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Analyse - 11/01/2019

Le groupe Volkswagen n’est plus le premier investisseur mondial en R&D

L’édition 2018 du "EU R&D Scoreboard" montre un changement notable dans la hiérarchie des principaux investisseurs en R&D : Samsung et Alphabet prennent les deux premières places au détriment du groupe Volkswagen. Daimler et BMW enregistrent l’une des plus fortes croissances pour le secteur automobile.

La Commission européenne a publié en fin d’année 2018 (plus tard que d’habitude) le classement des 2 500 premières entreprises mondiales en fonction de leurs investissements R&D. Réalisé par le Joint Research (sur des données issues des derniers comptes publiés par les entreprises) ce classement entérine la montée en puissance des sociétés des nouvelles technologies et un "relatif déclin" de l’automobile.

Les deux premiers investisseurs R&D sont désormais le Sud-Coréen Samsung et l’Américain Alphabet (autrement dit Google) grâce à une croissance de plus de 10% de leurs investissements R&D (respectivement +11,5% et +18,4%). Ces deux géants détrônent le groupe Volkswagen qui figurait en tête les 4 années précédentes. Tous les trois investissent chacun l’équivalent de plus de 13 milliards d’euros par an : 13,4 milliards pour Samsung et 13,3 milliards pour Alphabet et 13,1 milliards pour Volkswagen.
Microsoft (12,2 milliards d’euros de R&D), Huawei (11,3 milliards), Intel (10,9 milliards) sont eux aussi à plus de 10 milliards d’euros d’investissement R&D, et Apple juste en-dessous de ce niveau (9,6 milliards).


Des investissements plutôt en hausse dans l’automobile
Compte tenu du défi CO2 qui attend l’industrie automobile on s’attend en toute logique à une hausse des investissements R&D. C’est globalement ce que l’on constate avec, d’une année sur l’autre, une hausse de 2,5% pour l’ensemble du secteur "Automobile et Pièces" avec 117 milliards d’euros d’investissement R&D sur les 152 premières entreprises mondiales du secteur. Pour autant, cette croissance est nettement inférieure à celle de l'ensemble des 2 500 premières entreprises qui ont investi au total 736,4 milliards d'euros en hausse de 8,3%. La part des entreprises du secteur automobile dans la R&D mondial est donc en baisse.

Compte tenu de son poids (230 milliards de CA, soit 8,9% de l’ensemble des entreprises de ce classement), le groupe Volkswagen reste en masse de très loin le premier investisseur R&D du secteur automobile devant Daimler (8,6 milliards d’euros, +15%) et Toyota (7,8 milliards, +2,6%).
Le cas de Toyota est assez atypique : son niveau d’intensité R&D (montant R&D/chiffre d’affaires) est relativement faible comparé aux autres constructeurs (3,6% contre 5,7% pour VW par exemple) tandis que son niveau de capex (dépenses d’investissements) est deux fois supérieurs aux normes du secteur (à 12,2% avec 26 milliards soit deux fois plus que le groupe VW).
Les deux constructeurs allemands premium Daimler (+15% avec 8,6 milliards) et BMW (+18,3% avec 6,1 milliards) accroissent leurs investissements R&D dans des proportions nettement supérieures à celle du secteur.
C’est aussi le cas de Ford (+9,6% avec 6,6 milliards) et Honda (+10,7% avec 5,4 milliards).

Renault et PSA en forte hausse
Au sein de l’Alliance Renault Nissan, l’effort d’investissement R&D est proportionnellement plus important chez Renault où il atteint 5% de son chiffre d’affaires (à 2,9 milliards d’euros) contre 4,1% chez Nissan (3,6 milliards d’euros). Surtout, il est en forte croissance chez Renault à +10% alors que la hausse n'est que de +1,1% pour Nissan.
Pour le groupe PSA, la hausse des investissements R&D de 2017 (+23,7% à 2,97 milliards) s’explique par l’intégration d’Opel. Proportionnellement, ils restent moins importants que chez Renault (4,5% du CA).
Le classement confirme la faiblesse chronique des investissements R&D dans le groupe FCA : ils n’atteignent que 3,9% du chiffre d’affaires avec 4,28 milliards d’euros et une croissance de seulement 1,5%.
L’intensité R&D des équipementiers est nettement plus importante que pour les constructeurs avec des taux au-delà de 7%.
Robert Bosch est l’équipementier dont les dépenses de R&D sont les plus élevées avec 5,9 milliards d’euros (+0,4%), ce qui représente 7,6% de son chiffre d’affaires. Viennent ensuite Denso avec 3,3 milliards d’euros (8,8% de son CA) et Continental avec 3,19 milliards d’euros (7,3% de son CA).
Valeo est le premier équipementier français par ses dépenses R&D (97e entreprise dans le classement mondial) avec 1,44 milliard d’euros (7,8% de son CA) en très forte hausse (+26,3%).
Michelin est assez loin derrière avec 641 millions d’euros de R&D (seulement 2,9% de son CA) et avec des investissements en recul (-10,7%).
Florence Lagarde

Lire le détail des investissements R&D des constructeurs et des équipementiers automobiles 2017/2018 (Accès réservé aux membres du Club Autoactu.com)

Lire le détail des investissement R&D : des 20 premières entreprises mondiales 2017/2018 (Accès réservé aux membres du Club Autoactu.com)

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Réactions

Encore un classement que je trouve très bizarre, voire même spécieux.
Pour moi, idéalement, une entreprise devrait vendre des produits à très forte marge - il n'y a que ça de vrai : la marge - en faisant le moins de dépenses possibles ! Que ces dépenses soient de personnel, de R&D, de structure, peu importe.

Carlos Tavares a d'ailleurs bien défendu cette approche en demandant à ses équipes de R&D de sortir des produits qui se vendent sans dépenser des monceaux d'argent.

Un exemple : si une voiture équipée d'un essieu rigide avec ressorts à lames se vend aussi bien qu'une bagnole équipée d'une suspension ultra-sophistiquée, la marge sera évidemment plus élevée sur la première.

Le meilleur exemple actuel ? Dacia ! Vache à lait de l'Alliance. La R&D de Dacia ne doit pas figurer dans le top ten. Félicitations !
Bruno HAAS, Le vendredi 11 janvier 2019

A propos de lait et de vache…
Cette matière première sort du même animal.
Et quand on voit le résultat final avec des écarts de prix de vente faramineux.
Comme quoi, avec une belle étiquette et une bonne stratégie commerciale, on peut vendre de tout à n'importe quel prix…
C'était un parallèle un peu lointain mais la R & D dans le lait de vache de consommation ne doit pas important.
Ou alors on nous cache des choses ?
;-)
clerion, Le vendredi 11 janvier 2019

... la R & D dans le lait de vache de consommation ne doit pas être importante.
clerion, Le vendredi 11 janvier 2019



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