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Marchés - 17/12/2019

Moyennes CO2 des marques en France : Renault distancé par PSA

Le groupe Renault s’est laissé distancer par PSA sur l’efficacité énergétique de ses motorisations si on la mesure par la moyenne CO2 de leurs immatriculations en France. A fin octobre, Renault affiche une moyenne CO2 à 111 g malgré l’électrique tandis que Peugeot est à 106 g et Citroën à 105,3 g. Toyota affiche la meilleure performance du marché.

Les émissions de CO2 conditionnent désormais en partie la performance commerciale des marques sur le marché français compte tenu de la fiscalité qui en dépend (TVS, malus). En France, la grille du barème du malus pour 2020 avec un démarrage dès 110 g va encore renforcer l'impact de la performance CO2 sur les ventes.
L’évolution divergente des moyennes CO2 des immatriculations en France de Peugeot et Renault ces dernières années (selon un traitement réalisé par Autoways) éclaire d’un nouveau jour leurs performances commerciales.

Pour faire court, on peut dire que l’érosion de la part de marché de la marque Renault (passée de 20,2% en 2016 à 18,3% en 2019) face à Peugeot (passée de 16,7% en 2016 à 17,42% en 2019) va de pair avec une baisse des émissions de CO2 de la gamme Peugeot tandis que celles de la gamme Renault montaient.
Ainsi, en 2013, la performance de Renault (105,7 g) est nettement meilleure que celle de Peugeot (114,2 g). Le rapport de force s’inverse à partir de 2015.
En 2019 (sur les immatriculations à fin octobre), l’écart est conséquent (5 g) puisque la moyenne des émissions de CO2 de Peugeot en France est de 106 g, tandis que celle de Renault est de 111 g (soit à peine mieux que la moyenne du marché à 111,7 g).
Citroën présente la même évolution que Peugeot avec un point de départ à 114 g en 2013 et une moyenne à 105,3 g en 2019 (à fin octobre).

"Il y a trois facteurs clés pour expliquer ces moyennes CO2 : le mix essence/Diesel, le mix silhouette et la R&D moteur. Clairement, la performance de PSA montre qu’ils ont travaillé l’efficacité de leurs moteurs essence et Diesel. Entre Peugeot et Renault, le mix Diesel est similaire (38,60% pour Peugeot, 38,68% pour Renault). La différence ? Elle est dans la moyenne CO2 de leurs moteurs Diesel (101g pour Peugeot et 113g pour Renault) et essence (109,4g pour Peugeot et 117,8g pour Renault)", analyse Eric Espinasse, directeur du développement d’Autoways.
Au final, les 4,4% d’immatriculations Renault en véhicules électriques pèsent peu par rapport aux écarts de performance des moteurs thermiques.

La situation est encore plus délicate pour Dacia qui affiche une moyenne CO2 de ses immatriculations France en 2019 à presque 120 g (119,6g) avec une part de vente de véhicules Diesel à 39,5%.
Au sein de l’Alliance Renault/Nissan, la meilleure performance est celle de Nissan avec une moyenne à 106 g en nette amélioration par rapport à l’an dernier (110,7 g). Cette amélioration vient principalement de la hausse de la part des véhicules électriques dans le mix (9% des immatriculations en 2019 contre 6,3% en 2018) dans un contexte de forte baisse des volumes.

La marque Opel ne bénéficie pas encore de la performance des motorisations du groupe PSA dans ses ventes actuelles et sa moyenne CO2 en France est un peu au-dessus de 120 g (120,1). Fiat est encore plus nettement au-dessus de 120 g (121,8 g).
Au sein des marques premium, BMW affiche la meilleure performance (122,9 g) devant Audi (124 g) et Mercedes (128 g).
Le groupe Volkswagen n’est pas spécialement bien placé avec une moyenne de 112,8 g pour VW, 113 g pour Seat,

Sans surprise, Toyota affiche grâce à 63% de ses ventes en hybrides (non rechargeables pour la plupart, et quasiment sans Diesel) la meilleure performance du marché avec une moyenne CO2 de 93,6 g en baisse de manière régulière (entre 2 à 4 g de moins chaque année).
"Toyota est l'indiscutable champion, parmi les principaux constructeurs, des faibles émissions de CO2 en France. Et de très loin. Avec 93,65 g CO2/km de moyenne, la gamme de la marque japonaise est non seulement la plus vertueuse mais aussi la seule à se placer sous la barre des 100 g CO2/km. Et la seule chaque année depuis 2016 ! Pour mesurer le chemin parcouru, il faut se rappeler qu'en 2005 la moyenne de la gamme Toyota était de 162,82 g CO2/km (soit près de 70 grammes de plus !) et la plus élevée de ses concurrentes généralistes", souligne Eric Espinasse.

