le citron vert par tous les fruits possibles et imaginables, et remplacez la cachaça par de la vodka pour une caïpiroska, ou même du saké pour la saïkirinha. Ne criez pas au sacrilège, ce sont les Brésiliens eux-mêmes, modernistes dans l’âme et peu soucieux du respect des traditions, qui les ont inventées.

Conscient de mes responsabilités d’influenceur tropical, je ne peux néanmoins que vous enjoindre à la modération, et surtout à ne pas conduire après avoir consommé de l’alcool. D’ailleurs au Brésil, on ne rigole pas avec le sujet, puisqu’en la matière, règne la "Lei Seca", autrement dit, la "loi sèche" synonyme de tolérance zéro. Au volant, vous n’avez pas droit à la moindre goutte d’alcool. Rien. Nada. Et aux esprits goguenards (je vous connais) qui penseraient que le Brésil n’étant pas la Suède, l’application de la règle y est forcément laxiste, je répondrai que tout dépend où vous résidez. Mais sachez qu’à Rio, les contrôles sont particulièrement nombreux. Tenez, à l’heure où je vous parle (nous sommes samedi soir), il n’y a pas moins de 7 barrages installés dans la ville et sa périphérie. C’est Uber qui dit merci.

Mais cette grande rigueur ne s’applique néanmoins pas à tous. J’en connais d’ailleurs une qui consomme allègrement en roulant, avec la bénédiction des autorités, lesquelles, non seulement encouragent ce type de comportement, mais le rendent même obligatoire ! Point de scandale en vue pour autant, puisque la bénéficiaire de ce régime d’exception n’est autre que la voiture. Non pas que les Brésiliens remplissent le réservoir de leur véhicule avec des surplus de cachaça, mais parce qu’en dehors des utilisateurs de diesel (dont les ventes représentent moins de 10% du marché du neuf), tous consomment à des degrés divers (littéralement) de l’éthanol, autre produit dérivé de la canne à sucre. C’est le cas de la très grande majorité des acheteurs d’un modèle dit "national", c'est-à-dire fabriqué dans l’une des 25 usines du pays, et ce qu’ils le veuillent ou non. Parce que s’ils ne choisissent pas l’alcool hydraté (95,1% à 96% d’éthanol, le reste d’eau), ils feront le plein avec une essence mâtinée de 25 à 27% d’alcool anhydre, pur à 99,6% (ce qui explique son nom), la même à laquelle devront recourir quasiment tous les modèles importés.

Pour vous expliquer l’origine de tout cela, un petit retour en arrière s’impose. En 1973 précisément, alors que João Gilberto, le père de la Bossa Nova, lance l’album qui porte son nom avec en premier titre la sublime "Águas de março", chanson écrite et composée par Tom Jobim et que j’écoute précisément au moment où je vous écris. Mais c’est aussi l’année du premier choc pétrolier qui mettait sérieusement à mal la balance commerciale des pays non producteurs du visqueux mais ô combien précieux liquide noir. Au Brésil, où on déjà du pétrole mais sans le savoir encore, on a aussi des idées… et de l’alcool ! ce dernier est précisément la solution retenue par les autorités pour réduire la dépendance énergétique du pays, lequel arrivait alors au terme d’une période de très forte croissance économique entamée en 1969, désigné comme "miracle économique". Il faudra néanmoins 2 ans pour que soit créé le "Programme National de l’Alcool" (Proálcool), promulgué le 14 novembre 1975 par le décret 76.593 (chez autoactu, on est précis). Après plusieurs tentatives, notamment avec du manioc, c’est finalement le sucre qui sera retenu comme source de production du nouveau carburant, en raison de son bas coût et de ses qualités énergétiques. Fiat, qui venait justement d’ouvrir son usine de production à Betim, dans le Minais Gerais, en profita pour cultiver son image de pionnier en lançant le premier modèle fonctionnant au jus de canne fermenté, les 147 dérivées la 127 européenne, dont j’ai évoqué l’histoire dans la double chronique intitulée "Groupes en Fusion".

