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Constructeurs - 15/02/2019

Les résultats financiers 2018 de Renault pénalisés par les devises, l’Iran et la baisse du Diesel

Renault a annoncé pour l’année 2018 une baisse de son chiffre d’affaires (57,4 milliards d’euros à -2,3%) et de sa marge opérationnelle (3,6 milliards d’euros, -6,2%). Sans l’impact négatif des devises, chiffre d’affaires et marges auraient été en hausse. Les comptes du groupe sont aussi affectés par la baisse des ventes de véhicules Diesel, l’arrêt de l’Iran et la baisse des volumes au dernier trimestre.

"Malgré un environnement plus difficile qu'attendu, le groupe Renault a atteint tous ses objectifs et maintient sa marge opérationnelle au dessus de 6%", a dit Clotilde Delbos, directrice financière de Renault qui s'est dite très contente de ces résultats.
Il faut dire que si les résultats affichés sont en baisse, c'est à cause du fort impact négatif des devises qui a fait perdre le bénéfice de la croissance des volumes (+3,2 % à 3,9 millions d’unités en intégrant les marques Jinbei et Huasong).
Les comptes du groupe Renault qui avaient atteint un niveau record au premier semestre ont pâti d’une conjoncture nettement plus défavorable au second semestre, a expliqué Renault. Sur l’année le chiffre d’affaires (RCI Banque et Avtovaz inclus) finit en recul à -2,3% à 57,419 milliards d’euros, soit 1 351 millions de moins. Ce recul est essentiellement imputable aux devises : "hors impact des devises, le chiffre d’affaires du groupe progresse de 2,5%", a précisé Renault.
Renault a même présenté une simulation des résultats qui auraient pu être obtenus "sans les conditions adverses". Cela aurait donné un chiffre d’affaires de 61 milliards d’euros (2,5 milliards de mieux) et une marge opérationnelle de 7,1%. Dans la réalité, la marge opérationnelle du groupe a été de 6,3% (ce qui reste donc très correct).
En valeur, la marge opérationnelle a été de 3,6 milliards d’euros (3 612 millions exactement) en baisse de 242 millions d’euros (-6,3%), toujours à cause des devises dont l’impact négatif est chiffré à 572 millions d’euros.
Au sein du groupe, les trois divisions n’évoluent pas de la même manière. RCI Banque améliore nettement ses résultats (CA et 1 204 millions de marge opérationnelle, +15%) de même qu’Avtovaz dont la contribution à la marge opérationnelle a été multipliée par 4 (204 millions d’euros, contre 55 millions d’euros en 2017). Ce redressement d’Avtovaz est lié "au succès de ses nouveaux modèles sur un marché en reprise et aux efforts de rationalisation des coûts", précise Renault.

Si l’on exclut (RCI Banque et Avtovaz), l’activité automobile du groupe est celle qui subit les effets négatifs avec une marge opérationnelle de 4,3% (en recul de 0,8 point par rapport à 2017 qui avait été de 5,1%). Entre les deux semestres, la marge opérationnelle de l’activité automobile est passée de 4,5% à 4,1%.
En Argentine qui est un marché important de Renault (plus de 100 000 unités), la dévaluation de 75% du peso a eu un effet dévastateur. La dévaluation de la livre turque a en plus de son impact sur le marché fragilisé les fournisseurs locaux de son usine de Bursa qui fabrique la Clio. Ceux-ci achètent des pièces dans d’autres devises obligeant le groupe à les soutenir.
Renault a par ailleurs subi deux fois l’impact du Diesel. D’abord dans ses propres volumes et aussi dans le cadre de son activité vente aux partenaires qui ces dernières avaient pris de l’importance. Le chiffre d’affaires des ventes aux partenaires a ainsi baissé de près de 1 milliard d’euros (946 millions d’euros) suite à l’arrêt des collections pour l’Iran et aussi la baisse des ventes de moteurs Diesel aux partenaires. Le groupe n’a pas donné la répartition entre les deux éléments sur la marge opérationnelle.
La qualité a aussi été "inférieure à nos attentes", a reconnu Renault, ce qui a provoqué une hausse du coût des garanties de 83 millions d’euros.
Renault n’annonce pas d’impact financier spécifique lié à la norme WLTP dont la mise en place s’est déroulée "en ligne avec nos plans", a dit Thierry Bolloré. Le groupe reconnaît cependant "une perturbation de la saisonnalité des ventes entre le troisième et quatrième trimestre". On en trouve d’ailleurs la trace dans l’évolution des stocks qui augmentent nettement (622 000 unités, 9 000 de plus sur 1 an) surtout dans le réseau (440 000, soit 17 000 voitures de plus) alors que les stocks du groupe ont baissé (182 000 unités, 8 000 de moins).
Pour 2019, le groupe Renault a légèrement révisé son objectif de marge opérationnelle qui passe de "supérieur à 6%" à "de l’ordre de 6%". Cet objectif qualifié de "conservateur" par la directrice financière du groupe, ne tient cependant pas compte de l’éventualité d’un "hard Brexit" a également précisé le groupe ajoutant qu’il est "impossible de savoir ce qu’il va se passer". Le groupe a par ailleurs confirmé son objectif de volume de 5 millions d'unités à l'issue du plan "Drive the futur", soit en 2022.

Au final, le résultat net de 2018 est de 3,45 milliards d’euros en baisse de 35%. La contribution de Nissan s’élève à 1 540 millions d’euros, contre 2 799 millions d’euros en 2017. Elle a pratiquement été divisée par deux (-46%), avec 1 259 millions de moins. Pour autant 80% de ce recul s'explique par une base de comparaison exceptionnelle en 2017 qui intégrait "un produit non récurrent de 1 021 millions d’euros lié à la réforme fiscale votée fin 2017 aux Etats-Unis et au gain sur la cession de la participation dans Calsonic Kansei", précise Renault.
Une autre partie du recul du résultat net s'explique là encore par de l'exceptionnel. Dans les comptes 2018, le groupe Renault a passé des provisions pour 625 millions d'euros contre 48 millions d’euros en 2017. "Cette forte dégradation a essentiellement deux origines : d’une part les conséquences de la crise argentine pour plus de 200 millions d’euros et d’autre part, des provisions notamment liées au programme de dispense d’activité de fin de carrière en France, pour près de 300 millions d’euros", explique Renault.
Florence Lagarde

 

Résultats financiers du groupe Renault 12 mois 2018

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Réactions

La marge ou le volume ...éternelle question
alain boise, Le vendredi 15 février 2019

… J'ai mal lu où je ne vois aucun passage consacré à la contribution (en baisse) de Nissan dans la détermination du résultat du groupe RENAULT … Il est vrai qu'avec un exercice décalé au regard de celui de Renault, ç'est pas d'une lisibilité optimale mais …
Nous verrons bien ce qu'il en sera après mars des résultats de Nissan, notamment de sa marge opérationnelle …
D'emblée ils seront "lourdement" entamés par la provision de l'ensemble des revenus différés de Carlos Ghosn, soit 74 millions d'euros….

"Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage."
ADEAIRIX , Le vendredi 15 février 2019

A ADEAIRIX,
Vous avez bien lu. Je n'avais pas parlé du résultat net dans ce papier. Oubli corrigé avec l'ajout des deux derniers paragraphes.
Florence LAGARDE, Le vendredi 15 février 2019

Merci Florence pour l'addendum !
ADEAIRIX, Le vendredi 15 février 2019



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