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Constructeurs - 04/09/2019

Arnaud Deboeuf, de l’Alliance Renault-Nissan à la stratégie industrielle de PSA

L’arrivée d’Arnaud Deboeuf chez PSA s’inscrit dans un double mouvement de renouvellement de l’équipe dirigeante de Renault par Thierry Bolloré et de transformation de la culture de PSA via l’arrivée d’anciens cadres dirigeants de Renault. Cela crée le trouble d’un côté comme de l’autre…

Arnaud Deboeuf n’est pas le premier dirigeant à quitter Renault pour aller chez PSA (et il ne sera peut-être pas le dernier) depuis que Carlos Tavares en a pris la direction. Avant lui, il y a eu notamment Alain Raposo, anciennement patron des moteurs de l'Alliance Renault-Nissan aujourd’hui directeur des développements des chaînes de traction et châssis du groupe PSA, Thierry Kokas ancien directeur commercial monde de Renault désormais directeur ventes et marketing de PSA directement rattaché à Carlos Tavares. Il y a eu aussi juste avant l’été l’arrivée de Béatrice Foucher au poste de développement des talents chez PSA (rattaché au DRH), fonction identique avec celle qu’elle occupait chez Renault.
Plusieurs des membres du comité exécutif de Renault sont d’anciens collègues de Carlos Tavares chez Renault. Yann Vincent, actuel directeur industriel de PSA a été le premier recrutement d’un ex-Renault (1982 à 2009 chez Renault, 2009 à 2014 chez Alstom Transport) par Tavares en juin 2014. Il y a aussi Michelle Wen actuelle directrice des achats et qualité fournisseurs de PSA, ex-responsable fournisseurs pour les chaînes de traction de Renault, puis pour les carrosseries de l’Alliance Renault Nissan (2000 à 2008).
A chaque fois, ces transferts créent un certain trouble au sein des équipes des deux constructeurs français. Chez Renault, certains se demandent pourquoi on laisse ainsi partir des talents, chez PSA certains s’inquiètent de voir les postes à responsabilité trustés par d’anciens Renault.

Le départ d’Arnaud Deboeuf n’est cependant pas une surprise. Après l’arrestation de Carlos Ghosn au Japon, Jean-Dominique Senard et Thierry Bolloré ont modifié le fonctionnement décisionnel de l’Alliance Renault Nissan avec la création en mars d’un nouveau conseil opérationnel de l’Alliance ("Board of the Alliance") intégrant Mitsubishi et composé des trois DG Thierry Bolloré, Hiroto Saikawa (Nissan) et Osamu Masuko (Mitsubishi) et de Jean-Dominique Senard. Cette nouvelle structure a vidé de sa substance l’ancienne (Renault Nissan BV) dont Arnaud Deboeuf était le secrétaire général. Depuis, il était sans affectation et on ne lui a pas proposé de nouveau job. C’est ce qu’il déplore dans le mail qu’il a envoyé en interne et dont Le Figaro a rapporté la teneur : "Lorsque Thierry Bolloré m'a déclaré que plus personne ne voulait travailler avec moi et que c'était la raison pour laquelle je devais quitter Renault et que je ne pouvais pas non plus aller travailler chez Nissan, ses paroles auraient pu me blesser", y écrit-il.

Sa mésentente avec Thierry Bolloré n’était pas un mystère, de même que son tempérament parfois abrupt. "Arnaud Deboeuf était controversé chez Renault. Il avait fait partie de l’équipe de Gérard Detourbet. Il avait comme lui le comportement de quelqu’un qui conteste les choix des ingénieries et ne se laissait pas balader. C’est dommage que l’Alliance n’ait pas trouvé un poste pour un gars comme lui", nous a dit un de ceux qui l’ont côtoyé chez Renault.
Entré en 1993 chez Renault en tant qu’ingénieur du département assemblage moteurs, Arnaud Deboeuf est l’un de ceux qui ont assuré la réussite du programme Global Access (anciennement Entry) issu de la gamme Dacia. Il a d'abord été directeur de programme de la gamme Entry (2011) puis directeur de la gamme Entry (2012) jusqu’à sa nomination en tant que directeur de Renault-Nissan BV et directeur délégué à la présidence de l’Alliance (2015). Avec la gamme Global Acces, Dacia et l’Alliance, Arnaud Deboeuf avait une solide expérience sur deux des points forts qui font la singularité de Renault. "Il avait de bonnes relations avec les Japonais et aurait pu être un atout", déplore un cadre de Renault.

Depuis sa nomination au poste de directeur général en janvier dernier, Thierry Bolloré a remanié le comité exécutif de Renault. Il y a fait entrer sept nouveaux dirigeants dont certains issus d’autres secteurs et fraichement arrivés chez Renault, ce qui est diversement apprécié. François Renard, directeur marketing monde est un ancien d'Unilever, François Roger directeur RH a fait sa carrière chez General Electric Healthcare et Bic, et Frédéric Vincent, directeur des systèmes d’information et de la transformation du groupe vient de Canal +.
"Bolloré change la culture de Renault avec des gens qui viennent de l’extérieur, Tavares change la culture de PSA en faisant venir des gens qui ont une culture automobile traditionnelle", résume un observateur.

Chez PSA, Arnaud Deboeuf (55 ans) aura la responsabilité de la stratégie industrielle, poste occupé jusque-là par Frédéric Laganier (dont la nouvelle affectation n’est pas encore connue). Il sera rattaché au directeur industriel, Yann Vincent (62 ans).

Florence Lagarde

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Réactions

... Comme c'est écrit dans l'article l'approche des deux dirigeants est assez différente ...
Passons sur le cas de Thierry Bolloré dont le maintien chez Renault doit beaucoup à la ténacité de Jean Dominique Senard (pour combien de temps)...

Quant à la "crèmerie" d'en face ... L'on peut comprendre qu'un dirigeant veuille s'entourer de profils dont il a pu apprécier le talent et quelque part reconstitue une "garde rapprochée".
...Attention quand même à ne pas désespérer les talents qui gravitent dans les contre allées de l' "ex grande armée" ... les départs peuvent créer du renouvellement, certes, mais les ressentiments vis à vis du top management, c'est jamais très bon pour une boîte...
C'est le risque pris par Tavares, semble t il ... Pour l'instant cela semble pas trop mal lui réussir..
;0)

ADEAIRIX , Le mercredi 04 septembre 2019

Et n'oublions pas, dans la liste des transfuges de Renault, Steve Norman, patron de Vauxhall....
jean-marie méchin, Le mercredi 04 septembre 2019

Et sur les trente dernières années, combien de Renault partis chez PSA ?
Comme les transferts "naturels" entre Volvo et Saab, Mercedes et BMW, VW et Opel, Toyota et Nissan, etc.
Mais bon, là on parle de très grosses pointures et, comme le dit Adeairix justement, il y a prise de risque, qui réussit bien so far.
Bruno HAAS, Le mercredi 04 septembre 2019



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