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Constructeurs - 11/04/2016

Les travailleurs américains de Nissan accusent Carlos Ghosn d'avoir menti devant les députés

Des travailleurs de l'usine Nissan de Canton, au Mississippi, qui luttent pour obtenir la création d'un syndicat et l'amélioration de leurs conditions de travail, sont en France pour montrer vidéo à l'appui que Carlos Ghosn a menti aux députés sur ce qu'il se passe dans leur usine. 

En novembre dernier, des travailleurs de l'usine Nissan de Canton s'étaient rendus en France pour tenter d'alerter les médias et l'Etat français (actionnaire de Renault, lui même actionnaire de Nissan) sur les méthodes employées par le constructeur pour les empêcher de créer un syndicat (voir encadré). Ce qui semble un combat d'arrière-garde depuis la France, est pour ces habitants du Mississippi, Etat le plus pauvre des Etats-Unis, une réelle lutte pour le respect des droits de l'homme. Car les conditions de travail qu'ils nous avaient décrites sont celles qui sont décriées en Inde ou au Bengladesh : travail 6 voire 7 jours sur 7 pendant 10 à 12 heures, nombreux accidents du travail, etc. Et cela pour des salaires qui ne dépassent pas les 13 dollars de l'heure pour les 50% d'intérimaires employés dans l'usine. Or, pour ces travailleurs, la création d’un syndicat "est le seul moyen de faire entendre leur voix et d’obtenir de meilleures conditions de travail", nous avaient-ils expliqué.
Ils avaient donc rencontré quelques députés pour leur raconter leur situation et les pressions exercées par les dirigeants de l’usine de Nissan pour décourager les employés à adhérer à un syndicat. 

"Il y a des syndicats dans tous les pays où Nissan est implanté"
Et ces députés ne sont pas restés  sourds aux plaintes de ces travailleurs. Lors d’une audition de Carlos Ghosn en février dernier à l’Assemblée nationale, plusieurs d’entre eux ont interrogé le dirigeant de Nissan sur l’usine de Canton et la politique du groupe en matière de responsabilité sociale et environnementale (RSE). "Nous avons fait vérifier qu’il y avait un respect total du droit du travail aux Etats-Unis. C’est le cas, je peux le garantir", a-t-il répondu. "Il y a des syndicats dans tous les pays où Nissan est implanté (…) et Nissan a une relation avec les représentations syndicales qui est très bonne. Nous n’avons aucune tradition de ne pas savoir coopérer avec les syndicats ou de considérer que c’est une mauvaise chose", a-t-il ajouté.  "L’UAW (le syndicat américain du secteur automobile, NDLR) mène une campagne électorale et c’est normal puisqu’il faut qu’ils se fassent élire par les salariés", a-t-il conclu.
Pour les travailleurs de Canton, cette réponse était un déni de la réalité qu’ils vivent. Ils ont donc décidé de revenir en France pour prouver aux députés français et européens que les déclarations de Carlos Ghosn relèvent du mensonge. Ils ont filmé une vidéo diffusée dans leur usine dans laquelle le directeur de la production explique pourquoi la création d’un syndicat leur serait défavorable.  Il dit que "l’UAW pourrait créer des problèmes supplémentaires que nous n’avons pas aujourd’hui et nous distraire de nos objectifs".  Il souligne également qu'"une carte d’autorisation de l’UAW est un document juridiquement contraignant qui, une fois signée, est une première étape qui donne à l’UAW le droit de parler de vous". De façon indirecte, il fait ensuite planer des menaces sur la pérennité du site en déclarant : "Nous avons construit une opération de première classe qui fournit des emplois sécurisés (…) Nous croyons qu’il n’est pas dans le meilleur intérêt de nos employés, nos clients ou notre communauté d’avoir l’UAW ici". C’est cette vidéo qu’est venue présenter la délégation de Canton une nouvelle fois aux députés pour prouver que leurs dirigeants mènent une campagne anti-syndicale et que les propos tenus par Carlos Ghosn ne reflètent pas la réalité.

