Publicité
Publicité
09/02/2026

Les droits de douane font chuter les exportations allemandes vers les Etats-Unis

Par Agence de presse AFP

(AFP) - Les exportations allemandes vers les États-Unis ont chuté de 9,3% en 2025 sous l'effet des droits de douane, tandis que l'excédent commercial du pays avec la première économie mondiale est tombé à son plus bas niveau depuis 2021, a indiqué vendredi l'office statistique Destatis.

   Les exportations totales ont toutefois légèrement augmenté, de 1% à 1.569,6 milliards d'euros en données corrigées des variations saisonnières (CVS), après deux années de contraction, grâce à un renforcement des échanges avec l'Europe, qui a compensé la baisse des livraisons vers les Etats-Unis ainsi que vers la Chine (-9,3%).
   Fragilisée par deux ans de récession, l'Allemagne a été durement touchée par la vague de droits de douane de Donald Trump, aboutissant en juillet à un droit de base de 15% pour les exportations de l'UE vers les États-Unis.

   Ces bouleversements font que la Chine est redevenue en 2025 le premier partenaire commercial de l'Allemagne  - exportations et importations totalisent 251,8 milliards d'euros -, reprenant aux Etats-Unis, avec un total de 240,5 milliards d'euros, un rang qu'ils lui avaient ravi en 2024 et retrouvant une première place qu'elle occupait sans interruption depuis 2016.
   Au terme d'une année douloureuse pour son industrie, l'Allemagne a vu son excédent commercial se réduire d'environ 40 milliards d'euros l'an dernier, pour atteindre 202,8 milliards d'euros.

   Les industriels du "Made in Germany" ont toutefois fini l'année 2025 sur une note rassurante : les exportations allemandes ont augmenté de 4,0% en décembre par rapport à novembre, plus vite que les importations (+1,4%), un chiffre dépassant les attentes du consensus sondé par Factset.
   Par contraste avec l'ensemble de l'année, les exportations vers les États-Unis ont aussi augmenté, de 8,9% sur le mois, et celles vers la Chine de 10,7%. 
   Malgré tout "la tendance reste à la baisse tant pour les exportations vers les Etats-Unis que pour les livraisons vers la Chine", déclare à l'AFP Ralph Solveen, économiste chez Commerzbank.
   Les droits de douane américains plus élevés "rendent les produits allemands moins compétitifs sur le marché américain", tandis que les exportations vers la Chine "sont freinées par la quête d'autonomie du pays et par une demande intérieure toujours très faible", à quoi s'ajoute "la compétitivité globalement affaiblie de l'économie allemande", selon l'expert.

   Dans ce contexte, l'Allemagne cherche à intensifier ses liens avec d'autres partenaires commerciaux.
   Après ses voyages au Brésil, en Afrique du Sud et en Inde, le chancelier allemand Friedrich Merz termine vendredi une tournée dans les pays du Golfe, où l'Allemagne espère des débouchés pour son industrie automobile et chimique notamment.
   Autre indicateur dévoilé vendredi par Destatis, la production industrielle a reculé de 1,9% sur un mois en décembre, en données CVS, mettant fin à une série de trois hausses mensuelles.
   Cette baisse est pire qu'attendu par Factset (-0,35%), néanmoins, "la production affiche encore une solide dynamique trimestrielle (+0,9 %), laissant entrevoir un retournement de tendance prochain et une base favorable à la croissance allemande en 2026", commente Sebastian Wanke, économiste de la banque publique KfW.

Partager cet article

Par Agence de presse AFP

L’Agence France-Presse (AFP) est une agence de presse internationale indépendante qui produit et diffuse en continu dépêches, photos, vidéos et infographies dans le monde entier. Présente dans plus de 150 pays, elle est l’une des principales sources d’information pour les médias et institutions. Autoactu.com diffuse en verbatim les dépêches AFP concernant l’automobile.

Réactions

Aucun commentaire, soyez le premier à participer !

Votre commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire

Autres articles

Constructeurs

Un "reset" à 22,2 milliards d’euros, la note salée du virage stratégique d’Antonio Filosa

En amont de la présentation de ses résultats financiers annuels, le 26 février prochain, le groupe Stellantis a lâché une bombe avec l’annonce de charges exceptionnelles de 22,2 milliards d’euros pour le deuxième semestre 2025. Le fil rouge de ce virage stratégique est "le recentrage sur la demande naturelle des clients avec un plan produits moins focalisé sur le véhicule électrique" et une ambition de croissance des volumes. Détail des coûts et commentaires d’Antonio Filosa, CEO et Joao Laranjo, directeur financier.

Analyse

L’incomplet "reset" de Filosa

Le grand "reset" annoncé vendredi ambitionne de nettoyer les écuries et de permettre de lâcher les chevaux de Stellantis pour orchestrer une reconquête des volumes et des profits. Toutefois, les éléments fournis révèlent un tropisme de l’etat-major très américain. La prise de conscience de l’ampleur des dégâts à réparer semble dès lors très partielle et fait craindre qu’il faille ajouter plus tard à ce reset partiel un autre au moins aussi ample pour reconstruire les positions très abimées du groupe en Europe.

Equipementiers

Stellantis se retire de NextStar Energy et revoit à la baisse ses ambitions dans les batteries

Simultanément à l'annonce de 22,2 milliards d’euros de charges exceptionnelles dans ses comptes 2025, Stellantis a confirmé un nouveau recentrage stratégique dans la batterie. Le groupe automobile a annoncé, vendredi 6 février, la cession de sa participation de 49% dans NextStar Energy à son partenaire coréen LG Energy Solution, qui devient ainsi l’unique propriétaire de la coentreprise canadienne.

Constructeurs

Volkswagen Group France : bilan 2025 et ambitions 2026

A l’exception de Volkswagen, toutes les marques du groupe ont gagné des parts de marché en 2025 sur le marché VP. Volkswagen Utilitaires a pour sa part réalisé un record en gagnant 0,9 point sur le marché du VUL. L’année 2026 sera résolument électrique avec une pléthore de modèles aux tarifs attractifs.