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Analyse - 07/12/2015

Le Véhicule Electrique à moins de 7000 euros de Ségolène Royal : quand l’agitation médiatique prend le pas sur l’action publique

La chronique de Bernard Jullien, Maître de Conférence à l'Université de Bordeaux et conseiller scientifique de la Chaire de Management des Réseaux du Groupe Essca.

Ségolène Royal s’est vue dépossédée du rôle clé de responsable de l’accord qui se négocie ces jours ci à Paris au profit de Laurent Fabius. Il lui faut dès lors tout faire pour tenter de transformer son strapontin en trône médiatique. C’est dans ce contexte qu’est intervenue jeudi matin une bien curieuse annonce d’un appel mondial à projet de la France pour un véhicule électrique à 7000 euros. Dans l’espèce de grande lessiveuse à idées que représente la multitude de d’initiatives associées à la COP 21, il existe un "forum des solutions" où Ségolène Royal est venue officialiser une annonce qu’elle avait déjà laisser « bruiter » il y a deux mois : le PIA lui a octroyé une "ligne" pour tenter de relancer au plan national ce qu’elle avait – avec le succès que l’on sait – tenté d’implémenter sur feu Poitou-Charente il y a presque 10 ans.

Après une conférence de presse à 10h15, Ségolène Royal a donné une interview à 20 minutes. Dans le brouhaha médiatique, l’annonce est passée malgré cela un peu inaperçue et, dans l’agenda de la Ministre que nous donne le site "segorama", il y avait effectivement 7 rendez-vous entre sa "Déclaration sur les véhicules électriques (avec appel à projets pour les véhicules électriques financièrement accessibles à tous)" et son invitation par Laurence Ferrari sur i-télé à 19h30. En cherchant à en savoir plus, on ne peut deux jours après que se fier à quelques papiers laconiques qui tous, se demandent ce que pourra bien être ledit appel à projets, son budget et ses objectifs. 

Le site "Clubic" écrit ainsi :

"On n'en sait guère plus à ce stade, ce qui laisse plusieurs questions majeures sans réponses. Pour commencer, quelle valeur contraignante cet appel à projet a-t-il ? Comporte-t-il des garanties de résultat ? Et quid du bonus écologique ? Les possesseurs de voitures diesel mises en circulation avant 2001, éligibles à un bonus de 10 000 euros, pourront-ils obtenir ces voitures bon marché gratuitement ? Probablement pas, mais on n'a encore aucun détail."

Du côté des intentions ou de la philosophie de l’appel, Ségolène Royal s’était montrée un tout petit peu plus précise sur i-télé le 9 octobre. Elle y avait alors déclaré : "Il faut vraiment que le prix du véhicule électrique baisse. Je vais lancer un appel à projets avec les plans d'investissements d'avenir pour que les industriels français, voire européens, mettent au point une voiture électrique populaire, grand public, dont le prix pourrait s'échelonner entre 5 000 et 8 000 euros". Reprenant à la fois son crédo picto-charentais et l’assez classique défiance des milieux écologistes vis à vis des constructeurs, elle avait alors ajouté : "Il faut saisir ce problème comme une chance qui va pousser les industriels à construire le véhicule du futur. Ce que j'espère dans 5 ans c'est qu'une voiture sur deux soit électrique. Nos industriels traînent trop fortement sur le véhicule électrique".

Ces intentions, au demeurant louables, devraient, pour se concrétiser, renvoyer à un plan de grande ampleur dès lors qu’elles engageraient l’automobile loin des sentiers qu’elle s’apprête à emprunter. Si ce devait être une priorité et que Ségolène Royal devait y jouer le rôle clé que ses annonces impliquent, trois questions au moins se poseraient :

- Quelles leçons Ségolène Royal a-t-elle tiré des échecs de Eco-Mobilités et/ou de Heuliez-Mia ? 

- Quel est le degré de concertation et d’expertise qui est intervenu en amont de cette annonce incongrue ? 

- Quel est le positionnement d’un un tel appel par rapport aux projets portés par le Ministère de l’industrie et la PFA et, en particulier, par rapport au projet du véhicule 2 l au 100 ? 

Faute de répondre à ces questions que chacun se posera, Ségolène Royal semble une nouvelle fois confondre action publique et agitation médiatique et fait ainsi plus de mal que de bien à la cause qu’elle prétend embrasser. 

En multipliant, les "il faut que" et les "ce que j’espère" sans être à même d’obtenir les arbitrages politiques qui donneraient corps aux orientations qu’elle défend, elle paraît chercher dans les médias l’attention que ses collègues du gouvernement ne prêtent plus à ses arguments. En cherchant à faire émerger des entreprises qui portent les solutions qu’elle promeut plutôt que de rechercher des compromis avec des acteurs crédibles et aptes à les porter, elle court le risque de discréditer pour longtemps les politiques industrielles et de l’innovation dont a pourtant besoin l’automobile en général et l’automobile française en particulier.

