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Analyse - 13/12/2019

Ratification en vue pour l’accord de libre-échange USMCA pour remplacer le NAFTA

La chronique de Bertrand Rakoto, analyste indépendant dans l’intelligence de marché et auteur du livre "La désincarnation des grandes organisations". Après plusieurs années dans l’automobile, entre autres chez RL Polk, et après avoir eu un cabinet d’analyse en France (D3 intelligence) il est désormais basé aux Etats-Unis où il poursuit son activité depuis Détroit.

L’actualité politique américaine est mouvementée mais cela n’empêche par les élus démocrates et républicains du Congrès de s’entendre pour ratifier, peut-être dès la semaine prochaine, le nouveau traité de libre-échange nord-américain. C’est un acte stratégique de la part des démocrates par lequel ils veulent prouver qu’ils restent ouverts au dialogue avec leurs opposants politique alors même qu’ils s’engagent dans un vote pour empêcher le Président, première étape d’une longue procédure pouvant mener à sa destitution. La validation et la mise en application du traité USMCA serait une victoire politique pour le Président en place puisque cela constitue un de ses principaux thèmes de campagne. Certains textes doivent être rédigés en vue de la prochaine légifération côté américain. Les trois pays doivent également se mettre d’accord sur les termes et la mise en application de l’accord. Les grands traits sont tracés mais il reste quelques points à négocier en vue de l’implémentation, cela tend à prouver la fragilité de l’accord.

Un accord soutenu par les constructeurs et les syndicats
Les termes actuels du nouveau traité ont satisfait les syndicats comme les constructeurs comme je le soulignais déjà l’an dernier. Dans les grandes lignes, l’accord prévoit de réduire les écarts de salaire pour les produits concurrentiels entre les 3 pays et particulièrement vis-à-vis du Mexique. Il vise également à limiter le sourcing de composants à l’extérieur de la zone. Enfin, l’accord devrait permettre d’enterrer définitivement les droits de douanes entre les Etats-Unis et ses voisins. Cet accord fait perdre un peu de la compétitivité du Mexique mais il permet également de faire croître les salaires. Pour les constructeurs, si l’impact est indéniable, il reste faible. En revanche, pour les syndicats, cela devrait permettre d’éviter les délocalisations des productions depuis le Canada ou les Etats-Unis vers le Mexique. 

Dans les grandes lignes, l’accord doit, premièrement, augmenter l’obligation de sourcer les pièces en Amérique du Nord à hauteur de non plus 62,5% du nombre de pièces mais, à partir de 2023 de 75% des pièces. Deuxièmement, les constructeurs doivent s’engager à produire au moins 40% du contenu des véhicules dans des usines où les employés sont payés $16 de l’heure ou plus. Troisièmement, l’accord contraint les autorités mexicaines à autoriser la constitution de syndicats. Le soutien des syndicats américains et canadiens devient tout de suite évident car la naissance d’un ou plusieurs partenaires donne plus de leviers vis-à-vis des constructeurs unionisés. Enfin, l’USMCA inscrit de façon durable l’exemption des droits de douanes américains, entre autres, sur l’acier et l’aluminium.

Les constructeurs étrangers sont impactés de manière différente puisque les Européens, par exemple, ont ouvert leurs nouvelles usines au Mexique (BMW, Mercedes-Benz et Audi). Pour eux, l’intérêt du Mexique persiste puisqu’ils encourent un faible risque seulement de voir leurs usines être unionisées. Aux Etats-Unis, la pression de l’UAW reste forte et incite les constructeurs à rester vigilant. Une unionisation sous-entend que la totalité des employés d’une usine soient syndiqués et les accords doivent ensuite être négociés directement avec l’UAW (ou l’Unifor au Canada). Les conséquences sont multiples. En premier lieu, les coûts salariaux augmentent assez durement d’année en année. Ensuite, les constructeurs rééquilibrent leur budget en réduisant les aides octroyées localement. Il faut savoir qu’aux Etats-Unis, les constructeurs participent assez activement au financement des villes et des communautés où vivent leurs employés. Ces financements touchent aussi bien les écoles que la santé (hôpitaux, médecins) ou les infrastructures sportives et culturelles. C’est pour cela que dans la plupart des usines du sud, les employés préfèrent rester indépendants pour assurer la continuité de cette participation des constructeurs à l’amélioration de leur environnement plutôt que de bénéficier de meilleurs salaires et de perdre certains avantages qui profitent à tous et améliorent leur qualité de vie.

La route est encore longue
La décision des démocrates de poursuivre l’accord négocié en vue de se préparer à sa signature et sa mise en place est un acte important dans l’atmosphère de conflit qui les oppose actuellement aux républicains qui, dans l’ensemble, soutiennent le Président. Les démocrates sont majoritaires dans la Chambre des représentants mais les républicains ont conservé la majorité au Sénat. Si l’opposition prend l’initiative de signer l’accord en vue de sa ratification, il fait peu de doute qu’il sera retoqué par les sénateurs. En revanche, les revues de détails actuelles pourraient bien retarder de plusieurs jours voire de plusieurs semaines sa signature.

