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Analyse - 21/12/2018

Rétrospective automobile de l’année 2018

La chronique de Bertrand Rakoto, analyste indépendant dans l’intelligence de marché. Après plusieurs années dans l’automobile, entre autres chez RL Polk, et après avoir eu un cabinet d’analyse en France (D3 intelligence) il est désormais basé aux Etats-Unis où il poursuit son activité depuis Detroit.

L’actualité défile et les sujets s’enchaînent dans une industrie qui a vu plus de transformations et de mutations ces 10 dernières années que durant les décennies précédentes. Les restrictions de circulation, le durcissement des normes d’émission, le déploiement des services connectés, le développement des systèmes de conduite autonome et la multiplication des services de mobilité sont autant d’éléments qui ont poussé l’industrie automobile hors de sa zone de confort. Pourtant les constructeurs et les équipementiers ne sont pas en reste avec des avancées technologiques majeures et l’implémentation de technologies pour rendre les véhicules plus sûrs, plus économes, plus confortables, plus pratiques et plus favorables à l’environnement. La société n’a pas encore évolué pour transformer nos besoins de mobilité mais elle s’efforce de nous apporter des réponses différentes pour y subvenir. Au-delà de ces préoccupations économiques, environnementales, sociales et technologiques, les politiciens de tous bords ont poursuivi leur campagne de dénigrement de l’automobile sans apporter ni réponse ni solution aux problèmes qu’ils inventent. La technique du crocodile, une grande bouche et des petits bras, perturbe pourtant l’ensemble de l’industrie avec des idées lumineuses comme l’interdiction des moteurs thermiques à partir de 2040 sans pour autant comprendre si cela est du domaine du possible.

2018 n’a pas offert de tournant majeur mais l’actualité a malgré tout été ponctuée de faits marquants dont certains cherchent toujours leur issue, tâchons de revenir sur quelques-uns d’entre eux.

Tesla à l’article de la mort
Il me semble impossible de revenir sur l’année 2018 sans commencer par Tesla. Le constructeur Californien a passé la première moitié de l’année à camoufler une situation économique inquiétante ponctuée par des problèmes de production, des négociations avec les équipementiers, des soucis de qualité et une hémorragie des salariés à tous les niveaux de l’entreprise. De l’aveu même d’Elon Musk, l’entreprise était à quelques semaines de la cessation de paiement au début de l’été dernier. Le constructeur n’est toujours pas rentable à ce jour. Au troisième trimestre, Tesla a présenté des comptes plus encourageants mais pour produire plus, il faut dépenser plus, y compris pour les véhicules annoncés et qui n’existent pas encore comme le camion, le roadster et prochainement la Model 1 ou le crossover Model Y. Au troisième trimestre, Tesla a vendu plus qu’il n’a produit ce qui ne prouve en rien la durabilité de l’activité de Tesla.

Le marché des véhicules électrique reste faible et les achats sont fortement motivés par les primes et les crédits d’impôts ce qui pose un problème pour les Etats car ces véhicules ne leur rapportent pas et leur coûtent. Autant dire que le marché reste instable. Pourtant l’offre se multiplie avec l’arrivée des Mercedes EQ, BMW i et Audi e-tron mais aussi de marques comme Rivian. Le nouveau constructeur américain semble vouloir proposer, pour moins cher que Tesla, des véhicules offrant des technologies de batteries plus performantes que celles existantes jusque-là, Tesla y compris. 

Tesla a vécu un tournant avec la Model 3 en 2018 mais il n’est pas tiré d’affaires d’autant que le département de la justice est toujours dans les murs et cela inquiète chez le constructeur. D’ailleurs, Tesla vient de s’offrir les services d’un gros calibre comme nouveau responsable juridique

Ford revient dans Detroit et négocie avec Volkswagen
Sans être une mauvaise année pour Ford, 2018 marque une transition pour le constructeur. Jim Hackett est resté impassible malgré les doutes et les remarques émanant de Wall Street. Il poursuit sa réforme de Ford entre allègement des effectifs, recomposition de la production, éloignement des berlines et d’importants investissements dans la connectivité, la conduite autonome et l’électrification des gammes. Une partie de ces programmes seront développés dans le quartier historique de Corktown à Detroit. Un des faits les plus notables cette année concerne les négociations pour un rapprochement avec Volkswagen.

L’allemand lui aussi opère une assez large mutation. D’une part, il investit dans la connectivité des véhicules avec un contrat signé avec Microsoft et, cette semaine, l’acquisition de 75% de WirelessCar. D’autre part, il semble avancer en marche forcée vers l’électrique avec l’annonce de l’arrêt du développement de moteurs thermiques à compter de 2026. D’ici là, il peut se passer bien des choses, comme un changement politique majeur (souvenez-vous qu’un mandat politique dure moins longtemps qu’un investissement industriel) ou la découverte de nouvelles technologies plus avancées, ayant recours des systèmes essence, diesel, hydrogène ou peut-être même hydraulique. En attendant, les deux groupes se jaugent et les discussions, qui ont débuté avec les utilitaires, semblent prendre de l’ampleur au fil des rumeurs et des communiqués de presse. 

