Recevez chaque jour la lettre
d'actualité d'autoactu.com :
Inscrivez-vous
GRATUITEMENT !

Déjà inscrit : connectez-vous

Statistiques

Offres d'emploi

Exclusif !

Déjà inscrit ? Identifiez-vous pour
profiter pleinement d’autoactu.com
Recevez GRATUITEMENT chaque jour la lettre d’actualité d’autoactu.com
envoyer par email
Analyse - 27/08/2018

Ce qui se cache derrière la sortie avortée de la Bourse de Tesla

La chronique de Bertrand Rakoto, analyste indépendant dans l’intelligence de marché. Après plusieurs années dans l’automobile, entre autres chez RL Polk, et après avoir eu un cabinet d’analyse en France (D3 intelligence) il est désormais basé aux Etats-Unis où il poursuit son activité depuis Detroit.

Le feuilleton Tesla se poursuit rebondissement après rebondissement. Le 7 aout dernier, Musk donnait un coup de fouet à l’action Tesla en annonçant qu’il songeait à retirer l’entreprise des marchés financiers en rachetant les actions à $420 pièce et ajoutait que le financement était sécurisé. Puis, le 24 août, il a annoncé que finalement l’entreprise resterait cotée au NASDAQ.

Une nouvelle fois en quelques semaines seulement, le talentueux communicant s’est violemment pris les pieds dans le tapis. Le tweet d’Elon Musk a déclenché une enquête de la commission américaine des opérations en Bourse (SEC). En annonçant le financement comme sécurisé, Musk a commis deux erreurs majeures. Premièrement, aux Etats-Unis, la communication des sociétés cotées en Bourse est très régulée et une telle annonce ne respecte pas les règles en vigueur car la sécurisation du financement aurait dû suivre un protocole d’information particulier. Deuxièmement, il est maintenant clair que le financement en question n’était pas sécurisé et Musk aurait désinformé les marchés financiers, autrement dit, il aurait cherché à influencer le cours de Bourse.

Cela mène inévitablement à deux hypothèses, la première serait que Musk pensait réellement que le financement était sécurisé, la seconde est que Musk voulait manipuler le cours de l’action Tesla. Dans les deux cas, sa réaction soulève de lourdes interrogations sur l’avenir de Tesla et la capacité de Musk à pouvoir poursuivre en tant que CEO et Chairman, à peine deux mois après que les actionnaires lui aient renouvelé, in extremis, leur confiance. 

Un jeu de dupe ?
Le premier élément à analyser est la cause du tweet et les raisons qui ont poussé Musk à ajouter « financement sécurisé » dans son message. En effet, l’homme n’est pas un novice et ses actions sont souvent calculées. On peut alors soulever la question des échanges avec le fonds public d’investissement saoudien (PIF).
Récemment, le PIF aurait investi dans Tesla et possèderait désormais 5% de l’entreprise .
On pourrait supposer que les échanges entre Musk et les représentants de ce fonds, notamment le Prince héritier Mohammed ben Salman, ont évoqué la question d’une prise de participation plus large, éventuellement, dans le cadre d’un retrait de l’entreprise des marchés boursiers. Mais si cela est bien le cas, Musk a pris un risque inutile en annonçant prématurément un accord non scellé. Une telle communication est une erreur de débutant. S’il s’imaginait pouvoir forcer un tel accord en bénéficiant d’un vent favorable des marchés financiers, il a sous-estimé ses interlocuteurs.

A ce jour, le PIF n’a pas confirmé l’annonce de Musk mais semble plutôt s’engager dans un investissement d’un milliard de dollars dans Lucid Motors, un futur concurrent de Tesla. Les investisseurs saoudiens montrent leur intérêt pour le véhicule électrique. Il est toutefois nécessaire de rester prudent car la bulle Tesla prouve que le véhicule électrique reste un investissement plus spéculatif que productif. La volatilité du titre Tesla et la décorrélation avec la valeur et les perspectives de l’entreprise prouvent à quel point ces investissements sont risqués et bourrés d’incertitudes.

Par ailleurs, l’annonce de Musk suppose qu’il aurait été en mesure de prendre seul la décision de mener la négociation et sceller un accord sans en faire part ni au board ni aux principaux actionnaires. Cela illustre parfaitement l’un des principaux problèmes de Tesla, la concentration des pouvoirs aux mains d’un patron de plus en plus fragilisé.
Ces dernières semaines, Musk a accumulé les problèmes entre des excuses publiques et des révélations sur un rythme de vie épuisant mêlant somnifères et surmenage pour un homme qui a du mal à s’entourer et à déléguer. Enfin, la situation financière de Tesla ne place pas l’entreprise sous son meilleur jour, d’autant que les nombreux retards et les promesses non tenues ont érodé la confiance des investisseurs.
Musk s’inquiète des shorters mais il continue pourtant à les nourrir avec une communication dont la stratégie laisse entrevoir de plus en plus de maladresses. Pour le moment, Musk a réussi à faire remonter le niveau de l’action mais le yoyo se poursuit et les doutes se multiplient. 

