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Constructeurs - 04/05/2015

L’Etat fait passer les droits de vote double et vote contre le salaire de Carlos Ghosn à l’AG de Renault

L’Etat français représentait 32,2 % des droits de vote lors de l’assemblée générale de Renault du 30 avril ce qui lui a permis de rejeter la résolution 12 qui visait à empêcher l’application des droits de vote double.

Pas de coup de théâtre ce jeudi 30 avril à l’assemblée générale de Renault. Avec un taux de participation représentant 72,45% des droits de vote, l’Etat en détenait près de 32,2% (avec un peu moins de 20% du capital).
Pas tout à fait suffisant pour atteindre à lui seul la minorité de blocage (un tiers) mais suffisant ce jeudi pour parvenir à ses fins et bloquer l’adoption de la résolution 12. Cette résolution qui a fait débat dans les semaines précédant l’assemblée générale visait à faire adopter le principe "une action, une voie" pour échapper à l’application de la loi Florange qui donnera à partir du 1er avril 2016 des droits de vote double à ceux qui détiennent leurs actions depuis plus de 2 ans. Celle-ci a recueilli 60,53% de voix pour et donc 39,39% de votes contre, soit plus du tiers, l'Etat n'étant ainsi pas le seul actionnaire à vouloir la mise en oeuvre de droits de vote double.


Une situation asymétrique entre l’Etat et Nissan
Pourtant, encore quelques minutes avant l’assemblée générale, le conseil d’administration avait diffusé un communiqué précisant les raisons qu’il avait de s’opposer à la mise en œuvre des droits de vote double, communiqué lu pendant l’assemblée générale par Philippe Lagayette, administrateur référent.
Principal argument mis en avant par le conseil d’administration de Renault l’absence de droit de vote de Nissan qui constitue "une situation asymétrique" qui va être "considérablement" accentuée par les droits de vote double. Le conseil d’administration précise qu’avec un niveau de participation identique à 15% (puisque l’Etat s’est engagé à revenir à ce niveau après l’AG) "les droits de vote de l’Etat monteraient à 28%, tandis que ceux de Nissan resteraient à zéro".
Or, "le bon fonctionnement de l’alliance est un actif essentiel" de l’entreprise, explique le conseil qui souligne que pour lui, "la préservation de la qualité des rapports dans l’alliance est une priorité". 
"Dès que la loi a été votée, nous nous sommes aperçus qu’elle poserait un problème particulier chez Renault", a dit  Philippe Lagayette. "Quel que soit le caractère correct des règles juridiques qui sont appliquées cela aboutit à une situation de déséquilibre qui est ressentie comme telle par notre partenaire Nissan."   
"Le rôle du conseil d’administration est de dégager, même et surtout quand il y a des désaccords entre actionnaires, un sentiment majoritaire sur l’intérêt de la société. C’est ce que nous avons fait", a-t-il dit en conclusion d’une intervention chaudement applaudie dans la salle.


"Des débats dépassionnés", selon Ghosn
Ce conflit qui a fait apparaître un différend entre l’Etat français et le PDG de Renault aurait-il dû conduire à sa démission ? C’est une des questions qui lui a été posée. "Dans n’importe quelle autre société lorsqu’il y a un conflit aussi manifeste entre l’actionnaire principal et son PDG, le PDG prend la décision qui s’impose, c'est-à-dire qu’il part de l’entreprise. Que compte faire Monsieur Carlos Ghosn ?", lui a demandé un actionnaire.
"Si vous écoutez les médias vous avez un son de cloche qui ne correspond pas forcément à la réalité des événements", lui a répondu Carlos Ghosn. "Ces débats au niveau du conseil ont été des débats logiques, des débats dépassionnés basés sur un certain nombre d’échanges d’arguments et je peux vous dire que cela se passe en toute civilité et qu’il n’y a pas du tout cet esprit de conflit larvé dont on est en train de parler et que l’on essaye de mousser. Cela ne se passe pas comme ça, je vous le dis parce que c’est la réalité. Il peut y avoir des divergences de points de vue, c’est normal. On n’est pas toujours d’accord sur tout. On essaie de converger. Il y a eu beaucoup de débats autour de la résolution 12. Nous faisons tout cela dans l’intérêt de Renault, dans l’intérêt de l’Alliance", a dit Carlos Ghosn, vivement applaudi par la salle alors que l’actionnaire à l’origine de cette question s’était fait siffler et huer.


