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Réseaux - 10/04/2018

Bénédict Vidal, spécialiste des fusions-acquisitions : "La taille est désormais un critère de valorisation dans la distribution automobile"

Avocat spécialiste des fusions-acquisitions, Bénédict Vidal est intervenu sur la cession du groupe Métin au groupe Gueudet. Il nous donne sa vision de la distribution automobile, de la valorisation des marques, des fonds de commerce et de l'immobilier, dans un contexte d'incertitude sur la façon dont va évoluer le commerce automobile.

Autoactu.com : En tant qu’avocat spécialiste des fusions-acquisitions, au sein du cabinet Carler, vous avez mené à bien la cession du groupe Métin au groupe Gueudet qui a abouti le 19 mars dernier. Votre intervention a duré 15 mois, en soutien de Dominique Bernard, président du Groupe Métin depuis juin 2017, recruté pour préparer cette cession. Vous avez notamment mené une procédure d’appel d’offres ("open bid") pour trouver le meilleur repreneur. Une procédure assez rare dans le monde de la distribution automobile ?

Bénédict Vidal : Oui, habituellement, les cessions dans le secteur se font de gré à gré, les acteurs régionaux ou au sein d'un même réseau de marque se connaissent bien. Mais cette fois, compte tenu de la taille du groupe, de son emplacement stratégique, en région parisienne, et de l’attrait de la marque principale distribuée, Peugeot, nous avons fait le travail d’open bid, habituellement confié aux banques d’affaires, en recherchant le meilleur repreneur possible. C’est une démarche qui se fera plus souvent à l’avenir avec l’augmentation de la taille des groupes à céder. Aujourd’hui, près de 150 groupes font plus de 100 millions de chiffre d’affaires, il y a donc encore de grosses opérations à venir.

Autoactu.com : Vous avez notamment sollicité des groupes de distribution étrangers ?

Bénédict Vidal : Oui, sans grand succès. Certains ne nous ont même pas répondu. Le besoin de bien connaître le marché local et la nécessité de créer des économies de structure à travers des plaques géographiques va à l’encontre d’une stratégie de développement multinationale. Seuls les groupes néerlandais, belges ou suisses peuvent trouver une logique de développement transfrontalier. Et même chez les groupes français, les rachats se font encore très localement, pour élargir le territoire d’une marque ou enrichir un territoire existant avec de nouvelles marques.

Autoactu.com : Sur la cinquantaine de groupes contactés, une dizaine de candidats sérieux ont eu accès aux comptes du groupe Métin. Au final, trois repreneurs restaient en course à la fin de 2017. Les constructeurs ont-ils pesé dans ce choix ?

Bénédict Vidal : Les constructeurs donnent leur accord mais ils n’imposent pas le repreneur, heureusement. Ils vont privilégier leurs distributeurs qui ont de bonnes performances commerciales et qui respectent en tout point les standards mais ces distributeurs peuvent avoir d’autres projets ou ne pas proposer la meilleure offre. Le développement du multimarquisme réduit aussi la dépendance vis-à-vis des constructeurs.
Dans le cas qui nous intéresse, les groupes Gueudet et Métin sont historiquement associées aux deux marques françaises concurrentes que sont Peugeot (pour Métin) et Renault (pour Gueudet). Elles ne se sont pas opposées à la vente, conscientes que ce rapprochement des deux entités, très proches en termes de culture d’entreprise et complémentaires en termes d’expertise métiers et implantations géographiques, donnait naissance à un nouveau groupe puissant et diversifié, plus à même de relever les défis futurs du secteur de la distribution automobile.

Autoactu.com : Dans le cadre d’un rachat de ce type, comment évalue-t-on la valeur de chaque concession et de l’ensemble d’un groupe ?

Bénédict Vidal : Dans l’automobile, on utilise souvent la "valeur au capot", une valeur étalon par marque, plus élevée pour les marques premium, que l’on multiplie par le volume de VN livrés à l’année. Ce prix au capot est estimé avec l’aide des constructeurs qui n’ont pas intérêt à ce qu’il soit surévalué.
Ce calcul ne prend toutefois pas en compte de nombreux éléments qu’il faudra mesurer : l’activité VO, la qualité de l’implantation géographique, le niveau de mises aux normes des points de vente, la part de marché sur sa zone, le poids des buy-back…
Ce calcul "au capot" est challengée par une approche plus classique chez les fonds d’investissement, qui s’appuie sur la rentabilité, assortie d’un coefficient, moins l’endettement net de l’entreprise.

