Recevez chaque jour la lettre
d'actualité d'autoactu.com :
Inscrivez-vous
GRATUITEMENT !

Déjà inscrit : connectez-vous

Statistiques

Offres d'emploi

Exclusif !

envoyer par email
Constructeurs - 07/03/2017

PSA et GM précisent les contours de la reprise d'Opel

Ce lundi 6 mars Mary Barra avait fait le déplacement à Paris à la veille des journées presse du salon de Genève pour l'annonce officielle de la cession d'Opel à PSA au prix de 1,3 milliard d'euros. Les filiales financières de GM Europe font aussi parties du deal et seront cédées à Banque PSA Finance et BNP Paribas pour 0,9 milliard d'euros. L'opération sera réalisée au dernier trimestre 2017.

Il y avait ce lundi 6 mars face à la presse les principaux dirigeants des deux groupes impliqués dans les négociations avec côté américain Mary Barra, chairman et CEO de GM et Dan Ammann président de GM, coté allemand Karl-Thomas Neumann, CEO d’Opel Group, côté français Carlos Tavares président du directoire de PSA et son directeur financier Jean-Baptiste de Chatillon.
Chacun s'est félicité de l'état d'esprit ouvert, positif et constructif qui a abouti à l'accord de reprise d'Opel Vauxhall par le groupe PSA, qualifié de "win-win" par Mary Barra et Carlos Tavares.
De l'intervention de Mary Barra on comprend que le groupe GM a aujourd'hui d'autres priorités et que diriger un groupe européen depuis les Etats-Unis n'est pas la configuration la plus efficace. Mary Barra a dit que cette décision avait été difficile mais qu'elle était la meilleure pour "les salariés et les actionnaires" puisqu’elle va permettre une meilleure allocation de ses ressources dans des investissements "plus rentables dans notre cœur d'activité automobiles et dans des nouvelles technologies" a-t-elle dit.
C'est ausi une opération financière qui doit permettre à GM "de réduire ses besoins en liquidités de 2 milliards de dollars" pour "accélérer les rachats d'actions en fonction des conditions de marché," dans le but de remonter le cours de Bourse.
On comprend également que côté PSA et Opel le travail de développement en cours de trois projets véhicules dont le premier a donné les 3008 et Grandland X produits en France dans l’usine PSA de Sochaux et le deuxième les Crossland X et C3 Aircross produits dans l’usine GM de Saragosse en Espagne a fait naître l'idée et l'envie d'aller plus loin.

Déjà 20% de la gamme Opel sur technologie PSA
Pour PSA l'enjeu est de passer des 20% de la gamme Opel sur plateforme PSA qui sont dans le pipeline avec ces 3 projets à 100% au fur et à mesure des renouvellements à venir dans le plan produits Opel.
De nouveaux projets pourraient être mis en chantier rapidement puisque "les plans produits se synchronisent très bien" ont précisé les dirigeants de PSA et Opel.
Ce développement de l’ensemble de la gamme Opel/Vauxhall sur plateforme PSA permettra d'étendre les synergies de la coentreprise achat, dont le périmètre est aujourd'hui limité aux trois projets communs, et d’aller plus loin également au niveau de la production et de la R&D.
Au total, les synergies ont été chiffrées à 1,7 milliard d'euros par an d'ici 2026 "dont une part significative devrait se matérialiser d'ici 2020" assurent les dirigeants des deux entreprises.
Dans ces synergies il y a aussi pour PSA la technologie d'électrification Opel pour les projets hybrides et électriques annoncés pour 2019.
En attendant que l'intégralité de son plan produits soit transféré sur des plateformes PSA, Opel continuera de bénéficier des licences de propriété intellectuelles de GM.

Une marge opérationnelle Opel à 2% en d’ici 2020
PSA annonce par ailleurs donner un délai supplémentaire à Opel pour son retour à la rentabilité (initialement prévu en 2016) avec un objectif de 2% de marge opérationnelle d'ici 2020 et 6% d'ici 2026. A comparer avec les objectifs de PSA qui sont de réaliser une marge opérationnelle supérieure à 4,5% par an en moyenne sur la période 2016/2018 (après avoir réalisé 6% en 2016) et d’atteindre 6% pour 2021.
Opel devra générer un free cash flow positif (hors coûts de restructuration) d'ici 2020.
Pourquoi un tel délai ? "N’oubliez pas que l'opération ne commencera qu'en 2018. Le succès sera à construire par les équipes d'Opel et nous ne voulons pas leur donner une guidance agressive. Nous cherchons une amélioration structurelle pour gagner de l'argent dans le temps et nous avons un plan de 3 ans qui verra ouverte une nouvelle tranche de synergies avec plus de véhicules sur plateformes communes", a précisé Jean-Baptiste de Chatillon.