Une rémunération approuvée à 58,33%
La question de la rémunération de Carlos Ghosn était l’autre question où s’exprime une divergence de point de vue entre le conseil d’administration et l’Etat français.
Longuement détaillée par Marc Ladreit de Lacharrière, administrateur, président du comité des nominations et de la gouvernance dans le cadre du principe "Say on pay" qui soumet le salaire du PDG des grandes entreprises au vote des actionnaires (pour avis), la rémunération de Carlos Ghosn faisait l’objet de la résolution 9. Elle n’a recueilli que 58,33% d’avis favorables.
Ce mauvais score n’est pas une surprise puisque déjà l’an dernier, la rémunération de Carlos Ghosn n’avait recueilli que 64,4% d’avis favorables. Ce sont donc les mêmes qui ont voté contre puisque la dégradation s’explique par la montée au capital de l’Etat qui, là encore, fidèle à ses principes s’oppose à une rémunération qui se situe bien au-dessus du rapport maximal de 1 à 20 (par rapport aux salaires les plus bas de l’entreprise) que l’Etat français a imposé pour les salaires des PDG des entreprises publiques.
La rémunération de Carlos Ghosn pour 2014, comprend trois éléments principaux : un salaire fixe (1,23 million d’euros), une part variable dont 75% lui sera versée sous forme d’actions en 2019 (1,81 millions d’euros en 2014, soit 147,5% du fixe pour un maximum de 150%) et une rémunération de long terme sous forme d’actions de performances qui seront acquises en 2018 (100 000 actions, valorisées 4,1 millions d’euros). Cela donne au titre de 2014 une rémunération de 1,73 million d’euros en numéraire auxquels s’ajouteront 5,47 millions en actions.
Comme l’avait dit la veille Louis Gallois à l’assemblée générale de PSA à propos du salaire de Carlos Tavares, Marc Ladreit de Lacharrière a souligné que cette rémunération avait été définie avec l’assistance de cabinets spécialisés et se fait avec l’aide de "benchmark de rémunérations de dirigeants". Pour preuve la rémunération du président du directoire de PSA est très proche avec un fixe de 1,3 million et un variable qui peut atteindre 150% de la part fixe, de plus il bénéficiera à partir de l'an prochain d'actions de performances.
Outre ces deux résolutions, seize autres étaient au menu de cette assemblée générale dont celle approuvant la distribution d’un dividende de 1,90 euro par action (adoptée à 99,59%). Pour l’Etat français cela représente 84,3 millions d’euros sur la base d’une part du capital de 15%, en hausse de 8 millions d’euros par rapport à l’année précédente (+10%).
Il y avait aussi la nomination au conseil d’administration de Renault de Cherie Blair, avocate britannique, femme de l’ancien premier ministre du Royaume-Uni (adoptée à 99,37%). Elle est la cinquième femme à en être membre sur 19 personnes. Pour atteindre en 2017 l’objectif de 40% de femmes dans son conseil d’administration, Renault devra en nommer au moins deux autres d’ici là.
Florence Lagarde

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Réactions

Bon maintenant l'état doit revendre ses actions comme un bon petit trader,allez on ferme les yeux pour cette fois ,vade oû pas?
On en est oû avec le programme VE et ces 20% de marché déclaré il y a deux ans?ah oui c'est la faute de l'état,au fait bravo pour votre salaire chapeau l'artiste.
Quant je pense que M Besse a laissé sa peau pour la boite ,il doit mettre des coups de pieds dans la boite,et Loulou qui vous a fait cadeau de Dacia....
alain boise, Le lundi 04 mai 2015

Au contraire alain boise, je trouves que le salaire de ghosn n'est non seulement pas si excessif que ça par rapport à d'autres, mais mérité par rapport à d'autres. Et parmi les autres, je citerais le gourou Sergio Marchionne, au salaire bien plus élevé alors que son bilan est aussi médiocre que la mentailté du personnage : chez FIAT, à prt la 500 c'est mort, Lancia est mot de ses mains et chez Alfa, à part la 4C (véhicule de niche, donc pas fait pour le volume) c'est mort aussi. Le monsieur en croit qu'au tendem Ferrari/Maserati, tout le reste est a sacrifier. A côté, Ghosn touche beaucoup moins et a réussi à relever Renault
Frédéric LANGLOIS, Le lundi 04 mai 2015

Pas mal de points communs entre Sergio et Carlos,ils ont tt les 2 rachetés des boîtes etrangeres pour pas grand chose,Renault sera t'il Japonais et Fiat Américain?en tout cas vont avoir du mal à fermer la porte du coffre.
Malgré tout, beau parcours boursier pour les deux ,les actionnaires sont contents et l'état Français en premier
alain boise, Le lundi 04 mai 2015

C'est bien vrai qu'il y a "une situation asymétrique" dans l'Alliance et Nissan n'a pas besoin de droits de vote pour diriger de fait Renault au quotidien depuis que Monsieur Ghosn a placé des hommes de Nissan à la tête des principales directions opérationnelles de notre constructeur dit "national".
Jacques CHEINISSE, Le lundi 04 mai 2015

.... Et si ce n´était pas plutôt l´inverse ?

