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Constructeurs - 30/08/2019

L’industrie du vélo obtient le renouvellement de mesures anti-dumping sur les importations chinoises

Depuis 1993, l’industrie européenne du vélo bénéficie d’un règlement européen qui institue un "droit antidumping" sur les importations chinoises et de sept autres pays.

La Commission européenne a annoncé hier la reconduction pour 5 ans d’une taxe "anti-dumping" sur les importations de vélos chinois provenant directement de Chine ou transitant via l'Indonésie, la Malaisie, le Sri Lanka, la Tunisie, le Cambodge, le Pakistan et les Philippines. Cette mesure a été instituée pour la première fois en 1993 en ce qui concerne la Chine, les sept autres pays ont été inclus en 2013 après qu’une enquête ait montré qu’ils étaient utilisés pour contourner le règlement.

Sont concernés les VTT, vélos pliants, vélos de jeunes (BMX) et pour enfants, les bicyclettes de randonnée/de ville/hybrides/de tourisme (plus de 24″). Les vélos à assistance électrique ne sont pas concernés par cette taxe.

"L’enquête de réexamen ouverte l’an dernier a conclu à la forte probabilité de continuation du dumping et de réapparition du préjudice si les mesures venaient à expirer", a annoncé la Commission européenne.
Cette enquête a porté sur une période d'un an comprise entre le 1er avril 2017 et le 31 mars 2018.
Le règlement instituant cette protection détaille ce qui dans le fonctionnement de l’économie chinoise conduit à une distorsion de concurrence et notamment la nomination de représentants du parti communiste chinois dans les entreprises. Il pointe notamment dans le secteur de la bicyclette "des liens étroits entre les processus de prise de décision des entreprises actives dans ce secteur et l'État, en particulier le PCC" ainsi que "l'intervention de l'État sur les marchés financiers" et "dans la fourniture de matières premières et d'intrants". Cette présence de l’Etat dans les entreprises "permet aux pouvoirs publics chinois d'influer sur les prix et les coûts", explique le texte.

L'industrie européenne du vélo compte 400 producteurs et produit plus de 11 millions de vélos par an dans 22 États membres. Les producteurs de vélos de l'UE employaient 23 652 salariés en 2017 (en équivalents temps plein), chiffre qui a légèrement progressé par rapport à 2016. Le poids de l’industrie européenne du vélo est évalué par la Commission européenne à 100 000 emplois directs et indirects.
La production chinoise de bicyclette a représenté 80 millions d'unités en 2017.

Pendant la période de l’enquête (d’avril 2017 à mars 2018) les ventes de vélos dans l’Union européenne ont représenté 18,3 millions d'unités, en baisse de 5%. Ces chiffres ne prennent pas en compte les ventes de vélos électriques (en dehors du champs de cette taxe) qui ont représenté près de 2 millions d’unités en 2017.
Durant la période de l’enquête, les importations de vélos ont baissé et la part de marché de l'industrie de l'Union a augmenté de 2,6 points de pourcentage pour atteindre 61,8 %.

L’enquête a également révélé que "la situation de l’industrie de l’Union restait fragile". "Compte tenu du volume substantiel des importations faisant l’objet d’un dumping en provenance de la RPC et de la probabilité de continuation du dumping et du préjudice, il est hautement probable que la production de l’Union disparaîtrait en cas d’abrogation des mesures", précise le règlement.
Les droits antidumping sont de 48,5% applicables au prix net franco frontière de l’Union, avant dédouanement. Trois sociétés bénéficient de taux individuels calculés sur la base de documents communiqués pendant l’enquête : à 19,2% pour Zhejiang Baoguilai Vehicle Co. Ltd, et 0% pour Oyama Bicycles (Taicang) Co. Ltd et Ideal (Dongguan) Bike Co., Ltd. Giant Co. Ltd n'est pas concerné par ces mesures suite à une décision de la Cour de Justice de l'Union européenne du 14 décembre 2017.
Florence Lagarde

