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Constructeurs - 28/04/2014

Le groupe PSA obtient de ses actionnaires un accord "quasi unanime" pour son rapprochement avec Dongfeng

Réunis ce vendredi 25 avril en assemblée générale, les actionnaires de PSA ont donné leur aval à l’entrée de Dongfeng et de l’Etat français à plus de 98% des votants même s’il y a bien eu quelques critiques pendant les questions réponses.

Les assemblées générales réservent rarement des surprises et il n’y a pas eu de coup de théâtre ce vendredi après-midi au siège du groupe PSA Peugeot Citroën.
Dans cette pièce jouée d’avance, Thierry Peugeot qui présidait cette assemblée pour la dernière fois a déroulé l’ordre du jour comme à son habitude ; Carlos Tavares qui faisait sa première apparition en tant que président du groupe a présenté le plan de redressement "Back in the race" annoncé quelques jours plus tôt après que le directeur financier, Jean-Baptiste de Chatillon ait commenté brièvement les mauvais résultats financiers de l’année 2013 (une perte nette consolidée de 2,3 milliards d’euros en 2013 après les 5 milliards de pertes de 2012).
Les actionnaires qui n’ont pas perçu de dividendes pour la troisième année consécutive (2011, 2012 et 2013), n’en tiennent pas pour autant rigueur à Philippe Varin, président de PSA ces cinq dernières années (d’avril 2009 à mars 2014) puisqu’ils l’ont chaleureusement applaudi après que Thierry Peugeot l’ait remercié pour avoir dirigé le groupe "dans une période marquée par une très grave crise du marché automobile européen".  "La crise que traverse notre groupe est liée à celle que traverse notre pays et l’Europe", a aussi dit Thierry Peugeot, minimisant les responsabilités des dirigeants du groupe.

Des résolutions adoptées à 99,87%
L’essentiel ce jour-là était d’obtenir l’approbation des actionnaires pour l’augmentation de capital de 3 milliards d’euros qui conditionne les moyens nécessaires à la mise en œuvre du plan de redressement concocté par Carlos Tavares pour lequel il mis à contribution "120 cadres de l’entreprise", a-t-il précisé. 
Cette augmentation de capital (deux ans après celle de 1 milliard d’euros réalisée en mars 2012 à laquelle avait pris part GM qui a vendu fin 2013 les 7% qu’il détenait) s’accompagne cette fois de l’entrée du constructeur chinois Dongfeng (3,5 millions de véhicules vendus en 2013, dont 655 000 sous sa marque Fengshen) et de l’Etat français (via la société Sogepa).
La mécanique de cette augmentation de capital qui se déroule en deux temps faisait l’objet des résolutions 16 à 20 qui ont toutes été adoptées à plus de 98% des voix. Après que le Conseil de surveillance ait adopté ce projet "à l’unanimité" le 19 février dernier comme le leur a rappelé Thierry Peugeot, les actionnaires en ont pratiquement fait de même. Si l’on voulait chipoter, c’est l’entrée de l’Etat qui a fait le "plus mauvais" score avec une résolution approuvé à 98,3% quand toutes les autres l’ont été à 99,87% (et donc l’entrée de Dongfeng).

Neuf mois pour réaliser l'augmentation de capital
Les dirigeants de PSA qui ont maintenant obtenu le feu vert n’ont pas donné de calendrier pour le début de cette opération, le directeur financier, Jean-Baptiste de Chatillon ayant seulement précisé que le groupe le ferait "au moment opportun", l’ensemble devant être cependant réalisé dans les 9 mois suivant l’assemblée générale et probablement au cours du deuxième trimestre.
Pour rappel, cette augmentation de capital passe par une première étape réservée à Dongfeng et l’Etat français qui y souscriront à hauteur de  524 millions d’euros chacun (soit 1 048 millions d’euros) leur permettant de détenir chacun 14% du capital.
Suivra ensuite une augmentation de capital de 1,95 milliard qui sera souscrite en partie à nouveau par Dongfeng et l’Etat français pour 276 millions d’euros chacun, portant l’investissement de l’Etat français et de Dongfeng à 800 millions d’euros chacun (soit à eux deux 1,6 milliard d’euros).
Le solde de cette augmentation de capital (soit 1,4 milliard d’euros) sera souscrit en partie par la famille Peugeot (pour un montant compris entre 150 et 250 millions), via les sociétés EPF (Etablissements Peugeot Frères) et FFP (contrôlée par EPF) pour lui permettre de maintenir sa part du capital à 14% (contre 25,27% du capital et 37,89% des droits de vote précédemment).
Les actionnaires actuels du groupe qui recevront des BSA (1 par action, 10 donnant droit à la souscription de 3 actions nouvelles) pourront souscrire à cette seconde partie de l’augmentation de capital (dont le prix d’émission n’a pas encore été défini) dans les mêmes conditions financières que l’Etat et Dongfeng, soit 7,5 euros l’action (le cours de l’action Peugeot étant de 12,82€ vendredi 25 avril à l’issue de l’AG).