Pressions et menaces 
Dans les faits, selon le droit s’exerçant au Mississippi, les dirigeants de l’usine peuvent tout à fait exposer leur point de vue sur les conséquences d’une syndicalisation de l’entreprise. En revanche, cela doit se faire sans pression sur les salariés. Et c’est là que le bat blesse d’après les représentants des travailleurs. "Les ressources humaines mènent des interrogatoires individuels des salariés pour évaluer leur niveau de soutien au syndicat et cibler les meneurs, les suiveurs et les indécis. Et c’est auprès des indécis qu’ils font le plus pression. Par exemple, après qu’ils aient discuté avec un dirigeant, cinq de mes amis m’ont tourné le dos du jour au lendemain", raconte Travis Parks, ouvrier depuis 2003 à Canton. "Pour les autres, cela se traduit par des changements d’emplois du temps qui mettent à mal l’organisation de leur vie personnelle par exemple". "Ils veulent aussi qu’on porte un uniforme maintenant. Et parce que je porte le  tee-shirt "labor rights are civil rights", ils sont venus vers moi pendant que nous travaillions en exigeant que je sois le premier à mettre l’uniforme", raconte de son côté Shamb'e Jones, ouvrier à Canton depuis 2003 lui aussi.  Une autre stratégie consisterait à privilégier désormais l’emploi en intérim "de personnes vulnérables financièrement comme des mères célibataires pour que la menace de la perte d’emploi soit encore plus forte".
Et la campagne anti-syndicale menée par les dirigeants serait montée d’un cran en "agressivité" depuis que le 28 février dernier, l’UAW a réussi à faire signer "plusieurs centaines de cartes d'attestation de travailleurs souhaitant adhérer (nécessaires avant d’organiser un vote, NDLR)" et à obtenir une mobilisation sans précédent à sa réunion d’informations.  "Ce que nous demandons c’est au moins de pouvoir mener le vote dans des conditions équitables. Aujourd’hui c’est la lutte du pot de fer contre le pot de terre", souligne Travis Parks.

Karima Delli promet d’agir
Jeudi dernier, ils ont rencontré la députée européenne écologiste Karima Delli, en charge des affaires sociales et des transports au Parlement mais également vice-présidente de la commission d’enquête sur Volkswagen menée par les députés européens.  Pour la députée, "le scandale Volkswagen et ce qu’il a permis de révéler sur les défaillances des constructeurs d’un point de vue environnemental laissent peu de doute sur leur responsabilité sociale". "Dans l’industrie automobile, il y a une véritable omerta dont pâtissent les salariés et les consommateurs", dit-elle.  Karima Delli nous a donc affirmé qu’elle allait écrire prochainement à la ministre du travail Myriam El-Khomri, au ministre de l’Economie Emmanuel Macron et au ministre des Finances Michel Sapin. "Il faut qu’ils prennent conscience de ce qu’il se passe aux Etats-Unis chez Nissan, car Carlos Ghosn est également à la tête de Renault dont l’Etat est actionnaire", explique-t-elle. Et parce qu’elle craint que les accords de libre-échange avec les Etats-Unis n’aboutissent à l’application des méthodes sociales américaines en Europe, elle promet également d’écrire aux commissaires européens en charge de l’industrie et des affaires sociales.
Au Brésil, où Nissan est l’un des partenaires officiels des Jeux Olympiques qui se tiendront à Rio cet été, le Sénat a convoqué aujourd’hui Carlos Ghosn pour qu’il s’explique sur la situation à Canton.  Mais il devra le faire cette fois en présence de travailleurs de l’usine également auditionnés à cette occasion.
Emilie Binois 

Le Mississippi, où est situé l’usine Nissan, fait partie des 25 états américains ayant voté une "Right-to-work law" qui empêche l'adhésion "automatique" des travailleurs à un syndicat. Dans ces états, pour constituer un syndicat au sein d'une usine, les employés doivent d'abord réunir un minimum de 30% (du total de l'effectif) de cartes d'attestation de travailleurs souhaitant adhérer puis ils doivent organiser un vote et obtenir 50% plus une voix "pour". En parallèle, les employeurs n'ont pas le droit d'empêcher cette élection mais, paradoxalement, ils peuvent exposer leur point de vue sur les conséquences d'une syndicalisation de l'entreprise. 