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Réactions

Imaginons un constructeur automobile qui ne fait que le design de lses modèles, ne développe pas ses moteurs ni ses transmissions, ni ses freins, en fait aucun de ses composants, ne fabrique pas lui-même ses carrosseries et ne réalise que de l'assemblage et éventuellement sa peinture.
C'est le cas de "l'industrie" du vélo en Europe. L'intégralité des cadres, seul composant spécifique aux marques, vient d'Asie et principalement de Chine, ainsi que tous les autres composants sur étagère. L'assemblage d'un vélo basique prends 45 min, et peut-être 2 h pour les plus complexes. C'est la seule plus-value de l'industrie du cycle en Europe (en ajoutant éventuellement la réalisation de la peinture, mais c'est tellement moins cher en Chine ... ).
On peut alors considérer que ces taxes anti-dumping ne vont pas assez loin, devraient être plus lourdes et appliquées à tous les composants des vélos. Alors on verrait peut-être une vraie industrie du vélo se développer chez nous, avec, pour conséquence, une très forte augmentation des prix.
Et là, ça ne passe plus. Nous allons donc continuer à croire qu'un vélo "Made in France" peut être proposé à partir de 150€ voir moins.
Bruno, Le vendredi 30 août 2019

Commentaire parfait de Bruno.
En Chine toute JV, y compris Automobile, doit obligatoirement avoir des membre du PCC dans son comité de direction.
J'ajoute que TAIWAN ne fait pas partie de la liste des pays impactés par la taxe.
Hors actuellement au moins 90% des cadres et composants vélo proviennent de ce pays.
Pays de langue Chinoise sous protection US vs la Chine Communiste.
Taiwan a donc beaucoup de facilité à sous-traiter en douce la production à ses cousins du continent et ainsi contourner les taxes anti-dumping...
L'industrie du cadre de vélo a été complètement laminée en Europe :
Il ne reste que quelques artisans et du très-très haut de gamme : le Français Time pour le carbone route par exemple ou Nicolaï VTT pour l'alu usiné au micron en Allemagne.
En UK, une petite marque comme Stanton est en train de s'outiller pour produire et peindre des cadres acier et Titane 100% made in UK.
Je leur ai d'ailleurs commandé un cadre Acier. A peine plus cher que du made in Taiwan revendu par une marque Française comme Sobre par exemple.... Donc il y a quand même de l'espoir. Et ce sont nos amis Anglais qui montrent la voie...(comme souvent) Pourvu que Bojo ne vienne pas tout casser avec ses gros doigts ...
Côté composants, il y a quand même un peu de made in Europe en haut de gamme comme Time (FR) ; Mavic (FR+Ro) ; Hope (UK) ; DT-Swiss (devinez) ; Magura (D) ; Hutchinson (FR) ; Michelin (FR mais made in Asia...)
Côté moteurs électrique, on retrouve quelques acteur du secteur Auto comme Bosch ; Brose ou Yamaha par exemple.
Rien côté Français ...
L'industrie du Vélo est donc un exemple d'industrie re-localisable en Europe si et seulement si on taxe lourdement les importations d'Asie (Taiwan compris) et que les industriels se focalisent sur du HdG qualitatif et innovant.

C'est actuellement rageant de payer un vélo 5000€ à 10 000€ avec un beau sticker "Handmade made in Taiwan" (exemple réel avec la marque US Specialized).
Chr$, Le vendredi 30 août 2019

Chère Florence, deux nouveau pigistes pour Vélo-Actu, dont un qui a un "pseudo" fort sympathique.
En tout cas, même si le sujet ne me passionne pas plus que ça, l'article et les commentaires sont très intéressants.
Bruno HAAS, Le vendredi 30 août 2019

Et mon Moustache.....est il réellement Vosgien?
alain boise, Le vendredi 30 août 2019

Il conviendrait pour plus de clarté de préciser de quelle Chine on parle entre la République de Chine (Taiwan) et la République populaire de Chine (les Cocos).
;0)
Lucos, Le vendredi 30 août 2019

Je ne suis pas persuadé que la comparaison vélo / voiture soit tout à fait valable, déjà ne serait-ce que par le faible nombre de composants d'un vélo par rapport à une voiture.
D'autre part, il me semble qu'ici et ailleurs, il a déjà été montré que les équipementiers prenaient une part de plus en plus grande en volume et en valeur d'une voiture. Donc, on y vient petit à petit.
Ces mesures anti-dumping pour le vélo permettent encore le montage des vélos dans notre pays et parfois la peinture. On ne peut pas en dire autant des constructeurs, au hasard français, qui délocalisent les chaînes de montage de bien des véhicules avec de moins en moins d'équipements venant de France. Quand les moteurs seront partis (en espérant que ça n'arrive pas), que restera-t-il de français dans une voiture de segment B (hormis le design et la conception et encore) ? Et tout cela dans le seul but de faire de (plus) gros bénéfices et au mépris de l'emploi en France.

Bref, les mesures ne vont peut-être pas assez loin mais elles ont le mérite d'exister.

JL S, Le samedi 31 août 2019



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