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Analyse - 08/11/2019

Fusion PSA-FCA : Quel rôle vont jouer leurs partenaires chinois ?

La chronique de Matt Gasnier, spécialiste du marché chinois et créateur du site Bestsellngcarsblog.com, le site de référence global d’analyse des statistiques de ventes de voitures, couvrant plus de 200 pays.

Une chose est certaine : la fusion PSA-FCA annoncée il y a une semaine n’aidera pas les deux groupes en Chine. A l’inverse de Renault (11 858 ventes en Chine sur 9 mois) qui conserve potentiellement l’option de s’appuyer sur la force de frappe de Nissan (829 685), PSA et FCA sont tous deux en très mauvaise posture en Chine actuellement : les ventes de PSA se sont effondrées au cours des dernières années, passant de plus de 730 000 en 2014 à moins de 250 000 en 2018 et seulement 92 729 sur 9 mois 2019 : 49 801 unités pour Peugeot (-56%), 41 704 unités pour Citroën (-54,4%) et 1 224 unités pour DS (-64,3%). Nous avions étudié la situation des Français en Chine lors de notre toute première chronique en septembre 2018. Quant à FCA, Fiat ne vend désormais plus en Chine et Jeep plonge à -46,5% et 51 803 ventes en 9 mois malgré l’arrivée du Grand Commander spécifique à la Chine qui n’a réuni que 10 000 acheteurs en 2019.

Mais qu’en est-il des partenaires chinois du groupe ? Seraient-ils en mesure de secourir PSA-FCA en Chine ? Rien n’est moins sûr.

Dongfeng
Dongfeng Motor détient depuis 2014 pas moins de 12% du groupe PSA et est engagé en Chine dans des joint-ventures avec Peugeot et Citroën (et Renault, soit dit en passant), pour l’instant obligatoires afin de produire sur place. Ces joint-ventures vont bien entendu rester en place, même si PSA a annoncé en septembre la possible vente de deux usines créées en partenariat avec Dongfeng, qui ne tournent pour le moment qu’à 22% de leur capacité. Dongfeng-PSA a perdu 500 millions d’euros en 2018 et 328 millions au cours du premier semestre 2019. Répondant à la question (logique) de la pérennité de la présence de PSA en Chine, Carlos Tavares, Président du directoire du Group PSA, a annoncé un plan rigoureux de relance et a affirmé que la Chine restait un marché primordial pour PSA. La Chine est donc partie pour rester.

Dongfeng devrait en toute logique garder sa part dans le groupe PSA, actuellement évaluée à 2,7 milliards d’euros, qui se verrait diluée à 6% dans le nouveau groupe PSA-FCA. D’après les termes préliminaires de la fusion, la famille Peugeot pourrait sur le papier augmenter sa part dans le groupe en achetant des actions au gouvernement français et/ou à Dongfeng. Rien ne dit pourtant qu’elle le fera. Selon Bill Russo du consultant Automobility basé à Shanghai, les entreprises publiques chinoises - dont fait partie Dongfeng qui appartient à 100% au gouvernement chinois - investissent généralement sur le long terme et sur l’accès aux capacités et aux technologies de leurs partenaires. Il est donc peu probable que Dongfeng utilise le prétexte de la fusion prévue de PSA et FCA pour vendre ses parts. Selon lui, les constructeurs chinois ont besoin de leurs partenaires étrangers pour rester pertinents sur un marché qui requiert des compétences complexes en matière d’intégration technologique, ce qui leur manque généralement. Par ailleurs, l'accès de Dongfeng aux actifs de FCA par le biais de la fusion ne devrait pas être un souci majeur pour les autorités américaines, car le constructeur automobile italo-américain ne dispose pas d'un "projet de haute technologie" qui risquerait un transfert stratégique en Chine. En d’autres termes, FCA n’est pas assez innovant pour susciter la crainte d’une fuite de brevets vers la Chine.

