Recevez chaque jour la lettre
d'actualité d'autoactu.com :
Inscrivez-vous
GRATUITEMENT !

Déjà inscrit : connectez-vous

Statistiques

Offres d'emploi

Exclusif !

envoyer par email
Constructeurs - 30/05/2018

Les belles réussites du FAA décident Renault et PSA à poursuivre l’aventure avec BPI France

Arrivé à échéance au premier trimestre 2018, le Fonds d’avenir automobile (FAA) repart pour 4 ans avec un montant de 135 millions d’euros. Alexandre Ossola, directeur du FAA chez Bpifrance nous en détaille les enjeux.

Le Fonds d’avenir automobile (FAA) arrivait à son terme en ce début d’année 2018 sans avoir investi la totalité des 600 millions d’euros de son enveloppe initiale. A sa création en 2009 (à l’initiative de Luc Chatel, alors ministre de l’Industrie pour aider les équipementiers automobiles à passer la crise), il avait été prévu un apport de 200 millions d’euros par chacun de ses trois contributeurs (Renault, PSA et BPI) soit un potentiel de 600 millions. Neuf ans plus tard, il reste encore 135 millions d’euros sur cette promesse de dotation.
"Les constructeurs qui n’avaient aucune obligation de maintenir cet engagement ont conclu que le fonds avait une réelle utilité et ont décidé de le prolonger de 4 ans", nous a dit Alexandre Ossola, directeur du FAA et directeur Mid Cap chez Bpifrance Investissement. Ce renouvellement a été décidé dans le cadre du contrat stratégique de la filière automobile 2018/2022 signé par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, la semaine dernière.
En revanche, le fonds de rang 2 qui était abondé par les grands équipementiers s’est arrêté l’année dernière et n’a pas été réactivé. "Nous n’avons pas eu de problème à constater la fin de ce fonds de 50 millions d’euros et il nous a paru plus pertinent de nous focaliser sur un seul fonds", précise Alexandre Ossola.

Un accompagnement stratégique
Après une première période d’investissements défensifs dans des entreprises en difficultés entre 2009 et 2013, le fonds s’est repositionné de manière offensive en capital développement.
"Valeo, Faurecia, Michelin, Plastic Omnium sont de magnifiques têtes de pont. Derrière, il y a encore énormément d’acteurs qui sont trop petits et nous devons les aider à grandir. Nous bénéficions de notre présence au capital d’une trentaine de sociétés et même d’un grand constructeur (*), ce qui nous donne une vision pertinente de ce qui se passe dans l’automobile et ailleurs. Au-delà de l’apport financier, notre rôle est d’enrichir le dialogue stratégique et aider le management à bâtir sa feuille de route", explique Alexandre Ossola.
Les "cibles", si l’on peut dire, du FAA, ce sont les entreprises de la "vielle industrie" qui doivent se transformer, se développer à l’international, faire de la croissance externe et se diversifier. "Ce que ne fera pas le fonds, c’est d’investir dans les start-up", précise Alexandre Ossola.
Ce sont également des entreprises en bonne santé avec un avenir crédible. La banque ne communique pas les rendements de ses investissements qui ne sont pas guidés par cet objectif. "BPI France est un investisseur avisé et nous cherchons un couple rendement/risque très raisonnable. Nous ne gagnons pas à tous les coups", nous a dit Alexandre Ossola.

Novares, Coriolis composites, Bourbon Automotive, Delfingen, FSD-Snop, Trèves, Pernat...
Plusieurs des investissements du fonds ont accompagné des "succes stories". Il y a par exemple Mecaplast dans lequel le FMEA est entré en 2009, en est sorti en 2016 et y est revenu depuis. L’entreprise, qui s’appelle désormais Novares, est passée d’un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros à 1,3 milliard et affiche toujours d’importantes ambitions de croissance. "Novares est un bel exemple du rôle du FAA : aider une entreprise qui a passé la tempête à diversifier ses clients et sa base industrielle. Cela nécessite des capitaux, un accompagnement et un partage de décisions stratégiques", explique Alexandre Ossola.
En 2015, le FAA est entré au capital de Coriolis Composites (conception et fabrication de solutions innovantes de placement de fibres composites) pour l’aider à ouvrir sa base client à l’automobile, ses solutions étant déjà implantées dans l’aéronautique (Airbus, Bombardier ou Safran).
Il a eu aussi Bourbon Automotive Plastics Holding, filiale du groupe Plastivaloire que le FMEA avait accompagné en entrant à son capital en 2011 puis en participant à l’augmentation de capital de 2014.
En 2015, Bourbon Automotive Plastics présente un niveau de rentabilité nettement amélioré, une croissance significative, une position concurrentielle renforcée sur ses marchés et une structure de bilan assainie. Depuis, le FAA a cédé sa participation à Plastivaloire.
Il y a aussi Delfingen avec l’entrée en 2009 du FAA à son capital pour renforcer ses fonds propres, suivi d’une augmentation de capital en 2013. "Delfingen est une belle entreprise familiale qui a fait de la croissance externe. Nous sommes sortis de son capital et s’ils le souhaitent, ils savent qu’ils peuvent faire appel à nous", souligne Alexandre Ossola.
Parmi les réussites, citons aussi FSD-Snop (développement d'éléments de structure et d'environnement moteur), Trèves (devenu un des leaders mondiaux de l’acoustique), Pernat (pièces décolletées).