Autoactu.com : Pensez-vous que les incertitudes liées aux nouveaux modes d’achat et de consommation automobile pèsent sur la valeur des entreprises du secteur ?

Bénédict Vidal : Directement, non. En revanche, une entreprise de grande taille sera plus apte, financièrement et par son organisation, à gérer les changements structurels à venir. La taille va dont jouer sur la valorisation : Entre deux entreprises ayant une rentabilité identique, les coefficients appliqués sur le résultat seront plus élevés pour l’entreprise ayant une taille critique lui permettant de revendiquer une part de marché significative (régionale ou auprès d’un constructeur) et d’optimiser ses coûts de structure.
Le multimarquisme compte aussi, à condition de ne pas se disperser. En distribuant plusieurs marques significatives, on est moins dépendant du cycle produit d’un constructeur et on peut les réunir sur un même lieu attrayant pour la clientèle tout en amortissant ses structures et ses surfaces. Certains font ce choix du multimarquisme, d’autres se concentrent sur les marques premium, plus rentables, et certains font les deux.
Je m’interroge toutefois, compte tenu des incertitudes évoquées, sur le retour sur investissement des "cathédrales", ces méga-concessions à plusieurs millions d’euros que l’on voit sortir de terre aux couleurs des marques premium le plus souvent.

Autoactu.com : Aux Etats-Unis et Royaume-Uni, la valeur des entreprises du secteur dépend aussi de l’évolution du cours des groupes de distribution automobile cotés en Bourse. Ce n’est pas possible en France, avec une seule entreprise cotée, le groupe Parot. Que pensez-vous de ce moyen de financer sa croissance ? 

Bénédict Vidal : Habituellement, les achats se font sur fonds propres ou par emprunt bancaire avec effet de levier. Le recours aux marchés financiers comme l’a fait le groupe Parot est en effet unique en France. Ce groupe a obtenu une bonne valorisation. Le problème de cette approche est le manque de liquidités des actions qui peut freiner les investisseurs par crainte de ne pouvoir les revendre facilement.

Autoactu.com : On dit souvent que la rentabilité dans l’automobile est faible mais qu’elle permet au distributeur de se constituer un capital immobilier. Qu’est-ce qui vaut le plus dans un groupe, son fonds de commerce ou son immobilier ?

Bénédict Vidal : Ce sont deux choses différentes qui sont néanmoins imbriqués. En effet, dans le calcul du fonds de commerce, il faut vérifier que les loyers versés à la SCI sont dans les standards de la zone géographique concernée.
Ensuite, la vente du fonds et de l’immobilier sont deux choses différentes avec des valeurs différentes en fonction de l’emplacement. Si l’immobilier peut être reconverti en logement à terme, cela lui donne naturellement de la valeur. L’acheteur n’a pas toujours intérêt à acheter l’immobilier, s’il estime que la zone commerciale va changer ou que les locaux sont surdimensionnés.

Propos recueillis par Xavier Champagne

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Réactions

Le développement des groupes a aussi ùn avantage de mutualisation des frais ùn seul commissaire aux comptes pour ùn groupe,ùn seul contrat d'assurance etc etc.
Par contre si les vents deviennent contraires qui và pouvoir racheter de tels paquebots puisque le marché ne s'y interresse pas.
L'ambiance anti bagnole actuelle doit faire reflechir les investisseurs,interdiction de commercialiser des autos thermiques à Paris dans qq temps est effrayant et personne sauf Carlos Tavares ne réagit.
Attention à ne pas dégoûter définitivement la clientèle ,certains parlent ici du désintérêt de Lâ jeunesse pour la bagnole.
Les pro electrique vont manger leurs chapeaux a l'heure des comptes,on ne vend rien autour du VE sauf les essuies glaces.
alain boise, Le mardi 10 avril 2018

Je reviens sur la Bérésina d'un groupe familial historique comme Metin,que s'est il passé ?cette marche forcée à la taille s'est apparemment transformée en fuite en avant.
Vous parlez d'intérêt et rentabilité pour le premium ( enfin ùn terme qui ne sonne pas Roastbeefs) mais que dire des résultats des véhicules bas coûts (Dacia) dans des cubes en tôle ( chapelle opposée au cathédrale )
alain boise, Le mardi 10 avril 2018

Une petite dernière pour la route,c'est quoi la différence open bid et vente aux enchères ?
alain boise, Le mardi 10 avril 2018

