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Analyse - 17/07/2017

Quelle politique des parcs pour tenir le cap Hulot ?

La chronique de Bernard Jullien, Maître de Conférence à l'Université de Bordeaux et conseiller scientifique de la Chaire de Management des Réseaux du Groupe Essca.

 

En même temps qu’il lançait son annonce fracassante, le Ministre indiquait que le gouvernement étudiait une aide à destination des ménages détenteurs de véhicules Diesel d’avant 1997 et de véhicules essence d’avant 2001 destinée à leur permettre de s’équiper de véhicules d’occasion plus propres. Reprenant une proposition des professionnels introduite en particulier dans le Livre Blanc du CNPA, cette initiative a deux grandes vertus (1).

D’abord, politiquement, elle fait apparaître le verdissement comme une exigence qui n’est pas conçue par les bobos pour les bobos mais qui serait, comme on dit à Bruxelles, « inclusive » c’est à dire susceptible de concerner non seulement les quelques vieux et riches qui achètent encore des voitures neuves mais aussi ceux, plus contraints, qui ne peuvent se passer d’une voiture et n’ont d’autre choix pour rester dans l’enveloppe qu’ils peuvent consacrer à leur mobilité que de s’équiper en véhicules anciens. Rappelons que, en 2016, parmi les ventes de véhicules d’occasion de plus de 5 ans, seuls les "16 ans et plus" étaient en progression : elles avaient augmenté de 10% (à 930 728 unités) pour représenter 16,6% du marché VO (+1,4 point) (2).

Ensuite, concrètement, on sait fort bien que ce ne sont pas seulement les quelques 5 ou 6% du parc qui sont renouvelés chaque année qui vont importer pour tenir le cap de réduction des émissions visé par le gouvernement mais le parc tout entier : le rajeunir est le seul moyen dès lors de bénéficier rapidement des améliorations et/ou des changements de technologies que l’on promeut.
Si, comme on l’a fait depuis des années en Europe, on sévérise l’ensemble des normes applicables aux véhicules homologués et que l’on génère ainsi un renchérissement des véhicules alors on perd une bonne part de ce que l’on gagne du côté des véhicules nouvellement mis en circulation en laissant vieillir les parcs.
Accessoirement, on affecte préférentiellement les bénéfices des normes aux populations et territoires aptes à s’équiper en véhicules neufs et on néglige les autres.

De ce point de vue, le signal donné par le Ministre est indéniablement un bon signal. Reste à définir des modalités d’application de cette louable intention qui soient pleinement convaincantes en étant finançables.

En effet, on ne part pas tout à fait de rien en cette matière et, comme l’a souligné la Cour des Comptes dans sa note d'analyse de l'exécution budgétaire 2016 du compte d'affectation spéciale "Aides à l'acquisition des véhicules propres", la prime à la conversion "est un échec, à l'exception notable de celle accompagnant l'achat d'un véhicule électrique". Il était possible, entre autres, dans le cadre de la mise au rebut d'un véhicule diesel de plus de 10 ans, de bénéficier de 500 à 1000€ pour l'achat d'une occasion, pourvu qu'elle soit Euro 5 ou 6 : le ministère de l'Ecologie tablait sur 34 000 primes de 500€ à verser pour des achats d'occasion Euro 5, 4 personnes ont réclamé leur prime. D’évidence, la dite prime est très mal "calibrée" : elle est très insuffisante pour générer la « conversion » souhaitée.

Pour le comprendre, il suffit d’indiquer que pour un ménage qui acquiert d’ordinaire un véhicule d’occasion de plus de 15 ans autour de 2000 euros, passer en Euro 5 signifie acquérir un véhicule immatriculé après le 1er janvier 2011 pour lequel il faudrait qu’il puisse payer au moins 7000 euros.
Si, l’Etat souhaitait faire la moitié du chemin pour les ménages concernés, il faudrait que l’aide soit d’environ 2500 euros et, en faisant l’hypothèse que 900 000 achats de plus de véhicules de plus de 16 ans se transformeraient en autant d’achats de moins de 6 ans, le coût annuel de la mesure pourrait alors atteindre de 2,3 milliards d’euros  ! Même en définissant une condition de ressources pour éviter que ce soit – comme d’habitude – les ménages les plus à l’aise détenteurs de véhicules anciens qui bénéficient d’un effet d’aubaine, il s’agit là de montants qui, en l’état actuel des finances publiques peineront à passer.

Comment les financer ? Comment gérer la valorisation très forte des véhicules Euro 5 et la dévalorisation très forte des véhicules Euro 4 en circulation qui en résulteraient ? Comment éviter que les véhicules Euro 4 ne soient massivement exportés vers les pays moins regardant ? Comment s’assurer que le parc Euro 5 ainsi acquis soit ensuite entretenu dans des conditions telles qu’il conserve sur toute sa durée de vie les caractéristiques qu’il avait à l’homologation ? Ce sont là autant de questions qu’ouvre le Ministre en se lançant dans cette aventure.

