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Analyse - 14/02/2020

Le Président américain réitère ses menaces de droits de douane

La chronique de Bertrand Rakoto, analyste indépendant dans l’intelligence de marché et auteur du livre "La désincarnation des grandes organisations". Après plusieurs années dans l’automobile, entre autres chez RL Polk, et après avoir eu un cabinet d’analyse en France (D3 intelligence) il est désormais basé aux Etats-Unis où il poursuit son activité depuis Détroit.

Tout juste sorti blanchi par le Sénat de sa procédure d’empêchement et de destitution, le Président américain a repris son agenda politique et vise à trouver de nouvelles bases aux accords commerciaux avec l’Europe. Comme à son habitude, le Président utilise des moyens de pression forts et le passé récent tend à prouver qu’il n’hésite pas à mettre ses menaces à exécution. Bien évidemment, les accords commerciaux touchent de nombreux secteurs industriels mais l’automobile est celui qui donne certainement le plus de levier à l’administration américaine. C’est une industrie primordiale pour l’Europe puisqu’il s’agit d’un domaine technologique, nécessaire pour la mobilité des populations et un moteur pour l’emploi. Actuellement, les exportations européennes de véhicules sont bien plus nombreuses que celles depuis les Etats-Unis vers le Vieux Continent. Les Européens appliquent un droit de douane de 10% sur les véhicules importés depuis les Etats-Unis contre seulement 2,5% dans le sens inverse. A l’heure où l’Europe génère de nombreux handicaps pour sa propre industrie avec des contraintes réglementaires qui alimentent des doutes et certainement des licenciements dans l’industrie, il serait particulièrement malvenu de prendre les menaces américaines à la légère. 

Une manœuvre risquée… pour les Européens
L’Europe doit venir armée à la table des négociations pour affronter un Président américain en pleine campagne. Il serait malvenu qu’il échoue à quelques mois des élections alors même qu’il est sorti renforcé de la récente procédure d’empêchement initiée par la chambre des représentants. La menace d’appliquer un droit de douane de 25% sur les véhicules importés depuis l’Europe date déjà de plusieurs mois. L’an dernier, le coût d’une telle mesure pour les constructeurs allemands avait été évalué à 18,4 milliards soit 7,7% de l’activité des trois constructeurs.

Volkswagen produit la plupart des modèles de la marque sur place mais importe depuis l’Europe la majeure partie des Audi et Porsche vendues en Amérique du Nord. D’après Evercore ISI, les droits de douane de 25% pourraient coûter 2,5 milliards d’euros au numéro 1 mondial. Vient ensuite Mercedes dont la situation financière n’est pas au plus haut et dont les seuls GLE et GLS sont produits sur place. Ces deux modèles représentent une part importante des ventes du constructeur, mais l’impact d’une taxe de 25% sur le reste de la gamme pourrait fortement impacter ses finances. 

Pour BMW, la situation est encore plus complexe et une guerre économique pourrait avoir un double impact. En effet, BMW produit en Caroline du Sud les X3, X4, X5, X6 et X7, pour le marché local comme pour l’exportation, ce qui lui permet d’ailleurs de figurer parmi les plus importants exportateurs d’automobiles depuis les Etats-Unis. Les autres véhicules sont importés depuis l’Europe essentiellement. En cas de représailles, BMW pourrait perdre des deux côtés et souffrir de négociations tendues. 

La relative absence des deux constructeurs français les met pour l’instant à l’abri. Cependant, si la fusion avec FCA n’a pas encore compromis le projet de retour de Peugeot en Amérique du Nord, 25% de taxe d’importation pourraient immédiatement faire avorter le projet à moins de prévoir une production locale. Car c’est aussi cela qui est dans le viseur du Président américain. En effet, le locataire de la Maison Blanche prêche pour l’emploi local et cherche nécessairement à obliger les constructeurs à produire sur place ce qui sera vendu en Amérique du Nord. Pour le moment, les deux parties s’observent et les constructeurs sont une nouvelle fois contraints d’adopter une attitude attentiste en matière d’investissement et savoir activer leurs lobbyistes pour éviter de perdre des plumes.

Prétexte certain mais menaces réelles
L’Europe doit comprendre son intérêt. Certes, d’autres secteurs sont impactés par les négociations comme l’industrie agroalimentaire et pourraient avoir beaucoup à perdre. L’Europe fait déjà subir beaucoup de contraintes à l’industrie automobile avec des perspectives technologiques qui manquent de diversité. La réglementation poussant à l’électrification est un pari extrêmement risqué. La technologie est encore mal maîtrisée avec des coûts qui risquent de rester longtemps élevés du fait de l’augmentation du coût des matériaux. Au regard des technologies en plein développement comme les batteries sèches ou la pile à combustible, le lithium-ion pourrait apparaître comme étant une solution transitoire. En mettant tous ses œufs dans le même panier, l’Europe limite ses chances de succès à l’avenir. Les constructeurs désinvestissent du fait de la faible rentabilité du marché et des perspectives décourageantes liées à la fatigue fiscale telle qu’elle est vécue en France. 

