Recevez chaque jour la lettre
d'actualité d'autoactu.com :
Inscrivez-vous
GRATUITEMENT !

Déjà inscrit : connectez-vous

Statistiques

Offres d'emploi

Exclusif !

envoyer par email
Constructeurs - 09/01/2018

Gaëtan Monnier, IFPEN: "Le projet Eagle vise un rendement de 50 % pour le moteur essence"

Dans le contexte de l’émergence des motorisations électriques et électrifiées, Gaëtan Monnier, directeur du centre de résultats Transports de l’IFPEN, estime que les perspectives d'amélioration des moteurs thermiques sont encore importantes.

Autoactu.com : Quelles sont les perspectives pour les moteurs thermiques ?
Gaëtan Monnier
: Les moteurs thermiques ont encore un bel avenir devant eux. Et, ce, notamment grâce à l’hybridation dont les progrès vont permettre de maintenir le moteur thermique sur ses meilleurs points de fonctionnement avec des gains de rendement et de consommation à la clé. De plus, les moteurs essence évoluent. Sur certains programmes, nous atteignons des rendements de 42 à 43 %. Le projet européen Eagle, que l’IFPEN coordonne vise un rendement de 50 %. Ce projet évalue différentes technologies dont une thermique innovante pour la chambre de combustion, l’utilisation d’hydrogène comme additif dans l’essence et un système de dépollution adapté au fonctionnement en mélange pauvre.

Autoactu.com: Y-a-t-il d’autres pistes d’amélioration ?
Gaëtan Monnier :
Oui bien sûr. La combinaison de l’injection directe, de la suralimentation et de la distribution variable donne d’excellents résultats. Nous avions mené les premiers travaux à ce sujet dès 1997, publié des résultats en 2001 et atteint la massification des volumes en 2012. Cela a pris quinze ans. Pour des moteurs essence à très haut rendement, toutes les technologies sont actuellement disponibles. Cela mettra de 5 à 10 ans pour qu’elles atteignent des volumes significatifs. Si l’essence devient le seul moteur thermique à développer cela peut aller très vite car il va concentrer les efforts jusqu’à lors partagés entre l’essence et le Diesel.

Autoactu.com : Et le travail sur le taux de compression ?
Gaëtan Monnier :
Pour nous, le moteur à taux de compression variable offre des résultats modestes avec une certaine complexité. Par ailleurs, l’hybridation permet de faire fonctionner le moteur thermique sur ses points les plus performants, ce qui réduit l’avantage de la technologie du taux de compression variable. Et l’hybridation est une tendance majeure.

Autoactu.com : Que pensez-vous de la solution Mazda du moteur essence à allumage par compression ?
Gaëtan Monnier :
L’allumage par compression du mélange air-essence, c’est le Graal ! Avec un mélange ultra dilué, il offre une combustion ultra rapide. Mais cette technologie est très difficile à contrôler, notamment dans une logique mondiale de moteur avec la question des différentes qualités de carburant et des températures de fonctionnement. Comment en faire un moteur à forte diffusion sur l’ensemble de la planète, voilà l’enjeu.

Autoactu.com : Et le gaz ?
Gaëtan Monnier :
L’IFPEN a mis au point un concept d’injection simultanée de gaz et d’essence dans un moteur thermique. Dénommé CIGAL, ce concept est très performant en termes de réduction d’émissions de CO2 et de polluants.
Simple à implanter et abordable, CIGAL assure une réduction de 14 % des émissions de CO2, soit une performance proche de celle des moteurs Diesel. De plus, en utilisant du bioGNV, nous pouvons obtenir une réduction supplémentaire et drastique des émissions de CO2 sur l’ensemble du cycle de vie du véhicule ainsi qu’une réduction des émissions de particules qui sont dix fois inférieures à celles du moteur de référence équipé de l’injection directe essence. Ce moteur va être expérimenté sur trois véhicules de livraison urbaine utilisés par le groupe Warning, spécialiste de la logistique du dernier kilomètre. Dans un contexte où l’accès aux centres villes est de plus en plus contraint, CIGAL constitue une étape importante dans la transition énergétique avant le tout électrique.

Autoactu.com : Parmi les solutions en rupture, quel regard portez-vous sur l’hydrogène ?
Gaëtan Monnier :
Les travaux sur l’hydrogène ne datent pas d’hier. Ils remontent même au début des années 70. Il a d’abord été question d’hydrogéner certains carburants utilisés dans des moteurs à combustion interne. Nous regardons le sujet mais nous n’en sommes pas encore aux étapes de développement d’une pile à combustible.
Nous avions étudié l’utilisation de l’hydrogène comme vecteur d’énergie principale dans un moteur à piston. Pour la pile à combustible, nous cherchons actuellement quel en est le positionnement et sur quelle échelle de temps il peut trouver son marché de masse.

Autoactu.com : N’est-ce pas une approche un peu conservatrice ?
Gaëtan Monnier :
Nous pensons qu’à moyen terme les progrès des batteries pour voitures électriques seront importants et que ces voitures vont évoluer très rapidement. Nous constatons que les voitures électriques sont en train de basculer vers la grande série, nous n’y sommes pas encore avec l’hydrogène.
L’IFPEN estime que l’hydrogène est une solution d’avenir pour le transport des marchandises par des poids-lourds. Pour les voitures particulières, nous pensons que l’hybride et l’hybride rechargeable constituent les meilleures solutions à moyen terme.