De fait, l’ingestion par un moteur à combustion interne du cousin de la "Pinga" (surnom donné à la cachaça) ne se fait pas sans un certain nombre de modifications rendues nécessaire par sa corrosivité et son pouvoir calorique inférieur à celui de l’essence. Le carburateur, les durits ainsi que la pompe à carburant adoptaient donc des matériaux adaptés, alors qu’un système d’injection d’essence (stockée dans un petit réservoir auxiliaire) permettait les démarrages à froid, pour lesquels l’eau-de-vie n’est pas très douée. D’autres modèles suivront évidemment la petite Fiat, dont la VW Gol (qui fut durant 20 ans le modèle le plus vendu au Brésil), la Chevrolet Chevette, ou encore la Ford Corcel. Cette dernière, dont je vous raconterai un jour l’histoire si vous êtes sages, était en fait une Renault 12 déguisée dont le moteur 1.6 "CHT" était conçu sur la base du fameux "Cléon" en fonte. Celui-ci est volontiers considéré comme le meilleur propulseur de l’époque alcool en raison de son échappement situé du même côté que l’admission, réduisant le temps de fonctionnement à froid. En 1986, la production nationale automobile atteint donc le niveau record de 90% de véhicules fonctionnant à l’alcool, permettant qu’au total, environ 10 millions d’autos se passent d’hydrocarbures. Mais la baisse du prix du baril dans les années 90 rendait progressivement le carburant sucré de moins en moins compétitif, en même temps que l’augmentation des cours du sucre incitait les producteurs à exporter leur poudre blanche plutôt qu’à la transformer en alcool. En 1989, le gouvernement se trouva ainsi dans l’obligation paradoxale d’importer de l’éthanol, car une pénurie naissante commençait à immobiliser les véhicules en manque de carburant. Autant dire que la crédibilité du Proálcool s’en trouva sérieusement affectée, et celui-ci amorça un déclin inéluctable, à tel point qu’à l’orée des années 2000, la "cachaça automotive" n’était plus qu’un souvenir plus ou moins nostalgique.

C’était sans compter sur le lobby sucrier, les nouvelles préoccupations pour l’environnement et la bicarburation. En 2003, alors que Greta voyait le jour, Volkswagen lançait en effet la toute première voiture bénéficiant de la technologie Flexfuel, une Gol 1.6 dont le moteur était capable de fonctionner avec un mélange comportant de 20 à 100% d’éthanol, permettant non seulement de choisir son carburant à la pompe, mais aussi de mélanger joyeusement l’un et l’autre, en fonction de leur prix respectif et de l’humeur du conducteur. Si cette année-là, moins de 3% des véhicules commercialisés dans le pays possédaient la technologie "Flex", ce taux était déjà supérieur à 50% en 2005, avant de dépasser les 80% 3 ans plus tard, pour atteindre les 87,4% enregistrés en 2019. La petite VW Gol, qui en était alors à sa troisième génération inaugurait donc une ère dont on ne voit pas pourquoi elle se refermerait de sitôt, et ce pour plusieurs raisons :

En premier lieu, parce qu’avec la bicarburation, les consommateurs n’ont plus de raison de craindre une répétition de l’épisode tragi-comique de pénurie d’un carburant dont la matière première était disponible ! En admettant qu’on vienne à manquer d’alcool, il suffit en effet de faire le plein d’énergie fossile. Sans compter que le dernier léger inconvénient de l’alcool qui subsistait encore a disparu avec l’apparition du système "Flex-Start" mis au point par Bosch. En chauffant le liquide au niveau de l’admission dans les phases de démarrage et de fonctionnement à froid, celui-ci évite la présence du "tanquinho", le petit réservoir annexe d’essence auquel j’ai fait allusion précédemment (j’en vois deux qui suivent) et qu’il fallait évidemment remplir de temps à autre. Apparu en 2009 sur la VW Polo locale, celui-ci s’est depuis généralisée.

