29/10/2026
Trône papal sur roues, la "papamobile" s'expose au Vatican
Par Agence de presse AFP
(AFP) - Véhicules emblématiques devant permettre au pape de se rapprocher de ses fidèles, les "papamobiles" d'hier et d'aujourd'hui, fabriquées par le constructeur automobile allemand Mercedes-Benz, sont les vedettes d'une nouvelle exposition aux Musées du Vatican.
L'exposition "Un siècle de papamobiles" retrace la longue relation entre le constructeur automobile de Stuttgart et le Saint-Siège, où le chef de l'Église catholique a utilisé des véhicules de plus en plus sophistiqués pour rencontrer les fidèles, que ce soit sur la place Saint-Pierre ou lors de ses voyages à travers le monde.
Organisée à l'initiative de Mercedes-Benz et ouverte au public à partir de jeudi, l'exposition, qui se tient dans un pavillon temporaire aménagé à l'intérieur des murs du Vatican, présente huit modèles empruntés à la collection du constructeur automobile et à celle du Vatican, par ordre chronologique.
Le premier modèle exposé est la Nurburg 460, une limousine Pullman d'un noir brillant livrée au pape Pie XI en 1930, dont l'extérieur luxueux cache un siège papal somptueux à l'intérieur, recouvert de brocart de soie framboise.
C'est l'imposante ML 500, fabriquée pour le pape Benoît XVI en 2012, qui clôt l'exposition. Sa partie arrière fermée et agrandie permet au pape d'avoir une vue optimale sur la foule et d'être lui-même bien visible.
Sandro Barbagallo, responsable du département des collections historiques des Musées du Vatican, a déclaré aux journalistes lors d'une avant-première mercredi que la papamobile ne devait pas être considérée comme "un simple moyen de transport".
"La papamobile sert à permettre aux gens de voir le pape, mais aussi à lui permettre de voir. Elle sert à ce que les gens puissent saluer le pape, mais aussi et surtout à ce que le pape puisse, le long des routes, saluer et bénir en même temps", a-t-il précisé.
"C'est une technologie moderne mise au service du souverain pontife, au service de son ministère", a ajouté M. Barbagallo.
La première "papamobile" dite moderne fit son apparition en 1980 : il s'agissait d'une Mercedes-Benz 230G destinée au pape Jean-Paul II, dont l'arrière ressemblait à un trône surélevé recouvert d'un dôme transparent, orné d'une peinture en nacre et de finitions dorées.
Parmi les autres voitures exposées figurent la 300D Landaulet de 1960, dotée de sièges en mohair beige somptueux et de vitres latérales amovibles, destinée au pape Jean XXIII, ainsi que la Landaulet "lungo" de 1997, équipée d'une capote à ouverture automatisée, destinée au pape Jean-Paul II.
Bien que l'exposition retrace 100 ans d'histoire de la mobilité papale, elle passe sous silence les autres véhicules fabriqués par les concurrents de Mercedes-Benz et offerts au pape, notamment par Graham Paige, Citroën, Renault, Fiat, Volkswagen... et même Ferrari.
"Boîte de sardines"
Depuis la tentative d'assassinat de Jean-Paul II en 1981 à Rome, les papamobiles sont équipées de vitres pare-balles.
Mais malgré tous leurs avantages, elles se heurtent parfois à la résistance de ceux-là mêmes qu'elles sont censées transporter.
Le pape François a notamment déclaré à un journal espagnol en 2014 qu'il ne pouvait pas se rapprocher des gens depuis l'intérieur de sa papamobile, qu'il qualifiait de "boîte de sardines" recouverte de verre pare-balles, affirmant qu'il préférait être davantage à l'air libre, malgré les risques pour sa sécurité.
Pour ses courts trajets à travers Rome, le pape argentin optait souvent pour une simple Fiat blanche.
Pour accéder à l'exposition, les visiteurs traversent le Pavillon des carrosses du musée, où sont exposés les somptueux carrosses tirés par des chevaux utilisés par les papes et les cardinaux d'autrefois, avant que les constructeurs automobiles mondiaux ne commencent à courtiser le pape avec leurs véhicules à essence.
S'adressant aux journalistes, le directeur général de Mercedes-Benz Heritage, Marcus Breitschwendt, a déclaré que les voitures historiques du constructeur, y compris les papamobiles, sont exposées dans un musée hautement sécurisé à Stuttgart.
"Une règle claire pour tout le monde" y est appliquée, a précisé M. Breitschwendt. "Il est strictement interdit à quiconque, même à notre PDG, à nous tous, de s'asseoir sur le siège du pape", a-t-il ajouté. "Et il en sera toujours ainsi".
