30/09/2026
A Clermont-Ferrand, une plateforme de biotechnologies du futur
Par Agence de presse AFP
(AFP) - Crèmes anti-âge, pneus, lait maternel : Danone et Michelin ont inauguré mardi à Clermont-Ferrand une plateforme de biotechnologies, l'une des plus importantes en Europe, afin de faciliter la fermentation avancée des micro-organismes entrant dans la composition de ces produits.
Champignons, levures, micro-algues vont être utilisés comme des "petites usines biologiques pour obtenir la molécule (protéine, enzyme, etc) qui nous intéresse", souligne Khadidja Romari, directrice générale de la "Biotech Open Platform".
Avec cet outil de 5.000 m2, constitué d'une ligne de fermentation de 15 m3, l'objectif est de passer du laboratoire à l'échelle pré-industrielle.
Le complexe, qui emploie pour l'instant 16 salariés, s'adresse à des startups, des industriels et des acteurs de la R&D.
"Nous sommes en discussion avec des clients qui cherchent à faire des produits comme des ingrédients cosmétiques, colorant naturel, etc.", mais la plateforme garantit la confidentialité des projets, dont le nombre n'est pas précisé, explique Mme Romari.
Au-delà du remplacement des produits pétro-sourcés, il s'agit selon elle d'apporter "une solution qui n'existait pas".
Sur ce marché qui représente 150 milliards de dollars, près de 70% des innovations sont limitées par manque de structure.
Une deuxième ligne de fermentation devrait être installée d'ici 2028, voire une troisième.
"Nous sommes engagés dans ce projet car nous-mêmes nous travaillons (...) sur la fermentation depuis plus d'un siècle", relève Albe Wendt, responsable des programmes d'innovation "ingrédients et packagings" pour le géant de l'agro-alimentaire Danone, premier client de la plateforme.
"Nous faisons du co-développement avec certains de nos fournisseurs, avec des startups, et c'est aussi un moyen de leur donner un accès à un outil performant" qui utilise également l'intelligence artificielle, ajoute-t-il.
Pour le fabricant de pneumatiques Michelin, il s'agit de "remplacer des résines historiques" qui utilisent des molécules toxiques comme le formaldéhyde et de faire "des résines qui soient biosourcées", explique de son côté Laurent Lemonnier, directeur des systèmes d'information de Résicare, filiale du groupe.
La plateforme a été financée sous forme d'une joint-venture à hauteur de plus de 21 millions d'euros notamment par Danone et Michelin, avec le soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpes (via l'Union européenne) et de la métropole Clermont-Auvergne.

