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Constructeurs - 10/12/2019

La Commission européenne autorise les aides d’Etats sur le projet européen de batteries

Les sept pays européens, dont la France, impliqués dans le projet de recherche et d'innovation dans tous les segments de la chaîne de valeur des batteries pourront subventionner les entreprises participantes. Le gouvernement français a annoncé son intention d’investir 700 millions d’euros.

La Commission européenne a annoncé ce lundi 9 décembre qu’elle validait le classement en "projet important d'intérêt européen commun (PIIEC)" celui connu sous le nom "d’Airbus des batteries".

Ce projet implique 7 pays (Allemagne, Belgique, Finlande, France, Italie, Pologne et Suède) et 17 participants, dont certains exerceront des activités dans plus d'un État membre.
Il vise "le développement de technologies hautement innovantes et durables pour les batteries Li-ion (à électrolyte liquide et à semi-conducteurs), qui ont une plus longue durée de vie, qui se rechargent plus vite, qui sont plus sûres et plus respectueuses de l'environnement que les batteries actuellement sur le marché", précise la Commission dans son communiqué.

Le projet doit également répondre à la question de l’empreinte carbone de la production et du recyclage des batteries : "Le but est de réduire l'empreinte carbone et la quantité de déchets produits aux différents stades de la production ainsi que de mettre au point un démantèlement, un recyclage et un raffinage durables et respectueux de l'environnement conformément aux principes de l'économie circulaire", précise la Commission.

Cette décision est en phase avec les réglementations de la Commission européenne dont les limites d'émissions de CO2 ne pourront être respectées sans une part conséquente de véhicules électriques.
Les conditions nécessaires pour obtenir ce classement PIIEC sont : contribuer à la réalisation des objectifs stratégiques de l'UE, faire intervenir plusieurs États membres, allier financement public et financement privé, générer des effets d'entraînement positifs dans l'ensemble de l'UE, être très ambitieux en termes de recherche et d'innovation.

Les entreprises impliquées dans ce projet interviendront sur quatre niveaux de la chaîne de valeur des batteries : matières premières et matériaux avancés (BASF, Eneris, Keliber, Nanocyl, Solvay, Terrafame, Umicore), cellules et modules (ACC, BMW, Endurance, Eneris, FAAM, Seel, Varta), systèmes de batteries (BMW, Endurance, Enel X, Eneris, Kaitek, SEEL), réaffectation, recyclage et raffinage (BASF, Endurance, Elemental, Eneris, FAAM, Fortum, SEEL, Umicore).

Compte tenu des règles européennes, les Etats impliqués pourront tous ensemble accorder un maximum de 3,2 milliards d’euros d’aides, budget qui ne sera peut-être pas atteint. La France, par exemple, pourra accorder jusque 960 millions d’euros et le communiqué de Bercy rappelle que "le Président de la République a annoncé en février 2019 que la France investirait 700 millions d’euros".
La partie française de ce projet est incarnée par la coentreprise ACC (Automotive Cells Company) qui regroupe PSA et Saft avec la présence d’Opel. ACC est présent sur la partie "cellules et modules".

L’Allemagne, en revanche, est présente sur les quatre niveaux de la chaîne avec BASF, ACC, BMW, Varta, Umicore. En valeur, ces entreprises portent des projets plus importants puisque l'Allemagne sera autorisé à subventionner jusqu'à 1,25 milliard d’euros.
L’Italie avec une autorisation de financement jusqu’à 570 millions et la Pologne jusqu'à 240 millions sont deux pays fortement impliqués dans ce projet.
Pour les trois autres pays, les montants d’investissement sont inférieurs à 100 millions d’euros avec 80 millions pour la Belgique, 50 millions pour la Suède et 30 millions pour la Finlande.

Les entreprises pourraient de leur côté investir un montant cumulé de 5 milliards d’euros supplémentaires qui s’ajouteraient à ces subventions.

Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive pour une Europe adaptée à l'ère du numérique et commissaire chargée de la politique de concurrence dans la nouvelle Commission est celle qui dans la précédente avait notamment fait obstacle à la fusion entre Alstom et Siemens. Elle a estimé que dans ce cas "l'aide autorisée permettra de garantir que ce projet important ira de l'avant sans fausser indûment la concurrence". Elle a souligné que la production de batteries en Europe revêtait "un intérêt stratégique pour notre économie et notre société compte tenu de son potentiel en termes de mobilité propre et d'énergie, de création d'emplois, de durabilité et de compétitivité". 

"Nous avons trouvé la bonne formule pour notre politique industrielle du 21e siècle: une coopération étroite entre les acteurs industriels, une action concertée pour accélérer l'innovation “du laboratoire au marché”, des instruments financiers coordonnés issus tant de la sphère privée que de la sphère publique et un cadre réglementaire tourné vers l'avenir pour soutenir une économie européenne de la connaissance plus solide", a dit Maros Sefcovic, vice-président chargé des relations interinstitutionnelles et de la prospective.

