Sport - 15/11/2019

Le torfaera, le sport automobile qui fait rugir l'Islande

(AFP) - Faire vrombir le moteur de son bolide avant de s'élancer à toute berzingue à la verticale sur les bords d'une colline pour assurer le show : en Islande, le torfaera enfièvre depuis plus d'un demi-siècle les spectateurs férus de sensations fortes.

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Le temps d'un weekend, le mont Akrafjall, surplombant la petite ville d'Akranes (sud-ouest de l'Islande), s'est transformé en arène automobile pour une manche de torfaera. Connu en anglais sous le nom de "formula off-road" ("Formule tout-terrain" en français), torfaera signifie en islandais "conduite difficile" ou "route difficile". 
A l'aube de la quatrième des cinq manches que compte le championnat islandais, les 19 buggies aux impressionnantes roues motrices aux suspensions surdimmensionnés s'apprêtent à traverser les obstacles à la manière d'un motocross.
Au volant de Bomban, "la bombe" en islandais, Olafur Ingjaldsson semble nerveux au départ de sa première course. "Mais ça va tellement vite que tu oublies tout", prédit-il à l'AFP, une manière pour le trentenaire de se rassurer. Au moment de s'élancer, le pilote installé dans son baquet réglementé a pour seules protections un casque, un harnais de sécurité et le toit de la cabine semi-ouverte de l'engin.
La compétition comporte généralement 6 à 8 pistes techniques sur la longueur de la colline et consiste à enchaîner les allers-retours vers le sommet en passant à travers une série de portes. S'arrêter sur la piste, toucher la porte ou faire une marche-arrière entraînent automatiquement un retrait de points.
Les plus habiles passeront sans encombre. D'autres voitures pointeront vers le ciel comme suspendues dans l'espace... avant de retomber sur le toit. 

Succès national 
Le torfaera fédère un public familial en moyenne aussi nombreux que lors d'une affiche du championnat local de première division de football à des tarifs équivalents (environ 2 500 couronnes le billet, soit 18 euros).
"Le plaisir c'est l'excitation d'entendre le bruit et de voir des gens tenter ce qui semble impossible", explique Tryggvi Thórdarson, président de l'Association islandaise de sport automobile, qui régit le torfaera.
Le sport est né en Islande au début des années 60. Des amateurs de 4x4 qui travaillaient alors pour les équipes de secours islandaises ont commencé à montrer de quoi étaient capables leur véhicule en action sur les collines islandaises. Rapidement, une compétition a vu le jour dans le but de  récolter des fonds pour les différentes association de secours.
Le premier championnat officiel en Islande s'est tenu en 1965 dans la vallée de Mosfellsdal, près de Reykjavík, la capitale.
La compétition a ensuite gagné en popularité à l'extérieur de ses frontières, particulièrement dans les pays nordiques, et jusqu'aux Etats-Unis.
A ce jour, l'Islande revendique toujours la paternité de la Formule tout-terrain.

Chers bolides
Sur les flancs de l'Akrafjall, la voiture du Team 16 baptisée Hekla, aux 1000 chevaux sous le capot, ne demande qu'à être lâchée.
"Les pistes ne sont pas très longues et elles sont difficiles, il faut tourner, alors la vitesse n'est absolument pas une option", explique le mécanicien Arnar Bjarkarsson. Il faut donc dompter la bête. "Tout est une question de puissance".
La recette du succès est connue : "plus on s'entraîne, meilleur on est", relève simplement Thór Pálsson, vainqueur du championnat 2018.
Mais nombre de pilotes - tous amateurs - sont loin d'avoir eu le temps de répéter leurs gammes.
Alors ils comptent sur un allié de taille : la chance. "Je dois y aller en douceur (...), ça passe ou ça casse", explique Haukur Einarsson, pilote ... et bassiste dans un groupe de rock à ses heures perdues.
Pousser le bolide dans ses retranchements tout en limitant la casse, c'est aussi la subtile équation que les pilotes doivent avoir en tête lors du départ.
Chaque engin coûte en effet entre 5 à 15 millions de couronnes (de 35 000 à 110 000 euros) dont 75 000 couronnes pour les pneus seuls, couvert en partie par les sponsors.
Si au début des années 2000, les grandes chaînes de télévision internationales comme la BBC ou Eurosport s'intéressaient au torfaera, attirant ainsi les sponsors, la crise financière de 2008 est passée par là, rendant le financement plus difficile pour ce sport d'amateurs.
AFP

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Greta doit adorer ça…
;0)

Luc Os, Le 15/11/2019 à 09:07

Du bruit ,du feu,de la fumée,terre de Volcans....vite le même à Vulcania,bravo

alain boise, Le 15/11/2019 à 10:42

Du bruit ,du feu,de la fumée…
Bruno qui fait le tour du lac avec le 3800 ?
;0)

Luc Os, Le 15/11/2019 à 12:49

Dois-je rappeler cher Lucos que je n'ai pas fait immatriculer mon Solex donc que je m'en sers seulement pour tirer la carriole en bois, roues de vélo à rayons et pneus "pleins" chargée des jerrycans pour le plein du Sunbird Corsair 205 (V8 5,7 litres à carbus). Et j'espère ne pas rencontrer la marée-chaussée sur les 260 mètres de trajet entre la maison et le lac.

Un Solex avec une plaque d'immatriculation ! Quel outrage !
Donc un casque sur ma gueule, des gants homologués. Ca va pas non ? Et pourquoi-pas avec un airbag comme sur la Goldwing tant qu'on y est !?

Tout ça pour dire que le tour du lac se fait sans bruit, sans feu, sans fumée, juste à la force de mes mollets de coq, à vélo... Le prochain tour, j'envoie une carte postale à Greta.

Bruno HAAS, Le 15/11/2019 à 13:36

Le dernier problème existentiel technique restant :
Auriez-vous les Watt pour "emmener" une plaque ??
;0)

Luc Os, Le 15/11/2019 à 14:45

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