Une valorisation d’Opel à 1,3 milliard d’euros
À 1,3 milliard d'euros la valorisation d'Opel est très faible (la valorisation boursière de PSA est de 15,8 milliards d’euros) et accrédite l'idée que le groupe GM était désireux de céder rapidement une entreprise qui était une source de perte financière récurrente (15 milliards en 15 ans).
Dans l’accord, GM assume également l'intégralité du financement des régimes de retraite de GM Europe y compris ceux dont la responsabilité à été transférée à PSA (l'Actives plan allemand et d'autres petits régimes de retraite) et pour lesquels l'entreprise lui versera 3 milliards d'euros.
Les activités de financement européennes de GM sont également incluses dans le périmètre de l’accord et seront repirses par une coentreprise créée pour l’occasion et détenue à 50% par Banque PSA Finance et 50% par BNP Paribas. L’acquisition des filiales financières se fait au prix de 0,9 milliard d'euros et l'entité sera consolidée par intégration globale dans BNP Paribas.

Un financement moitié cash, moitié par action
Psa financera l'acquisition d’Opel/Vauxhall à hauteur de 670 millions d'euros en numéraire et 650 millions d'euros par l'émission de bons de souscription d'actions représentant 4,2% du capital de PSA (sur la base d'un cours de référence de 17,34 euros).
Une manière également de faire en sorte que GM reste partie prenante et soit intéressé à ce que l'intégration dans PSA se passe bien. "Ce sont des bons de souscription sans droits de vote ni de gouvernance que GM sera obligé de garder 5 ans et obligé de vendre au terme des 9 ans qui leur permet d'être associé à la création de valeur et intéressé au succès de PSA," a dit Jean-Baptiste de Chatillon. Cette disposition qui doit être validée formellement à l’assemblée générale de PSA le 10 mai prochain a déjà reçu l’aval de ses principaux actionnaires l’Etat français, la famille Peugeot et Dongfeng qui représentent 47,19% des droits de vote.

Chaque site de production aura sa chance
Fermeture d'usines et suppressions d'emplois ont évidemment été au menu des questions des journalistes. Rappelant qu'il avait redressé PSA sans fermeture d'usine (celle d'Aulnay ayant eu lieu avant son arrivée), Tavares a assuré que le plan de redressement d'Opel n'était pas basé sur des réductions de coûts liées à l'emploi. "Ma façon de voir les choses n'est pas sous cet angle. Nous faisons confiance aux hommes et aux femmes de l'entreprise. L'automobile est une compétition et nous allons donner une chance aux équipes de s'améliorer en leur donnant un bench européen pour chaque fonction de l'entreprise", a dit Carlos Tavares. "Tout le monde aura la chance d'atteindre le benchmark efficacité et il n'y aura pas de nécessité de fermer d'usines."
En clair, l'avenir de leur site de production sera entre leur main. La méthode (mise en œuvre chez PSA) consiste à renvoyer sur les équipes une partie de la responsabilité du redressement et sera appliquée lors de la négociation des prochains accords avec les syndicats.
Si l'on décline ce qui s'est passé dans le groupe PSA, s'il n'y a pas eu de fermetures, le "compactage" des usines s'est le plus souvent accompagné d'une baisse de capacité et de suppressions de postes.
Carlos Tavares a aussi rappelé qu'il appliquerait les accords en cours car c'est "une question d'éthique". "Tous les accords seront respectés ce n'est pas tactique, c'est éthique. Après c'est ce que nous ferons ensemble qui sera le résultat d'un état d'esprit ouvert et constructif", a-t-il dit.
Le périmètre de l'acquisition comprend six usines de montages et cinq usines de production de pièces, un centre d'ingénierie à Rüsselsheim et concerne environ 40 000 salariés.
GM conserve le centre d'ingénierie à Turin hérité d'un précédent accord avec Fiat.
L'ensemble représente sur la base des chiffres 2016 un volume de 4,3 millions de véhicules et 71,7 milliards d'euros de chiffre d’affaires avec 54 milliards pour PSA et 17,7 milliards d'euros pour Opel/Vauxhall ce qui fera de l'ensemble le deuxième constructeur en Europe (hors Russie et Turquie) avec 17% de part de marché.
Florence Lagarde

 

Partagez cet article :

Réactions

Incroyable une boite fondée par des quincaillers Protestants Francs Contois rachète General Motors Europe pour trois bouts de ficelles,gros coup à jouer surtout lorsque la Russie s'éveillera,le soleil se lève a l'Est,ùn vrai Bonaparte le petit Portuguais,chapeau (bicorne bien sûr)
alain boise, Le mardi 07 mars 2017

