Ratification en vue pour l’accord de libre-échange USMCA pour remplacer le NAFTA
|
La chronique de Bertrand Rakoto, analyste indépendant dans l’intelligence de marché et auteur du livre "La désincarnation des grandes organisations". Après plusieurs années dans l’automobile, entre autres chez RL Polk, et après avoir eu un cabinet d’analyse en France (D3 intelligence) il est désormais basé aux Etats-Unis où il poursuit son activité depuis Détroit. L’actualité politique américaine est mouvementée mais cela n’empêche par les élus démocrates et républicains du Congrès de s’entendre pour ratifier, peut-être dès la semaine prochaine, le nouveau traité de libre-échange nord-américain. C’est un acte stratégique de la part des démocrates par lequel ils veulent prouver qu’ils restent ouverts au dialogue avec leurs opposants politique alors même qu’ils s’engagent dans un vote pour empêcher le Président, première étape d’une longue procédure pouvant mener à sa destitution. La validation et la mise en application du traité USMCA serait une victoire politique pour le Président en place puisque cela constitue un de ses principaux thèmes de campagne. Certains textes doivent être rédigés en vue de la prochaine légifération côté américain. Les trois pays doivent également se mettre d’accord sur les termes et la mise en application de l’accord. Les grands traits sont tracés mais il reste quelques points à négocier en vue de l’implémentation, cela tend à prouver la fragilité de l’accord. Un accord soutenu par les constructeurs et les syndicats Dans les grandes lignes, l’accord doit, premièrement, augmenter l’obligation de sourcer les pièces en Amérique du Nord à hauteur de non plus 62,5% du nombre de pièces mais, à partir de 2023 de 75% des pièces. Deuxièmement, les constructeurs doivent s’engager à produire au moins 40% du contenu des véhicules dans des usines où les employés sont payés $16 de l’heure ou plus. Troisièmement, l’accord contraint les autorités mexicaines à autoriser la constitution de syndicats. Le soutien des syndicats américains et canadiens devient tout de suite évident car la naissance d’un ou plusieurs partenaires donne plus de leviers vis-à-vis des constructeurs unionisés. Enfin, l’USMCA inscrit de façon durable l’exemption des droits de douanes américains, entre autres, sur l’acier et l’aluminium. Les constructeurs étrangers sont impactés de manière différente puisque les Européens, par exemple, ont ouvert leurs nouvelles usines au Mexique (BMW, Mercedes-Benz et Audi). Pour eux, l’intérêt du Mexique persiste puisqu’ils encourent un faible risque seulement de voir leurs usines être unionisées. Aux Etats-Unis, la pression de l’UAW reste forte et incite les constructeurs à rester vigilant. Une unionisation sous-entend que la totalité des employés d’une usine soient syndiqués et les accords doivent ensuite être négociés directement avec l’UAW (ou l’Unifor au Canada). Les conséquences sont multiples. En premier lieu, les coûts salariaux augmentent assez durement d’année en année. Ensuite, les constructeurs rééquilibrent leur budget en réduisant les aides octroyées localement. Il faut savoir qu’aux Etats-Unis, les constructeurs participent assez activement au financement des villes et des communautés où vivent leurs employés. Ces financements touchent aussi bien les écoles que la santé (hôpitaux, médecins) ou les infrastructures sportives et culturelles. C’est pour cela que dans la plupart des usines du sud, les employés préfèrent rester indépendants pour assurer la continuité de cette participation des constructeurs à l’amélioration de leur environnement plutôt que de bénéficier de meilleurs salaires et de perdre certains avantages qui profitent à tous et améliorent leur qualité de vie. La route est encore longue Les termes de l’accord sont connus et renforcent nombres d’éléments déjà présents dans le traité NAFTA. Les dernières négociations touchent directement les Etats-Unis puisque les démocrates souhaitent revoir certains aspects liés à l’environnement, au domaine pharmaceutique, au droit social et, surtout, sur la manière dont l’accord doit être mis en place. Pour les constructeurs comme pour les équipementiers, la signature de l’accord figerait les règles entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Cela mettrait un terme à 3 années de changements et d’incertitudes qui ont provoqué beaucoup d’attentisme et une certaine frilosité à investir durablement dans leurs outils de production. La semaine prochaine les négociateurs canadiens et américains doivent retrouver leurs homologues mexicains pour signer les derniers avenants. Il s’agit d’un moment important car la pression sur le gouvernement et les autorités mexicaines est forte. En effet, la majeure partie des efforts sont tournés vers le pays. L’évolution induite en matière de droit du travail et des salariés doit être mise en application par un effort combiné de plusieurs agences publiques. En cas de manquement, les partenaires du Mexique pourraient “prendre des mesures” encore inconnues pour s’assurer de l’application du traité. Ces éléments font l’objet des dernières négociations. Une victoire pour le Président |
|
Partagez cet article :
|
Réactions
Les Français, toujours prompts à rabaisser les présidents américains (Carter le vendeur de cacahuètes, Reagan l'acteur de séries B, Deubeliou Bush le crétin fils de, Obama la gravure de mode, Trump le milliardaire incontrôlable), devraient en prendre de la graine.
Il vaut mieux devenir borgne que rester aveugle toute sa vie !
J'aurai pu continuer comme cela longtemps...
Encore une pour la route:
Il vaut mieux avoir de l'espace que ce marcher sur les pieds toute sa vie !
Votre réaction (et réactivité) ne fait qu'apporter un peu plus de crédit à mon commentaire.
Entre parenthèse, LOL est une expression américaine si je ne m'abuse.
Il vaux mieux parler de ce qu'on connait et de ce qu'on a vécu, que le CONTRAIRE !
;0)
;0)
Jamais de Porto blanc ni rosé non plus... est le rouge... pas moins de 10 ans d’âge!
Le cas contraire vous êtes un plouc ... qui fait des cadeaux merdeux... et radins pour Noël !


Recevez chaque jour la lettre