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Equipementiers - 17/04/2019

Trois constructeurs testent les "freins propres" de Tallano Technologie

La société Tallano Technologie a développé un système de captation des particules émises au freinage. Des tests longue durée vont être lancés sur les trains de banlieue de la SNCF et trois constructeurs lancent également des tests en condition réelle. Un véhicule équipé de cette technologie sera présenté dès cet été par l’un d’entre eux.

Créée en 2012, la société d’ingénierie Tallano Technologie a breveté un système de captation des particules émises par les freins. "Alors qu’un moteur catalysé émet 5 mg de particules/km, les freins en émettent 30 mg, qui polluent les eaux fluviales et causent des problèmes respiratoires pour les plus fines d’entre elles, souligne Christophe Rocca-Serra, fondateur et président de Tallano Technologie. Notre technologie est capable d’en récupérer 90%, même à la taille de 10 nm (soit la taille d’un virus)". L’entreprise entame cette année différents tests en condition réelle. 
La SNCF, avec qui Tallano Technologie travaille depuis deux ans, va pour sa part lancer en fin d’année ses premiers trains (RER C) pour un test de deux ans dans des conditions climatiques variées. Ce test longue durée se fait dans le cadre d’un appel à projet subventionné de la Région Ile-de-France pour résoudre la problématique des émissions de particules dans les stations souterraines. Si le test est concluant, c’est un marché gigantesque qui s’ouvrira pour l’entreprise, en France bien sûr, mais aussi dans les grandes métropoles d’Asie très concernées par les problèmes de pollution.

Un véhicule équipé de freins propres sera présenté cet été 
Le secteur automobile est aussi un débouché majeur. Depuis plusieurs mois déjà, une Zoé de la Ville de Paris teste la technologie de Tallano et peut ainsi se targuer d’être le seul véhicule propre à 100%. "La captation des particules des freins fera sans doute partie des contraintes euro 7, en 2025, mais des constructeurs veulent être précurseurs en la matière", constate le dirigeant. En mettant fin au noircissement des jantes, les freins propres ont aussi un intérêt esthétique et pratique qui peut être un argument commercial plus puissant que l'argument sanitaire.
"Nous travaillons avec trois constructeurs dont un généraliste qui veut l'installer sur son best-seller", nous a confié le dirigeant. Un véhicule équipé de cette technologie sera présenté dès cet été par l’un d’entre eux.
Parmi les contraintes imposées par les constructeurs, le système de filtration doit pouvoir être changé en même temps que les plaquettes, sans ajouter de pas de maintenance, "ce qui nécessite une capacité de stockage suffisante sachant que le volume de particules recueilli est trois fois plus élevé quand elles sont décompactées que sur la garniture", dit-il. La contrainte économique impose quant à elle de proposer un système coûtant "entre 60 et 80 euros", dans le cadre d'une production de masse.
Tallano Technologie travaille aussi avec les fournisseurs de freins de ces constructeurs pour développer des étriers et des garnitures spécifiques pour intégrer les tubes d’aspiration notamment. Les turbines d’aspiration (une pour chaque axe de roues), le système électronique de commande et la partie filtre sont pour leur part installés sous le capot moteur pour être protégés.

Plus de 8 millions d'euros de levée de fonds
Tallano Technologie a levé 4,5 millions d’euros depuis sa création et une nouvelle levée de fonds de 4 millions d’euros est en cours de finalisation. "Nous n’investissons pas dans la production mais nous avons une dizaine d’ingénieurs à payer ; des tests à réaliser, sachant que l’utilisation d’un banc d’essai ferroviaire c’est 13 000 euros/jour ; des ressources externes à rémunérer, comme des acousticiens qui nous aident à rendre la turbine silencieuse. Nous faisons tous les investissements de R&D nous même pour conserver la propriété industrielle. Nous avons déposé 16 brevets dans 12 pays, et ça aussi cela coûte de l’argent", dit-il.
D’autres équipementiers travaillent sur cette thématique, en particulier le spécialiste du filtre Mann + Hummel qui a présenté sa technologie en septembre 2018 et commencé des tests avec des constructeurs. Il ambitionne de capter 80% des particules avec un système moins sophistiqué utilisant la force centrifuge de rotation des roues. Bosch a pour sa part développé un disque de frein en carbure de tungstène qui produit 90% de poussière de freinage en moins mais dont le coût (3 000 euros) le réserve aux voitures très haut de gamme, sans résoudre le problème des particules provenant des garnitures.
Xavier Champagne

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