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Constructeurs - 12/08/2019

Le groupe Volkswagen représente 1% des émissions mondiales de CO2 et promet de passer à zéro en 2050, annonce Herbert Diess

Article publié le 13 mars 2019 - 

Herbert Diess, patron du groupe VW a annoncé une très forte accélération du développement de sa gamme de véhicules électriques avec une approche "cycle de vie". Usines et ventes seront à "zéro émissions de CO2" en 2050. 

"Arrêtons de critiquer et de débattre. Façonnons la transformation ensemble", a dit le patron du groupe Volkswagen, Herbert Diess, lors d’une conférence de presse au siège du groupe à Wolfsburg ce mardi 22 mars. Comme une réponse à Carlos Tavares
De fait, le groupe Volkswagen a annoncé avoir construit une roadmap véhicule électrique en se basant sur l’accord de Paris, sans faire référence aux objectifs CO2 de la Commission européenne. L’objectif ultime c’est donc 2050 avec une ambition d’amener le constructeur à la "neutralité carbone". Le groupe met ainsi ses pas dans ceux de Toyota dont le "Challenge 2050" (lancé en octobre 2015) est également la neutralité carbone à la même date ("aussi près que possible de zéro").
Pour le groupe Volkswagen, cette neutralité carbone passe par trois principes : réaliser des réductions de CO2 effectives et durables, passer aux énergies renouvelables au niveau de la production et compenser ce qui ne peut être évité (pour cela le groupe a créé un fonds doté de 50 millions d’euros).
"L’accord de Paris est la mesure de nos actions. A moins que nous ne baissions de manière significative les émissions de CO2 dans les années qui viennent, le réchauffement climatique va continuer d’être incontrôlable, avec ses conséquences dévastatrices", a dit Herbert Diess. C’est donc l’engagement de limiter à 2°C le réchauffement climatique qui guide officiellement la stratégie du groupe.

Le secteur transport dans son ensemble représente 14% des émissions mondiales de CO2, incluant aviation, bateaux, camions, voitures et industrie automobile, rappelle le groupe. La part de Volkswagen ? "A travers l’utilisation de leurs véhicules, les marques automobiles seules du groupe Volkswagen sont responsables de 1% des émissions de CO2 dans le monde. Nous visons de ramener cela à zéro. C’est notre but et notre contribution à la protection du climat", a dit Herbert Diess.
Le groupe VW ne parle donc pas émissions de CO2 des voitures mais "empreinte CO2 des ventes" avec une ambition de réduction de 30% en 2025 par rapport à 2015. Difficile de comparer avec l’objectif réglementaire de -15% en 2025 qui ne prend en compte que les émissions de CO2 des voitures et compare à 2021.
On peut cependant remarquer que la moyenne des émissions de CO2 des ventes du groupe a été de 121g/km en 2015 et qu’elle se situe à 123g/km en 2018, soit quasiment le même niveau. Son objectif spécifique en 2021 est de 97,7g/km, ce qui nécessiterait déjà un recul de 20% (25,3g de moins) en 2021. Le cabinet d’étude PA Consulting estime d'ailleurs que VW n'y arrivera pas et sera à 101,5 g de CO2 en 2021, ce qui pourrait lui coûter 1,4 milliard d’euros sur la base de ses volumes de ventes en Europe en 2018 (3,9 millions d’unités en Europe) pour 3,8g de dépassement.