Changements de direction
En 2018, nous avons vu le remplacement de Matthias Müller par Herbert Diess, un ancien exécutif de BMW. Le changement de culture semble vouloir avancer. Daimler semble également vouloir opérer ce même changement de culture. A partir de 2019, Ola Källenius succédera à Dieter Zetsche et sera en charge de piloter le groupe. Il y a un peu moins de visibilité du côté de l’Alliance Renault Nissan Mitsubishi. L’arrestation de Carlos Ghosn laisse planer le doute sur la future direction de l’Alliance. La fusion des marques se poursuivra-t-elle et dans quelles conditions ? Ce sont les deux questions qui animent l’esprit de tous dans l’industrie. Pour le moment, les enquêtes sont poursuivies et les assemblées générales s’enchaînent sans donner tellement plus de visibilité. 

Enfin, 2018 est surtout marquée par la disparition de Sergio Marchionne. Il est décédé à quelques mois de la retraite mais son œuvre est poursuivie par Mike Manley. L’homme est plus discret que son prédécesseur dont la répartie et le sens de l’humour dénotaient dans l’industrie mais il passe à l’acte. La vente de Comau pourrait succéder à celle de Magneti Marelli. Depuis 2000 la famille Agnelli, à travers sa holding Exor, souhaitait se séparer de sa branche automobile. Le plan semble se concrétiser.

Cap sur 2019
L’année prochaine s’annonce plus difficile que 2018 à plusieurs titres. Tout d’abord, les carnets de commandes sont moins importants et annoncent des restructurations et des coupes budgétaires. Plusieurs constructeurs se préparent à une baisse des volumes, certains comme General Motors l’anticipent plutôt durement. Pour une entreprise comme pour ses employés, il est toujours préférable d’agir quand on en a les moyens plutôt qu’en pleine crise où les plans de reconversion sont souvent inexistants. L’accélération de l’arrivée de la connectivité va se poursuivre en 2019, les constructeurs dévoilent d’ailleurs leurs plans les uns après les autres et abandonnent des initiatives souvent assez atomisées pour les solutions globales. Enfin, 2019 va voir un flot de véhicules électriques et hybrides être lancés sur les trois principaux marchés (Chine, USA, Europe). Avec un baril en dessous de 50 dollars l’automobile électrique va devoir se battre pour se faire une place. La contraction des volumes ajoute un challenge supplémentaire mais l’industrie en a vu d’autres et il ne fait aucun doute qu’elle saura changer son fusil d’épaule sans passer l’arme à gauche. Il faut qu’elle sache s’adapter et se faire entendre dans un brouhaha qui oublie de souligner, voire néglige volontairement, que la mobilité répond à des besoins sociaux et économiques incontournables.
Bertrand Rakoto

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Réactions

Tout le monde attendait la sortie du cachot de CG,voilà qui est fait.
Mais rien ne sera plus comme avant et il y aura un avant cachot et un après.
Que va devenir l’Alliance ? Verrons nous dès Japonais prendre les commandes ,la plupart des résultats de Renault viennent de Nissan et Dacia,toujours pas visible à l’export queva devenir Renault .
Toyota continue sa marche forcée sûr de son avance ,avant cinq ans toute la gamme sera hybridée même les pick up maudits par quatre députés .
Tesla vit encore mais dans le mensonge,en effet la promesse de la modèle trois à 30000€ n’est pas tenue (60000) et la fin des aides ne va rien arranger.
Pour ma petite part de négociant et non pas de lecteur d’Autoplus chez le coiffeur,je suis sidéré de voir les gens me ramener leurs Diesel comme si ils avait la peste,incroyable destruction et je me remémore les commentaires du patron de chez Bosh Millau dans ces colonnes.
Qui se cache derrière l’electrification,cette religion se développe et comme le signalait notre rédactrice en chef il se passe qq chose.
Attention à tous les chantres du VE c’est la mort des ateliers,des essuies glaces et des pneus point barre,et les emmerdes qui vont avec et pour finir vous offrez le plein à vos clients comme Tesla et ses super chargeurs.
Au fait comment va notre dernier trimestre,des pronostiques pour 2018 et 2019!
alain boise, Le vendredi 21 décembre 2018

Dernière minute CG ne sort pas pour les fêtes d nouveau inculpé,même sa Femme le charge......ahhhh les Femmes
alain boise, Le vendredi 21 décembre 2018

C'est à se demander si la justice japonaise est vraiment indépendante dans ce coup ?
;0(
Lucos, Le vendredi 21 décembre 2018

La mort des essuie-glace et des pneus ???
;0)
Lucos, Le vendredi 21 décembre 2018

Avez vous connaissance du dossierd’accusation Pour affirmer de telles choses,si oui envoyez le à Renault qui le voudrait( 400pages) lisez vous le Japonais Monsieur je sais tout.
Pour les essuie glaces vous savez très bien que c’est tout ce vous vendrez au clients VE malgré vos dires,ptouvez moi le contraire.

Je vous rappelle encore une fois débattez au lieu d’insulter.
alain boise, Le vendredi 21 décembre 2018



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