Chapeau à Monsieur TAVARES et ses équipes (Mr de CHATILLON notamment) > Un très bel accord (presque trop beau ?)
Beaucoup de lucidité : pas trop de mobilisation de cash ce qui était important pour ne pas hypothéquer le redressement et la poursuite des nombreux autres projets du top management. De surcroît, le schéma financier retenu invite le cédant GM à jouer le jeu ...
De l'éthique (...) et de la hauteur de vue vis à vis des personnels en travaillant sur la durée sans en rajouter ...
De la rationalisation des coûts mais sans "haine" ni trop de violence.
😎 Certes, Monsieur MERCIER est déjà dans les starting blocks ...C'est qu'il lui faut penser à sa possible reconversion en député Européen (la soupe est bonne mon Général...). Aie on va encore me faire le coup du "populisme"...
Tout ne sera sans doute pas rose mais il y a convergence de conditions favorables au succès de l'acquisition ... Ceux qui ont participé à des fusions-acquisitions comprendront !

Vraiment du beau boulot et une bonne nouvelle (?)


ADEAIRIX, Le mardi 07 mars 2017

Pourquoi ùn point d'interrogation cher Druide a la fin de votre commentaire,le doute m'habite.
Je reviendrais vers vous concernant aussi la rue du Coq Gaulois et le garage Redélé d'hier,il y bien une histoire Alpine a Brie conte bebert,je part voir la belle chez les Helvetes.
alain boise, Le mardi 07 mars 2017

Puisque vous en parlez ...
Je ne nie pas que l'histoire d'Alpine soit passée par Brie Comte Robert à la fois parce qu'il y avait l'intervention de Chappe et Gessalin avant que n'advienne la berlinenette ....C.G. et que la famille Escoffier (belle famille de Jean Redelé) y possédait déjà une concession Renault, me semble-t-il...
Pas historien de la marque (...), Il n'empêche le terme de "berceau d'Alpine" me semble plus approprié s'agissant de la rue Forest, de Dieppe voire de la carrosserie Chappe à Saint Maur (?) pour la A104... J'attends vos précisions avec une presque impatience ...Voire celles de Monsieur CHEINISSE, pourquoi-pas...?
N'oubliez pas la carte postale (pas la revue de presse...) du bord du lac Léman 😎 cher pêcheur Breton et néanmoins Alpin.
ADEAIRIX, Le mardi 07 mars 2017

La dernière fois que Peugeot à acheter quelque chose aux Americain , c'était Simca Chrysler, les plus anciens se souviennent de la suite ......
Lorsque les Ricains vendent quelque chose en général même les pépins de l'orange non plus de jus !
Au fait ou sont les brevets que GM US à repris à Opel pendant la crise de 2008 ?
patrick berchot, Le mardi 07 mars 2017

La dernière fois que Peugeot à acheter quelque chose aux Americain , c'était Simca Chrysler, les plus anciens se souviennent de la suite ......
Lorsque les Ricains vendent quelque chose en général même les pépins de l'orange non plus de jus !
Au fait ou sont les brevets que GM US à repris à Opel pendant la crise de 2008 ?
patrick berchot, Le mardi 07 mars 2017

L'exemple de Simca Chrysler me semble assez mal choisi ... Je connais comme vous les "coups" attribués à "Lee" Iacocca
A l'époque Peugeot a su convertir quelques trouvailles mécaniques ou commerciales de Simca Chrysler ..Heureusement çà les a fait un peu respirer à l'époque car çà sentait un peu le "renfermé".(?)
L'implantation de PSA en Iran (dont on nous parle tant) date de la reprise de Sunbeam dans la corbeille de Chrysler .. Voyez un peu le courant d'affaires développé avant que nos "zalliés" interviennent ...
Une fois de plus respectons le travail du top management de PSA au lieu de se complaire dans la posture du cynisme (décliniste ?)


ADEAIRIX, Le mardi 07 mars 2017

Je trouve le post de Patrick Berchot bien tristounet.
Il n'y a pas de qualificatif assez fort pour féliciter Carlos Tavares et son équipe.
Quel accord historique ! C'est dingue !
BRAVO monsieur Tavares, chapeau bas !
Bruno HAAS, Le mardi 07 mars 2017