Meilleure performance "cycle de vie" pour le véhicule électrique
D’ici 2025, l’engagement annoncé ce mardi par Herbert Diess vise une réduction de l’impact sur l’environnement en prenant en compte le cycle de vie, soit "depuis l’extraction des matières premières à la production des composants et la fourniture de carburant et d'énergie lors de l'utilisation des véhicules jusqu'à leur élimination finale", détaille le groupe dans son rapport annuel. Le recyclage est également pris en compte dans cette analyse du cycle de vie, dès la conception avec le choix des matériaux.
Hebert Diess a également annoncé la réduction de moitié des émissions de CO2 des sites de production en 2025, comparé à 2010. Le CO2, par exemple, sera un des composants des contrats de VW avec ses fournisseurs.
Herbert Diess a annoncé que l’usine de Wolfsburg, siège du groupe et site de production gigantesque (800 000 unités par an) passerait du charbon au gaz, ce qui permettra l’économie de 1,5 million de tonnes de CO2 par an à partir de 2023. Le groupe compte déjà une usine "neutre en carbone" avec celle d’Audi à Bruxelles et l'usine pilote pour le véhicule électrique à Zwickau le sera également avec l'utilisation d'énergie renouvelable.

Le bilan énergétique des véhicules électriques sur l’ensemble du cycle de vie est un des points controversés pour ceux qui estiment, comme Carlos Tavares, qu’il est dangereux d’en intensifier le développement. Or, selon Volkswagen, le véhicule électrique est celui qui utilise le moins d’énergie sur l’ensemble de son cycle de vie avec une consommation de 400 Wh/km (incluant la production) sur la base de 200 000 km. Les chiffres communiqués par le groupe VW sur les mêmes hypothèses sont de 650 Wh/km pour le plug-in-hybride, 674 pour le fuel-cell, 1 140 pour le gaz et 800 pour l’essence.
"De notre point de vue, il n’y a pas d’autres alternatives à la mobilité électrique pour les prochaines décennies", a dit Herbert Diess.

Mobiliser la société et les représentants politiques sur la réussite du véhicule électrique
Le patron du groupe VW appelle les forces politiques et sociales à joindre leurs forces pour réussir cette transformation avec l’implantation du réseau d’infrastructure de recharge et l’élimination du charbon.
"Nous appelons l'industrie, la politique et la société à tout mettre en œuvre pour aider la mobilité électrique à réaliser une véritable avancée", a dit Herbert Diess.
Avec cette transformation, il faudra également en affronter les conséquences avec "un débat franc et ouvert". "La réalité est que la construction d'une voiture électrique nécessite environ 30%  de moins d'effort qu'une voiture alimentée par un moteur thermique. Cela signifie que nous devrons procéder à des suppressions d’emplois, ce qui sera difficile par le biais de fluctuations et de retraites partielles. Cela rend d'autant plus importante une bonne position sur le marché. Plus nous réussissons avec la mobilité électrique en tant qu'entreprise, plus la sécurité à long terme que cela crée pour les emplois est grande",
a dit Herbert Diess.
Pour le groupe cette stratégie comprend un accroissement de l’offre de véhicules électriques qui va passer de 50 modèles prévus à 70 lancements d’ici 2028.  Si les premiers véhicules électriques seront l’Audi e-tron et la Porsche Taycan, le premier conçu sur la plateforme spécifique MEB sera l’ID qui entrera en production cette année dans l’usine de Zwickau. Viendront ensuite rapidement les ID Crozz, Seat el-born, Skoda Vision E, ID Buzz et ID Vizzion. Cela représente 30 milliards d’euros d’investissement d’ici 2023.
Si le groupe s’organise pour être en capacité de produire 22 millions de véhicules au cours des 10 prochaines années (dont 40% à 45% en Chine), pour les vendre, quelques "prérequis" seront nécessaires, et ceux-ci dépendent des décideurs politiques qui devront faire en sorte : que l'infrastructure croisse au même rythme que la disponibilité des véhicules électriques; que propriétaires comme locataires puissent installer des boîtiers muraux de recharge; que les villes mettent en place des incitations comme des "voies rapides" spéciales, davantage de places de stationnement et de points de recharge. "Nous avons également besoin d'un nouveau système fiscal qui aide à limiter le changement climatique. Les clients attendent avec impatience les nouvelles voitures électriques efficaces et les faibles coûts de fonctionnement. Mais ils ont besoin de certitude quant au traitement fiscal et à la structure de tarification. Cette certitude ne peut provenir que des décideurs politiques", a dit Herbert Diess.
Florence Lagarde

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