Opération de la dernière chance ?
L’un des principaux problèmes de Tesla est l’absence d’un plan intégré. Trop d’actions sont menées ici et là pour corriger des problèmes ponctuels sans qu’aucune stratégie industrielle claire ne se dégage. L’édification des tentes de production est l’exemple le plus évident de l’échec du système de production de Tesla.
Avec plus de machines et plus de personnes, Tesla peine à produire le tiers de ce que GM et Toyota produisaient dans les mêmes locaux 12 ans auparavant.

Le renouvellement de la confiance des actionnaires au board en juin dernier a montré la fragilité de la situation et l’équipe actuelle pourrait bien jouer ses dernières cartes. Dans ce contexte, la décision de retirer Tesla de la Bourse pourrait bien être une manœuvre destinée à sécuriser la présence des investisseurs dans l’actionnariat. Mais quel est l’intérêt pour des fonds de pension de ne pouvoir ni spéculer ni obtenir de dividende ?
Avec son tweet et l’établissement d’un prix de rachat des actions à $420, Elon Musk a annoncé à mot couvert que l’entreprise pourrait valoir plus de 70 milliards de dollars. Mais sur quelle base faut-il accorder du crédit à une telle perspective à l’heure où Tesla peine à réaliser la montée en cadence de son Model 3, dans un environnement où les risques se multiplient comme par exemple l’augmentation des coûts de garantie ?

En faisant une telle annonce, Musk a-t-il voulu camoufler une dégradation de la situation financière de Tesla ? Le ramp-up de la Model 3 coûte cher. La voiture a subi des modifications, dont certaines pourraient être structurelles et, dans ce cas, nécessiter de recertifier le véhicule.
Il semble également que la Model 3 ne soit toujours pas homologuée pour l’Europe, un process qui pourrait nécessiter des modifications du véhicule et cela a un coût. Dans le même temps, les annonces d’investissements se multiplient avec la volonté de construire une usine en Chine et une en Europe.
Côté R&D, le développement du camion et du roadster va également devoir être pris en compte puisque de nombreux clients ont signé des chèques pour prendre livraison de leur véhicule. Enfin, le déploiement du réseau de distribution et du réseau de rechargement nécessite lui aussi de mettre la main au portefeuille. En regardant de près, cela fait beaucoup de projets avec des perspectives troubles pour une entreprise accumulant plus de 10 milliards de dollars de dette et qui perd toujours de l’argent.

Une année décisive
Les manœuvres d’Elon Musk n’impressionnent plus et le jeu de diversion est de moins en moins efficace. La valeur en Bourse de Tesla reste très volatile et peut inciter le dirigeant à chercher à influencer le cours mais l’enquête de la SEC pourrait mettre un terme aux trop nombreuses rumeurs et divagations de Musk.
Sans véritablement rentrer dans le rang l’entreprise doit maintenant prouver qu’elle est viable. Le patron de Tesla a finalement fait machine arrière, une décision pleine de sens à l’heure où l’entreprise risque d’avoir très prochainement à lever de nouveaux fonds pour poursuivre son activité. Enfin, il convient de noter que retirer Tesla de la Bourse pourrait éloigner les investisseurs puisqu’une telle manœuvre aurait des implications fiscales importantes pour les possesseurs d’actions eu égard à la plus-value que certains seront à même de réaliser. Tesla reste en Bourse pour le meilleur ou pour le pire pendant que shorters et actionnaires veillent.

Enfin, il reste à savoir si les clients seront suffisamment nombreux pour la Model 3 à l’heure où la concurrence arrive à grand pas dans un marché du véhicule électrique qui cherche à éviter la contraction sous l’influence des primes à l’achat. Un quart des réservations pour le Model 3 auraient été annulées alors que la rentabilité du véhicule reste à prouver selon que l’on s’adresse à Sandy Munroe ou à UBS.
Course contre la montre ou fuite en avant, il est difficile de savoir où en est vraiment Tesla au milieu des annonces de son dirigeant dont l’objectif est, sans beaucoup de doutes, de faire diversion et brouiller les cartes.
Bertrand Rakoto

Partagez cet article :

Réactions

L'actionTesla est une guillotiné à vadeurs certains y ont laissé les deux bras,quel feuilleton de l'été,combien en a t'il vendus à 380? 290 al'open ,hérésie???
alain boise, Le lundi 27 août 2018

Cela me fait penser à une Tesla immatriculée dans le 78 vue cet été en vacances dans les Landes avec l'arrière très abîmé. Difficile d'avoir les pièces pour les réparations ?
;-(
clerion, Le lundi 27 août 2018