D’une certaine manière, le flop qu’a fait cette déclaration de jeudi peut rassurer : personne ne l’a prise au sérieux. 

D’un autre côté, tout indique que Ségolène Royal n’a pas avancé une telle idée sans avoir l’assurance que le PIA lui ouvrira une "ligne" pour lui donner corps. Nos trois questions se poseront alors à nouveau. En effet, soit il s’agira de quelques millions qu’elle aura arrachés pour faire vivoter quelques projets marginaux de voiturettes en portant à bout de bras quelques start-ups mort-nées et ce sera un moindre mal. Soit, il s’agira - comme elle semble le promettre - d’un projet structurant mobilisant des sommes qui permettent d’espérer que des acteurs de taille mondiale se mobilisent. 

Alors, il sera urgent de faire sortir l’affaire des arènes médiatique et de remettre le projet et les expertises mobilisées pour examiner les réponses dans le monde réel : faire un véhicule électrique à 7000 euros exigerait des investissements, des arbitrages règlementaires (renonçant par exemple à une bonne part des règles qui s’appliquent aujourd’hui pour homologuer un véhicule) et une mobilisation de toutes les forces vives de l’automobile européenne qui, d’évidence, n’est pas préparée : l’agitation médiatique a ses limites ; l’action publique a ses exigences ; le véhicule électrique à 7000 euros, tel que ce dossier se présente, est mort-né.

Bernard Jullien

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Réactions

Un grand merci à M Julien ,effectivement tout est mortné pas de subvention pas de marché.
Regardez la faillite en Espagne d'Abengoa 25000 personnes à la porte et pourtant ya du soleil la bas.
On ne peut pas être pour le véhicule électrique et contre l'énergie nucleaire,il faut faire des choix clairs dns la vie,tt les énergies intermittentes ne tiennent que par des subventions c'est indiscutable
alain boise, Le lundi 07 décembre 2015

Rien que le prix des batteries ca fait deja 7000 euros... doinc la ministre ne doit pas savoir bien compter....
A sa decharges si on regarde la RevaMahindra e2o, vendue 500.000 roupies, soit...7000 euros, on y est. Mais c'est du 48 Volts toute petite puissance (30ch). Cela etant, pourquoi pas, pour la ville ?
MaFf, Le lundi 07 décembre 2015

Et on ne peut pas non plus être pour l'énergie nucléaire et contre le véhicule électrique ;-)
Sans les milliards du gouvernement des EU, les constructeurs américains faisaient faillite lors de la crise de 2008/2009. C'est au prix de combien de licenciements que l'industrie auto nord-américiaine est repartie ? pourtant il y a de l'essence pas chère, plein de routes et de conducteurs aux US...

Pour revenir à l'article, la question à se poser est avant tout la place de la voiture en milieu urbain et péri-urbain. Au delà de la pollution, un VT ou un VE, ça prend la même place dans les embouteillages.
JLS, Le lundi 07 décembre 2015

Ne pourrait-on pas ajouter : "c'est effectivement à force de proposer ce type d'escroqueries communicantes agitées que notre personnel politique est arrivé aux brillants résultats politiques de ce matin" ?
Pierre l'Alpin, Le lundi 07 décembre 2015

Cela existe déjà ! Il y a la voiture de golf…
Le rat des champs, Le lundi 07 décembre 2015

JLS le sauvetage dont vous parlez pour les US il a eu lieu une fois pour toutes ,et une fois à flot vogue la galère ,pour les subventions en France c'est chaque jour pour tenir une "industrie "perfusee
alain boise, Le lundi 07 décembre 2015

Pour ce tarif, ne trouve t-on pas déjà la Renault Twizy ?
C'est une petite voiture non ?

Pour 7000€ on a aussi un très bon VTT à assistance électrique pour les petits mollets et les moins courageux... ;-)

Le gouverne est tout sauf cohérent :
L'offre de véhicules électriques existe déjà. Le prix n'est pas vraiment un problème avec une Renault Zoé déjà abordable.
Le problème est de pousser les acheteurs à passer le cap de l'achat.
Même di un VE suffit pour 95% de leurs usages, les automobilistes ne pensent qu'aux 5% où l'autonomie ne suffira pas pour visiter mémé ou partir en vacances...
Mais alors qu'attend le gouvernement pour investir massivement dans des bornes de recharges rapides le long des autoroutes et routes de France ? Bien sur celles-ci devront être disponible en grandes quantité afin d'éviter de devoir faire la queue 3 heures avant de pouvoir recharger sa batterie en 30minutes...

