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Analyse - 29/08/2017

Consolidation au Japon : Après Mitsubishi-Nissan, Toyota et Mazda

La chronique de Bernard Jullien, Maître de Conférence à l'Université de Bordeaux et conseiller scientifique de la Chaire de Management des Réseaux du Groupe Essca.

Le mois d’août a vu se confirmer un mouvement sensible de consolidation de l’industrie automobile japonaise : libérés de leurs liens avec les constructeurs américains depuis plusieurs années déjà, les "petits" constructeurs japonais que sont Mitsubishi (autrefois lié à GM) et Mazda (autrefois lié à Ford) acceptent de s’inscrire dans des galaxies plus vastes. Dans le cas de Mazda, il s’agit de l’officialisation d’une relation partenariale puisque, comme l’indique Les Echos "Mazda travaille avec Toyota depuis les années 1970" (1).
Elle passe par une prise de participation de Toyota qui acquiert 5% du capital de Mazda pour un montant de 50 milliards de yens (385 millions d'euros), tandis que ce dernier investit à hauteur de 0,25% dans Toyota. Contrairement à ce qui se dessine pour Mitsubishi, l’indépendance des deux constructeurs est préservée mais les domaines de collaboration s’étendent notoirement.

Ils concernent d’abord les Etats Unis où, pour faire face aux pressions mises par l’administration Trump, les deux constructeurs entendent construire une importante usine d’assemblage en commun. Toyota, pour l’instant absent du Mexique y avait des projets et semble ainsi confirmer y renoncer.
Mazda vend mondialement 1,5 million de véhicules par an et réalise aux Etats-Unis environ 20% de ses ventes (300 000 véhicules environ (2)) en peinant à y maintenir une part de marché de 1,7% (3). Contrairement à Toyota, Mazda n’assemble pourtant pas de véhicule sur le territoire américain : après s’être contenté longtemps d’importer ses véhicules d’Asie, Mazda s’était doté en 2014 d’importantes capacités (250 000) dans l’ALENA mais avait choisi le Mexique (4).
Devant les rodomontades de Trump et alors que, depuis le 16 août, les accords de libre échange sont en renégociation, il devenait urgent de sortir enfin des cartons cet ancien projet avec Toyota.

C’est ce qui a été annoncé par les deux partenaires en même temps que leur échange de participation : ils réaliseront un investissement de 1,6 milliard de dollars dans une usine d'une capacité de 300 000 véhicules par an qui devrait fabriquer des Toyota Corolla et des SUV Mazda et employer environ 4 000 personnes à l'horizon 2021.
De quoi déclencher dans les différents Etats américains, une véritable compétition pour tenter d’être celui qui offrira aux constructeurs les conditions les plus alléchantes (5) : Trump confirme ainsi que son America first (6) porte ses fruits avant même qu’aucune mesure effective n’ait été prise et que les constructeurs non américains qui ont besoin de pouvoir importer une part significative des volumes qu’ils vendent aux Etats-Unis sont les premiers à tenter de lui faire plaisir. Bien évidemment, pour un pays comme le Japon qui, en 2016, produit 9,2 millions de véhicules (VP+VUL) alors que son marché intérieur était en deçà des 5 millions, on conçoit que l’enjeu soit central et qu’il faille faire alors cause commune.

Au-delà de cet enjeu américain, les deux partenaires entendent faire face ensemble également aux défis technologiques majeurs qui se précisent et appellent des investissements très lourds alors que le renchérissement du Yen obère leur profitabilité (7).
Ainsi, alors que Toyota épaulait déjà Mazda en lui fournissant des solutions hybrides, le partenariat a été annoncé comme devant permettre le développement conjoint d’une offre électrique qui fait défaut à l’un comme à l’autre. Il comporte également un volet "véhicule connecté" qui a déjà donné lieu le 25 août au lancement officiel d’une plateforme commune de contrôle des solutions intelligentes de mobilité (navigation, musique, vidéo …) destinée à équiper à l’avenir l’ensemble des véhicules des deux marques. C’est en l’espèce Toyota qui développera le cerveau du système sur la base d’une solution open-source Linux et Mazda l’adoptera pour l’ensemble de sa gamme (8).

Après avoir intégré beaucoup plus fortement Daihatsu et laisser entendre que Suzuki pourrait également voir ses liens avec la galaxie Toyota se renforcer (9), Toyota va aujourd’hui chercher des volumes, des ressources et une capacité d’influence accrue au Japon et au-delà sur une base très "domestique".
Sachant que, selon l’OICA, Toyota a produit en 2015 au Japon plus de 4 millions de véhicules, que Mazda y a assemblé presque 1 million d’automobiles et Suzuki presqu’autant alors que Nissan et Mitsubishi additionnés représentaient moins de 1,5 million de véhicules et Honda 730 000, on perçoit très clairement que, dans l’actuel mouvement de consolidation de l’automobile japonaise, le déséquilibre des puissances se voit largement confirmé.
Bernard Jullien

