05/05/2026
Batteries : un expert de Panasonic appelé à la rescousse du groupe ACC
Par Agence de presse AFP
(AFP) - Le groupe ACC, opérateur d'une gigafactory de batteries dans le nord de la France, a annoncé lundi le remplacement de son directeur général Yann Vincent par un ex-dirigeant de Panasonic, Allan Swan, qui sera chargé de faire monter en cadence une production bien plus lente qu'espérée.
ACC (Automotive Cells Company), coentreprise fondée en 2020 par Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies, accumule depuis trois ans les retards de livraison dans sa giga-usine de Billy-Berclau/Douvrin (nord de la France), lancée en 2023.
Allan Swan a été président de Panasonic Energy USA, "où il a mené avec succès la mise en opérations de deux nouvelles gigafactories de batteries fournissant Tesla", indique ACC dans un communiqué.
"Il a dirigé l'un des projets de batteries lithium-ion les plus grands et les plus matures au monde" produisant "des milliards de cellules chaque année", ajoute ACC, pour qui son expérience "fait de lui le candidat idéal pour accélérer le développement d'ACC".
ACC, qui a parié sur la technologie NMC (nickel-manganèse-cobalt) - plus chère que les LFP (lithium-fer-phosphate) adoptées en masse par l'industrie automobile - a connu de telles difficultés de cadence et de taux de rebut que les gros SUV électriques Peugeot 3008 et 5008, équipés de batteries ACC, connaissent des délais de livraison de "9 à 12 mois", a précisé en avril le constructeur Stellantis.
L'ancien directeur général Yann Vincent, qui part à la retraite après avoir dirigé ACC depuis sa création, avait admis fin avril un excès de confiance.
"Ça prend plus de temps à construire que ce qu'on avait pu imaginer", a-t-il expliqué sur BFM Business. "Il nous faut une constance dans l'effort. L'Européen n'est pas habitué à ça : il veut des résultats dans les trois mois. Mais le train est en marche".
"Ce sont des procédés de fabrication extrêmement compliqués, pour lesquels il faut du temps pour arriver à les maîtriser parfaitement", face à des concurrents chinois qui ont vingt ans d'avance, a relevé Yann Vincent, qui a espéré combler "dans les trois ans" l'écart de compétence avec les fabricants chinois.
Devant ces difficultés, ACC a abandonné en février ses projets d'autres gigafactories en Italie et en Allemagne.