Je ne vais pas me complaire dans la posture du cynique (décliniste) ...elle est bonne la formule, bravo Adeairix...mais je m'interroge sérieusement s'il va-t-il y avoir assez de clients, ne serait-ce qu'en Europe, pour toutes ces ventes en prévision?
Nous marchons en pleine euphorie de la mode SUV...et les premiers arrivés ramassent la mise. Exemple: Qasquai, Juke, et Kadjar, ce qui ne devrait donner aucune chance au dernier arrivé de Toyota, le C-HR. Je me permets de rigoler dans ma barbe quand même, car je sais qu'il va faire le trajet Turquie-USA direct.
Donc PSA, mauvais exemple, il vient d'arriver le 3008, il devrait se vendre quand même, d’autant plus qu'il sera exposé chez tous les concessions d'OPEL en Allemagne...c'est déjà çà !!
Mais le marché est sacrément encombré quand même.
Quelle guerre va jouer ne serait-ce qu'en Allemagne les gros copains de PSA/Opel dans la compétition? Les SUV ce n'est pas ce qui manque dans leurs gammes...et en plus ils commencent a avoir tout le reste, à savoir, l’hybrides et deux ou trois petits VE déjà acceptables.
Le DS 7 Crossback est assez technologique, à la mode allemande, mais il faut se dépêcher. Attendre 2019 c'est long pour une hybride. C'est un retard dommageable.
Je dis ici clair et net à Monsieur Tavares et il a intérêt à m'écouter (!!) il faut absolument investir dans le service et dans la culture client pour se distinguer en Allemagne. On ne lui pardonnera pas une mauvaise réputation.
Attendre que la Russie, l'Iran, ou l'Inde redémarre est une foutaise qui ne rapportera pas du beurre dans les épinards au vu de la mauvaise conjoncture international.
Un client a ENVIE d'acheter une NOUVEAUTÉ si on ne lui sape pas trop son moral et son emploi.
Sinon ce n'est pas un DS 7 Crossback que je vais acheter mais une Dacia et aller chez Lidl !!
Cher Bruno il y a un putain de boulot qui l'attends notre ami Tavares, et on met un cierge dans la religion de votre choix pour que la conjoncture lui soit favorable. Il est attendu comme le Messie, mais je me méfie du comportement et des réactions de GM pour qui un dollar est un dollar dans leur poche.
Aurait-t-il des infos sur la conjoncture a venir que nous n'avons pas?
Ils font le dos rond face à Trump, et pour çà il n'est pas question pour eux de perdre à nouveau 15 milliards en dehors de chez eux.
Jo Duchene, Le mardi 07 mars 2017

Vous semblez vous interroger ... Chez GM "Aurait-t-il des infos sur la conjoncture a venir que nous n'avons pas?"
A l'évidence certainement, déjà parce qu' ils ont des spécialistes de la macro ... !
Cela-dit, il me semble que l'on a tous bien noté ici que l'environnement était assez (pour le moins) complexe et incertain ...!
Juste un exemple Trump s'est empressé de dé réguler le peu qui avait été mis en place par son prédécesseur en matière de pratiques financières et nous ne sommes pas à l'abri d'une nouvelle crise systémique pour différentes raisons ...

Cela dit l'argument de recentrage sur le marché "domestique" et la poursuite des investissements dans tous les "bidules" que vous pointez régulièrement ici, cher Jo, semble un argument raisonnable de la part de la GM ... Et puis si ce deal ne fonctionnait pas ...GM serait plutôt bien placé pour s'inviter à un tour de table ...😏

... Une certitude dans la continuité de cette acquisition, il y a de beaux chantiers de transition 😏 à mener pour le management de PSA ...
ADEAIRIX, Le mardi 07 mars 2017

C'est un plaisir de vous lire les devins spécialiste de la géopolitique et réal politique,en tout cas le Bonaportos Tavares il avance.
Ca flingue sec chez PSA et les protestants bleus font ùn carton sur les rouges cathos(Citron)au siege,le chevron futur Dacia de PSA?en tout a cas ca phosphore sec et ça place des pions.
Cher Druide où travaillait les frères Chappe(Abel) pas dans l'atelier Escoffier ?avant d'aller dans la tres chère rue du Coq Gaulois du génie Uderzo,juste derriere.....
alain boise, Le mardi 07 mars 2017

Pas d'Alpine sans les frères Chappe menuisierscarrossiers seuls capables de manier les moules,non pas celles de l'Aber Benoit Prat Ar Coum(meilleures de l'hémiphere nord) pour le sud c'est les Japonaises de Fuki....
alain boise, Le mardi 07 mars 2017

... Je suis d'accord avec vous Alain (et avec mon post aussi) ... Les frères Chappe "menuisiers carrossiers seuls capables de manier les moules" ont commencé dans la carrosserie familiale à Saint Maur avant d'aller rejoindre Brie contre Robert .... sur les indications de Charles Escoffier ... Soit bien avant qu'Uderzo ne "con coq te" logo de C.G en référence aux locaux de la rue.du coq gaulois... CQFD
Rue Forest ou Dieppe ... au choix ...
ADEAIRIX , Le mardi 07 mars 2017



Autoactu.com vous souhaite de bonnes vacances
Quels sera le choix des constructeurs pour l'eCall en France : TPS ou eCall 112 ?



Copyright © 2019 AUTOACTU.COM - Tous droits réservés
autoactu.com - 3 avenue des Pavillons, 92270 Bois-Colombes - Siret : 479 660 235 00017