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02/07/2026

Afghanistan : l'arrêt de l'importation de pièces automobiles, un coup dur pour l'économie locale

Par Agence de presse AFP

(AFP) - Dans la province de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, le commerce jadis florissant de pièces automobiles en provenance de pays lointains comme le Japon s'est brusquement interrompu en raison des conflits aux frontières du pays, affectant la production locale de voitures à partir de pièces détachées.

Le commerce transfrontalier a connu un coup d'arrêt dans la ville de Spin Boldak, importante place commerciale, lorsque le conflit entre l'Afghanistan et le Pakistan voisin a conduit à la fermeture quasi-totale de la frontière en octobre.

   "Lorsque la frontière avec le Pakistan a été fermée, nous avons également exporté via le port (iranien) de Bandar Abbas, avec beaucoup de difficultés ... mais il restait encore une solution", a déclaré Abdul Baqi Bina, vice-président de la Chambre de commerce et d'investissement de Kandahar.

   Les pièces automobiles en provenance du Japon et d'ailleurs qui transitaient auparavant par voie terrestre par le Pakistan pour rejoindre Spin Boldak ont été redirigées vers les Emirats arabes unis, un itinéraire bien plus long et plus coûteux mais qui au moins permettait la poursuite de ces importations.

   L'éclatement de la guerre au Moyen-Orient en février a "créé de très graves problèmes pour l'Afghanistan", a souligné M. Bina.

   Le conflit a suscité des perturbations massives du commerce international transitant par le Détroit d'Ormuz, les compagnies de navigation prévenant que la restauration d'un trafic maritime normal par ce détroit prendrait du temps.

   Les pièces automobiles qui arrivaient à Spin Boldak avant ces conflits étaient soit assemblées sur place pour construire de nouveaux véhicules soit distribuées en Afghanistan pour des réparations.

   Asadullah, qui n'a qu'un seul nom, importait de Dubaï et du Japon. Il affirme que les conflits "ont paralysé les affaires" pour des mois.

   "Nous ouvrions deux conteneurs chaque jour dans la cour", a déclaré à l'AFP ce négociant de 40 ans.

   Le prix de chaque conteneur a grimpé de 2.000 à 8.000 dollars depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, a-t-il indiqué.

   Il a actuellement plus de 30 conteneurs bloqués au Japon et aux Emirats arabes unis, principalement à cause de retards au port de Jebel Ali à Dubaï qui est un important carrefour logistique.

   En mai, la Banque mondiale a estimé que l'Afghanistan était fortement "exposé aux chocs extérieurs", avec "un écart grandissant entre les importations et les exportations" au cours de l'exercice 2025.

   "C'est une perte totale" 

  

   Massoud, qui importe des pièces automobiles du Japon, subit un coup d'arrêt total de son activité "depuis le début de la guerre" en Iran.

   "Nous importions habituellement des dizaines, voire des centaines de conteneurs (par mois) ... mais à présent, c'est tombé à zéro", déclare à l'AFP ce négociant assis devant sa calculatrice et son registre comptable.

   Certains de ses conteneurs sont parvenus aux Emirats arabes unis, mais il a été contraint de les renvoyer au Japon en raison de la hausse des frais de stockage.

   "Nous n'avions pas d'autre option. Je ne vois aucune autre solution. C'est une perte totale", se désole Massoud.

   Les perturbations ont affecté des milliers de personnes qui travaillent à Spin Boldak, comme le grutier Mohammad Naeem, 21 ans.

   "Je devrai abandonner ce métier et faire autre chose" si la situation ne s'améliore pas, dit-il.

   Dans les ateliers où on assemble habituellement les voitures, des hommes restent assis, au milieu d'outils et de roues inutilisés.

   Samiullah, propriétaire d'un atelier de 30 ans, souligne qu'on y fabriquait "cinq à sept voitures par semaine", mais que la production s'est arrêtée faute de pièces détachées automobiles qui n'arrivent plus.

   "Si cela continue ainsi, nous n'aurons plus de travail et nous subirons toujours plus de pertes", ajoute Samiullah, obligé de continuer à payer son personnel.

   A un point de vente de voitures au marché de Spin Boldak, le propriétaire Noor Ali se tient au milieu de véhicules aux couleurs vives assemblées à partir de pièces importées du Japon, mais il n'a rien vendu depuis un mois.

   En raison de la chute du nombre de conteneurs arrivant à Spin Boldak, "les clients se font rares", constate-t-il. "Heureusement ils sont parvenus à un accord et vont ouvrir le Détroit"

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