Ensuite, le secteur sucrier s’est largement structuré, rendant en fait improbable l’hypothèse d’une nouvelle pénurie. Libéré des quotas qui existaient encore dans les années 90, il lui est aujourd’hui facile de s’adapter aux aléas de la production, qu’il s’agisse d’ajuster les prix pour inciter les propriétaires d’un véhicule flex à préférer ou non l’essence au moment de faire le plein, ou de diminuer le taux d’alcool hydraté dans l’essence. C’est évidemment la raison pour laquelle celui-ci varie de 25 à 27% (je sais, vous vous posiez la question depuis tout à l’heure). Représenté par l’UNICA (Union des Industries de la Canne à Sucre), le lobby sucrier brésilien n’est évidemment pas étranger au retour en grâce de l’éthanol, et se montre assez puissant pour avoir fait récemment plier le Président Jair Bolsonaro, lequel est revenu sur sa promesse initialement faite à Donald Trump de libérer l’importation non taxée de 750 millions de litres d’éthanol yankee (produit à base de maïs). Du coup et en représailles, le méchant Don a privé ses compatriotes de viande de bœuf brésilienne. La bidoche, le Président brésilien ne l’a probablement pas proposée à Ram Nath Kovind, son homologue du pays-où-les-vaches-sont-sacrées, à qui il a récemment rendu visite, mais il a bien été question de l’éthanol que le Brésil pourrait donc fournir à l’Inde dans les discussions entre les deux chefs d’Etat.. Avouons que c’est tout de même plus censé d’aller chercher des clients à l’extérieur que d’organiser des échanges avec les US, avec lesquels le Brésil produit presque 90% du carburant éthanol dans le monde. J’ouvre une parenthèse pour les amateurs de Sport Auto des années 70 (qui représentent 85% de mon lectorat) et pour mon ami Roland, qui comprendra pourquoi. Nous devons en effet à l’industrie du sucre brésilienne l’Ecurie de Formule 1 "Copersucar", fondée par Wilson Fittipaldi, frère du célèbre pilote qui pilota d’ailleurs pour son compte de 1976 à 1980. Ce choix surprenant l’empêcha probablement d’ajouter d’autres titres de Champion du Monde de la discipline à ceux acquis en 1972 et 1974. Un certain nombre de monoplaces sont toujours en activité en démonstrations et lors de courses historiques, qu’il vous sera facile de trouver sur Youtube et consorts. Ne me remerciez pas, c’est de bon cœur. Je referme la parenthèse.

Enfin, n’oublions pas que l’Ethanol est un biocombustible. Si l’argument était inexistant à l’apparition du Proálcool, il vaut son pesant de canne à sucre maintenant que l’ado suédoise de garde nous a à l’œil. De ce point de vue, l’éthanol brésilien est de bien meilleure qualité que la mouture d’amidon américaine, avec une réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 86 à 90%, contre seulement 10 à 30%. Il présente de plus un bilan énergétique beaucoup plus favorable, avec un ratio de 8,3 à 10,2 entre l’énergie produite et celle consommée pour la production. Evidemment, les esprits chagrins ne manqueront pas de vous faire remarquer que la fabrication du précieux liquide n’est écologiquement pas gratuite, qu’il s’agisse de l’épuisement des sols concernés, de la déforestation qu’elle provoque et de la consommation … d’énergie fossile. C’est le délicat sujet du bilan écologique global qui est également largement évoqué en ce qui concerne les voitures électriques, et sur lequel je me garderai bien de me positionner, puisqu’il fait appel à des modélisations complexes dépassant les compétences du chroniqueur de base.

Bon, je vous sens impatient de savoir ce que donne l’alcool au volant. Mais je crains pourtant de vous décevoir, tant le truc est un non-évènement. Si vous êtes un peu fin, vous ressentirez peut-être un petit surcroît de puissance et de couple, qui explique la publication de deux valeurs dans les catalogues brésiliens (mon ami Roland, grand metteur au point devant l’éternel, en est capable). En fait, la principale conséquence de la consommation d’éthanol réside dans la nécessité de s’arrêter plus souvent, puisque celui-ci augmente d’environ 30% la consommation du véhicule. En dehors des pauses plus fréquentes, il vous faudra également prévoir une calculette dans la boîte à gants, puisqu’en fonction du différentiel de prix entre les carburants qui varie en permanence, de votre consommation de carburant (mesurée en km/l pour tout faciliter) liée au type de trajet que vous comptez effectuer, c’est l’un ou l’autre qui sera le plus avantageux. Allez, comme je suis sympa, je vous donne un truc. Si vous louez une voiture au Brésil, pensez à faire le plein à l’alcool avant de la restituer. La différence de prix avec la "gasolina" vous paiera la bouteille de cachaça que vous ne manquerez pas de rapporter à la maison, pour mettre en pratique la recette livrée au début de cette excellente chronique (chez autoactu, rien ne se perd).

Voilà, maintenant que je vous ai tout dit sur le carburant alcool, je vous laisse. C’est l’heure de la caïpirinha, que je compte déguster au son de quelques titres de Bossa Nova…
Jean-Philippe Thery

“Olha que coisa mais linda
Mais cheia de graça
É ela, menina
Que vem e que passa
Num doce balanço
A caminho do mar
Moça do corpo dourado
Do sol de Ipanema
O seu balançado é mais que um poema
É a coisa mais linda que eu já vi passar...”