La concentration de la distribution est effectivement engegée depuis de nombreuses années. La question est maintenant de savoir à quelle date la bascule s’opérera entre une consommation automobile basée sur l’achat ou la location des particuliers et des entreprises et un monde où le consommateur achètera un service à un opérateur de données qui loue des voitures autonomes. Si la bascule est rapide, nos grands groupes seront mal positionnés : peu importe leur taille, ils sont des nains par rapport aux Google, Amazon,....et le coût d’entrée technologique et humain sera trop important. C’est pourquoi en dehors de la construction rapide d’un important patrimoine immobilier, je ne recommande plus d’investir dans l’achat de concessions automobiles. Le modèle économique sera vite obsolète et l’histoire est déjà pleine d’activités qui ont aujourd’hui disparues.
LD, Le mardi 10 avril 2018

En Français on écrit "rosbif"...
;0)
Lucos, Le mardi 10 avril 2018

C'est pas moi c'est la bête derriere le clavier qui me colle des accents, des majuscules etc etc.....au fait le Rosbif c'est Anglais? Chez nous c'est Rôti
alain boise, Le mardi 10 avril 2018

Plus sérieusement, je trouve qu'on oublie un élément essentiels dans ce type de discussion qui est que les concessions ne vivent plus que par les profits qu'ils font principalement sur les contrats financiers et annexes (Crédit, LOA, LLD, assurance, gravage forcé, extension de garantie, contrats d'entretien,forfait SIV exorbitant, kit VN, etc..).
La marge dégagée sur un véhicule et devenue une donnée secondaire et les ventes ne sont plus qu'un support de l'activité bancaire.
En gros un concessionnaire est aujourd'hui totalement tenu par son banquier ou par la captive du constructeur et ce d'autant qu'il a pris un crédit pour investir dans une cathédrale.
;0)
Lucos, Le mardi 10 avril 2018

Merci à Autoactu pour ce focus sur un spécialiste de la fusacq relié à la distribution auto …
En écho aux interrogations posées par Alain BOISE sur ce qui conduisit la famille Metin a cèdé le groupe constitué en seul lot, je doute que Bénédict VIDAL soit bien placé pour y répondre car il doit être entravé pour cela par une clause de confidentialité …
Sans doute faudrait-il que Xavier CHAMPAGNE s’entretienne avec Jean Charles HERRENSCHMIDT ou Eric METIN pour obtenir de semblables confidences … à supposé que les précités le veuillent bien …
Pour autant, Alain envisage une possible cause : une croissance à marche forcée (la taille critique et la nécessité d'absorber plutôt que de l'être) conjuguée à un manque de résultat … Les marges nettes, dans la distribution auto ne sont pas si confortables (comme on le sait) et passer de l’autre côté du mur peut aller assez vite … L’emprunt bancaire à effet de levier nécessite de dégager une continuité et une constance des résultats … Une faille dans les équipes de management des entités reprises, un relatif retournement de marché pour les marques représentées peuvent conduire à de mauvaises performances financières … L’endettement étant là, la situation peut vite devenir compliquée !

Récemment, le groupe GUEUDET, certainement sous une « certaine » tension depuis la reprise du groupe Metin a subi la perte d’un jeune et talentueux directeur d’établissement (concession Renault) ; malheureusement cette perte résulte d’un accident de la circulation à …moto …
Le genre d’avatar qui doit rester limité dans un moment où les toutes les meilleures ressources humaines doivent être mobilisées pour « mettre sous contrôle » les différents sites repris …
Toujours en écho à Alain …Les économies sur les frais généraux vont bien au-delà du seul commissaire aux comptes ou d’un contrat d'assurance « flotte » unique … Toutes les fonctions support sont concernées (Finances/compta, Rh, SI, CRM (quand il y en a), juridique et immobilier bien sûr)… Des exemples récents de concentration ont montré que la rationalisation des coûts pouvait aller au centre de service partagé …

Le commentaire de "LD "qui apparemment ( ?) intervient, de près ou de loin, dans le conseil de gestion de patrimoine est assez éloquent concernant l’avenir de la profession à moyens/longs termes …
Un certain « âge d’or » est derrière nous même si les opérations de concentration vont se poursuivre encore quelques temps …
Les grandes manœuvres sont loin d’être terminées !
ADEAIRIX, Le mardi 10 avril 2018

Un grand merci à Xavier pour cette interview.
Reprenant mon bâton de pèlerin, je répète à l'envi (pour Jo, je ne fais pas de faute, il n'y pas de E à la fin du mot) que les concessions cathédrales n'ont jamais eu de "nécessité" à exister. Comme le dit Me Vidal, celles qui pourront être transformées en logement ou autres surfaces commerciales, ce sera bingo pour le propriétaire des murs. J'ai un très bon pote qui en a fait son métier depuis 20 ans, c'est inimaginable le nombre de concessions, cathédrales ou églises ou même chapelles, qui sont devenues des supermarchés, des garde-meubles, des banques ou que-sais-je encore.
Pour les autres, ils auront leurs yeux pour chialer et ils pourront toujours maudire le Constructeur qui leur aura imposé de tels standards rocambolesques, too late.