Pourtant les autres technologies vont persister encore plusieurs décennies dans le monde et nécessitent de poursuivre la R&D. L’électrification ne pourra pas s’exporter en Afrique, en Asie du Sud Est ou en Amérique Latine. Si le Président américain met ses menaces à exécution, l’industrie automobile européenne pourrait perdre une importante source de revenus et devra négliger les marchés les moins rentables, l’Europe en premier, pour rester rentable et survivre. Si les décideurs européens persistent dans leurs choix domestiques, ils doivent permettre à leur industrie de réussir au-delà des frontières de l’Union et les Etats-Unis comptent certainement sur cela pour augmenter la pression sur les Européens. 

Savoir jouer finement et mettre les Egos de côté
Dans cette négociation, l’Europe a beaucoup à perdre, et pas seulement sur le plan automobile. En effet, les constructeurs allemands développent leurs modèles pour qu’ils soient mondiaux et sont assez largement distribués aux Etats-Unis. Pour eux, une telle mesure sera une perte. A moyen terme, les constructeurs seront contraints de relocaliser leurs productions en Amérique du Nord et l’impact sur l’emploi en Europe sera immédiat. C’est non seulement vrai pour l’Allemagne mais aussi pour la France où de nombreux équipementiers travaillent pour l’industrie d’outre-Rhin. 

Les récentes négociations menées par les Etats-Unis pourraient opérer à moyen ou long terme des changements dans la production automobile. En effet, pour éviter d’éventuelles guerres économiques faites de taxes et de représailles, il serait naturel de voir les constructeurs relocaliser les programmes au plus proche des sites de production. C’est déjà en partie le cas, les tentatives comme celle de la Nissan Micra de n’avoir qu’un seul pays de production ont prouvé leur échec. Les réglementations et les taux de change pourraient contraindre les constructeurs à produire au plus près des marchés. Pour l’Europe, c’est une mauvaise nouvelle d’autant que la diversité automobile est fortement menacée par les contraintes fiscales. Cela pourrait finir d’affaiblir un peu plus l’attractivité d’un marché dont l’intérêt s’érode de plus en plus du côté des constructeurs et, peu à peu, du côté des consommateurs. L’Europe va devoir jouer finement car le Président américain ne s’émeut pas des dommages collatéraux lorsqu’il engage des négociations.
Bertrand Rakoto

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Réactions

Ne serait il pas plus logique de produire et consommer local ? Un des objectifs de l'accord pourrait être de favoriser les conditions d'installation des constructeurs de chaque côté de l'Atlantique, cela favoriserait la concurrence sur les marchés réciproques et developperait l'emploi local tout en diminuant les transports de produits finis sur des cargo principaux responsables des émissions de CO2
Mr Trump, au boulot!
Hervé , Le vendredi 14 février 2020

Trump est Le Président des US .....pas de l’UE
alain boise, Le vendredi 14 février 2020

Sans blague ?
;0)
Lucos de Beuliou el Tipi, Le vendredi 14 février 2020

@Hervé : produire et consommer local.
Bien évidemment cela paraît le bon sens même. Pour des bagnoles, pourquoi-pas. Mais pour "tout le reste" qui ne peut pas (plus) être produit localement, comme des smartphones, des PC, du pétrole, du gaz, toutes les matières premières indispensables à notre confort confortable ?
Il y aura toujours matière à "chantage". Demandez aux viticulteurs Champenois s'ils apprécieraient des bonnes taxes maous-costo sur leur Champagne. Demandez à Hermès si..., etc.