Les errements passés depuis 15 an de Renault ( Velsatis, Avantime, Laguna ii et iii, moteurs V9X, VE etc...). ne sont-ils pas la conséquence directe d´une réglementation nationale qui évolue de manière anarchique? Les réglementations spécifiques à notre pays ont tué les evolutions technologques, les moteurs V6 (et V8), alors que dans d´autres pays, l´Allemagne par ex. , tout est fait pour developer l´industrie auto. , aussi bien sur le marché intérieur qu´à l´export.

Cette démarche, bien que plus récente, a aussi été aussi celle de l´Angleterre. Après avoir détruit son industrie de 1970 à 2000, s´appuie maintenant sur les usines locales des constructeurs étrangers ( Japon, Allemagne, US ) pour developer la production automobile. Avec un certain succès.

A ce petit jeu, la France va perdre dans trois ou quatre ans ce qui lui reste. Renault restera alors un des fournisseurs de composants de Nissan et Daimler. Comment, dans ces conditions proposer des produits technlogiquement évolués ? Idem pour PSA, qui a ressenti le soufflé du boulet l´an dernier. Cela semble avoir surpris beaucoup de monde mais pas du tout les connaisseurs automobile.

A ce propos, je suis affligé par le contenu technologique du nouvel Espace Renault en le confrontant à la gamme INFINITI ( en particulier les trains roulants, mécaniques, les bugs du sys navi.). Cette gamme INFINITI est pourtant très pénalisée sur notre marché par les diverses taxes, malus etc...

Ceux qui s´en tirent bien sont les Allemands, à force de déclinaisons plus ou moins bien adaptées ( downsizing ) proposent leurs très onéreux premium et en font des produits de luxe très recherchés.
Smarter, Le lundi 04 mai 2015

" Comment, dans ces conditions proposer des produits technlogiquement évolués ?"

Le problème est aussi de savoir si cette "course à l’échalote" est pertinent. Vouloir mettre toute la technologie qu'on peut imaginer sur une auto n'a quasiment que des inconvénients pour le client : alourdissement de l'auto (alors qu'il faut au contraire qu'elle deviennent de plus en plus légère avec les futures normes euro contre la pollution), risque de pannes accru, complexification de la prise en mains du véhicule [...] seuls les constructeurs s'en servent pur montrer qu'ils "ont la plus grosse", un péché d’orgueil sans intérêt, Qu'est donc devenu le fameux slogan "technologie 100% utile" ? Quant au premium allemand, on en reparlera quand ils auront compris qu'on ne vend des autos que quand elles sont fiables. J'attend leur future supergolf à 420 ch inutilisable ailleurs que sur autoroute droite avec impatience, déjà qu'ils ont bien du mal à proposer un 2,0 litres TFSI qui tient longtemps sans tomber en panne en 300 ch, alors avec 120 ch de plus !
Frédéric LANGLOIS, Le lundi 04 mai 2015

Le constat de F. Langlois est accablant pour les allemands mais c'est totalement vrai.
Les conséquences pour l'avenir c'est que cette course à l’échalote (précipitation et raccourcissement des cycles de renouvellement des gammes, mauvaises pratiques de fabrication, non maturation des véhicules et fiabilité douteuse) des constructeurs teutons auront des effets pervers sur le marché très limité du VN et encore plus sur celui de l'occasion.
Ce marché dévalorise très fortement des modèles très couteux qui sont affublés d'options et organes qui coutent en entretien hors garantie une fortune. Il n'est pas rare que ce même véhicules soient cotés à -50% de leur valeur de neuf en moins de quinze/dix-huit mois.
Pis pour les marchand de certaines marques, les amateurs fortunés se passent le mot et les évitent.
Dans le domaine encore plus restreint des supersportives dans une interview au magazine Turbo, un loueur américain se plaignait amèrement que les voitures de MCLaren étaient une catastrophe au point de vue fiabilité et tous les organes tombaient en panne les un après les autres, contrairement à des modèles américains.
J'ai vu passer des devis pour certaines sportives qui allaient de 15.000 à 35.000 euros de réparation pour casses qui n'auraient pas eu lieu de l'être.
Encore il y a peu le Groupe VW disposait de 80 véhicules Bugatti encore invendus.
Quand on a la possibilité de parcourir en voiture certains états (Floride par exemple) des US, il n'est pas rare de croiser et voir sur un parking d'un MacDo des supersportives , mais la majorité c'est quoi?
Des Nissan GTR qui on un rapport qualité/prix imbatable, et toute la production américaine à grosse cylindrée.
Le client américain déteste avoir des problèmes de fiabilité.
Le groupe VW avait compris que sa présence aux US était indispensable, mais au fait il n'ont pas compris ce marché et n'ont réussi depuis le début de leur offensive et une usine américaine sur place, à vendre plus de 80.000 Passat.
Aux dernières nouvelles Cadillac construit un nouveau moteur diesel quatre cylindres....c'est une très mauvaise nouvelle pour les allemands.
Jo Duchene, Le mardi 05 mai 2015



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