 

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Réactions

EyJo ,voilà l'Amerique du Bayou,un trou de 3400M$ des caisses de retraite,très bon dossier pour Mme Delli je préfère la voir là plutôt que sur le Diesel.
CG ferait bien de se débarrasser de ce sparadrap avant que ça dérape,quant aux risques de voir les accords Tafta s'attaquer à nos syndicats et notre code du travail il y a un pas à ne pas franchir,déjà construire une mare d'eau a Sivens grande comme le lac du bois de Boulogne ça donné un mort dans les rangs Zadistes alors la suppression des représentations .....
alain boise, Le lundi 11 avril 2016

Mentir, Carlos Ghosn ? Non, impossible, jamais de la vie.
Ah si, peut-être, au JT de 20h pour des histoires d'espionnage avéré.
Allo, M. Pelata, pourquoi êtes-vous parti ?
Allo, les RH de Renault, pourquoi aviez-vous préparé les oraisons funèbres des 3 dirigeants mis en cause au cas où ils se seraient suicidés ?
Le mensonge n'existe pas chez Ghosn, qu'on se le dise !
Bruno HAAS, Le lundi 11 avril 2016

? Un remake de l'affaire "TOURNESEUL" en somme
Me revient l'image du Capitaine et de son sparadrap récalcitrant ....
Et pendant ce temps là.... Nan pas les shadoks ... Tous les tétra octets de présentations PPT consacrées aux bonnes pratiques que, notamment, les cadres RH de l'Alliance ne doivent pas manquer de produire ... Quelle vacuité.... Décidément on vit vraiment une époque formidable !

Vivement que Mister Jo nous explique comment tout ceci vas se terminer pour le Franco Libano Brésilien ... J'ai hâte !
Allez "on" arrête avec le fado maintenant...
ADEAIRIX, Le lundi 11 avril 2016

Oh la la, comme Bruno a raison, jamais Carlos Ghosn ment.
Je conseillerais très, très fortement le distingué sire Carlos de se renseigner sur sa totale liberté de mouvements avant d'entreprendre tout voyage aux US. Des gens retors et sans doute communistes et syndicalisés pourraient porter plainte contre lui là bas.
Qu'il se méfie de la réponse qu'il doit donner à la question en descendant de son avion là bas:
"Avez-vous eu affaire à la justice américaine avant d'entrer sur notre territoire?"
Le parjure est punissable là bas. Se faire refouler comme un vulgaire migrant même fortuné se serait du plus mauvais effet pour lui.
D'un autre côté, et ce ne serait sûrement pas monsieur Gattaz qui me contredirait, éroder son salaire annuel en augmentant le salaire de ses ouvriers à Canton où dans le Mississipi ou ailleurs dans le monde où se trouve ses usines et leur donner une certaine liberté syndicale, ce serait tout ce qu'il y a de plus fâcheux!
Que sire Carlos se méfie également de ses clients qui quittent sa marque, car la jugeant pas assez fiable et au mauvais rapport qualité-prix.
Au fait et malheureusement sire Carlos a plus à craindre de la concurrence des autres constructeurs mondiaux, que de ses ouvriers, sauf que ceux-ci savent et heureusement ce servir de mieux en mieux des réseaux sociaux et sachant ça (merci Autoactu pour l'info pertinente) beaucoup d'éventuels futures clients peuvent dans le monde avoir le choix, suite à tout ce cirque Carlos pourri, de ne pas acheter la marque Renault et Nissan.
Allez messire Carlos, si vous revenez à une gestion plus démocratique de vos affaires, je vous achète une caisse. Promis.
Jo Duchene, Le lundi 11 avril 2016

Très franchement M. Duchene, je ne pense pas que syndicalisme rime forcément avec communisme aux US. Quoique... Différence entre le capitalisme et le communisme : le premier est l'exploitation de l'homme par l'homme et le second est la réciproque... ;-)
clerion, Le lundi 11 avril 2016

A moins que ce ne soit le contraire, cher CLERION ... ?