@Lucos : commentaire intéressant sur la source des profits chez un concessionnaire où "la banque" a largement remplacé "la bagnole". Certes cher Lucos, mais c'est quand même la bagnole qui est à l'origine du financement. Donc l'attrait du VN reste entier. Sans le VN, point de financement.
Bruno HAAS, Le mardi 10 avril 2018

Très clair, très concret, très transparent : très intéressant. Très bonne interviewe, et excellentes, franches réponses.
Pierre l'Alpin, Le mardi 10 avril 2018

Bruno,
je disait effectivement que la vente VN est devenue le support de l'activité financière.
Le pire étant au niveau des vendeurs qui ne pensent qu'à cela et surtout quand ils ont ramé pour toucher 10% de la marge brute de 300 € sur un low-cost avec aide de l'état et que le financement leur rapporte 10 fois plus !
;0)
Lucos, Le mardi 10 avril 2018

Concernant la remarque de Bruno, si on se relit attentivement beaucoup peuvent eviter les « fôtes » les plus gênantes moi y compris! Souvent beaucoup répondent à chaud et son présses et même dans leur voiture!!
Cela ne change rien au débat... qui est vaste et pour certains vital.
Les constructeurs vont donner de plus en plus dans l’avenir le « la et le bémol » aussi!
Le hard vendu par les GAFA a de moins en moins de petit mécaniciens!
Ce qui veut dire que les VP vont devenir de plus en plus fiables et des déplaçoirs...exemple plus de coupés et même plus de coccinelles chez VW !
Les constructeurs qui ne feront pas de la fiabilité dans l’avenir seront condamnés à disparaitre!
Cela va craindre pour la rentabilité des distributeurs indépendants dans l’avenir!
Cela a déjà été dit par ailleurs. Bien sûr qu’il faut que je tape sur les constructeurs allemands et leurs dérives de stratégie industrielle qui croient que le client final restera toujours une vache a lait et toujours idiot !
Salut aussi les « créateurs d’automobiles » mais ceux-ci avec leur culture apprise au Japon vont faire bouger les lignes allemandes...
Moi j’aimerais bien acheter un caisse allemande mais j’ai pas les sous pour une i8 ...snif, snif!
Jo Duchene, Le mardi 10 avril 2018

Dommage de ne pas être lu,je posait la question de Lâ taille et de la difficulté de reprise de groupes multisites en cas de pépins.
Certains voient ici l'avenir des ventes avec ùn écran et ùn stagiaire comme chez Maque Donald,vous vous mettez le doigt dans l'œil ,ca và etre de plus en plus pointu et seuls les commerciaux briantissimes enverront du bois.
Cher Druide que s'est il passé avec Audi et le déménagement a Bonneuil,z'ont pas l'air content les Teutons?manque de parole chez Metin ?baston avec les héritiers et les beaufs?
P....n une journée sans insultes ,Champagne
alain boise, Le mardi 10 avril 2018

Vous êtes en manque ?
;0)
Lucos, Le mardi 10 avril 2018

Alain j'aimerai avoir la réponse à toutes vos questions ...

En revanche vous parlez d'un site Audi à Bonneuil ... Je vais vous parler de Maison Alfort ... C'est pas si lojn ...!
Lorsque Metin a repris Zanetti Automobiles (les sites de l'avenue de la république pour les familiers) il y a quelques années, je ne sais si l'immobilier était dans la corbeille du fonds de commerce ...
Peut-être est ce Monsieur Zanetti qui en avait conservé la propriété dans le cadre d'une SCI ...(?)
En tous cas, le site Vw a migré en une impressionnante opération immobilière (pas mal de doigts de pieds potentiels) dont peut-être le
"très bon pote à Bruno" se trouve être l'un des promoteurs (?) au passage. Le monde est petit parfois (ou souvent ?).

Dans les deux cas, probablement
Xavier CHAMPAGNE a-t-il la réponse à ces questions, lui ...!
;0)
ADEAIRIX, Le mardi 10 avril 2018



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