Un processus long
Combien d’opérations sont encore en cours ? "Nous regardons beaucoup d’opérations mais la volumétrie de celles que nous réalisons n’est pas élevée. Pour que nous intervenions, il faut que la société soit prête à ouvrir son capital, son conseil d’administration et que l’on se mette d’accord sur sa valorisation. C’est un processus long. Avec Pernat cela faisait plusieurs années que nous discutions. Il faut être patient", raconte Alexandre Ossola.
Au total, le FAA intervient dans un peu plus de 25 entreprises. "Le vrai sujet c’est d’identifier les bonnes situations et de créer un lien de confiance puisque nous allons partager l’intimité stratégique de l’entreprise en entrant à son capital", souligne Alexandre Ossola.
La FAA a-t-il permis au tissu équipementiers français de rattraper son retard sur les entreprises allemandes nettement plus puissantes ? "Notre impact reste malgré tout modeste statistiquement puisque sur 4 000 entreprises industrielles nous en accompagnons moins d’une trentaine. Ce que nous faisons est une forme de démonstration par l’exemple que les Français ne sont pas moins bons que les Allemands ou les Chinois", conclut Alexandre Ossola.
Florence Lagarde

(*) Depuis mars 2017, la participation de l’Etat dans PSA est portée par Bpifrance.

Partagez cet article :

Réactions

Quelques observations …
A ma connaissance, le premier Directeur Général du FAA (ex FMEA), à savoir, Catherine DUPOND GATELMAND a conduit le « fonds souverain à la française » jusqu’à fin 2016 …
Problème de compatibilité (politique notamment mais pas seulement ?) avec la gouvernance du BPI … Elle intervient, aujourd’hui, en tant qu’ »advisor » voire un peu plus au sein d’un cabinet de management de transition bien connu sur la place …
Pour les entreprises, mais pas seulement, il y a le temps court et le temps long … (..)
… Il faut savoir intervenir très rapidement lorsqu’une PME ou une ETI rencontre des difficultés de trésorerie de sorte d’éviter le pire (la liquidation) …

Quand on lit que le FAA ne peut intervenir qu’au terme d’un processus long, on peut se poser des questions … Certes, cette possibilité permet d’accompagner les entreprises cibles sur la durée (pour le développement ou l'amélioration d'activités …) et c’est bien mais il est permis de se demander si il n’y a pas des trous dans la raquette de ce dispositif …. Surtout quand on lit qu’il reste un encours de 135 M€ non investi …!

Tous les exemples de réussites d’accompagnement concernent des équipementiers m'a-t-il semblé … Aucun ne concerne la carrosserie industrielle et pourtant … (les remorques, les bennes, les transformateurs) il y en eût des dossiers ..
Je ne sais si c’est un bon exemple … Mais quand je lis ailleurs un écho sur la distribution de Goupil, une firme dont l’essentiel des produits est acheté par de l’argent public (donc Français oui Môssieur) et qui a été racheté par POLARIS en 2011 …. On ne peut s’empêcher de songer qu’il y a effectivement des trous…

Pour rester sur du positif … l’histoire du FAA se poursuit grâce aux financements de nos constructeurs tricolores (si j’ai bien tout compris) … et c’est tant mieux … Au passage, pour le bien public, on espère vraiment que les allocations de ressources sont bien décloisonnées … ?
Ce ne serait pas inutile que le rythme des revues de "boites" s’intensifie là haut (car 25 dossiers en cours ce n’est pas la mer à boire) quitte à renforcer les équipes ponctuellement …
Ou alors n’y a-t-il plus à intervenir faute de combattants … ?

Pour exemple, j'y reviens, Catherine DUPOND GATELMAND doit avoir conservé des entrées au FAA ( ou alors ?) malgré tout et doit être en mesure de proposer des profils pour venir les renforcer, au moins ponctuellement, ces équipes ; ne me remerciez pas, çà me fait plaisir, et je n'ai aucun lien économique ou personnel avec l'intéressée sachez le !


ADEAIRIX , Le mercredi 30 mai 2018

Monsieur Alexandre n’a que deux prismes, a savoir, l’allemand et le chinois,...les américains, et les japonais ont disparu!!
Nous sommes tellement bons que cela ne vaut pas la peine de les citer..
Si on ne dit pas quon est les meilleurs, personne ne le dira à notre place!
Par contre du point de vue de la faible consommation et de la fiabilité l’allemagne et la Chine sont un sacré mauvais exemple et vouloir les égaler ou dépasser c’est une sacrée ineptie!
Combien de parasites inutiles qui tournent autour des constructeurs?
Jo Duchene, Le mercredi 30 mai 2018



Toyota France recrute et forme plus de 200 personnes pour son réseau de concessionnaires
Thomas Juraschek nouveau directeur véhicules utilitaires de Ford en Allemagne



Copyright © 2838 AUTOACTU.COM - Tous droits réservés
autoactu.com - 3 avenue des Pavillons, 92270 Bois-Colombes - Siret : 479 660 235 00017