11/02/2026
Le lobby automobile allemand critique la passivité de l'UE sur la crise du secteur
Par Agence de presse AFP
(AFP) - Le lobby automobile allemand a accusé mardi la Commission européenne de " déni de réalité" quant à la crise du secteur et l'urgence de réformes pour préserver sa compétitivité et les investissements étrangers.
Près des trois quarts d'une centaine d'entreprises automobiles interrogées par la VDA en janvier ont annulé, reporté ou délocalisé à l'étranger des investissements prévus en Allemagne, a déploré la présidente de la fédération, Hildegard Müller, lors d'une conférence de presse.
En face, "on observe trop souvent à Bruxelles un dangereux mélange de déni de réalité" et de "sentiment de pertinence", a martelé Mme Müller.
L'exécutif européen reste "figé dans la description de défis complexes, sans réellement passer à la résolution des problèmes", a-t-elle regretté.
Que ce soit lors des négociations douanières ou face à la compétition avec la Chine, le modèle européen qui consiste à "réguler la transformation de manière planifiée n'est pas un modèle de réussite", a-t-elle fustigé.
Cela constitue "une invitation à nos concurrents et rivaux à occuper les brèches qu'ouvre l'Europe par son manque d'attractivité comme site d'implantation", selon la lobbyiste.
L'industrie automobile européenne était déjà en crise avant les droits de douane américains, confrontée à une demande faible et à une forte concurrence chinoise.
Volkswagen, Mercedes-Benz et BMW ont subi des baisses de ventes en Chine, tandis que Stellantis a annoncé une dépréciation de 22 milliards d'euros sur son activité véhicules électriques.
Mme Müller a également critiqué le "paquet automobile" de la Commission européenne présenté en décembre.
Bruxelles a renoncé à imposer aux constructeurs de véhicules de passer au tout-électrique à partir de 2035, qui était une mesure environnementale phare.
Mais cela n'est qu'un " verbiage" sur la déréglementation, qui ne cesse par ailleurs d'enfler, selon Mme Müller.
"En 2025, l'Union européenne a introduit plus de législation qu'à aucun moment au cours des 15 dernières années, soit quatre lois par jour".
"Nous ne pouvons pas suivre leur mise en oeuvre", a-t-elle accusé.
Quant à l'initiative "Made in Europe", soutenue par Stéphane Séjourné, le vice-président de la Commission chargé de ce dossier, Mme Müller a jugé que ces projets risquaient d'accroître la bureaucratie pour l'automobile et de pénaliser ses ventes à l'export.