Quelques critiques et inquiétudes
Si elle a été largement soutenue par les actionnaires, cette augmentation de capital a tout de même fait l’objet de quelques critiques. Ainsi Nicolas Miguet (journaliste économique, président du "Rassemblement des contribuables français") qui intervenait au nom "d’un millier d’actionnaires" a critiqué les conditions financières de l’entrée de l’Etat et de Dongfeng . "Je ne voterai pas favorablement aux résolutions permettant à l’Etat et Dongfeng de rentrer à bas prix", a-t-il dit, estimant que l’entreprise aurait dû proposer une alternative en priorité aux actionnaires.
Il a également évoqué l’hypothèse de la cession de Faurecia ("de l’argent qui rentre et une dette qui sort"), à quoi Tavares lui a répondu que Faurecia était "une entreprise plus rentable que la division automobile". "Faurecia nous tire vers le haut et a encore un potentiel d’amélioration", a dit Tavares.
La CGT avait également envoyé à l’AG un représentant demandant comme l’an dernier la suppression d’une résolution permettant au directoire de procéder au rachat de ses propres actions jusqu’à 455 millions d’euros (la résolution 15 adoptée par la suite à 99,87%). A quoi, comme l’an dernier, Thierry Peugeot a répondu qu’il s’agissait "d’une résolution standard". La CGT s’est également inquiétée du transfert de technologie lié à l’entrée de Dongfeng au capital de PSA avec la création d’un centre de R&D commun pour "l’étude et le développement de nouvelles plateformes et motorisations" mis en balance avec "l’abandon du projet de boite de vitesses à double embrayage à Valenciennes".  "L’argent public doit servir à préserver les emplois en France, ce qui n'est pas le cas", a dit ce représentant de la CGT. "La préoccupation de protéger les collaborateurs nous la partageons", lui a répondu Carlos Tavares, soulignant que ce centre R&D chinois était "l’opportunité de bénéficier de ressources que nous avons là-bas". "Nous espérons améliorer les profits et la récurrence des profits qui sont la meilleure protection que nous pouvons offrir aux salariés."

Un désendettement nécessaire
C’est bien l’absence de profits et au contraire la "récurrence des pertes" avec une marge opérationnelle négative de l’activité automobile sur 5 des 6 derniers exercices (la seule année en positif étant 2010 avec une marge opérationnelle de 621 millions d’euros pour l’activité automobile, soit une marge opérationnelle de 1,5%) qui a rendu nécessaire cette augmentation de capital.
Ainsi, le groupe qui a vu sa dette augmenter de 1 milliard d’euros en 2013 avait à fin décembre une dette nette de 4,148 milliards d’euros. Compte tenu de sa mauvaise notation par les agences, cette dette lui coûte très cher avec des frais financiers de 750 millions d’euros sur l’année.
Ces 3 milliards d’euros d’augmentation de capital seront donc en partie employés à réduire l’endettement a précisé Jean-Baptiste de Chatillon (sans dire à quelle hauteur). Mais ils devront aussi participer aux investissements annoncés par le plan de Carlos Tavares : redéfinition du portefeuille de produits et amélioration de l’intégration locale pour restaurer la rentabilité en Amérique Latine et en Russie,  investissement dans la prochaine génération de traction hybride, ainsi que les investissements dans les usines en France (dans le cadre de l’engagement de 1,5 milliard d’investissement du Nouveau contrat social) et l’extension des capacités à l’international.
On le devine, ces fonds seront rapidement insuffisants compte tenu de l’ampleur des investissements à mener sans un retour rapide à la rentabilité de PSA. Or, Carlos Tavares n’a pas pris d’engagements de retour à la rentabilité avant 2016 (avec une promesse de free cash-flow positif au plus tard en 2016 et une marge opérationnelle de 2% en 2018)  ce qui lui a été reproché par un actionnaire qui l’a accusé de "noircir les chiffres".
"Ce que je mets au premier rang c’est d’abord la crédibilité de délivrer les résultats avec une bonne certitude", lui a répond Carlos Tavares, soulignant cependant que les résultats étaient toujours exprimés "en date au plus tard".
Florence Lagarde

Lire le détail des résultats financiers et Ventes de PSA de 2008 à 2013

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