Autour de l'auto - 16/10/2015

Le modèle d’Uber aurait dû être celui de la coopérative, selon Axelle Lemaire

Le statut revendiqué par Uber de plateforme de mise en relation pour des chauffeurs indépendants relève du modèle français de la coopérative, estime Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat au numérique.

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Lors d’une intervention au Women’s Forum qui s’est tenu cette semaine à Deauville (14 au 16 octobre), la secrétaire d’Etat au numérique, Axelle Lemaire est revenue sur la question sociale posée par le modèle d’Uber.
Uber qui ne se considère pas comme employeur estime ne pas devoir participer au financement du droit du travail chômage, formation, retraite. "Cette question se pose en France et partout dans le monde. On sort de l’idée que la France est un pays d’arrière garde", a dit la Ministre. "Sur ce sujet la France part avec un atout avec la vision que quelque soit son statut chacun doit bénéficier d’un matelas social qui permet de ne pas affronter seul les risques et aléas de la vie. Il ne faut pas que indépendance signifie solitude", a-t-elle précisé.
La Ministre estime que le modèle d’Uber profite des caractéristiques de la coopérative sans partager les bénéfices. "Notre modèle social voudrait que Uber soit une coopérative. Aujourd’hui les bénéfices ne sont pas partagés. Uber fonctionne sur le modèle de la valorisation boursière et les risques professionnels ne sont assumés que par les chauffeurs", a dit la Ministre.
La disruption apportée par le numérique sur le monde du travail sera l’un des points abordés par la réforme du code du travail que doit mener Myriam El Khomri, la ministre du Travail. 
"Je veux que la réponse de la France allie innovation et protection sociale", a dit Axelle Lemaire. "Dans le cadre de la réforme du code du travail, si on prend en compte uniquement le nombre d’heures passées au travail et les conditions de licenciement, on est à côté de la plaque. Ce discours que l’on entend depuis 15 ans n’est pas à la hauteur des enjeux. Il faut poser le débat en terme de charge de travail plutôt que temps de travail", a-t-elle ajouté.
Florence Lagarde

Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat au numérique lors d'une intervention au Women's Forum le 15 octobre 2015

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Je ne suis pas juriste en droit du travail mais dites-moi si je me trompe :
Quand on fournit un service rémunéré et qu'on ne paye pas de charge sociale, cela s'appelle bien du travail dissimulé encore dénommé travail au noir ? Non ?

Frederic, Le 16/10/2015 à 08:54

@Frederic
Vous avez raison mais dans le cas d'Uber c'est plus compliqué.
Tous les chauffeurs sont des indépendants (autoentrepreneur ou structures légères ou plus lourdes avec plusieurs chauffeurs) qui travaillent avec leur propre voiture.
UBER ne leur fournit que des courses, centralise les règlements et reverse aux différents chauffeurs le montant de leurs prestations.
C'est comme si UBER faisait appel à de la sous traitance pour réaliser la prestation ou service.
Ce n'est donc pas du travail au noir, mais ne cotisant pas à l'assurance chômage (Car mandat social ), tous ces chauffeurs ne sont pas couvert en cas d'arrêt d'activité, défaillance du modèle etc...

Christophe, Le 16/10/2015 à 10:28

... donc (une fois de plus) un ministre dit n'importe quoi. En effet, si Uber fournit des courses à des chauffeurs indépendants, pourquoi revendiquer l'établissement d'une coopérative ? Pourquoi pas un Kolkhose, ce serait plus en adéquation, non ?
Dès que les "politiques" (enfin, là on parle d'une toute, toute petite personnalité politique, que je n'imagine pas promise à une grande carrière, ou alors comme gérante d'une Coop dans le Larzac, peut-être ?) se mêlent déconomie, ils se fourvoient : c'est frappant ! (pan)

Marquito, Le 16/10/2015 à 11:57

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