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04/11/2026

Afrique du Sud : les syndicats pressent le gouvernement de sauver l'accord commercial avec les USA

Par Agence de presse AFP

(AFP) - La principale confédération syndicale d'Afrique du Sud, première économie du continent, a exhorté mardi le gouvernement à poursuivre ses discussions avec les États-Unis pour tenter de sauver un accord commercial dont dépendent des milliers d'emplois.

 

La Maison Blanche a annoncé lundi son intention d'exclure l'Afrique du Sud et le Rwanda de l'AGOA (loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique), qui permet à des pays africains d'exporter vers les États-Unis de nombreux produits sans droits de douane.

Environ 10% des exportations sud-africaines vers les États-Unis se sont faites en 2025 dans le cadre de cet accord.

Selon le Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu), l'exclusion de l'Afrique du Sud, à compter du 1er janvier 2027, pourrait coûter entre 3.000 et 10.000 emplois dans les secteurs agricole et manufacturier.

Certaines des entreprises les plus menacées sont implantées dans de petites villes, dans les régions de production d'agrumes de la province du Cap-Occidental, a précisé à l'AFP Matthew Parks, coordinateur parlementaire de la Cosatu.

"Il y a un risque de créer des villes fantômes", a-t-il mis en garde.

L'Association des producteurs d'agrumes d'Afrique australe avait averti lundi que des emplois et l'économie de villes entières étaient en jeu.

Il est impératif que le gouvernement "mette en place un ensemble de mesures de soutien urgentes pour les travailleurs, les entreprises, les secteurs et les communautés à risque", a ajouté la Cosatu.

La Cosatu appelle le gouvernement à mettre à profit les deux mois à venir pour négocier "un ensemble de solutions favorables afin d'éviter ce coup potentiel porté à l'économie sud-africaine et à l'emploi".

"Nous devons également faire comprendre aux États-Unis que certains des avantages dont ils ont bénéficié avec l'Afrique du Sud grâce à l'AGOA seraient eux aussi menacés."

Washington souhaite par exemple continuer à importer des minéraux critiques d'Afrique du Sud, a souligné le responsable syndical.

"Décision politique"

L'Afrique du Sud et le Rwanda ont été exclus de l'accord au motif que leurs gouvernements "ont pris part à des pratiques qui ne respectent pas les critères d'éligibilité à l'AGOA", selon la Maison Blanche.

Washington reproche notamment à Pretoria des limitations au commerce et aux investissements américains dans le pays, le niveau de corruption ainsi que des menaces à la sécurité nationale des États-Unis et à ses intérêts en termes de politique étrangère.

Pour le secteur automobile, "le coup le plus dur" avait été les droits de douane de 25% imposés en avril 2025 par l'administration Trump, selon l'Association des travailleurs de l'industrie automobile (MISA). Les exportations de véhicules sud-africains vers les États-Unis avaient chuté de 83% pour s'établir à 4.136 unités en 2025.

"Le gouvernement doit tirer pleinement parti du délai de préavis de 60 jours, car la possibilité de rétablissement demeure", poursuit la MISA dans son communiqué, appelant aussi à une "solution commerciale pour l'automobile".

Mais pour l'expert en relations internationales Kingsley Makhubela, faire appel de la décision américaine serait une perte de temps pour Pretoria.

"C'est une décision politique qui a été prise par l'administration Trump; ce n'est pas une décision commerciale", assure-t-il à l'AFP.

Selon lui, plus de 130.000 emplois pourraient être directement touchés, dans une économie qui enregistre déjà un chômage de masse à plus de 30% de la population active.

Daryl Swanepoel, du groupe de recherche en politiques publiques indépendant Inclusive Society Institute (ISI), se veut moins alarmiste.Les États-Unis auront toujours besoin de certaines importations, par exemple les agrumes, qui seront plus chères pour les consommateurs, selon lui.

Si l'AGOA couvre 10% des exportations sud-africaines vers les États-Unis, cela ne représente que 0,7% du total des exportations du pays, relativise l'économiste Johann Els, de PSG Financial Services.

"Ainsi, même si les chiffres absolus peuvent paraître importants, la part de nos exportations globales directement concernée reste relativement faible", estime-t-il.

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