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Marchés - 13/06/2007

Interview Philippe Bezière (MBK) : "La 125, un marché durable !"

Malgré un mois de mai moyen (+ 0,2 %), les ventes de 125 cm3 poursuivent leur progression, au point de représenter 45 % des immatriculations totales des 5 premiers mois de l’année. Pour Philippe Bezière, le directeur de la division 2 roues MBK, la 125 est un marché durable qui répond à une tendance lourde de notre société…

Depuis le retour de "l’équivalence" (possibilité de conduire une 125 cm3 avec un permis automobile de plus de 2 ans), en 1996, le marché de la 125 ne cesse de progresser en France. D’abord concentré sur la moto (le custom notamment), ce marché s’est définitivement orienté vers le scooter. A l’issue des 5 premiers mois de l’année 2007, c’est une nouvelle fois la 125 qui dynamise le marché du 2 roues motorisé avec une progression de 13,8 %, alors que la moto de moyenne et grosse cylindrée ne gagne que 0,3 %, soit 184 unités sur un total de 54 000 !. Et encore, dans les grosses cylindrées, on compte aujourd’hui 10 % de scooters 250/650 cm3…
A fin mai, la 125 représente 45 % des ventes totales, contre 42 % il y a un an. Une tendance que Philippe Bezières, le directeur de la division 2 roues MBK, juge durable…
 
Comment analysez-vous le succès de la 125 ?
Philippe Bezière : Il y a deux phénomènes qui poussent actuellement ce marché. D’abord le besoin d’un véhicule capable de raccourcir les temps de trajets dans des agglomérations congestionnées par les embouteillages. Un phénomène rendu encore plus sensible par la mise en chantier du tramway dans plusieurs grandes villes françaises, ce qui a provoqué des embarras encore plus importants.
Mais la 125 est aussi un phénomène de société : comme en Italie, le scooter 125 est en train de devenir le véhicule de toute la famille. C’est un aspect non négligeable du phénomène 125.
 
La 125 peut-elle continuer à progresser à ce rythme pendant longtemps ?
Philippe Bezière : Certainement, pas au rythme de 20 % par an, mais elle va continuer à faire de plus en plus d’adeptes. Parce qu’elle correspond à un besoin…
 
Plutôt moto ou plutôt scooter ?
Philippe Bezière : Plutôt scooter, même si certains modèles de moto réalisent de très gros scores. Mais le scooter possède plus d’atouts : plus pratique, plus facile à conduire, il protège mieux et constitue de surcroît un produit plus familial.
 
La 125 reste cependant un marché concentré sur les grandes villes et notamment  la région parisienne…
Philippe Bezière : C’est de moins en moins vrai, même si 75 % des ventes de scooters sont concentrées du Paris RP et les plus grandes agglomérations. Mais on note un élargissement des ventes à quasiment toutes les régions, à des villes de grande importance. Le marché de la région parisienne n’est pas le même que dans les autres régions, le sud notamment. Si à Paris RP, le scooter 125 est purement un outil fonctionnel que l’on range le week-end, ailleurs il est perçu souvent comme un véhicule “oisir" avec lequel on n’hésite pas à faire de longues balades.
 
Le scooter chinois ne représente-il pas une sérieuse menace ?
Philippe Bezière : Pas vraiment en 125. D’abord, il ne faut pas confondre scooter taiwanais et scooter chinois. Il y a là un sacré bémol, tant en termes d’esthétique que de qualité. Le client 125 est attaché à la marque et ce marché est dominé par l’offre produit plus que par le prix. D’ailleurs, il faut noter que les plus gros succès du marché de la 125 depuis 10 ans en France on toujours été réalisés par les modèles les plus chers !
 
Alors, cette menace chinoise, où se situe-t-elle ?
Philippe Bezière : En scooter 50 cm3, où il existe une clientèle recherchant avant tout un prix bas. C’est notamment celle des adultes qui roulaient auparavant avec des cyclomoteurs traditionnels à variateur. Mais telle que se présente cette "menace", je ne la crois pas durable. De ce que l’on voit actuellement, il n’y a pas de travail à long terme, pas de structuration de réseau. C’est une stratégie purement opportusniste, comme le fut le marché du pit-bike chinois (petites motos non homologuées) : 1 an et puis s’en va. Le même produit est passé de 350 à 99 € en quelques mois pour finir sur les marchés et sur internet…
 
Les réseaux actuellement en place sont-ils en phase avec ce nouveau marché de la 125 ?
Philippe Bezière : Globalement oui, même s'il y a parfois un décalage avec l’attente du client automobiliste. Le problème ne se situe pas tant en termes de service que d’emplacement. La 125 est un produit qui nécessite une certaine proximité : on ne fait 60 km pour acheter et faire réparer son scooter. Or, le gros des ventes se faisant en ville, nous nous heurtons au problème du prix des baux et des nuisances occasionnées par ce type de commerce. Chez MBK, nous profitons du fait que notre réseau est fortement installé partout en France, avec des affaires ancrées depuis plusieurs générations en plein centre de grandes villes.
Maintenant, il ne faut pas sous-estimer le fait que le client aime se retrouver dans un univers identifié. Les marques automobiles qui se sont essayées au scooter dans leur réseau automobile s’y sont cassées les dents. Pour le même scooter de la même marque, le client préférait l’acheter dans le réseau moto que dans le réseau auto…
 
Malgré un bon mois d’avril, MBK est en baisse de 8,9 % sur le début de saison. Comment expliquez-vous cette baisse ?
Philippe Bezière : Au succès de notre nouveau scooter  Sky Cruiser. Notre usine (en Espagne) n’arrive pas à suivre la demande : c’est la dure rançon du succès ! Heureusement, nous avons d’autres produits comme le Skyliner et le Flame qui marchent aussi très bien. Mais cette situation n’est pas figée, elle va évoluer favorablement…
 
Confiant, donc…
Philippe Bezière : Confiant dans le marché et dans la marque MBK. Le scooter 125 est incontestablement une tendance sociale lourde et MBK y est très bien positionnée avec une marque forte, des produits compétitifs et un réseau bien implanté.
Propos recueillis par Pascal Litt
 
MBK en bref
Filiale du groupe Yamaha, MBK est l’un des derniers constructeurs français (avec Peugeot) de 2 roues motorisés avec son usine de St-Quentin, dans l’Aisne (800 salariés).
Cette usine produit 60 000 scooters et cyclos 50 cm3 (marques MBK et Yamaha), 12 000 motos Yamaha XT 660, 15 000  scooters X-City 125/250, ainsi que 40 000 moteurs marins Yamaha de petite puissance (2,5 à 8 ch).

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