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Constructeurs - 15/02/2019

Première prestation convaincante pour Thierry Bolloré dans son rôle de DG

Ce jeudi 14 février, Thierry Bolloré faisait sa première conférence de presse depuis sa nomination en tant que DG de Renault pour la présentation des résultats financiers du groupe. Dans un style très différent de Carlos Ghosn, il a donné le sentiment de tenir fermement la barre dans cette période troublée.

"Le cap est clair : tenir les objectifs de notre plan stratégique "Drive the futur". En 2018, nous avons été confrontés à de nombreuses difficultés, certaines étaient attendues et d’autres ne l’étaient pas. Face à ces vents contraires, Renault a fait preuve d’une grande résilience", a dit Thierry Bolloré en introduction de cette conférence de presse.
Par vents contraires, il fallait comprendre, l’effondrement inattendu des marchés turc et argentin qui a fortement impacté la marge opérationnelle du groupe, la hausse des matières premières, la baisse plus rapide que prévu des ventes de véhicules Diesel, et aussi la gestion de l’homologation de l’ensemble de la gamme dans le protocole WLTP.
Mais comme vent contraire il y avait surtout, même si cela n’était pas dit, l’incarcération de Carlos Ghosn depuis le 19 novembre et l’onde de choc que cela a représenté (et représente sans doute encore) dans l’entreprise. Sans cet événement, pas sûr que le terme de "résilience" aurait été employé par le dirigeant pour qualifier l’entreprise.
Si, comme un journaliste le lui a fait remarquer, le nom de Carlos Ghosn n’a pas été prononcé pendant la conférence de presse, il était dans toutes les têtes. Et c’était bien de l’après Ghosn dont il était question. En témoigne un parterre de journalistes plus large que les habituels spécialisés sur le secteur automobile et de nombreux représentants des médias japonais.
Assailli par une nuée de photographe, Thierry Bolloré passait en quelque sorte une épreuve de crédibilité. Nombreux sont ceux, en interne comme à l’extérieur de l’entreprise, qui ont douté (et peut-être doutent encore) de sa capacité à endosser le rôle de numéro 1. C’était déjà le cas, il y a 1 an, lors de sa nomination au poste de directeur général adjoint de Renault, le 15 février 2018, puisque pendant plusieurs semaines les noms d’autres dirigeants avaient circulé pour le poste avant que le conseil d’administration ne fixe son choix.
Depuis, les choses se sont accélérées et Thierry Bolloré s’est retrouvé propulsé brutalement à la tête de l’entreprise. La conférence de ce jeudi 14 février était la première depuis sa nomination.
Lors de sa prestation d’hier, Thierry Bolloré est apparu transformé, sûr de lui, offensif et débarrassé de cette sorte de révérence qui faisait douter de lui, illustrant assez bien l’adage selon lequel "la fonction fait l’homme".
Il n’a pas esquivé les questions sur Carlos Ghosn, nombreuses, qui lui ont été posées.
A un journaliste qui lui demandait : "Est-ce que Carlos Ghosn vous manque ?", Thierry Bolloré lui a répondu : "Le meilleur hommage que l’on puisse rendre à notre ancien PDG ce sont les résultats. Et c’est notre détermination à exécuter le plan moyen terme "Drive the futur" et de faire en sorte que l’Alliance soit irréversible et soit un outil de progrès pour l’ensemble des entreprises."
Interrogé sur la nouvelle gouvernance, Thierry Bolloré a rappelé que les rôles entre lui et le nouveau président de Renault étaient clairs : "Nous avons maintenant une gouvernance dissociée avec un président de conseil d’administration et un directeur général. La répartition des rôles est extrêmement claire : j’assume toute la partie business et opérationnelle de l’entreprise avec les éléments de l’Alliance qui y sont associés et Jean-Dominique Senard s’occupe du pilotage du board", a dit Thierry Bolloré.