Que l'on commence par les bornes de recharges. Quelles soient bien visibles et le public suivra !
Chr$, Le lundi 07 décembre 2015

30 mn pour recharger votre batterie comme dirait l'autre restez pas à côté ,ça craint!!!
alain boise, Le lundi 07 décembre 2015

Ah Ségolène...
Fermez les yeux et sur l'air de Célimène chantez Ségolène...Ségolène...ya ka roulé la vwati electric....
Vous allez voir ça fait du bien

PS : L'autre = Lucos
;0)
Luc os, Le lundi 07 décembre 2015

@Chr$ Vous avez l'air de reprocher aux automobilistes de ne penser qu'aux 5% de l'usage - aller voir Mémé - qui font qu'ils renoncent à la VE, ou tout au moins qu'ils n'en achètent pas beaucoup. Au passage, je suis bien certain que vous pensez, vous, aux 95% et que vous avez une VE bien sûr...
Avec votre raisonnement une voiture n'a pas besoin de coffre qui est vide 99% du temps, pas besoin de 7, 6, 5 ou 4 places car le conducteur est seul dans sa bagnole plus de 90% du temps, pas besoin de roue de secours qui n'est utilisée que 0,01% du temps, pas besoin des phares qui sont utilisés environ 1% des km parcourus.
Ça y est, elle existe votre bagnole idéale et 100% utile, c'est la Twizy ou équivalent. Je vous la laisse et je reste sur mon rodstère qui est encore mieux en minimalisme puisqu'il n'a que deux roues, pas de coffre, pas de roue de secours, pas de chauffage, pas de parebrise donc pas d'essuie-glace, et même pas de volant ! Ceci dit, il valait neuf bien plus de 7000 €.
Quant à la Royale Air Farce, la décence m'interdit d'écrire le commentaire que j'ai en tête.
Bruno HAAS, Le lundi 07 décembre 2015

Un ton un peu taquin M. Jullien dans son article sur notre Ségo ! Il est vrai que parler d'un véhicule électrique à Ferrari, ça peut faire rire. Manque plus que Jean Pierre Pernaud ou Jean-Claude Bourret. On peut toujours rêver pour une production franco-française (cocorico) quand on sait que la plus grande centrale électrique solaire qui vient de démarrer en Gironde n'a pas un seul panneau photovoltaïque français...
clerion, Le lundi 07 décembre 2015

Eh JLS, il faut sortir de chez soit pour savoir qu'aux US rien n'est gratuit et que le gouvernement américain à été remboursé (en avance) et avec les intérêts...rien à voir avec la France.
Le vote Ségolène mais il me faut le beurre et l'argent du beurre sinon je dit niet.
Mettons Ségolène le fessier dans une Twizzy Renault justement tape cul dans une journée d'hiver avec pluie et neige e fenêtres sans protection ou avec une feuille de plastique presque opaque en guise de vitres. Ce serait super rigolo avec son François sur le strapontin arrière.
Bravo pour les gars qui on conçu çà et qui ne ce sont pas fait virer pour ce boulot de merde inachevé produit.
Renault a toujours été bonne fille et laissons son PDG profiter de ses millions accordés par le CA et les actionnaires. Amen.
Le français a toujours fait la mauvaise tête quand on se fou de sa gueule.
Je suis sur que le Professeur Bernard ne parle jamais à des étrangers pour leur expliquer comment çà marche en France la politique et l'industrie qui couchent toujours de manière bizarre car ce ne serait que des parties de rigolade permanentes.
Un professeur doit en principe être sérieux.
Professeur, je vous plaint sincèrement d'être obligé de perdre votre temps avec des guignols politiques de cet acabit et le sexe de nos personnages politiques n'ont rien à voir là dedans.
Allez tous les politiques au piquet et on écrit cent fois:
On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif.

Jo Duchene, Le lundi 07 décembre 2015

Ah les propos d'Escrolène ROYAL ! De moins en moins crédibles et donc racontant de plus en plus de bêtises pour tenter d'exister médiatiquement dans le maelstrom de la COP 21.
Qui va rappeler à Royal Air Farce le glorieux épisode de la MIA ?
PDK, Le lundi 07 décembre 2015

Lucos ça vous a blessé ?c'est pourtant comme cela que vous me baptisez,mais vous m'avez dit sur la toile c'est comme ça ,c'est taquin.
Comment dites vous enLatin ne faites pas aux autres ce que vous n'aimeriez pas que l'on fasse
alain boise, Le lundi 07 décembre 2015

Electricitas retro satanas (quand le courant ne passe pas entre deux personnes). Encore 6 jours à attendre et vous pourrez vous défouler dimanche prochain aux urnes... (veritas urnas politicas...)... ;-)
clerion, Le lundi 07 décembre 2015

Clerion svp restez en-dehors de notre différent et je ne me défoule pas en votant ,c'est trop grave
alain boise, Le lundi 07 décembre 2015

Personnellement, je me trouve encore heureux d'être dans un pays démocratique où l'on peut s'exprimer au travers des urnes. Le jour où je ne pourrai plus voter dans mon pays, je suis d'accord cela sera trop grave. M. Boise, si mon humour vous a offusqué, j'en suis sincèrement désolé.
clerion, Le lundi 07 décembre 2015



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