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Réactions

Plus jouable en Europe car avec une conso qui monte de 30%, la production de CO2 explose et donc impossible de tenir les objectifs.
;0)
Lucos de Beuliou el Tipi, Le jeudi 30 janvier 2020

Merci pour cette fraîcheur de ton,bientôt le Carnaval événement indispensable à vivre au moins une fois dans sa vie,incroyable spectacle .
En effet l’Europe est loin et plus encore la Chine.
PS pour Jo
Nous avons terminé 9 ieme( et avant dernier)en deuxième division en 2008 sur le Sambodrome merci encore à cette école qui nous a accueilli gracieusement,les cinquante minutes( durée obligatoire pour défiler) les plus
Intense de ma vie,obrigado
alain boise, Le jeudi 30 janvier 2020

Merci pour les paroles de cette fille d’Ipanema,num doce balanço...les parties de foot sur la plage éclairée,les blocos avec des orchestres endiablés sur les toits des camions.
Que dire du Maracana un jour de derby....magique.
Je m’égare pardon
Vive la bagnole à pistons
alain boise, Le jeudi 30 janvier 2020

C'est soirée diapos ce matin..
;0)
Lucos de Beuliou el Tipi, Le jeudi 30 janvier 2020

…. C'était en quelque sorte "Moro num país tropical" by JPH Théry

… Em fevereiro, Tem carnaval !
;0)
ADEAIRIX , Le jeudi 30 janvier 2020

Je m'en veux de ne pas avoir encore féliciter le distingué et erudit chroniquer Jean-Philippe..et il vaut mieux tard que jamais !
Ce qui est le plus remarquable chez les brésiliens c'est qu'ils ils chantent leurs poètes....et un peuple comme cela ne peut pas être mauvais.
Par ailleurs je me vois cité dans un PS par Alain et sans mauvaise foi je dois dire que je n'ai rien compris !
Au passage je dois préciser que "les paroles de cette file d'Ipanema" sont les paroles d'un des poètes es plus célèbres du Brésil ...entre autres aussi célèbres dont le Brésil est richissime et plus que sa "cachaça" !
En courage et ténacité depuis que dans le passé la cour impérial portugaise a débarqué au Brésil et n'a pas voulu repartir, (fuyant Napoléon dont trois généraux ont été battus quand même honteusement au Portugal) les bésiliens ont prouvé qu'ils n'avaient pas besoin du reste du monde !
Mesurez la distance qui va de la "cachaça" à la construction de plateformes de fusées et les fusés elles mêmes et de la place (ignoré par beaucoup) du Brésil come constructeurs d'avions (la société Embraer) dont 'ai eu l'honneur de travailler pour l'installation d'un sytème informatique de manufacturing industriel chez eux !!
Jo Duchene, Le jeudi 30 janvier 2020

Je vous cite car vous êtes persuadé être le seul à voyager....si vous saviez
alain boise, Le jeudi 30 janvier 2020

Si vous nous promettez de voyager, parler et écrire avec du bon sens, tout le monde sera preneur ici !!
Écrire n'est pas démarrer au quart de tour comme une voiture folle !
Je le prend pour moi aussi... mais quand je déconne j'accepte d'être contredit !
Jo Duchene, Le jeudi 30 janvier 2020

Pour finir avec ces belles cartes postales, n'oubliez pas de porter votre montre au poignet droit au Brésil, autrement on vous la pique quand vous êtes au volant coude à la portière..
Capoeira !
;0)
Lucos de Beuliou el Tipi, Le jeudi 30 janvier 2020

Rouler sucré pour éviter des notes salées…
Habile !
;-)
clerion, Le jeudi 30 janvier 2020

Pendant que je suis encore à jeun…
"Regardez quelle belle chose
Plus plein de grâce
C'est elle, mademoiselle
Ce qui vient et ce qui va
Sur une douce balançoire
En route vers la mer
La fille au corps d'or
Du soleil d'Ipanema
Votre swing est plus qu'un poème
C'est la plus belle chose que j'ai jamais vue..."
Pour les rimes, on repassera.
Merci Deepl quand même !
clerion, Le jeudi 30 janvier 2020

Tout devrai se terminer ici par des poésies!
Jo Duchene, Le jeudi 30 janvier 2020

Ben dis donc…
Ya des jours je me demande si finalement je ne les préfère pas en trolls..
;0))
Lucos de Beuliou el Tipi, Le vendredi 31 janvier 2020



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