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Constructeurs - 10/01/2019

La libération du PDG de Renault ne semble pas pour bientôt

(AFP) - Carlos Ghosn a fermement plaidé mardi son innocence au cours d'une audience exceptionnelle au tribunal, mais la procédure est restée sans effet sur sa détention qui risque de se prolonger bien au-delà de la fin de sa garde à vue fixée vendredi.

Sans surprise, le tribunal de Tokyo a rejeté mercredi une demande de fin de détention du PDG de Renault en invoquant le risque de fuite et d'altération des preuves. En obligeant le tribunal à laisser parler M. Ghosn, "l'avocat a peut-être réussi à faire monter les critiques étrangères du système japonais avec un petit espoir que cela influence les décisions futures, mais c'est tout", analyse Yasuyuki Takai, ex-inspecteur de l'unité spéciale chargée de l'enquête, aujourd'hui avocat.
"Les personnes chargées de l'investigation ne se laisseront pas influencer, c'est certain", prévient-il.
Le PDG de Renault, qui a déjà passé plus de 50 jours en prison à Tokyo, ne sera en tout cas pas libéré automatiquement à l'issue de sa garde à vue. En effet, il est aussi parallèlement sous le coup d'une détention provisoire qui a débuté le 10 décembre pour deux mois et peut être renouvelée par période d'un mois. Cette incarcération est consécutive à une mise en examen concernant la minoration de ses revenus dans des rapports boursiers de Nissan sur la période 2010-2015.

Libération sous caution ?
Vendredi, le bureau des procureurs de Tokyo peut décider de l'inculper une deuxième fois, pour les faits d'abus de confiance dont il est soupçonné (motif de sa garde à vue actuelle), auquel cas s'enclenchera une autre période parallèle de détention provisoire.
"Le risque est très important qu'il soit effectivement mis en examen, car il est exceptionnel que les enquêteurs de cette unité d'élite procèdent à une arrestation sur un fait de ce type sans avoir accumulé des preuves matérielles solides", insiste M. Takai.
Le principal défenseur de M. Ghosn, Motonari Otsuru, ne disait pas autre chose mardi lors d'une conférence de presse, et il affiche même un certain pessimisme sur le proche avenir de son client.
 "De manière générale, dans les cas de déni total des accusations d'abus de confiance, la libération sous caution n'est le plus souvent pas approuvée jusqu'à l'ouverture du procès", a déclaré mardi M. Otsuru, précisant "avoir fait part de ses inquiétudes sur ce point à M. Ghosn qui s'est dit très ennuyé".
"Les enquêteurs connaissent le tempérament de M. Ghosn et ils n'en espèrent sans doute pas d'aveux : la façon dont ils procèdent jusqu'à présent laisse plutôt supposer qu'ils essaient de lui faire exprimer les moyens dont il entend se défendre, pour mieux anticiper", souligne M. Takai, rompu aux techniques de cette unité.
En ce sens, l'audience de mardi leur a peut-être été utile.
Un délai de six mois au moins pourrait être nécessaire avant d'en arriver au procès, juge M. Otsuru. "Cela me semble même court", indique pour sa part M. Takai, disant s'appuyer sur de précédents cas voisins.
  
Un délit, une garde à vue
Le procureur peut aussi mettre en examen le patron déchu sur les minorations de revenus dont il est soupçonné sur une autre période (2015-2018).
Le parquet peut aussi décider de lui infliger un quatrième motif d'arrestation et donc le replacer en garde à vue pour 48 heures, extensible deux fois dix jours à condition que le tribunal donne son approbation.
"Le principe au Japon, c'est un délit une arrestation. Les enquêteurs ont travaillé des mois sur le dossier et s'ils estiment avoir accumulé des preuves sur d'autres faits, ils ont la possibilité de le maintenir en garde à vue sur d'autres charges", précise M. Takai.
En revanche, si aucune nouvelle inculpation ni nouvelle interpellation ne lui est signifiée, M. Ghosn voit ses chances de libération sous peu augmenter, puisque son ex-bras droit, Greg Kelly, inculpé comme lui le 10 décembre, a été relâché sous caution le 25.
M. Ghosn pourrait en théorie sortir le 11, mais compte tenu de délais administratifs incompressibles (dépôt d'une requête par la défense, approbation, opposition du procureur, confirmation par le tribunal, apport de la caution, etc.), en pratique cela semble difficile.
La date possible suivante est le 15 janvier, puisque les libérations sous caution n'ont pas lieu les samedi, dimanche et jours fériés (le lundi 14 l'est).
M. Otsuru a en tout cas insisté mardi sur le fait qu'il déposerait de façon répétée des demandes de libération sous caution.
Karyn Nishimura

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Réactions

187 km/h et ça va être la faute de la voiture ?
Etonnant non ?
;0)
Lucos, Le jeudi 10 janvier 2019

????? On est pas chez Tesla ,ici c’est les cellules aussi mais avec des barreaux!
alain boise, Le jeudi 10 janvier 2019

Il s'est trompé d'article le Lucos, ou il a fait un court-jus.

Il n'y a pas qu'au Japon ou chaque "délit-crime" est traité individuellement. Aux Etats-Unis les peines de prison se cumulent les unes aux autres permettant d'atteindre des temps d'incarcération qui font sourire en France, mais pas aux Etats-Unis. Parlez-en à Bernard Madoff condamné à 150 ans de prison.
Bruno HAAS, Le jeudi 10 janvier 2019

J'ai la plus grande conviction (voyez mon vocabulaire de circonstance) que la reconversion de Monsieur Ghosn quand il sortira de prison sera ultra rapide. 64 ans plus dix ans de prison, moins 5 ans de remise de peine pour bonne conduite et l'affaire sera rondement menée au vu que les asiatiques ont tous l'éternité devant eux...
Bizarre que sont collaborateur américain soit libéré si vite, je n'arrive pas a me l'expliquer...avant d'aller au Japon la prochaine fois, je vais tacher d'y aller avec un passeport américain !
Jo Duchene, Le jeudi 10 janvier 2019

Qui d'autre que Renault peut défendre Carlos ?
;-)
clerion, Le jeudi 10 janvier 2019

Jo, pour votre info, Greg Kelly est atteint d'une maladie grave qui a été prise en compte par le procureur chargé du dossier.
De plus, si nous sommes correctement informés, il serait passé aux aveux ce qui change tout dans la procédure.
Bruno HAAS, Le jeudi 10 janvier 2019

Cela s’appelle retenu d’informations...
Eh Bruno et s’il avait un passeport coréen au lieu d’américan?
Est-ce que Carlos a eu tous ses médicaments á temps?
Il est dans sa merde et il n’attend pas qu’on vienne avec des gilets jaunes manifester en bas de sa prison contre la justice japonaise!
Qui veut d’un ex-patron en France qui sors de taule?
Est-ce qu’il était un bon patron chez Nissan et dans les mœurs des japonais?
Je sors mon mouchoir...
Aux US, Bruno comment cela se passe pour ceux qui sont virés? Quand t’es haut cadre tu sors de ton bureau pour aller chez ton avocat... et t’as déjà bétonné ton contrat avant de rentrer dans la boîte...
Est-ce que Carlos avait bétonné son contrat avant d’aller au Japon... la preuve... c’est un américain qui parlait même pas le japonais!
L’obligé Greg de Carlos était un trop petit poisson... les japonais n’aiment que les grosses balaines et à mise à mort certaine!
Jo Duchene, Le jeudi 10 janvier 2019



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