Cet état des lieux sur le marché français donne une idée des chamboulements qui seront nécessaires dès 2020 pour que chaque constructeur respecte son objectif CO2 (l'objectif est spécifique à chaque marque à plus ou moins 95 g en fonction du poids de sa gamme, le poids donnant un bonus en quelque sorte !). 2020 sera encore une année de transition puisque la mesure se fera sur les 95% de leurs immatriculations les plus vertueuses (100% à partir de 2021).
Les pénalités (95 euros/g de dépassement multiplié par l'ensemble des immatriculations en Europe) pourraient représenter des sommes conséquentes. On a beaucoup entendu Carlos Tavares dire qu'il ne paierait pas de pénalités, ce qui semble-t-il a motivé ses équipes. En revanche, on a peu entendu les dirigeants de Renault sur ce sujet confiant que leur offre en véhicule électrique (dont les volumes compteront double en 2020 et 1,67 fois en 2021) était suffisante. Cela pourrait finalement avoir été un mauvais calcul.
Florence Lagarde

Lire le détail de la moyenne CO2 des immatriculations VP neufs par marque et par date de la première mise en circulations en France de 2005 à fin octobre 2019 - Source : Autoways (Accès réservé aux membres du Club Autoactu.com)

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Réactions

Toyota toujours un coup d’avance,pourquoi les autres n’y ont pas cru?aveuglement?et maintenant la Mirai !!!
alain boise, Le mardi 17 décembre 2019

Pour Renault, les nouveaux moteurs E-Tech hybrides rechargeables -ou non- sur une grande partie de la gamme dès 2020 devraient pouvoir changer la donne. Pour les autres, l'objectif paraît plutôt "lointain" .....
Albert, Le mardi 17 décembre 2019

A relire je ne comprends pas pourquoi Renault leader dans l’électrique se trouve en mauvaise posture,la fin des aides pour les Hy rechargeables arrivent au mauvais moment .
alain boise, Le mardi 17 décembre 2019

@Albert : ou pas... car à 45K€ le ticket d'entrée pour une 508 PHEV ou 32K€ pour une e-208, ça limite le nombre d'acheteur potentiel.

Pour Renault il fallait être à la dernière réunion fournisseurs de rentrée sur les GMP. Les propos tenus étaient du style :"démerdez vous comme vous voulez, mais nous ne pourrons supporter aucun retard ni écart de performance..."
Qu'elle ambiance, ça va être chaud bouillant sur 2020.
Frederic, Le mardi 17 décembre 2019

Finalement dans tout cela, le plus triste est que ce sont de toutes façons les clients qui vont trinquer en payant cher les véhicules, soit pour la technologie, soit pour les pénalités qui sont déjà budgetées par certaines marques.
;0)
Luc Os, Le mardi 17 décembre 2019

C’est TOUJOURS le client qui paye....ou le citoyen,taxer un billet d’avion c’est le client,etc etc
alain boise, Le mardi 17 décembre 2019

… Pas étonnant que le frigo soit "en marche" en cette fin d'année.
En 2020, "y va fallloir" pousser de la "ferraille" électrifiée pour éviter les "pénals" ... Sauf exception, depuis les annonces de Tavares, tout le monde a dû s'équiper des tableaux de bord "ad hoc" pour tendre à la régulation (?) La "budgétisation" limitera les éventuels effets des dépassements comme le répète Luc Os ...
;0)
ADEAIRIX, Le mardi 17 décembre 2019

Il n'y a pas que le CO2 où PSA a dépassé Renault. Je crois savoir que le traitement des polluants est plus efficace également.

En revanche, il y a un truc que je ne comprends absolument pas dans l'article de Florence (merci Florence), c'est cette histoire de part de marché qui aurait une influence sur la quantité de CO2 dégagée par les marques ? Imbitable...

Quoi qu'il arrive, je comprends que les constructeurs ne veuillent pas payer des pénalités mais ça va être dur car la formule est redoutable avec 95 € par gramme de dépassement multiplié par le nombre de TOUTES les bagnoles vendues en Europe, ça va piquer grave.