A y est Mister Jo, il a parlé ... MÃE DE DEUS
Fais gaffe CG ! (Nan Chappe et Gessalin...)
ADEAIRIX, Le lundi 11 avril 2016

Franchement sur ce site forcer le trait et le deuxième dégrée ne passe pas.
Clérion a raison, syndicalisme ne rime pas avec communisme aux US...mais chez nous la caricature totale existe avec monsieur Mélanchon qui adore le sire Poutine, mais c'est rentrer dans une autre polémique.
Pour les internautes premier degré... C'est sur qu'ils ne croient un traitre mot de ce que je dis, car ils misent en la toute puissance de notre "national hero" qu'est le tsar Carlos.
Allez et comme le trop fort soleil du Portugal m'oblige presque á marcher á l'ombre, je vais faire un prognostique de tifosi, à savoir, je mise sur le cheval Tavares et son intelligence très supérieur à un autre canasson qui n'est pas authentiquement ibérique pour que dans le future il porte haut les couleurs de l'industrie automobile française.
Le design français et italien est supérieur au design batave. Carlos T. est le meilleur sans aucun doute. Allez Carlos T. sors nous des coupés hybrides silencieux et confortables pour aller parader au bord de la mer le coude à la portière.
Jo Duchene, Le lundi 11 avril 2016

Ah c’est ben vrai çà (pour le design …)
Tellement vrai que les Bataves sont allés chercher un jour, un Designer Français pour leur dessiner non pas des moutons mais des autos … On lui doit quelques beaux dessins chez Mercedes …. Du coup, les Bavarois lui ont confié le dessin et, de nouveau, ce fût quelques très belles références … de Monsieur Paul BRACQ …. Certes, çà commence à dater quelque peu, mais il y a aussi Messieurs CHARBONNEAUX, GESSALIN ou OPRON…
Récemment en France, c’est plus délicat … Passons rapidement sur l’ère LE QUEMENT… d’ailleurs remplacé par un Batave (fichtre çà ne marche plus le truc) avec quand même un certain bonheur pour les derniers produits du Losange…
Dans la boutique d’en face, après les museaux à WELTER (quelques belle réussites…), il y a PLOUE et son copain VIDAL, auxquels « on » doit aussi de beaux dessins sinon de beaux desseins (…).
En Italie, il y eût le « Sheer Look » dont une des plus belles illustrations est, me semble-t-il, la Ferrari 400 i (pas une berlinette un 2 + 2 !) … On en retrouve les « stigmates » dans le dessin du coupé 504 (nous y revoilà)… Aujourd’hui, le revival du spider 124 n'est pas si mal… mais c’est moins inconditionnel que l’original … Et la 458 italia est une (très) belle auto, mais nettement moins « disruptive » quand même que la 246GT lors de sa sortie (ou la Dino 206GT, çà fera sans doute plaisir à Bruno)… Chez Lambo, récemment, elles sont le fruit de nouveau d’un Batave (Ah mince, encore !)…
Quand même Jo… chez Aston et shaguar … Les dessins de Ian CALLUM, c’est bien aussi, Nan ?
Et dire que tout çà, c’est parti de la cuisine Cantonnaise du Franco Libano Brésilen… MÃE DE DEUS
ADEAIRIX, Le lundi 11 avril 2016

Tiens je vais faire le seul compliment qui est raisonnable de faire au sire Carlos G.
fameuse star cost killer
En effet la seule bonne idée venue de sa part fut d'embaucher son designer actuel (mince, il est déjà de quelle nationalité?).
Dommage qu'il n'ai pas la main sur l'intérieur des voitures qu'il dessine et que des gougnafiers spécialistes du plastique type Tupperware sévissent de bas en haut (voir l'intérieur d'une Twingo 3 et sa boite colorée de chips). Ceux on dirait qu'ils viennent tous de chez C&A.
C&A veut toujours dire "cheap & awful", c'est le même chez Renault.
Jo Duchene, Le mardi 12 avril 2016



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