Recevez chaque jour la lettre
d'actualité d'autoactu.com :
Inscrivez-vous
GRATUITEMENT !

Déjà inscrit : connectez-vous

Offres commerciales

Statistiques

Offres d'emploi

Exclusif !

envoyer par email
Constructeurs - 12/06/2017

Emissions de CO2 et particules : L’Institut Montaigne dénonce une règlementation européenne qui neutralise "les gains d’allègement"

L’allègement des véhicules est pénalisé par la fixation d’objectifs de réduction d’émissions de CO2 individualisés pour chaque constructeur qui privilégient les véhicules les plus lourds, dénonce l’Institut Montaigne qui demande une révision du mode de calcul.

Ce fut, à l’époque, l’un des débats gagnés par les constructeurs allemands lors de la négociation des objectifs de réduction de CO2 et de leur mode de calcul. Pour que les marques premium ne soient pas pénalisées par l’objectif global d’atteindre un premier pallier à 130g/km en 2015 puis 95g/km en moyenne pour les véhicules mis en circulation en 2021, la Commission européenne avait accepté de pondérer cet objectif pour chaque constructeur par une "pente de droits d’émissions", rappelle l’Institut Montaigne (un think tank libéral, proche du nouuveau gouvernement français) dans son rapport "Quelle place pour la voiture de demain ?", paru fin mai.
Ainsi, l’Allemagne avait obtenu que cette pente tienne compte du poids du véhicule pour rendre l’objectif moins dur à atteindre pour les véhicules hauts de gamme, conduisant finalement à marginaliser la voie de l’allègement dans la lutte contre les émissions de CO2.
"En pratique, lorsqu’un véhicule est allégé de 100 kg, il émet en moyenne 6 g de CO2 en moins par km. Mais du fait des règles de calculs, seuls 2,4 g de CO2/km de réduction sont comptabilisés dans la moyenne pondérée évoquée supra [la moyenne individuelle de chaque constructeur, NDLR]. Cela signifie que 60 % des gains sont neutralisés", explique l’Institut Montaigne.
Or l’Institut rappelle que l’allègement est la voie la plus efficace de baisse des émissions de CO2, des autres polluants et aussi des particules : "Une revue de la littérature scientifique existante (1) indique en effet que pour des véhicules modernes, les gaz d’échappement représentent moins de 5 % des émissions totales, là où la remise en suspension représente de l’ordre des deux tiers des émissions", peut-on lire dans le document. "Cette même étude indique de plus que l’essentiel des émissions de particules fines est linéairement corrélée au poids du véhicule (usure des freins, des pneus, de la route et remise en suspension) : une augmentation de 1 % du poids entraîne une augmentation de 1 % des émissions de particules issues de ces sources, toutes choses égales par ailleurs."
"En conséquence, l’utilisation accrue de plastiques et composites dans la conception du véhicule permettrait d’en réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 40 % (2). Il s’agit d’un cercle vertueux : un allègement de 250 kg de la carrosserie permet d’économiser environ 100 kg supplémentaire en revoyant le dimensionnement du moteur et des éléments de sécurité, avec des économies à la clef (qui peuvent elles-mêmes être réinvesties dans des matériaux plus coûteux pour alléger davantage)", précise également le document.
L’Institut Montaigne recommande donc que le mode de calcul de la "pente" propre à chaque constructeur soit modifiée, soit en modifiant la pente de neutralisation de l’allègement "qui passerait par exemple de 60% à 40%" soit en remplaçant de critère de poids par l’empreinte au sol (en m2) ce qui permettrait de tenir compte de la taille des véhicules. Une seconde option qui serait "plus ambitieuse, mais moins facilement acceptable pour certains constructeurs de véhicules premium plus lourds", souligne le rapport.
Compte tenu du climat actuel à Bruxelles vis-à-vis de l'industrie automobile allemande, si une telle proposition était soutenue par le gouvernement français, elle aurait probablement plus de chance de passer qu’à la fin des années 2000.
Florence Lagarde

(1) Victor R.J.H. Timmers, Peter A.J. Achten, Atmospheric Environment, Non-exhaust PM emissions from electric vehicles, 2016.
(2) A.T. Kearney – Plastics. The future for automakers and chemical companies, 2012.

Partagez cet article :

Réactions

Et pendant que l'institut Montaigne se penche sur le sexe des Anges ,l'Allemagne et la Pologne (signataires de la Cop 21 ) empoisonnent l'Europe avéc leur charbon (25000 morts par an en Europe)et en plus Maman fustige Donald ,alors la bagnole avéc son gramme en plus ou moins........vive la bagnole propre
alain boise, Le lundi 12 juin 2017

Certes les Allemands ont défendu avec ardeur cet "amendement" Poids dans le calcul des émissions de CO2.
La prise en compte du poids avait pour but de ne pas trop pénaliser les acheteurs de gros monospaces genre Espace, 806, C7 qui ont des familles nombreuses qui participent pleinement au développement économique du pays et qui n'ont aucune raison d'être plus taxés que le jeune célibataire qui roule dans un petit roadster bien léger bourré de chevaux.
Il a effectivement été fortement question de tenir compte de l'empreinte au sol de la voiture plutôt que du poids.
A mon humble avis, le rapport Poids/Puissance aurait été beaucoup plus "équitable".
Bruno HAAS, Le lundi 12 juin 2017

Je penche pour l'avis de Bruno...mais enfin si la voiture de tout le monde continue d'être une affaire de volumes (pour qu'elle soit abordable pour le peuple de Mélanchon et d'autres) ne venez pas nous parler de COMPOSITES pour alléger les voitures!
Marre qu'on se foute de notre poire...les composites son données comme tout le monde le sait!!
Jo Duchene, Le lundi 12 juin 2017

c'est malheureusement tout qui se "nautralsie" avec l'Union Européenne. Par exemple, comment concilier les normes de sécurité sur les voitures, imposant qu'elles soient de plus en plus lourdes, et les normes de pollutions, imposant qu'elles soient les plus légères possibles pour consommer le minimum possible ?
Frédéric LANGLOIS, Le lundi 12 juin 2017

des normes de sécurité qui imposent que les voitures soient plus lourdes, lesquelles sont imposées ?
;0)
Lucos, Le lundi 12 juin 2017

Citons par exemple Euro NCap qui impose, pour avoir les 5 étoiles, de disposer d’équipements électroniques qui ne servent en rien la sécurité PASSIVE et qui brouillent les résultats des tests, mais qu'Euro NCap impose aux constructeurs parce qu'ils sont conçus par des équipementiers "partenaires" d'Euro NCap ! Et ce n'est qu'un exemple ;)
Frédéric LANGLOIS, Le mardi 13 juin 2017



Près de 250 groupes de distribution référencés dans l’Annuaire 2017
Porsche SE acquiert PTV Group, spécialiste en gestion de la mobilité



Copyright © 960 AUTOACTU.COM - Tous droits réservés
autoactu.com - 3 avenue des Pavillons, 92270 Bois-Colombes - Siret : 479 660 235 00017