Changan
La situation de Changan, lui aussi appartenant à l’état chinois, est totalement différente. Le constructeur n’est engagé à travers une joint-venture que dans la production en Chine de modèles DS. L’usine Changan-DS, dont la capacité annuelle est de 200 000 unités, tourne pratiquement à vide avec seulement 1 224 ventes sur 9 mois 2019, et le partenariat a accumulé des pertes de 630 millions d’euros au cours de ses six années d’existence. En conséquence, Changan et PSA ont annoncé lundi dernier qu’ils mettaient un terme à leur association, ce qui laisse DS sans partenaire chinois immédiat. Changan vendra sa part de 50% dans la joint-venture le 22 novembre. Étant donné la volonté réaffirmée par PSA de faire survivre la marque DS en Chine avec notamment le lancement imminent de la nouvelle DS3 Crossback, PSA va devoir rapidement réorganiser la structure grâce à laquelle il pourra produire ces modèles localement, et devrait en toute logique approcher Dongfeng pour ce faire, ou bien GAC…

GAC
Car en effet la fusion PSA-FCA introduit un troisième partenaire chinois de taille, GAC (Guangzhou Automobile), mais également une nouvelle donne. Coté aux Bourses de Hong Kong et Shanghai, le groupe GAC n’appartient pas à l’état chinois, et en tire un dynamisme plutôt rare sur ce marché. C’est notamment vrai dans le domaine de l’électrique à travers sa nouvelle marque GAC NE (pour New Energy) dont les Aion S et Aion LX figurent parmi les plus sexy sur le marché chinois. D’autre part, GAC est un grand habitué des partenariats avec les plus grands groupes automobiles mondiaux, ayant noué des liens forts avec Toyota, Honda, Mitsubishi, FCA et Isuzu, plus que n’importe quel autre marque chinoise. GAC a réagi à l’annonce de la fusion PSA-FCA en déclarant qu’il "respectait la décision de son partenaire FCA de fusionner avec PSA, et qu’il chercherait à approfondir sa coopération avec le nouveau groupe".

C’est cette dernière remarque qui devrait nous mettre la puce à l’oreille : GAC, un des rares constructeurs chinois à être profitable depuis des années et le 5e groupe automobile en Chine en 2018, pourrait bien, à terme, être le sauveur de PSA-FCA sur ce marché.
Matt Gasnier

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Réactions

J'aime beaucoup la phrase de Matt : la Chine est partie pour rester.
Ma foi, c'est aussi bien que de rester pour partir.
Bruno HAAS, Le vendredi 08 novembre 2019

Moins de 150 voitures par mois pour DS... à l'échelle de la Chine c'est plus qu'une "très mauvaise posture". Et on voit mal le DS3 Crossback redresser la barre à lui tout seul.
Et en Europe, y aura t-il toujours assez de place pour DS, Alfa et peut-être Lancia ?
Yaa, Le vendredi 08 novembre 2019

Bonne remarque et bonne question cher Yaa.
J'espère de tout coeur - l'espoir fait vivre paraît-il - que Alfa Romeo et Lancia renaîtront de leurs cendres. Cuir, bois, sportivité, élégance, fiabilité, heu non, pas fiabilité, mais on leur pardonne, comme chez Jaguar. Que bella machina !

En revanche, pour DS, sachant que toute mon enfance a été bercée par les vraies DS, de la 19 à la 23 injection, si ces vraies-fausses Citroën-DS fabriquées quelque-part-ailleurs-je-ne-sais-où doivent disparaître, ça m'en touchera une sans.... (merci Jacquot pour cette phrase culte).
Bruno HAAS, Le vendredi 08 novembre 2019

Pour le moment la seule chose qui marche en Chine, c'est la caisse statutaire de plus de 5m de longueur avec plein de place à l'arrière...
Sinon pour le reste le chinois a largement le choix en produits maison à moitié prix !!!
Le patron de Tesla (fait unique et nouveau) est le seul qui est arrivé et leur a dit: Vous mettez le pognon et je vous fait une usine et l'année prochaine vous allez produire 500000 voitures de mon cru.
En moins de six mois, trois banques chinoises ce sont pointées, et pas besoin pour le patron de Tesla de mettre le moindre dollar dedans !
Des faiseurs de Buzz disent que Carlos T. a appelé Musc pour qu'il lui vende des batteries !
Je ne sous estime pas Carlos...mais il a intérêt à se magner le dérrière !
Ceci dit passer par les States avant de partir en Chine...pourquoi pas !
Deal with that !

Jo Duchene, Le vendredi 08 novembre 2019

Perso, je trouve les dernières DS impressionnantes, la DS3 un peu et la DS7 surtout.
Style, personnalité et originalité, prix aussi d'ailleurs.
PCA a osé et perdure, je trouve cela salutaire.
A priori, la nouvelle DS8 proche des 5m sera fabriquée en Chine et réimportée en France…
C'est un signe.
Si la marge est là à la vente de chaque modèle, le modèle économique peut tenir… la route !
clerion, Le vendredi 08 novembre 2019



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