@Alain : très bonne remarque cher Alain !
Pourquoi voulez-vous que Trump fasse des cadeaux à l'Europe ou à la Chine ?
Il dit et répète "America first" et le monde entier le traite de crétin des Alpes, d'idiot, stupide, imprévisible, illettré, etc.
Eh bien toutes ces tares sont appréciées par les Américains, que, du coup, les Européens et les trois quarts du monde attribuent à ce peuple américain.
Que l'UE s'inspire "un tout petit peu" de ce protectionnisme et ça ira "un tout petit peu" mieux.
Nous, on délocalise et la France n'a jamais eu un tel déficit commercial Automobile que celui de 2019, et 2020 sera encore pire.
Bruno Haas, Le vendredi 14 février 2020

Au regard des droits de douanes ci-dessus, ce sont les Européens les protectionnistes et Trump a raison de râler.
;0)
Lucos de Beuliou el Tipi, Le vendredi 14 février 2020

Trump a poussé un énorme coup de gueule aux US contre le patron de Boeing....et cela va avoir des conséquences et augmenter son hargne contre nous et bien d'autres !
Il ne serait pas recommandé de lire à la légère et en diagonal le texte Bertrand Rakoto !
Pour alléger notre pessimisme, regardons que chez nous en janvier les hybrides et hybrides rechargeables nationaux ont connus des chiffres sympathiques de démarrage et progression !
Le Mitsu PHEV ne va plus être en première place !
Cela a mis vingt ans pour que les automobilistes européens installent dans leur tête le mot "hybride" !
Quand je pense ce ce mot n'a jamais été un conseil de leur part...mais plutôt un aveuglement et une négation !
Nos constructeurs vont être débordés...et les jaunes de Toyota de bien rigoler sous cape !
Cela va être une ère de transition avec des hybrides à toutes les sauces et entourloupes techniques...et les malins italiens de FIAT de nous servir des nouvelles 500 avec une hybride bidon en 12V et même pas 48V....
Ils sont trop forts. PSA devrait ce méfier.
Jo Duchene, Le vendredi 14 février 2020

Je veux bien dire que les professionnels chez nous par leur aveuglement et négation contre l'hybride n'ont jamais été de bon conseil pour l'automobiliste et même de reconnaitre qu'une hybride puisse consommer moins qu'un diesel en ville ! Pour eux l'hybride fut toujours horriblement, cela mouline et c'est un gouffre sur route hors de villes. Parler de fiabilité ce fut toujours tabou !
Cachez votre dégout les mecs, maintenant de gré ou de force il va falloir les vendre ces hybrides honnis !!!
Je vais vous aider, maintenant dites que les vôtres sont meilleurs que celles de Toy ...remarquez elles seront plus belle, et c'est déjà cela !
Jo Duchene, Le vendredi 14 février 2020

Monomaniaque disiez-vous en parlant du Troll ?
;0)
Lucos de Beuliou el Tipi, Le vendredi 14 février 2020

Vous voulez une couche, la voilà !
Si par malheur, car elles vont coutent cher en concession nos chères hybrides et hybrides rechargeables nationales que nous sommes en train de sortir, elles en plus ne sont pas FIABLES, la concurence va bien rigoler, mais pas vous !
Le Mitsu PHEV ce fut toujours le moins cher chez nous et en Europe et les plus fiables en plus !!
Continuons industriellement de déconner comme d'habitude et à mettre de plombes à régler les défauts de nos nouvelles gammes...nous irons loin !
Rien a foutre les commerciaux...c'est pas votre boulot n'est-ce pas ?
Au mois vous ne serez pas monomaniaques.
Jo Duchene, Le vendredi 14 février 2020

Hey Jo... un peu de calme.
Avant de parler de souci de fiabilité, faudrait peut-être les laisser rouler un peu quand même. J'attends de voir... et vu le tarif, j'attends surtout de gagner au loto. Pas grand chose en PHEV à moins de 45K€... ça pique un peu quand même. Et puis de toute façon perso je ne fais que de l'autoroute (enfin 80% de mon temps) donc jusqu'à preuve du contraire, je n'ai rien de trouvé de mieux qu'un bon vieux diesel. A peine 5l/100 avec ma berline alors qu'avec une Toy Auris/Corolla ce serait au bas mot 8. Y'a pas photo comme on dit.
Frederic, Le vendredi 14 février 2020

Mais c'est hors sujet. Donc si on revient au sujet de l'article, je suis plutôt d'accord avec Hervé. Pourquoi fabriquer de bagnole en Europe pour les livrer aux States et inversement d'ailleurs.
C'est gros, donc la logistique coute chère et émet un paquet de CO².
Et puis franchement, les frais de douanes des caisses US peuvent baisser, vu les taxes CO², ils ne sont pas près d'en vendre par millions en Europe. Une fois qu'on a ajouté 20K€ à un F150 V8 avec un litre de super à 1,70€, il y a déjà moins de candidats que chez l'oncle Sam.
Airbus l'a bien compris : le A320 est fabriqué la-bas. Comme ça pas de souci. Alors oui l'emploi est là bas, mais c'est quand même plus logique de produire local. Et puis on n'a qu'à faire pareil.
Frederic, Le vendredi 14 février 2020

