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Constructeurs - 09/10/2018

Le véhicule autonome s'expose au Mondial

Sujet de raillerie ou technologie d'avenir, le véhicule autonome ne laisse personne indifférent. Dans les différents espaces du Paris Motor Show 2018 (Auto, Tech et Mobilité), des exemples étaient exposés, du prototype au produit commercialisé, sur terre comme dans les airs. A travers Navya, Altran et Flutr Motors, la promesse d'un marché gigantesque se dessine. Avec plus ou moins de rapidité, voire de réalisme.

Hall 1, non loin des visions distinctes de la voiture autonome de Renault (EZ-Go, EZ-Ultimo, EZ-Pro) et de Peugeot (e-Legend), Christophe Sapet enchaîne les interviews sur le stand, à côté de Valeo, un des actionnaires de Navya. Entre la navette autonome dont une centaine d'unités roulent dans 18 pays et un exemplaire de l'Autonom Cab, le robo-taxi, le patron de Navya a tout pour être heureux : introduction en bourse (juillet 2018), partenariats en cascade... "L'annonce au Mondial de l'accord avec l'assureur AXA devrait accélérer la commercialisation des navettes et la cotation en bourse est un gage de sérieux " avance Christophe Sapet. Il reste néanmoins quelques incertitudes sur le modèle économique pour l'utilisateur final, mais l'exemple de Navly, une petite ligne dans le quartier Lyon-Confluence opérée par Keolis - autre actionnaire de Navya - et Systral, donne assez de satisfaction pour que d'autres navettes soient intégrées aux transports en commun de la capitale des Gaules.
Le marché en devenir du robo-taxi s'annonce beaucoup plus disputer. Les recherches de Waymo, filiale de Google, sont connues de tous. Uber et Lyft sont dans les starting blocks, Toyota et SoftBank viennent d'annoncer la création d'une co-entreprise dédiée aux nouvelles mobilités. 

Quelle place pour l'Autonom Cab et à quel prix ? "Nous avons arbitrairement fixé le prix à 350 000 euros, car il n'y a pas encore de produit équivalent", explique Christophe Sapet. A un coût qui peut paraître excessif, le PDG de Navya oppose les économies qui seront faites sur le poste conducteur pendant une exploitation de 7 ans, durée imaginée par ses équipes. Selon lui, un robo-taxi coûtera entre 50 000 et 60 000 euros, quand les volumes seront là.
En attendant, ce seront en 2019 trois villes (Europe, Australie et peut-être Etats-Unis) qui accueilleront chacune cinq exemplaires, à titre expérimental. La phase suivante sera un test à plus grande échelle dans une ville où 50 Autonom Cab seront déployés.

Usages inédits
Navya a annoncé un autre partenariat stratégique, avec Charlatte Manutention, spécialiste des tracteurs dédiés à l'aéroportuaire. Il s'agira de concevoir des chariots autonomes pour le transport de bagages. "En valorisant son savoir-faire, c'est Navya qui est valorisé", s'enthousiasme Christophe Sapet.
Le Hall 7 accueillait la première édition de Mondial.Tech, Altran aussi avait à coeur d'y montrer son expertise du véhicule autonome. Une navette assez imposante trône sur le stand, mais c'est le projet Columbia qui attire l'attention. Sur la base d'un Renault Twizy, le spécialiste en solutions d'ingénierie a développé un prototype de véhicule autonome, en partenariat avec IDEMIA, qui fournit le logiciel et les caméras de reconnaissance vocale. Dominique Frenet, Senior Key Account Manager du secteur électronique en France, dresse l'inventaire : « Altran a revu la carrosserie, le faisceau électrique, remplacé la direction par un système électrique, ajouté une vingtaine de capteurs (Lidar, caméras et infrasons) et surtout, a développé un MUXlab, le calculateur de Columbia". A l'instar de Navya et Charlatte, ce prototype roulant a pour ambition de réduire la congestion urbaine, tant en transportant les personnes sur un modèle partagé qu'en lui affectant la livraison du dernier kilomètre pour des petits colis. Les logisticiens apprécieront.

Altitude
Enfin, les visiteurs du Mondial de la Mobilité (Hall 2.2) auront certainement remarqué un étrange engin, le Flutr (prononcer "fleuteure"). Une petite cabine pouvant accueillir 2 adultes ou 1 adulte et 3 enfants est entourée de quatre grands rotors. Cela ressemble à un drone. "Cela se pilote comme un drone, le pilote ne commande le Flutr que pour les phases de décollage et d'atterrissage", indique une attachée de presse. Les spécifications se veulent précises : 1 heure d'autonomie, altitude maximale de 3 000 mètres, vitesse maximale de 250 km/h. Cameron Spencer, l'inventeur australien et fondateur de Flutr Motors, estime que l'hybridation de ses moteurs (thermique et hydrogène) permettra une économie de 26 % par rapport à un hélicoptère. Si 30 pré-commandes auraient été passées, le coût de l'engin est de 199 000 dollars US. Silence sur la réglementation en zone urbaine…

Quels freins ?
Revenons sur terre. La réglementation freine le développement des véhicules autonomes, mais les choses bougent. Christophe Sapet rappelle que les députés français viennent de voter l'article 43 de la Loi Pacte, qui autorisera les expérimentations sur les voies publiques. Autre frein identifié par le PDG de Navya, les infrastructures des villes. "Il faut qu'elles installent les équipements qui permettent la communication V2X", insiste-t-il, ajoutant que tous les acteurs profiteraient ainsi de la redondance d'informations, au bénéfice de la sécurité. Mais sur l'acceptation du grand public, pas un mot. Et personne ne sait aujourd'hui ce qui lèvera la barrière psychologique. La confiance du consommateur ne se décrète pas.
Ali Hammami

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Réactions

En cas d'accident, on dit souvent que la responsabilité se situe généralement entre le siège et le volant. S'il n'y a plus personne, qui sera responsable ?
Par extension, coût des assurances pour un véhicule autonome ?
Un conseil : prenez une assistance juridique...en plus !
clerion, Le mardi 09 octobre 2018

Cher Clerion, pour répondre à votre judicieuse question, deux constructeurs ont d'ores et déjà annoncé que l'accident provoqué par une de leur voiture autonome sera de leur responsabilité pleine et entière : Volvo et Daimler-Benz.
L'établissement des responsabilités sera grandement facilité par la quantité de capteurs, caméras, radars, lidars qui captent, visionnent et enregistrent absolument tout de la marche du VA.
Il est évident qu'une VA qui se fait emplafonner l'arrière alors qu'il attend tranquillement au feu rouge ne pourra pas être tenu responsable de l'accident. Il s'agit là d'un cas facile, je vous l'accorde.
Pour les cas plus litigieux, la batterie de matos décrite plus haut servira bien les assureurs. Et pour les cas "impossibles", genre accrochage sur la place de l'Etoile à Paris, les assureurs feront comme aujourd'hui : 50/50, circulez, ya rien a voir !
Bruno HAAS, Le mardi 09 octobre 2018

De plusieurs journées passé au Salon de l'Auto PERSONNE parle et s’intéresse aux voitures autonomes.Comme que mêmes chez les professionnels personne y croit, et même certains lèvent les yeux au ciel.
Jo Duchene, Le mardi 09 octobre 2018



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