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27/08/2026

Toyota relève ses prévisions, aidé par un yen affaibli

Par Agence de presse AFP

(AFP) - Le géant automobile japonais Toyota a annoncé début août un bond plus fort qu'attendu de son bénéfice net sur avril-juin et relevé ses prévisions pour l'ensemble de son exercice 2026-2027, aidé par l'affaiblissement du yen et malgré un environnement toujours difficile.

   Le constructeur, numéro un mondial du secteur, a dégagé au premier trimestre de son exercice décalé (avril-juin) un bénéfice net de 1.480 milliards de yens (8,16 milliards d'euros), en hausse de 76% sur un an et très au-delà des attentes des analystes sondés par Bloomberg.
   Dans le même temps, son chiffre d'affaires a progressé de 10,4%, à 13.525 milliards de yens (74,5 milliards d'euros).
   Le groupe a enregistré le cinquième trimestre consécutif de recul de son bénéfice d'exploitation (en repli de 8,8% sur un an).
   Pour autant, "malgré l'impact de la situation au Moyen-Orient, les résultats ont été maintenus relativement stables grâce aux effets de change" positifs, "aux réductions de coûts (...) et à la hausse des ventes de véhicules hybrides électriques très compétitifs", a expliqué Toyota.
   Le groupe a particulièrement bénéficié de la popularité persistante aux Etats-Unis de ses véhicules hybrides, technologie dont il s'est fait une spécialité. 
   Ce facteur s'est conjugué à l'affaiblissement persistant du yen, qui a récemment glissé à son plus bas niveau depuis quatre décennies face au dollar, de quoi doper les ventes à l'exportation.
   Ceci a permis d'amortir l'impact de la flambée des coûts des matières premières et des perturbations de la chaîne d'approvisionnement provoquées par le conflit au Moyen-Orient, qui a rallongé les routes maritimes et entraîné des tensions sur l'aluminium.
   De quoi compenser aussi des ventes mondiales moroses : les ventes totales du groupe en volume de véhicules ont baissé de 2,8% sur un an au premier semestre calendaire (janvier-juin).
   Elles sont plombées par un plongeon de 17,1% de ses ventes en Chine, marché crucial où Toyota affronte la concurrence acérée des constructeurs automobiles locaux, dont BYD, qui multiplient les lancements de véhicules électriques aux options sophistiquées.
   Le yen offre aussi un répit face aux barrières douanières imposées par l'administration de Donald Trump. Pour continuer à exporter à des conditions compétitives vers les Etats-Unis, les constructeurs japonais ont dû baisser leurs prix à l'export pour ne pas répercuter ce surcoût.
   Le taux de change est un facteur crucial pour Toyota, qui réalise quelque 80% de ses ventes à l'international, tout en conservant une importante base industrielle au Japon.
   
"Amortir les pressions"
     Sur l'ensemble de l'exercice, l'affaiblissement du yen, tout comme la solidité des ventes d'hybrides, permettront d'amortir l'impact d'une conjoncture internationale compliquée.
   Toyota a ainsi fortement revu en hausse ses prévisions. Le groupe anticipe désormais pour l'exercice 2026-2027, entamé en avril, un bénéfice net de 3.250 milliards de yens (17,9 milliards d'euros), en baisse de 15,5% sur un an, mais supérieur aux 3.000 milliards attendus jusqu'ici.
   Il vise un bénéfice d'exploitation de 3.400 milliards de yens (-9,7% sur un an), prévision là aussi relevée, ainsi qu'un chiffre d'affaires de 54.000 milliards de yens (en hausse de 6,5% sur un an), chiffre légèrement abaissé.
   "Outre la révision de nos hypothèses de change, nous avons enregistré des progrès constants dans nos activités commerciales, notamment grâce à la mise en place d'itinéraires logistiques alternatifs vers le Moyen-Orient et à une rentabilité accrue au long de la chaîne de valeur", a fait valoir Takanori Azuma, un responsable financier du groupe.
   Le constructeur nippon continue par ailleurs d'évaluer l'impact du séisme survenu dans le sud-ouest du Japon fin juillet, qui a affecté la production dans des usines du groupe.
   Ces nouvelles prévisions demeurent très inférieures aux anticipations des analystes sondés par Bloomberg.
   Signe d'une certaine déception du marché, le titre Toyota reculait de 1,80% vers 06H10 GMT. Et ce malgré l'annonce d'un rachat d'actions par le groupe, pour un montant pouvant s'élever jusqu'à 1.000 milliards de yens (5,5 milliards d'euros) d'ici août 2027.
   "La faiblesse du yen devrait permettre d'amortir les pressions liées à la géopolitique, aux droits de douane, à la chaîne d'approvisionnement et aux coûts. Toutefois, elle ne saurait les éliminer ni résoudre les défis structurels propres" au groupe, a prévenu Tatsuo Yoshida, analyste chez Bloomberg Intelligence. 

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