Autoactu.com : Comment toutes ces différentes motorisations peuvent-elles cohabiter ?
Gaëtan Monnier :
L’IFPEN pense que nous allons vers une spécialisation des différentes motorisations par type d’usage. En simplifiant, ce sera le véhicule électrique pour les déplacements urbains et un groupe motopropulseur comprenant un moteur essence pour les liaisons routières. Ce mouvement va s’accompagner d’une concentration et d’une baisse du nombre de familles de moteurs.
Considéré dans le cadre de l’électrification des groupes motopropulseurs, le moteur essence en deviendra un accessoire. Et ce, d’autant plus que les moyens financiers déployés pour le développement sont plutôt tournés vers le moteur électrique.
Propos recueillis par Bertrand Gay

Partagez cet article :

Réactions

Il doit y avoir un problème d'adressage car l'article est absent de la page !
Didier RECORD, Le mardi 09 janvier 2018

En effet. Il y avait une erreur d’enregistreméent du texte qui a été corrigée.
Florence LAGARDE, Le mardi 09 janvier 2018

… La début de réponse de Monsieur de Gaëtan MONNIER orienté vers une spécialisation des motorisations par type d’usage fera sans doute plaisir à Bruno HAAS … Lui qui avec quelques autres (...dont je fais humblement partie) ne cesse de plaidoyer plutôt « pour des solutions plutôt qu’1 solution » pour contribuer à la réduction des émissions ou rejets polluants liés à la circulation automobile …

La limite de cette approche se situe plutôt sur les contraintes budgétaires des ménages ... Les personnalités politiques les plus "progressistes" tranchent pour le "peuple" ...Il y aura à moyens termes les "multi motorisés aisés" d'une part et les usagers des transports en commun de l'autre.
... Encore faut-il que les réseaux de ces derniers fonctionnent convenablement (sécurité, fiabilité, confort, maillage) ...
Et là y a du boulot et du cash "public" à engager ...
ADEAIRIX, Le mardi 09 janvier 2018

ENFIN ! Un article objectif qui décrit les avancées des technologies moteurs thermiques.

Il met en évidence que les discours de nombreux incompétents qui pensent que le moteur électrique tel qu'il est envisagé sur les véhicules actuels est complètement hors des réalités.

Par contre, cet article présente les nombreuses voies de développement possibles du moteur thermique tel qu'l existe. Le principal problème du moteur thermique est son taux d'utilisation ( son taux de charge ) qui est de moins de 5 % tout au long de son utilisation. Dans ces conditions, il est normal que le rendement s'écroule, surtout si on considère un rendement nominal d'environ 30% en continu et à pleine charge.

Un autre problème soulevé dans cet article est.la qualité du carburant ( celle du comburant est assez stable.... ). C'est en partie pour cette raison que de nombreux moteurs dysfonctionnent, et surtout polluent. C'est le cas des moteurs essence ET Diesel. Je suis étonné que nos spécialistes de Bruxelles n'aient pas retenu ce problème et cherché à le corriger.

Enfin, les très différents usages des véhicules doivent aboutir sur un choix de motorisations adaptées. Le véhicule électrique a toute sa justification en usage urbain et flottes captives mais serait aberrant pour faire Paris-Marseille ! l'hybridation sous des taux plus ou moins variables fossile/électrique ont aussi leur justification. Mais il ne faut pas oublier que le choix d'un véhicule par un particulier est fait de compromis, selon les usages prévus.


.
CR-Expert, Le mardi 09 janvier 2018

Rien a rajouter face aux explications de M.Monnier et aux commentaires de CR-Expert...sauf et en plus que M.Monnier et l'IFPEN sont très seuls face aux poids lourds de l'industrie automobile qui vont "faire la tendance" encore pour longtemps tout en s'adaptant (et ils ont le pouvoir capitalistique) face aux administrations des pays développés. Em plus ils ont l'automobiliste usager de leur coté.
Qui peut se permettre d'acheter un véhicule (un bien de consommation très cher) sans l'espoir un tant soit peut d'obtenir une valeur marchande en le vendant en occasion?
Qui va acheter un véhicule à la technologie "exotique", (exemple le moteur rotatif) qui sera invendable...mais aussi les VE à faible autonomie type ZOE ou Nissan Leaf sans compter les BMW i3, tous de première génération??
Pour les véhicules purement thermiques le scénario est le même...que vont valoir dans l'avenir les très grosses cylindrées en occasion si certaines pièces coutent des fortunes hors garantie?
Valeo veut faire en interne un VE à des prix low-cost (7500 euros) !
Ils visent la Chine pour faire exploser leur chiffre d'affaires!
A rajouter déjà aux contraintes dans les centre ville, il pourrait il y avoir une autre: la taille du véhicule s'il est grand, et l'avenir sera pour ceux qui roulent 95% en ville le véhicule idéal...car électrique et petit dans les centres...pas de contraventions, qui vont peser énormément dans les budgets annuels des ménages.
A partir de maintenant M.Monnier et l'IFPEN sont triplement seuls!
Les échecs retentissants des "moteurs" à eau et a air rend modestes beaucoup d'acteurs médiatisés!
Faire le tour des moteurs thermiques seulement fut sage de la par de M.Monnier. Il a raison quand il parle que l'utilisation de l'hydrogène est problématique
Ils décodent les tendances mais ils ne feront pas partie des acteurs qui vendront des brevets des moteurs à fort volume de vente de demain.
Sans mépris ou démérite a leur encontre de ma part.
Jo Duchene, Le mardi 09 janvier 2018



Plus de 250 groupes référencés dans l'édition 2018 de l'Annuaire des groupes de distribution automobile
Les dernières évolutions dans les réseaux de vente et d'après-vente



Copyright © 2018 AUTOACTU.COM - Tous droits réservés
autoactu.com - 3 avenue des Pavillons, 92270 Bois-Colombes - Siret : 479 660 235 00017