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Constructeurs - 15/03/2019

Crise du Diesel et WLTP ont pesé sur les résultats financiers d’Audi en 2018

La marque Audi a vu son chiffre d’affaires chuter de 7,4% l’année dernière et sa rentabilité nettement se dégrader, en raison d’une nouvelle charge exceptionnelle de 1,2 milliard d’euros liée à la crise du Diesel et d’un retard pris sur les homologations WLTP. Elle ne s’attend pas à un fort rebond en 2019, malgré le renouvellement de nombreux modèles.

 

"Vous pourriez penser que notre entreprise est en crise et, au premier abord, les résultats de l’année dernière vous donnent raison", a dû admettre Bram Schot pour sa première présentation des résultats financiers d’Audi en tant que président du groupe. En effet, pour la première fois en 10 ans, les ventes de la marque Audi sont en recul, de 3,5% sur l’année, à 1,812 million de véhicules, principalement à cause de l’Europe de l’Ouest (-14%), et le début d’année 2019 n’est pas mieux, en recul de -5,5% à fin février. Le chiffre d’affaires d’Audi AG est stable (-1%), à plus de 59 milliards d’euros, mais celui de la marque Audi a chuté de 7,4%, à 37,2 milliards d’euros, compensé par Lamborghini (+41%, à 1,3 milliard d’euros), par la vente de moteurs et de pièces (+9%, à 8,3 milliards d’euros) et la vente de véhicules d’autres marques du groupe Volkswagen (*) en hausse de 20%, à 4,7 milliards d’euros.
La baisse des ventes d’Audi est principalement due à une mauvaise gestion du passage au cycle WLTP, reconnaît le dirigeant. "Cela a été difficile parce que, à la différence de nos concurrents, nous avions aussi à gérer la crise du Diesel", explique-t-il. Ce scandale des logiciels truqués a entraîné le départ de son prédécesseur, Rupert Stadler, et une nouvelle charge exceptionnelle de près de 1,2 milliard d’euros (dont 800 millions dans le cadre d’une condamnation en Allemagne). Depuis 2015, cette affaire lui aura coûté plus de 3,4 milliards d’euros et les rappels de véhicules sont encore en cours.

6% de marge opérationnelle
Avec la baisse des volumes et la hausse des dépenses liées au passage au WLTP, la rentabilité du groupe s’est dégradée : de 0,6 point, à 7,9% du chiffre d’affaires (8,9% en intégrant la Chine) si l’on ne tient pas comptes des charges exceptionnelles évoquées plus haut. Dans les faits, la marge opérationnelle d’Audi a baissé de 1,8 point, à 6% (soit la moitié de son niveau record de 2011). Audi a ainsi généré 2,14 milliards d’euros de cash flow net, soit la moitié de ce qu’elle a réalisé en 2017.
Pour autant, le groupe a accordé des primes à ses salariés (3 630 euros pour les salariés de ses usines allemandes, contre 4 770 euros en 2017) "à qui nous avons demandé beaucoup d’effort cette année", a souligné le dirigeant.
"Malgré ces difficultés, 2018 n’est pas une année perdue. Elle nous a permis notamment d’anticiper le second acte du WLTP en septembre prochain. Pour réussir ce challenge, nous avons réduit de 30% nos combinaisons moteurs-boîtes et nous avons formé 300 salariés que nous avons dédiés aux homologations", indique Bram Schot. A fin février, la marque a homologué 161 combinaisons de moteurs-boîtes et arrive au bout de cette première étape.

12 véhicules électrifiés à fin 2020
Après les nombreux lancements de 2018 (notamment Q8, A1, A6, A7, Q3 et e-Tron), Audi va continuer à renouveler et enrichir sa gamme en 2019, avec encore "20 lancements", et poursuivre ses investissements : 14 milliards d’euros seront injectés jusqu’en 2023 dans les sujets majeurs que sont la digitalisation, la voiture autonome et l’électrification. "A fin 2020, nous aurons 12 véhicules électrifiés dans notre gamme, dont 5 seront 100% électriques. En 2025, notre gamme électrifiée comptera 30 modèles", souligne le dirigeant.
La marque a déjà révélé à Genève les variantes PHEV de ses modèles A8, A7 Sportback, A6 et Q5, lancées cette année, ainsi que deux véhicules électriques, l’e-tron Sportback, également prévu pour cette année, et le Q4 e-tron, basé sur la plateforme MEB du groupe Volkswagen, un modèle qui sera lancé dans deux ans, tout comme l’e-tron GT basé sur une plateforme partagée avec Porsche, en attendant une autre plateforme commune, la PPE (Premium Platform Electric) qui arrivera plus tard.
La Chine, où la marque a vendu 660 000 véhicules en 2018, en hausse de 11%, bénéficie cette année d’un modèle électrique dédié, le Q2 L e-tron, et également de nouveaux investissements : "D’ici 2022, nous voulons produire 12 véhicules localement et y vendre un million de véhicule par an", prévoit le dirigeant.

Une croissance modérée en 2019
A court terme, la marque reste en revanche modeste sur ses ambitions, tablant sur une croissance "modérée" de ses ventes en 2019. Malgré ses nouveautés, elle devra en effet subir la fin de vie de l’A3, un modèle à fort volume. Elle prévoit une marge opérationnelle entre 7 et 8,5%, pas encore dans son objectif de long terme de 9% à 11%.
Interrogé sur d’éventuelles réductions d’effectifs, après l’annonce de Volkswagen de supprimer 5000 à 7 000 postes, Bram Schot n’a  pas communiqué de chiffres mais expliquer : "Nous serons plus sélectifs dans le recrutement de nouveaux salariés. Quand un salarié partira en retraite, nous nous interrogerons sur l’utilité de le remplacer, en nous demandant : est-ce un métier du futur et est-ce qu’il ne peut pas être remplacé en interne".
Xavier Champagne

(*) Cette dernière activité sera sortie du périmètre d’Audi au cours de l’année fiscale 2019, pour une meilleure mesure de sa performance, ce qui va mécaniquement améliorer son taux de marge.

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