Euhh...relax le prix du "Super" à 1,70 € !
A midi c'était 1,469 € pour l'E10 au Leclerc de Villers-Cotterêts..
;0)
Lucos de Beuliou el Tipi, Le vendredi 14 février 2020

Rien à dire, le raisonnement de Frederic est imparable...mais il exagère un peu...car avec mon Auris sur un Paris-Lisbonne...et à 110 km de moyenne sur les autoroutes espagnoles et portugaises (des pointes à 110/160 km/h) j'en suis à 6.5 L/100 ! Cela n'a pas changé avec le CH-R.
Frederic a parfaitement le droit de rouler en diesel...si en plus il a fat une super affaire à l'achat !
Je m'inquiète pour l’équilibre budgétaire d'un diesel si une grosse facture de réparation arrive hors garantie....et alors tout est par terre !
Exemple un échappement détérioré par une valve EGR qui traine en panne pas remplacé, c'est 2300 euros TTC de facture chez Mercedes...et met à la fin le prix du diesel à quel prix ??
Une hybride n'a pas de pannes de ce genre !
Le raisonnement de Bruno, pour le sujet d'aujourd'hui reste sacrément valable....car si les américains ne gagnent pas d'argent en Europe, ils se cassent ! Nous n'avons qu'a faire pareil.
Si les allemands dans l'avenir vont perdre des milliards aux US ou en Chine , nous allons pas nous mettre à pleurer !
Trump a horreur de ne voir circuler que des Mercedes à New York...et moi pour le folklore je préfère voir circuler des Cadillac.
Elles sont moins chères à l'achat et aussi laides comme un gros diabétique.
Une Lexus c'est pareil, moins chère, beaucoup plus fiable qu'une Mercedes et le prix d'une révision est un tiers du prix d'une Mercedes ou BMW équivalente !
Vous pouvez toujours prendre les ricains pour des cons coté pognon, sinon on ne voyait pas des Lexus partout en Amérique !
Et des SUBARU qui ce vendent deux bons tiers de plus que toutes les gammes VW réunis ?
Dans ma famille américaine, un Honda paye chez le concessionaire Honda...38 dollars avec le pourboire pour une vidange !
Coté pognon, je vois que Lucos aussi ressemble beaucoup à un américain !!
Jo Duchene, Le vendredi 14 février 2020

@Jo : non non je n'exagère pas. Pour être franc et précis, 300km au régulateur à 130km/h et 7,9L/100 de moyenne en refaisant le plein.
Le 130 est terrible pour les consos, Surtout pour les SUV (prise au vent) et les hybrides qui sont optimisées pour du trajet mixte.
Ensuite vous prenez le cas d'une facture de Mercedes... Faut pas rouler en Mercedes, "bien trop cher mon fils". Sur toutes mes diesels depuis pas mal d'année, je dois être en cumulé à presque 1 million de km (avec plusieurs bien sur) et je n'ai jamais eu de panne EGR. l'EGR commence à partir en sucette quand vous faites de petits trajets et faibles vitesses type urbain/périurbain : là où il ne faut pas rouler en diesel...
Notez que je ne suis pas un pro diesel, ni un anti. Je suis plutôt pour la juste motorisation au bon usage.
Après je suis d'accord avec votre remarque. Si les Allemands veulent continuer à faire du business avec les US, ils n'ont qu'à aller investir là-bas. Et si ce n'est pas rentable, il ne faut pas y aller.

@Lucos : oui en ce moment ce n'est pas trop cher, mais le baril est sous les 50$, ce qui est une hérésie. Je ne le souhaite pas pour mon portefeuille, mais tant qu'il ne sera pas à 300$, le problème du climat n'est pas près de changer.
Frederic, Le vendredi 14 février 2020

Lucos lui même en a parlé ici des avatars (pannes graves sur les diesels) qui font partie du paysage européen des automobiles privés depuis plus de trente ans avec une diffusion qui donne le vertige en volume !
Les petits diesels ayant déjà un coup dans l'aile coté pollution et même avant le Dieselgate, les principaux équipementiers n'ont cessé d’affubler depuis pas mal d'années de prothèses de dépollution pas fiables le petit diesel.
Une polémique en Allemagne (et passé inaperçue en France) avec un coté judiciaire pour entente entre constructeurs allemands sur la taille (trop petite) des réservoirs d'Adblue dans leurs diesels (gros sous en jeux) au détriment de l'automobiliste qui devenait contraint de surveiller trop souvent le niveau, sinon blocage de la voiture et couteux dépannage !
Le consommateur et automobiliste allemand est teigneux et procédurier !
Jo Duchene, Le vendredi 14 février 2020



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