Les professionnels et leurs organisations ne s’y trompent pas. Ils proposent leurs services et ont raison de le faire. Comme certains des métiers de l’univers aval comme celui du recyclage en ont fait l’expérience, il est possible de nouer avec les pouvoirs publics des relations qui permettent de s’imposer comme des partenaires du développement durable dans le cadre d’une vraie politique des parcs.
C’est le défi qui se dessine pour le ministre et pour les professionnels du contrôle technique, de l’entretien-réparation, du VO ou du VN.
On a beaucoup insisté ces jours ci sur les défis industriels et technologiques et l’on a eu raison de le faire car beaucoup reste à faire de ce côté pour crédibiliser les annonces. On a moins insisté sur le défi serviciel et l’importance économique et sociale que ce volet revêt. Il est encore temps.
Bernard Jullien

(1) http://pro.largus.fr/actualites/plan-climat-les-principales-federations-automobiles-reagissent-8624398.html
(2) http://www.autoactu.com/le-marche-du-vehicule-d-occasion-atteint-un-niveau-record-a-5-64-millions-d-immatriculations.shtml

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Réactions

Hulot passera t'il l'hiver?l'indigestion de couleuvres và t'elle avoir raison de notre séminaristes?apres déjà deux recadrages en seulement deux mois ça promet,à suivre.
alain boise, Le lundi 17 juillet 2017

Les déclarations de Monsieur HULOT concernant l’arrêt des moteurs thermiques pour 2040 et la réduction du parc de nos centrales nucléaires relèvent de la pure démagogie dès lors que la conséquence de Ses déclarations « tonitruantes » ne sont pas chiffrées, sérieusement.
Preuve est faite que la démagogie n’est nullement l’apanage des extrêmes, chaque jour qui passe apporte sa petite cargaison …

Nicolas HULOT, dernier dinosaure de l’écologie (?), s’est livré aux incantations attendues par les forces du « progrès » vs celles de l’obscurantisme … La foule acclame de ses vivas … Rien que du prévisible .... Beaucoup moins motivé pour pointer les abus de Mittal, il est le saint homme ...

Nous sommes, hélas, typiquement dans l’anicienne politique (et non la nouvelle) avec des déclarations à l’emporte pièce sans la moindre approche de faisabilité économique ce qui est terriblement allègre pour un Etat qui affiche plus de 2 200 Mds d’€ de déficit public … allons y, c’est l’état qui paye comme disait l’ex locataire du faubourg Saint Honoré …. Gare à l’étau des taux …

Le chroniqueur pointe la faiblesse des incantations « Hulottesques » sur la motorisation des automobiles, là où çà fait mal … C’est vraiment la moindre des choses … Celles sur la politique énergétique sont du même métal …
Effectivement, combien de temps le manège durera, là est la question …
ADEAIRIX, Le lundi 17 juillet 2017

Rien que pour arrêter 17 reacteurs il faudrait installer au moins (si elle tournent). 9000 eoliennes ,incroyable incompétence,l'académie des sciences vient de sortir un rapport sur la sécurité de notre alimentation electrique et c'est loin d'aller dans le sens dhuchyouaouageldoucheulmzodiachrlico.........
alain boise, Le lundi 17 juillet 2017

Ben dites donc avec de tels pessimistes on aurait jamais pu inventer l'eau chaude...
;0)
Lucos, Le lundi 17 juillet 2017

Entre les Capulot et les Montaigris c'est shakespearien vot' truc....
;0°
Lucos, Le lundi 17 juillet 2017

L'Académie des sciences incapable d'inventer l'eau chaude......non rien...
alain boise, Le lundi 17 juillet 2017

Etre ou ne pas être ?... Au lieu de distribuer des bons points mélodramatiques, sans substance, ce qui est bien commode ... Faites nous profiter de votre "éclairage" (avisé cela va de soi) sur le sujet si c'est possible (?)
ADEAIRIX, Le lundi 17 juillet 2017

Mon éclairage est simple :
1. Il faut être devin pour savoir ce que nous serons dans 23 ans
2. Néanmoins si les politiques ne prennent pas les devant on avance lentement sur beaucoup de sujets
3. qu'il soit bon ou mauvais, nous avons maintenant un objectif alors qu'avant rien.
4. Nous vivons à crédit sur les ressources de la terre les 3 derniers mois de l'année et se cacher la tête par commodité pour ne rien changer est criminel.
Nous sommes condamnés à évoluer et tant pis pour les nostalgiques des 30 glorieuses qui ont peur du changement
Lucos, Le lundi 17 juillet 2017

J'aime bien la conclusion de cet article, mais il ne sera jamais entendu ni commenté :

http://mobile.lemonde.fr/economie/article/2015/10/23/emissions-de-co2-l-impasse-de-la-voiture-electrique_4795636_3234.html?xtref=http%3A%2F%2Fm.facebook.com%2F
jean-marie méchin, Le lundi 17 juillet 2017

