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Constructeurs - 09/10/2018

Jean-Philippe Imparato, DG Peugeot : "Nous allons suivre notre bilan CO2 au jour le jour à partir de 2020"

En 2020, les constructeurs devront respecter un objectif spécifique d’émissions de CO2 sur 95% de leurs ventes sous peine de payer 95 euros d’amendes par véhicule vendu pour chaque gramme de dépassement. Peugeot se prépare à suivre cette donnée au quotidien, explique Jean-Philippe Imparato, directeur général de la marque.

Alors que se discutent en ce moment les objectifs CO2 pour 2025 et 2030, la prochaine échéance pour les constructeurs ce sera d’abord 2020. A partir de cette date, ils devront respecter leur objectif individuel d'émission de CO2 sur 95% de leurs immatriculations dans l’Union européen, et sur 100% en 2021. Cet objectif spécifique est fonction de la masse de leur gamme, et donc pour PSA dont la masse moyenne des véhicules vendus est inférieure à la moyenne du marché, l’objectif est nettement inférieur à 95g (*). Le cabinet PA Consulting l’avait évalué à 92,6g dans sa dernière étude (novembre 2017) avant intégration d’Opel.

Pour le groupe PSA (et toutes ses marques, y compris Opel/Vauxhall), un gramme de dépassement de son objectif spécifique ce sera 285 millions d’euros de pénalités sur la base d’un volume de vente de 3 millions de véhicule en Europe (la pénalité s’applique sur l’ensemble des ventes de véhicules dans l’Union européenne). Pour un groupe qui a réalisé un chiffre d’affaires automobile de 47 milliards d’euros l’an dernier cela représente 0,6 point de marge opérationnelle.
Le CO2 va donc dès 2020 devenir un driver important pour les performances commerciales des constructeurs. Ainsi, lors d’un point presse au Mondial de l’Auto, Jean-Philippe Imparato, DG de Peugeot, a précisé que la marque Peugeot s’y préparait activement : "A partir du 1er janvier 2020, nous allons compter notre bilan CO2 au jour le jour. Nous saurons instantanément à niveau nous sommes. Il n’est pas question que l’on paye 1 euro d’amende sur le CO2", a-t-il dit.
Guillaume Couzy, directeur du commerce France nous a également dit que des outils de suivi étaient en préparation pour son périmètrre et que la marque se préparait à monitorer les émissions de CO2 au niveau de chaque concessionnaire.
Florence Lagarde
(*) Pour l’application de ce règlement, les émissions de CO2 prises en compte sont celles obtenues en NEDC corrélé.

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Réactions

Le CASH étant plus rare que pour d'autres acteurs du marché….
l'on comprends que chez Peugeot (chez PSA surtout ?), l'on s'apprête à surveiller ce paramètre du bilan CO2 comme "le lait sur le feu" ….

Gageons quand même que dans les "cockpits des autres", des outils comparables de pilotage de la "performance" s'élaborent également, tant l'impact négatif des pénalités sur les comptes peut être d'importance …
Car non seulement il y a l'offre mais il y a également la demande qui est encore moins "contrôlable" (Ah les "cons" de clients)…
A moins que la Corée du nord fasse des émules ... (?)
;0)
ADEAIRIX, Le mardi 09 octobre 2018

Au cours des conférences données au GNFA à ce sujet (en 2016), je signalais à l'auditoire les énormes difficultés qu'allaient rencontrer les services commerciaux des constructeurs pour gérer les ventes.
Les éleveurs disent que c'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses. Pareil pour les constructeurs, c'est le dernier jour de l'année que l'on sait ce que l'on a vendu........ au cours de l'année. Mais découvrir le montant de l'amende le 31 décembre, ça la fiche mal. Le service commercial va donc être obligé d'intégrer une nouvelle donne dans la gestion des ventes en freinant les ventes des bagnoles à fort rejet CO2 et en privilégiant les autres.
Donc quand un client voudra un SUV, p.e., le vendeur lui dira qu'il y a 6 mois de délai - déclaration fausse évidemment - mais qu'il peut avoir la berline ou le break de la même catégorie sans délai, voire qu'il devrait s'orienter vers un modèle de la catégorie inférieure (on l'a compris, dégageant beaucoup moins de CO2).
Les tableurs Excel chez les constructeurs vont chauffer.

Pour les puristes, je rappelle le calcul de l'objectif CO2 de chaque bagnole :
Objectif = 95 g + 0,0033 x (M - M0), M0 étant la masse moyenne des voitures en Europe, à savoir 1372 kg.
Ca donne des objectifs de moins de 95 g (donc difficile à atteindre) pour les bagnoles légères et de plus de 95 g (donc moins difficile à atteindre) pour les bagnoles lourdes (la Mercedes Classe S a un objectif de 114 g pendant que la Twingo a un objectif de 78 g. Une bagnole de 1372 kg, comme la C4 Picasso a un objectif de 95 g.

Le calcul de l'amende n'est pas piqué des vers :
Amende = 95 € x nombre de grammes excédentaires x nombre de TOUTES les bagnoles vendues par le constructeur, y compris les bagnoles non excédentaires !

Si on prend la gamme Renault-Dacia de 2015 p.e., la moyenne des rejets de CO2 était de 118,6 g/km, donc on avait un excédent de 23,6 g.
L'amende à payer aurait été de :
95 € x 23,6 g x 1 464 611 voitures vendues en Europe (en 2015) = 3,28 Md d'€.
Ca pique un peu 3 milliards !

On comprend pourquoi tous les constructeurs se jettent à corps perdu dans les Hybrides qui ont un calcul de rejet de CO2 extrêmement favorable, même s'il ne correspond pas vraiment à la réalité des rejets. Mais c'est encore une autre histoire.
Bruno HAAS, Le mardi 09 octobre 2018

…. Merci à Bruno d'avoir documenter mon propos par un exemple de calcul qui pique un peu …
ADEAIRIX , Le mardi 09 octobre 2018



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