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Analyse - 23/01/2019

Ce qu’il faut retenir du salon de Détroit 2019

La chronique de Bertrand Rakoto, analyste indépendant dans l’intelligence de marché. Après plusieurs années dans l’automobile, entre autres chez RL Polk, et après avoir eu un cabinet d’analyse en France (D3 intelligence) il est désormais basé aux Etats-Unis où il poursuit son activité depuis Détroit.

Samedi, la dernière édition du salon de Détroit en janvier a ouvert ses portes au public.
Le salon historique de la capitale de l’automobile avait retrouvé une nouvelle dynamique après avoir été renommé NAIAS (North American International Auto Show) puis en se réorganisant, avec l’aide de Michelin, avait su retrouver l’attention des journalistes. Le salon a également survécu à la crise avec une édition 2009 qui laissait craindre le pire puisque la situation économique avait éloigné les constructeurs du salon en coupant des dépenses de lancement de produits, d’image et de promotion auprès de la presse et du public. Depuis 2017, Automobili-D est venu compléter le salon sur les aspects technologiques, mais cela n’a pas suffi à contenir l’attrait des constructeurs pour le CES de Las Vegas.

Malgré la dynamique et l’embellie économique, le NAIAS a donc subi la concurrence du CES en plus des problèmes inhérents aux salons automobiles à savoir la perte d’intérêt des constructeurs pour le grand public sous l’influence des agences de communication. Aujourd’hui, les constructeurs visent principalement les salons pour atteindre la presse mais sans buzz point de couverture. Les choix se tournent vers les salons professionnels où les journalistes se précipitent et les évènements spécialisés qui s’adressent à un public ciblé comme Goodwood Festival of Speed ou les 24 heures du Mans. L’édition 2019 du NAIAS attire toujours un public nombreux et des journalistes en nombre et tourne une page importante après 120 ans de salon à Detroit.
 
Une édition sans fausse note

En tout logique, les nouveautés sont moins nombreuses cette année du fait du désistement de plusieurs marques. BMW, Audi, Mercedes, Mazda, Jaguar, Land Rover et Volvo ne s’exposent pas à l’édition 2019 du salon. Cela a permis aux constructeurs présents d’avoir plus de relief pour leurs présentations.
Chez les Américains, Ford a présenté la nouvelle version de son crossover Explorer dont une version hybride a été dévoilée en écorché sur le salon. Ce modèle quitte la plateforme héritée de l’époque Premier automotive group lorsque Ford possédait Volvo (ainsi que Jaguar, Land Rover et Aston Martin) avec une implantation transversale du moteur pour une nouvelle plateforme à dite longitudinale partagée avec Lincoln.
Cette plateforme permet à Ford de revenir à une architecture propulsion ou 4 roues motrices et surtout de pouvoir plus facilement proposer des versions hybrides. En effet, les plateformes transversales obligent à séparer les transmissions (thermique à l’avant et électrique à l’arrière) ou bien limitent la taille du moteur électrique implanté entre bloc thermique et la transmission. Une architecture longitudinale offre plus de liberté, particulièrement pour les véhicules de grande taille.
A ses côtés, Ford a présenté la Mustang Shelby GT500. Elle est non seulement la Mustang la plus puissante de l’histoire du modèle mais aussi la Ford la plus puissante commercialisée par le constructeur. Ce modèle dispose d’un V8 dérivé de celui de la GT350 (5.2L et 525ch) mais dans une itération différente et disposant d’un compresseur qui lui permet d’atteindre la puissance de 700 chevaux. Il fallait cela pour faire concurrence aux Chevrolet Camaro ZL1 (650ch) et Dodge Challenger Hellcat (707ch voire 797ch dans la version Redeye). A la différence de ses deux concurrentes, offrant une boite manuelle 6 rapports en option, la Mustang est uniquement disponible en boîte automatique à 10 rapports (partagée avec la Camaro).

Les deux nouveautés Ford exposent les deux tendances du marché américain avec des véhicules images puissants et des crossovers de grande taille qui confirment la disparition et le remplacement des berlines. L’Explorer n’est pas la seule nouveauté dans ce segment E (Full-size en anglais) puisque Kia a introduit la version définitive du Telluride à Detroit, Hyundai a démarré la commercialisation du Palisade, Lincoln a exposé le nouvel Aviator dévoilé à Los Angeles et Cadillac a révélé son premier crossover full-size avec le XT6. Il s’agit d’un Chevrolet Traverse revisité en profondeur pour disposer de la finition attendue par les clients de Cadillac.

Toyota a révélé pour la première fois la Toyota Supra. Ce coupé sportif partage sa base technique avec la nouvelle BMW Z4. Il rappelle un modèle de la gamme du constructeur abandonné il y a plus de 17 ans et dont la 4ème génération commence à atteindre des cotes élevées lorsque les exemplaires sont en bon état.
A l’opposé, Nissan et Infiniti ont dévoilé des concepts de modèles électriques, la berline Nissan IMs et le crossover Infiniti QX Inspiration. Le concept Nissan a été présenté par Denis Le Vot, actuel Chairman de Nissan Amérique du Nord, celui d’Infiniti par Christian Meunier.