Que de clichés,nostalgiques des trente glorieuses,peur du futur,discours formatés dans les réunions d'escrolos,ou sont les progrès depuis la Jamais contente,rien depuis un siecle.
L'épuisement des matières premieres? Le peak oil nous est promis depuis 30 ans,la production est réduite par la volonté de l'OPEP.
Les réserves de terres rares et Lithium estimés à 400000 T vont être épuisées en 2023 si ça continue cette folie de l'extraction tres polluante.
Pourquoi n'y a t'il pas de Zoé ou Tesla sur le Tour de France?reponse elles serait incapable de faire une étape de montagne,en rade au milieu de la pente,seule une Mirai pourrait le faire.
L'avenir est dans la recherche pas dans les moulins à vent pour les nostalgiques d'Alphonse Daudet.
Innovez innovez qu'il disait......
alain boise, Le lundi 17 juillet 2017

… Monsieur MECHIN Mardi dernier j’avais déjà diffusé le lien de cet article paru dans le Monde.fr qui « interpelle quelque part »
A cette occasion Jo duchene soulignât fort justement que le billet émanait du directeur de l’Observatoire du nucléaire voici la réponse qui s’ensuivit …

« Certes... la qualité de directeur de l’Observatoire du nucléaire "atténue" l'impartialité du propos ... mais les promoteurs politiques du VE sont tellement de mauvaise foi que de toutes façons il en faudrait des dizaines de cet "acabit" pour équilibrer les débats ... Nous savons ce qu'il en est ?
70 Mds d'euros sur d'investissements sur les centrales (démantèlement ou construction comme "on" préfère) ou sur des bornes de recharge, c'est quoi pour un état dont le déficit public dépasse les 2000 Mds €... Yaka demander puisque "c'est l'état qui paye". »

@ Lucos, maintenant que nous sommes « éclairés » …

« qu'il soit bon ou mauvais, nous avons maintenant un objectif alors qu'avant rien. » dites vous ?
- Déjà… un objectif sous-tend que des moyens soient mis en œuvre pour l’atteindre … En l’occurrence à part le côté yakafokon et le panpan féfesse à l’attention des constructeurs du discours « malin » du ministre … Nan je ne vois pas où se trouvent les moyens pour atteindre le « fameux » objectif …
- En leurs absences on devrait parler d’un cap (que dis je … d‘un pic voire d’une péninsule …)
- Qu’il vous importe peu que l’objectif soit bon ou mauvais pourvu qu’il existe est sans doute une attitude volontariste et « courageuse » … Quant à moi, quand des décisions sont si lourdes de conséquences pour un grand nombre … Je préfère que l’objectif soit bon… afin d’éviter les zaigreurs … Quant à la nostalgie des trentes glorieuses, je n’en ai guère profité en réalité pour en avoir la nostalgie … Et à ce propos vous ne semblez d’ailleurs pas un « perdreau de l’année » en fonction de vos commentaires …

Au reste politique des parcs ou pas … Bruno HAAS l’avait très bien décrit l’autre jour… Peu de chances qu’ils ne sortent plus de moteurs thermiques des usines en 2040 car au moins, et sauf catastrophe, d’ici là il y aura encore fort probablement des véhicules zhybrides … Et les zhybrides çà fonctionne à côté de quoi Emile …
ADEAIRIX, Le lundi 17 juillet 2017

Certes la qualité du militant de l'observatoire du nucléaire "atténué" la qualité du propos,ben oui c'est un militant de Greenpisse.
Pour les Milliards ramenez donc cela aux 8 Milliards pris au Peuple pour donner aux escrolos et ce tous les ans depuis 20 ans.....
Nous avons une académie des Sciences en France écoutons la svp
alain boise, Le lundi 17 juillet 2017

... Pour ce qui est du "Directeur" de l'observatoire nucléaire (structure unipersonnelle semble-t-il) ... Si Monsieur Stéphane LHOMME est contre l'usage des véhicules électriques (notamment mais pas seulement lorsqu'ils sont alimentés à l'électricité d'origine nucléaire ..Le "brave" homme n'est nullement l'apôtre des véhicules à motorisation thermique (çà non !).
Reste la voiture à cheval .... En avant le "progrès" (très différent d'une évolution positive) ... Pas d'amertume ... Y a aussi le vélocipède (connecté et multi-formats, le cas échéant) et les transports collectifs (...).

Au moins sur un point... Chuis d'accord avec Lucos "ne vivons plus à crédit"... arrêtons avec les autruches ... Ah y parlait pas de l'état des finances publiques, mince alors ...
ADEAIRIX, Le lundi 17 juillet 2017

Arghhh Stéphane l'homme le gendre à José Bové, même José n'en veut plus,c'est vous dire,comment un journal comme le monde a pu tomber si bas, triste
alain boise, Le lundi 17 juillet 2017



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