Plus d'Alliance, mieux d'Alliance
L’important a souligné le dirigeant est qu’il "fasse équipe" avec Jean-Dominique Senard. Pour l’embarquer dans cette aventure, Thierry Bolloré lui a concocté en quelque sorte un programme d’intégration. Les deux hommes sont allés ensemble à Amsterdam pour que Jean-Dominique Senard puisse constater "la réalité" de l’alliance. Son déplacement au Japon chez Nissan étant "la continuité de cet onboarding".
Thierry Bolloré a également donné sa vision de l’Alliance : "L’Alliance c’est un de nos biens les plus précieux. Cela dure depuis 20 ans". L’avenir, a-t-il dit : "C’est plus d’Alliance, mieux d’Alliance." 
Le groupe Renault qui veut renforcer l’agilité de l’entreprise avec notamment une réduction de 40% du temps de développement véhicule (pour passer de 5 ans à 3 ans) dans le cadre d’un programme baptisé Fast veut également renforcer l’efficacité de ses relations avec Nissan. L’objectif est une alliance qui soit "le plus fluide possible, le plus rapide possible dans les prises de décision".
"Notre objectif pour avoir le maximum de synergies est la vitesse d’exécution et de prise de décision qui sied à un paysage automobile qui est en pleine mutation", a dit Thierry Bolloré.
L’Alliance, a-t-il dit aussi, ce n’est pas une affaire de poids relatif de l’une ou l’autre des entreprises. "Le concept même de l’alliance c’est précisément de faire en sorte que dans le respect des identités de chacun et pour le bénéfice systématique de chacune des entreprises on puisse fonctionner d’une façon tout à fait équitable entre les partenaires indépendamment des poids relatifs économiques et financiers."
Thierry Bolloré a également été interrogé par un journaliste japonais sur d’éventuelles discussions avec le DG de Nissan, Hiroto Saikawa, concernant une fusion. "Les discussions que j’ai avec M. Saikawa sont des discussions opérationnelles. Ce qui est important c'est de voir avec l’ensemble des équipes ce que l’on peut faire pour améliorer le fonctionnement de l’Alliance pour la rendre plus fluide, plus rapide, plus efficiente", a-t-il dit. "Pour ce qui est des discussions de structures auxquelles vous faites référence, il est trop tôt pour y répondre. Les structures doivent être au service des opérations."

S'il a dit prendre des nouvelles de Carlos Ghosn après que la question lui ait été posée plusieurs fois, Thierry Bolloré a sans cesse recadré sur le business refusant de parler de ses sentiments. "Quelles que soient nos émotions, l’ambition est de continuer. C’est de poursuivre l’œuvre au bénéfice de l’ensemble des clients, du personnel, des parties prenantes de l’entreprise et de l’Alliance", a-t-il dit. Ce qui compte a-t-il répété c'est la continuité : "On est tous des passeurs de témoin". 

"La grande leçon de ce genre d’événement, sans émotion, c'est comment on renforce l’émergence des talents et la capacité des entreprises à survivre", a-t-il dit.
Florence Lagarde

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Réactions

Parler D'alliance à la St Valentin, du grand art...
;0)
Lucos, Le vendredi 15 février 2019

Faut être un Loup pour diriger une usine pareille, vite les trimestriels !
alain boise, Le vendredi 15 février 2019

L’image est osée forcément !
Mais que « la chrysalide se révèle papillon » le moment venu et que Carlos GHOSN ne se soit pas trop trompé à l’époque sur le choix du DGA de Renault … Je crois que l’on ne peut que s’en réjouir pour la firme au losange et même un peu plus largement …
Quand « le quai du point du jour éternue ... La France risque de s'enrhumer » (elle déjà fort à faire avec d’autres pathologies, la France...).
En revanche, je trouve étonnant l’écart entre les hommages à peine voilés à l’égard du commandeur par le nouveau DG (je crois avoir même entendu la poursuite de « l’œuvre ») au cours de cette conférence et la décision des membres du CA qui se sont empressés de sucrer au même commandeur les rémunérations variables acquises de 2014 à 2017 … au regard de surcroît ce qui constitue un cas de force majeure évident …

Je comprends bien qu’il faut se parer tardivement de décisions « vertueuses » et conformes à l’air du temps mais plus pleutre que cà c’est assez difficile …. Que l’on explique l’urgence à supprimer un droit qui semblait ne pas pouvoir être actionné, à preuve du contraire …
Non que je défende les couleurs de CG mais d’une part il y a cette contradiction avec le discours « la poursuite de l’œuvre » et de l’autre, je trouve exécrable c’est le côté « meute » de la décision (politique). C’est mon avis et je le partage !

Quant on songe aux discours ambiants contre les « démagogues populistes » il vaut mieux se dépêcher d’en sous rire …
ADEAIRIX, Le vendredi 15 février 2019



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