Ca parle mieux avec des chiffres, admettons qu'un constructeur ne dépasse que d'un seul gramme, en vendant un million de bagnoles en Europe, ça fait le g à 95 M€ ; mieux que la truffe du Périgord.
Bruno HAAS, Le mardi 17 décembre 2019

Vous rappelez dans votre article :
"l'objectif (CO2) est spécifique à chaque marque à plus ou moins de 95 g(CO2/km) en fonction du poids de sa gamme, le poids donnant un bonus en quelque sorte !"
Lors des redéfinitions des Malus-CO2 2020, il a été tenu compte d'un "glissement technique" d'environ +28 gCO2/km du fait de la prise en compte (à partir de mars 2020) du nouveau test "WLTP" par rapport aux valeurs antérieures dites "NEDC-corrélées".
Je n'ose imaginer que cet objectif des "plus ou moins 95 gCO2/km" reste fondé pour le "WLTP" !
Si on suit mathématiquement la logique fiscale française du Malus-WLTP, alors l'objectif moyen européen devrait être de l'ordre des 95+28 = 123 gCO2/km ?
FrancoisX, Le mardi 17 décembre 2019

Cela commence bien ce matin...le bon sens et les bonnes questions et interrogations fusent !!
Ici et nulle part ailleurs !!
Jo Duchene, Le mardi 17 décembre 2019

Oui Bruno, ça va piquer sévère.
Un rapport d'un cabinet d'analyse PA Consulting de l'an dernier (publié ici même) disait que PSA verrait partir 20% de sa marge opérationnelle 2017 en amende pour 600M€. Pour VW, cela se chiffrait à 1,4 milliards.
Et comme depuis on a augmenté la part de SUV, le gap et forcément plus grand.
Frederic, Le mardi 17 décembre 2019

Dans l'exemple de Bruno ça fait effectivement 95 M€, mais ça ne fait que 95 € par bagnole…
;0)
Luc Os, Le mardi 17 décembre 2019

@FrancoisX, vous avez raison cher FrancoisX, la "logique fiscale française" ne sera pas logique du tout.
Les fameux 95 g de CO2 au km parcouru ont été basés à partir du protocole NEDC il y a fort longtemps et nombreux pensaient - les naïfs - que ces 95 g seraient majorés en proportion de l'augmentation WLTP/C. Ce ne sera pas le cas, donc les 95 g sont maintenus alors que le WLTC est environ 25% plus sévère que le NEDC. Tant pis pour les constructeurs, bien fait disent les Ecolos.

Vous avez encore raison en disant que le poids donnait un "bonus". Les 95 g sont appliqués à une bagnole de 1372 kg qui est le poids moyen des bagnoles vendues en Europe. Les Allemands qui vendent des bagnoles lourdes ont "lobbyés" à mort pour que la Commission "relève" le nombre de grammes "autorisés" en fonction du poids. C'est couillon, mais c'est passé. La loi du plus fort en quelque sorte.
La formule est la suivante : 95g + 0,0333 x (M - M0) où M est le poids de la voiture mesuré et M0 le poids de référence.
Résultat, une Twingo de 865 kg a un objectif de 78 g ("difficile")
Une C4 de 1372 kg a un objectif de 95 g ("moyen")
Une Class E de 1955 kg a un objectif de 114 g ("facile")
Ce qu'il faut savoir également, c'est que chaque voiture a un objectif bien précis en fonction de sa finition et de ses options : il y aura des Peugeot 2008 à 92,5 g et des Peugeot 2008 à 95,7 g selon le poids précis de la bête.
Usine à gaz en perspective, mais les constructeurs vont traquer le moindre milligramme de CO2. On va demander aux vendeurs de ne plus vendre des options !

@Luc Os : oui, vous calculez super vite et super bien. Vous nous ferez un petit tableau pour montrer combien ça fait par bagnole quand le constructeur dépasse de 25 g ou 23,6 g ou etc. et quand il vend 2,425 millions de chiottes.
Bruno HAAS, Le mardi 17 décembre 2019

Je voulais dire que ça passe comme surcoût pour qques grammes.
;0)
Luc Os, Le mardi 17 décembre 2019

Je suis admiratif !
Jo Duchene, Le mardi 17 décembre 2019

Attention, l'objectif de référence est de 95g/km en NEDC corrélé en 2020 pour les 95% de voitures les moins polluantes.
En 2021 l'Union européenne va recalculer cet objectif de référence pour le caler sur les valeurs WLTP selon la super formule :
Respirez un bon coup !

Objectif de référence de 2021 à 2024 = moyenne des émissions WLTP 2020 du constructeur x (objectif de référence 2020 du constructeur/moyenne des émissions NEDC corrélées 2020 du constructeur) + (a x (masse moyenne du constructeur 2021 - masse moyenne de toutes les immats Europe 2021)

ou le facteur de pondération de poids a = 0,0333

Ensuite on fait -15% de cet objectif en 2025-2029 et - 37,5% en 2030..

