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Marchés - 03/06/2019

Etats-Unis : Le secteur automobile, principal victime des droits de douane sur le Mexique

Sur fond de "crise de l'immigration clandestine", Donald Trump a menacé le Mexique d’imposer des droits de douane pouvant aller jusqu’à 25%. Le secteur automobile, qui représente plus de 20% des exportations mexicaines vers les Etats-Unis, pourrait être durement touché.

"A compter du 10 juin, les Etats-Unis imposeront un droit de douane de 5% sur toutes les marchandises importées du Mexique, a déclaré jeudi le président américain, Donald Trump. Si la crise de l'immigration clandestine est atténuée par des mesures efficaces prises par le Mexique, ces taxes seront supprimées. En revanche, si la crise persiste, les droits de douane seront augmentés à 10% le 1er juillet. Si le Mexique n'a toujours pas pris de mesures visant à réduire considérablement ou à éliminer le nombre d'étrangers en situation irrégulière traversant son territoire pour se rendre aux Etats-Unis, les taxes seront portées à 15%, le 1er août, à 20% le 1er septembre et à 25% le 1er octobre. Ce niveau de 25% sera maintenu jusqu'à ce que le Mexique mette fin de manière substantielle à l'entrée illégale d'étrangers venant de son territoire", a-t-il menacé.
Cet ultimatum a fait l'effet d'une bombe dans l'industrie automobile américaine, très implantée au Mexique, pays à la main d'œuvre beaucoup moins cher qu’aux Etats-Unis.
Actuellement, les biens échangés entre les deux pays ne sont pas frappés de droits de douane en vertu de l'accord de libre-échange nord-américain (Alena), en vigueur depuis 1994. Ce dernier doit être remplacé par un accord modernisé, l'AEUMC, signé le 30 novembre et dont la procédure de ratification pour son application a été lancée cette semaine par les gouvernements des trois pays.

Une perte de 0,7 point de croissance pour les Etats-Unis
"Avec des importations de marchandises en provenance du Mexique ayant atteint 350 milliards de dollars l'an dernier et des exportations de biens vers le Mexique de 270 milliards de dollars, les échanges commerciaux entre les deux pays sont fortement intégrés", a indiqué à l’AFP Gregory Daco, économiste chez Oxford economics. En outre, comme de nombreuses marchandises, comme les pièces détachées automobiles, traversent la frontière plusieurs fois avant que le produit fini ne sorte d'usine, les tarifs douaniers représentent un risque important pour l'activité commerciale de part et d'autre de la frontière. "Dans le scénario du pire, avec un taux de 25% de droits de douane sur toutes les importations en provenance du Mexique, la croissance du PIB américain serait amputée d’au moins 0,7 point l'année prochaine, tombant à 1% ou moins tandis que le Mexique entrerait en récession", estime Oxford Economics.

Tous les constructeurs impactés
JPMorgan Chase estime que l'automobile représente 75 milliards de dollars des 350 milliards d'importations mexicaines. 5% de tarifs douaniers représente donc 3,65 milliards de dollars qui seront répercutés sur l’acheteur final ou dans les comptes des constructeurs. Ainsi, estime Deutsche Bank, ces droits de douane pourraient rogner le bénéfice opérationnel de GM de 6,3 milliards de dollars, celui de Fiat Chrysler de 4,8 milliards et celui de Ford de 3,3 milliards, calcule Deutsche Bank.
La facture serait de près de 2 milliards de dollars pour Nissan, dont près d'un quart des véhicules que le groupe écoule aux Etats-Unis est fabriqué au Mexique.
Tous les constructeurs ou presque présents sur le marché américain possèdent une ou plusieurs usines au Mexique et y achètent des pièces. Tous ont vu leur titre chuter à l’ouverture des bourses internationales, à commencer par celle de Tokyo, où Mazda a perdu 7%. Le constructeur produit 180 000 voitures au Mexique, exportées principalement aux Etats-Unis, où il vend de l’ordre de 300 000 voitures par an. L’action Nissan a pour sa part perdu plus de 5%.
Les constructeurs américains produisent au Mexique entre 13% (pour GM) et 17% (pour Ford) de leurs ventes américaines mais ils y produisent des modèles à forte valeur ajoutée. Sur les 585 581 pick-up Chevrolet Silverado écoulés aux Etats-Unis l'an dernier, environ 40% ont été assemblés au Mexique.  Et le nouveau SUV de GM, le Chevy Blazer, sur lequel compte le groupe pour bousculer ses concurrents cette année est produit au Mexique.
Chez Fiat Chrysler, 11% des 536 980 pick-up RAM, une des locomotives du groupe avec les SUV Jeep, provenaient du Mexique.

Le Mexique dans le collimateur de Trump
Ce n’est pas la première fois que Donald Trump s’en prend au Mexique. Avant même d’être élu, en janvier 2017, il menaçait les constructeurs automobiles de taxer les véhicules importés du Mexique à hauteur de 35%.
Sous la menace, Ford a même annulé un projet de construction d'une usine d'assemblage au Mexique, d’un montant de 1,6 milliard de dollars. Il a tout de même décidé de produire son premier SUV électrique dans son usine mexicaine de Cuautitlan en 2020.
Xavier Champagne (avec AFP)

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