Ne pas confondre Tesla musk et qu'est ce là must...
;-(
clerion, Le lundi 27 août 2018

De là à penser qu'une Tesla n'est pas à la portée de toutes les bourses...
;-)
clerion, Le lundi 27 août 2018

Pourquoi tant de prose ? "C'est mort".
Pierre l'Alpin, Le mardi 28 août 2018

À qui le tour après Tesla et Hulot..... Zoé ?
alain boise, Le mardi 28 août 2018

L' R de rien, c'est tout ce qui change le sens d'une phrase.
L'arrêt de mort, et l'arrêt de mot/maux...
;-)
clerion, Le mardi 28 août 2018

Les seuls qui peuvent être impactés en France sont ceux qui s’occuppent de l’activité de Tesla en France... en ce qui nous concerne et les clients qui auront besoin d’assistance et ont passé commande et attendent leur livraison...
Pour les autres ce n’est qu’un feuilleton industriel et bientôt des avocats à la manœuvre! D’ici là wait and see!!


Jo Duchene, Le mercredi 29 août 2018

Pétard !
Ils sont revenus !
J'avais pourtant mis des cierges à 5 € à Sainte-Scolasse-sur-Sarthe pour qu'on en perde un ou 2 cet été dans un trek en Amazonie..
J'ai été petit bras, le prochain coup je mets les cierges à 10 €..
;0)
Lucos, Le mercredi 29 août 2018

Au fait la réciproque est vrai aussi... mais s’il y avait que les gens de bon sens qui s’expriment ici ce serait sacrément ennuyeux!
Il va y avoir des sujets sur quoi s’énnerver mon coco...
C’est sans solution, le monde ne s’arrange pas!
Tiens les chasseurs tirent des cartouches de joie...à huit euros la cartouches sur plus de 70 espèces, contrairement à 14 espèces dans le reste de l’Europe... et pas a pied mais sur le plateau de leur 4x4 !!!
Voilà pour l’automobile!
Jo Duchene, Le mercredi 29 août 2018

Calice,des cierges à 10€ c'est Sainte Gavotte de Monaco,tabernak
alain boise, Le mercredi 29 août 2018

Regardez ce “background” culturel d’Alain qui va de Monaco au Canada en passant par les cierges bretons!
Pour l’anecdote du jour... les cousins teutons sont en train de nous faire encore une petite secte d’opinion spécialisée dans la chasse aux grands SUV... pour l’instant il s’agit de stigmatiser et de faire la honte aux citoyens (sur Berlin par exemple) qui occupent trop d’espace et consomment trop de carburant!
Je suis d’accord... pas de SUV partout plus grand qu’une FIAT 500 Abarth rouge Competizione de 180 CV pour rouler à fond de bva dans les embouteillages !
Jo Duchene, Le jeudi 30 août 2018

Tiens j'ai croise une S sur une dépanneuse, panne sèche s'est arrêtée avant le blocage,ici pas de borne rapide on attend 30 H avant de repartir mais la Bretagne est belle à cette époque, les Pinsutes sont répartis a St Scolasse racheter des cierges et les Allemands stockent la Ventoline pour passer l'hiver avec leur lignite,ainsi vas le VE.
Les bornes fleurissent dans les villages et toujours personne de branché, incroyable ,non?
Tiens à cette heure l'action Tesla est encore à 300,il est fort l'Elon mais faut pas chatouiller la Sec,c'est pas les dormeurs de l'AMF.
alain boise, Le vendredi 31 août 2018

Eh le spécialiste Alain ...à part avoir mis des petits millions en actions chez Tesla (il faut être débile) et se voir perdre la moitié en bourse et donc avoir les boules en ce moment... car le Musk perd les pédales... qu’est-ce qu’on a à foutre que Tesla soit reprise par un autre qui va continuer l’activité???
En tout cas les institutionnels aux US ont déjà prévu toutes les parades et même imaginé perdre de l’argent sur leurs investissements sur Tesla, et ceux qui gèrent les fonds d’investissent on déjà pris leurs commissions ... !!!
En toute état de cause, si on est pas con et on est attentif à son argent, les VE quel qu’ils soient seront toujours une mauvaise affaire en occasion si la batterie n’a pas été changé à neuf et une garantie repart!
Les revendeurs et marchants indépendants de VE seront aussi des dindons de la farce dans l’avenir!
Jo Duchene, Le dimanche 02 septembre 2018



Organigrammes des constructeurs : pour savoir "qui fait quoi ?"
Au salon de l’auto de Moscou, Renault seul occidental aux côtés des Chinois



Copyright © 2018 AUTOACTU.COM - Tous droits réservés
autoactu.com - 3 avenue des Pavillons, 92270 Bois-Colombes - Siret : 479 660 235 00017