Enfin, Ford et Volkswagen ont annoncé leur rapprochement à travers des collaborations dans les utilitaires, pick-up et fourgonnettes dans un premier temps. Cette approche timide a laissé les analystes sur leur faim comme en a témoigné le sursaut boursier de courte durée pour les deux constructeurs.
Un accord plus important était attendu, il en sera peut-être question dans quelques semaines ou quelques mois le temps que les deux groupes s’appréhendent et trouvent une issue à certaines situations délicates à gérer comme l’usine de Blanquefort pour Ford et la gestion de la crise du Dieselgate pour Volkswagen en Amérique du Nord. Pour le moment, le partenariat reste modeste mais à regarder de près les deux groupes sont assez complémentaires aussi bien en termes de gammes qu’en termes de présence géographique (en tenant compte de la rentabilité de chacun sur les différents marchés mondiaux).

Automobili-D
Le salon dans le salon, Automobili-D, a fêté sa troisième édition. Réservé aux professionnels pendant les journées média et industrie, cette section est dédiée aux nouvelles technologies souvent regroupées sous les acronymes CASE ou ACES correspondant à l’automobile Connectée, Autonome, partagée (Shared) et électrifiée. Différents acteurs importants du secteur tels que Magneti Marelli, Velodyne ou Dassault System étaient représentés.

Cette partie était à la fois plus modeste que lors des éditions précédentes et aussi plus mature dans les solutions et les prototypes exposés. La transition de la phase exploratoire des technologies à leur mise en application était très perceptible. Les discours ont évolué avec plus de réalisme sur la mise en place de la conduite autonome et la capacité de déploiement des véhicules électriques. La présence de la société canadienne GBattery était très intéressante. Cette start-up présentait une solution de rechargement des véhicules électriques capable de réduire de façon conséquente le temps de charge (jusqu’à 50% en moins de 10 minutes) grâce à une gestion améliorée de la tension.

Les start-up présentaient plutôt des solutions liées au blockchain, au partage et autres solutions de mobilité. On peut alors se poser la question de savoir si la partie service est en train de prendre le pas sur les aspects purement technologiques et liés au produit automobile. La mobilité fait son chemin à Detroit et annonce une édition 2020 du salon beaucoup plus ouverte aux solutions de services et aux technologies avec beaucoup de démonstrations.

En attendant 2020
La prochaine édition du salon de Détroit aura lieu dans 18 mois, en juin 2020. En changeant de calendrier, le NAIAS s’éloigne du CES et permet de réaliser des démonstrations de véhicules, de services et de technologies en extérieur. Le salon de Detroit ne sera plus le premier salon international de l’année mais le troisième après Genève et le salon chinois (alternance entre Pékin et Shanghai). Ce sera également l’occasion de montrer la transformation de la ville de Detroit dont les clichés restent tenaces malgré une évolution impressionnante et spectaculaire. En 2020, les visiteurs internationaux pourront enfin se rendre compte de la force et de la présence de l’industrie ainsi que l’ampleur de la passion automobile qui anime Detroit.

Pour le moment, l’industrie se prépare à une année 2019 difficile avec une correction des volumes en Amérique du Nord, un léger recul attendu en Europe et surtout beaucoup d’incertitudes du côté Chinois. La locomotive du marché automobile mondial perd de la vitesse et oblige à repenser les stratégies. De nombreuses consolidations pourraient avoir lieu au niveau des technologies avec des fusions, des acquisitions et des disparitions. Après l’annonce de Ford et Volkswagen ou celle de Faurecia avec Clarion, d’autres pourraient suivre comme par exemple la recherche d’un partenaire pour FCA ou l’éclaircissement des relations entre PSA et GM que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer dans ces lignes. Après une telle année 2019, le salon de 2020 s’annonce prometteur.
Bertrand Rakoto

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Réactions

Sans doute Mr GIROT est il "heureux" de ce changement de calendrier … Détroit en juin … Paris en septembre ... Même si les événements n'avaient pas le même retentissement, çà ne devrait pas faciliter le retour des absents de l'édition 2018 …Y a du boulot ...
Sinon jolie revue et conclusion équilibrée qui reprend bien les thèmes "chers" à Bertrand RAKOTO ….

PS : il n'est pas établi que la nouvelle supra connaisse un jour le sort de la Mk 4 qui fût une très belle réalisation, à fortiori pour une "roturière". Dans sa version la plus puissante, elle n'était pas très loin, au moins, des performances d'une 928 … Au japon particulièrement elle est "culte" et il en existe des versions "très méchantes" … Dans les années _80/90, le Japon automobile courait encore après les musts des Européens … Un autre temps !
ADEAIRIX, Le mercredi 23 janvier 2019

1050 cheveaux dans la Dodge Redeye......ça doit envoyer j’imagine le bruit
alain boise, Le mercredi 23 janvier 2019

Non le salon 2020 ne n'annonce PAS prometteur !
Jo Duchene, Le mercredi 23 janvier 2019

Jo,
un salon dans un pays où il se vend 18 M de véhicules, aucun PB.
;0)
Lucos, Le mercredi 23 janvier 2019

Très prometteur pour vendre des pick-up !!
Les pick-up VW et Mercedes vont intéresser les excentriques friqués ricains et ils ont le mérite d'exister...essayons de vendre là bas nos 505 bâchés africaines, qu'on rigole un peu !
Jo Duchene, Le mercredi 23 janvier 2019



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