A part ça, ca va ?
;0)

Vous pouvez souffler….
Luc Os -Deubeuliou el Tipi, Le mardi 17 décembre 2019

Merci pour ces précisions Luc Os - Deubeuliou el Tipi.
Je souffle.
Bruno HAAS, Le mardi 17 décembre 2019

Je me casse au soleil, pas loin, cet après-midi, pour oublier tout cela !
Jo Duchene, Le mardi 17 décembre 2019

Il y a des jours où c'est facile de comprendre le succès des trottinettes…
;0)
Luc Os, Le mardi 17 décembre 2019

Notre gouvernement a choisi le malus et l'union européenne a choisi les réductions d'émissions de CO2....Deux contraintes qui n'existent pas non en Chine et aux USA.

Nous vivons pourtant sur la même (petite) planète....
Smarter, Le mardi 17 décembre 2019

OK à tous,
si je comprends bien, c'est un peu plus tard que nous saurons ce que les 95g selon "NEDC-corrélé" deviendront en "WLTP" ! Alors soyons patients !
Mais, quid des valeurs "RDE" qui vont être passionnantes, car tr§s proches de vos valeurs "à la pompe" !
C'est tout de même une vaste folie d'énarque de compter sur des valeurs (fausses / NEDC ou NEDC-corrélé ou WLTP) pour établir des émissions (100% théoriques) en CO2, alors que c'est si simple de les accumuler au niveau des pompes à carburants (voire des stations de recharges électriques en équivalents CO2...°
En effet, et à peu de choses près, quand vous consommez 4,5 L/100km en Diesel ou 5 L/100km en Essence, c'est grosso-modo du 120 gCO2/km que vous allez REELLEMENT émettre !
Alors une super-car Ferrari qui parcourt 5.000 km/an ou une Clio/208 à 15.000 km/an : laquelle aura émis le plus de CO2 atmosphérique au final ?
C'est au niveau du litre de carburant qu'est la meilleure "taxe carbone", bonus et malus c'est du pipeau, surtout quand ce n'est appliqué que lors du 1er achat = du VN = Véhicule 100% Neuf et plus rien après !
Grosses têtes des ministères, arrêtez vos voitures de fonction financées par les contribuables et payez déjà (= enfin) votre carburant de votre poche, et sans tricher, SVP !
FrancoisX, Le mardi 17 décembre 2019

Ils ne payent pas déjà le salaire de leurs chauffeurs...alors le carburant ...et en plus combien de président centenaires allons nous avoir...qui nous pompent en plus ?
Jo Duchene, Le mardi 17 décembre 2019

Je ne comprends pas tout .....D'après l'article...
"....Ainsi, en 2013, la performance de Renault (105,7 g) est nettement meilleure que celle de Peugeot (114,2 g)"... et....La différence ? Elle est dans la moyenne CO2 de leurs moteurs Diesel (101g pour Peugeot et 113g pour Renault) et essence (109,4g pour Peugeot et 117,8g pour Renault)", analyse Eric Espinasse, directeur du développement d’Autoways.
Si je comprends bien....les moteurs de 2013 de Renault étaient en moyenne d'émission meilleur que ceux d'aujourde'hui...cela voudrait dire que Renault n'a pas progresser sur ses moteurs...au contraire Renault aurait régresser.....j'en doute.....
SB, Le mercredi 18 décembre 2019

A Bruno HAAS,
C'est le CO2 qui a une influence sur la part de marché puisque le malus et la TVS augmentent avec les émissions de CO2, les véhicules dont les émissions de CO2 ne sont pas "compétitives" sont pénalisés.
Est-ce que c'est plus clair ?

A SB,
Oui, la moyenne CO2 des immatriculations de Renault était meilleure en 2013 qu'en 2019. Entre temps, il y a eu le changement d'homologation avec le passage de NEDC à NEDC corrélé qui augmente le chiffre d'environ 6% et donc fausse un peu la comparaison entre 2013 et 2019.
Ce qui est mis en évidence dans cet article est que Peugeot dans le même contexte a abaissé la moyenne CO2 de ses immatriculations et que en partant de plus haut que Renault en 2013 sa moyenne est nettement plus basse en 2019.
Il faudra voir quels seront les résultats quand les mesures seront faites en WLTP à partir du 1er mars, et si cet écart entre Peugeot et Renault se réduit.
Florence LAGARDE, Le mercredi 18 décembre 2019



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