Les termes de l’accord sont connus et renforcent nombres d’éléments déjà présents dans le traité NAFTA. Les dernières négociations touchent directement les Etats-Unis puisque les démocrates souhaitent revoir certains aspects liés à l’environnement, au domaine pharmaceutique, au droit social et, surtout, sur la manière dont l’accord doit être mis en place. 

Pour les constructeurs comme pour les équipementiers, la signature de l’accord figerait les règles entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Cela mettrait un terme à 3 années de changements et d’incertitudes qui ont provoqué beaucoup d’attentisme et une certaine frilosité à investir durablement dans leurs outils de production. 

La semaine prochaine les négociateurs canadiens et américains doivent retrouver leurs homologues mexicains pour signer les derniers avenants. Il s’agit d’un moment important car la pression sur le gouvernement et les autorités mexicaines est forte. En effet, la majeure partie des efforts sont tournés vers le pays. L’évolution induite en matière de droit du travail et des salariés doit être mise en application par un effort combiné de plusieurs agences publiques. En cas de manquement, les partenaires du Mexique pourraient “prendre des mesures” encore inconnues pour s’assurer de l’application du traité. Ces éléments font l’objet des dernières négociations. 

Une victoire pour le Président
Le Président américain est en pleine tourmente mais il se félicite de la perspective d’une prochaine mise en application de l’USMCA. Cela ne constitue pas une concession des démocrates. Premièrement, ils ont pu renégocier un certain nombre d’éléments. Deuxièmement, l’effort bipartisan permet de rapprocher les deux camps alors que nous ne sommes qu’à quelques semaines d’un bras de fer politique d’envergure avec la publication des articles et le vote de l’empêchement qui se profile pour les semaines à venir. L’avis de tempête est lancé mais il est dans l’intérêt de tous de sécuriser le plus possible les investissements et les décideurs industriels à l’heure où l’Amérique connait une situation de quasi plein emploi et où l’automobile voit son marché se tasser. L’industrie automobile est l’un des principaux secteurs touchés par l’accord USMCA et il est important de stabiliser le cadre juridique à l’heure où les futures normes et régulations liées aux émissions et aux consommations sont encore inconnues et pourraient être repoussées jusqu’aux prochaines élections, en novembre 2020.
Bertrand Rakoto

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Réactions

Le rapprochement de circonstance entre les Démocrates et les Républicains à propos de cet accord montre que les politiques américains sont plus mûrs que les nôtres en mettant leurs chicaneries de côté pour le bien de leur pays.

Les Français, toujours prompts à rabaisser les présidents américains (Carter le vendeur de cacahuètes, Reagan l'acteur de séries B, Deubeliou Bush le crétin fils de, Obama la gravure de mode, Trump le milliardaire incontrôlable), devraient en prendre de la graine.
Bruno HAAS, Le vendredi 13 décembre 2019

Plus mûrs que les nôtres? LOL la bonne blague du jour.
Arnaud C., Le vendredi 13 décembre 2019

Il y a plus de familles qui quittent l'Europe pour aller s'installer aux US que le CONTRAIRE !!!
Il vaut mieux devenir borgne que rester aveugle toute sa vie !
J'aurai pu continuer comme cela longtemps...
Encore une pour la route:
Il vaut mieux avoir de l'espace que ce marcher sur les pieds toute sa vie !
Jo Duchene, Le vendredi 13 décembre 2019

@Arnaud C
Votre réaction (et réactivité) ne fait qu'apporter un peu plus de crédit à mon commentaire.
Entre parenthèse, LOL est une expression américaine si je ne m'abuse.
Bruno HAAS, Le vendredi 13 décembre 2019

Maxime personnelle !
Il vaux mieux parler de ce qu'on connait et de ce qu'on a vécu, que le CONTRAIRE !
Jo Duchene, Le vendredi 13 décembre 2019

Discuter et comparer le niveau des politiciens c'est comme comparer les rosés de Provence, on arrive immanquablement à la même conclusion…
;0)

Luc Os, Le vendredi 13 décembre 2019

Ahhh non la cuvée révélation 2018 des vignerons de Collobrieres est divine
alain boise, Le vendredi 13 décembre 2019

La preuve que ça attaque le cerveau..
;0)
Luc Os, Le vendredi 13 décembre 2019

Toujours du rouge et du blanc... car le rosé... c’est triple attaque du cerveau... 🤪 !
Jamais de Porto blanc ni rosé non plus... est le rouge... pas moins de 10 ans d’âge!
Le cas contraire vous êtes un plouc ... qui fait des cadeaux merdeux... et radins pour Noël !
Jo Duchene, Le vendredi 13 décembre 2019



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