Si ce projet vise "à dépasser le niveau actuel de l'innovation sur l'ensemble de la chaîne de valeur des batteries", il reste cependant sur la technologie lithium-ion actuelle (et pas la prochaine étape dite "solid state") avec la difficulté de concurrencer l’industrie chinoise qui en est aujourd’hui leader.
Bruno Le Maire qui a œuvré pour la mise en place de ce projet avec son homologue allemand Peter Altmaier s’est félicité de cette décision de la Commission européenne dans un communiqué : "Grâce à ce projet, nous allions développement industriel et croissance verte. L’industrie automobile européenne ne sera en effet plus contrainte d’importer des batteries produites à l’autre bout du monde et pourra offrir aux Européens des véhicules électriques véritablement verts. Ce projet est un exemple de coopération européenne efficace et ambitieux qui fera de l’Europe la première puissance industrielle verte de demain."
Le communiqué de Bercy rappelle que Bruno Le Maire et Peter Altmaier inaugureront une "usine-pilote en France début 2020 à Nersac en Nouvelle-Aquitaine", sur un site où Saft fabrique déjà des batteries.
Florence Lagarde

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Réactions

... Et pendant ce temps là
Le Belier est sur le point d'être racheté par un équipementier chinois ...
;0)
ADEAIRIX, Le mardi 10 décembre 2019

"Il vise "le développement de technologies hautement innovantes et durables pour les batteries Li-ion (à électrolyte liquide et à semi-conducteurs), qui ont une plus longue durée de vie, qui se rechargent plus vite, qui sont plus sûres et plus respectueuses de l'environnement que les batteries actuellement sur le marché", précise la Commission dans son communiqué."...
C'est recherche du Graal ...quoi !
Tout ce qui a été fait en recherche sur les batteries ...et ceux qui sont en dehors de la petite clique de pays, c'est de la bibine !
Lisez bien, c'est d'une stratégie et intelligence rares:
"Si ce projet vise "à dépasser le niveau actuel de l'innovation sur l'ensemble de la chaîne de valeur des batteries", il reste cependant sur la technologie lithium-ion actuelle (et pas la prochaine étape dite "solid state") avec la difficulté de concurrencer l’industrie chinoise qui en est aujourd’hui leader. "..
Cela donne le frisson et va dépasser les bornes comme jamais !
"
Jo Duchene, Le mardi 10 décembre 2019

Et pendant ce temps là
Au travers de sa filiale Néerlandaise Keolis (filiale de SNCF) vient de passer une commande de 259 bus élec auprès du Chinois BYD …
BYD revendique 50 000 bus élec en exploitation …
Hum, hum … Quel est le parc cumulé mis à disposition par les opérateurs que sont Heuliez Bus, Bolloré et Alstom ?

Un projet européen des bus élec n'eût pas été dénué de sens au regard de l'ensemble des flottes de bus des infrastructures publiques (?) en exploitation sur le continent ...
Le train est passé .. Si j'ose dire … Bon il est vrai que si c'est pour installer des cellules chinoises dans ces bus … Cà va pas bien loin !
Donc pas une raison pour ne rien faire … Il est grand temps (?) d'autant que le projet intègre la dimension "recyclage" …
;0)
ADEAIRIX, Le mardi 10 décembre 2019

Un projet "Terrebus" en quelquesorte…
;0)
Luc Os, Le mardi 10 décembre 2019

En faisant "le tour" de cette mascarade annoncé...OK, cela n'engage que moi, je vois qu'on est au point d'aller jusqu'au gaspillage de 5 milliards d'euros !
Si encore c'était de la recherche fondamentale, il aurait été plus que normal et pas assez d'argent, à savoir, à donner à des travaux communs des Universités des pays cités, et leur échange de travaux et de chercheurs !
N'oublions pas que le CNRS travail dans un de leurs labo sur les batteries depuis quelques années.
Là de manière totalement prétentieuse et abscons, certains prétendent qu'ils iront jusqu'à la mise en production de batteries...
Comment CROIRE que dans une phase d'industrialisation que les différents pays ne vont pas ressortir leur nationalisme rance historique de compétition commercial.
Nous ferions la paix et le partage désintéressé d'innovations, car il y aurait un SEUL ennemi commun ?
Qui nous garanti qu'au long des années de recherches fructueuses (pour qui ?) que NOS batteries sont vraiment meilleures et plus efficaces que celles des chinois et américains (ils ont été oubliés) ???
Pour les pays qui mettent plus d’efforts en chercheurs et labos...et donc plus de milliards, qui va les dédommager ou obliger à partager avec les autres pays ???
S'il y a différentes orientations de recherche, qui va faire la médiation et qui va s'imposer ???
Si ces messieurs/dames de la Commission Européenne ne se moquent pas de nous, en tout cas, ils créent une atmosphère qui empeste le pognon facile !!
Jo Duchene, Le mardi 10 décembre 2019



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