(1) https://www.lesechos.fr/industrie-services/automobile/010165377897-toyota-envisage-un-rapprochement-technologique-avec-mazda-2106225.php#vOgerO9ZxowMXA8y.99
(2) https://insidemazda.mazdausa.com/press-release/mazda-reports-december-2016-full-year-2016-sales/
(3) http://www.thetruthaboutcars.com/2017/05/mazda-wants-2-percent-u-s-market-share-not-just-ol-2-percent-market-share/
(4) https://automotivemanufacturingsolutions.com/focus/growing-in-guanajuato
(5) http://www.nonpareilonline.com/business/iowa-nebraska-in-the-running-for-billion-toyota-mazda-assembly/article_a5460c48-8a92-11e7-81fe-0b3583603f38.html
(6) http://www.autoactu.com/?page=2&id_actu=25803&from_id_part=
(7) https://www.lesechos.fr/10/05/2017/lesechos.fr/0212061544941_toyota-vend-plus-de-voitures----mais-ses-profits-reculent-de-30--.htm
(8) https://www.thestreet.com/story/14284468/1/toyota-mazda-to-jointly-develop-smart-car-software.html
(9) https://www.challenges.fr/automobile/actu-auto/comment-toyota-noue-des-liens-avec-mazda-suzuki-subaru_491601

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Réactions

Bonne rentrée à la Rédaction !

Je retiens deux informations de l'article de Bernard Jullien ;
Son Altesse Sérénissime Ego 1er et sa quête permanente de devenir N°1 Mondial en volume va en prendre un coup derrière les oreilles car si on ajoute les volumes de Mazda - voire ceux de Suzuki - à ceux de Toyota, la Grande Alliance repasse en 2ème position. Pauvre Ego 1er, va-t-il donner sa démission ?
La deuxième, plus sérieuse, c'est de constater que le comportement complètement cinglé de Donald Trump est d'autant plus triste que les mesures qu'il prend pour relocaliser l'industrie automobile sont drôlement efficaces. Mazda avait misé sur le Mexique et ils reviennent aux Etats-Unis avec un co-investissement de plus d'1 Md $.
Pendant ce temps là en France, le Président fait la tournée des petits pays de l'Europe centrale pour les supplier de ne pas nous envoyer de la main d'oeuvre qui ne paie pas nos charges salariales qui flinguent notre compétitivité.
On préfère cracher sur le Diesel et bannir à jamais son utilisation. Il reste du chemin à parcourir avant que l'Europe ne prenne les mesures de protection prises par Donald.
Bruno HAAS, Le mardi 29 août 2017

Eh oui belle rentrée pour la « saison » 2017 2018 … !

Une opération «gagnant-gagnant» pour les deux protagonistes (Toyota et Mazda donc) … Sans doute ?

Les concurrents « world wide » apprécieront sans doute moins…

Constat 1
Se souvenir qu’il y a une vingtaine d’années, Ford nouait un partenariat avec Mazda, prélude à différentes alliances commerciales ou industrielles jusqu’au désengagement il y a quelques années … Avec Jaguar et Volvo, Mazda constitue une autre occasion manquée pour Ford … Et si l’on regarde du côté de la G.M. il y en a eu aussi une belle collection, avec hélas, quelque naufrage ( …) au bout des comptes … Pour des « cadors » c’est assez « moyen » comme performance ?
Rassurant pour les « médiocres » (2ème degré, je précise !) mais surtout leçons d’humilité dans la conduite des acquisitions pour certains …

Constat 2
« Il faut être fort sur le marché intérieur » …. Certes …
Après le VW gate sur le marché US … Les Japonais deviennent de plus en plus des challengers très sérieux pour les Big Three et l’annonce de cette future unité de production renforcera encore leur dispositif … Le F150 (c’est un exemple) fait beaucoup mais pas tout … il n’y a pas que les zeuropéens qui doivent se « réveiller » … ?
ADEAIRIX, Le mardi 29 août 2017

exactement !
Les Japonais sont en train de dire à Trump "tu veux qu'on vienne, et bien on va venir (et t'inonder ton marché...)"
Et là production aux US, il ne pourra pas les virer...
Surtout ne jamais prendre les Japonais pour des débiles.
Lucos, Le mardi 29 août 2017

Bruno a oublié Daihatsu ...qui est Toyota aussi sans oublier les petits et grands camions Hino!
Pas besoin pour Toyota de donner des leçons de fiabilité à Mazda...car j'ai eu la chance de visiter l'usine Mazda qui assemblait la Miata...une bonne expérience pour moi d'apprendre dans ma jeunesse ce que c'était les bonnes pratiques de fabrication en gestion de production!
Je viens de dépasser les 15000 km avec mon C-HR ... En vacances au Portugal.. Et j'ai de bonnes nouvelles pour vous tous sur un truc qui va faire jaser... Le futur petit SUV le T-Roc de VW qui va être assemblé dans la ville de Palmela au sud de Lisbonne va connaitre des retards car VW à provoqué la première grève en 25 ans de ce site, car les portugais ne veulent pas travailler les trois-huit sept jours sur sept....et VW veut les obliger à signer pour çà!
VW cherche des esclaves en Europe...
J'ai gardé toute la presse portugaise qui ne parle que de çà!!!!
Jo Duchene, Le vendredi 01 septembre 2017



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