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10/02/2026

Après le séisme Stellantis, une saison de résultats dans la tourmente

Par Agence de presse AFP

(AFP) - Le krach de Stellantis vendredi a donné le ton : plombée par un marché mondial ralenti, la déferlante chinoise, une mutation électrique chaotique et un écart de compétitivité qui se creuse, l'industrie automobile française publie à partir de mercredi des résultats 2025 sous pression.

Entre avertissements sur résultats et fermetures d'usines, sans oublier la colossale provision de 22 milliards d'euros annoncée par le groupe franco-italo-américain, les six "majors" françaises de l'auto, les constructeurs Stellantis (cinquième mondial) et Renault (quatorzième) ainsi que les équipementiers Michelin, Valeo, Forvia et OPmobility, soulignent toutes une situation très difficile en France et en Europe.

D'autant que les ventes de voitures neuves en France ont encore reculé en janvier (-6,5%), après un repli de 5% sur toute l'année dernière.

Premier à entrer en lice mercredi, le fabricant de pneus Michelin a déjà annoncé que ses bénéfices annuels 2025 seraient en nette baisse. Le groupe de Clermont-Ferrand a dégagé au premier semestre un résultat net en chute de 27,8%, en raison de ventes en recul (-3,4%). En 2023, Michelin avait annoncé la fermeture de plusieurs usines, dont deux en France, à Cholet et Vannes, d'un total de 1.254 salariés.

Le 19 février, Renault devrait mieux tirer son épingle du jeu, porté par des ventes annuelles en hausse de 3,2% en volume, dopé par le lancement de la R5 électrique. Mais le groupe a vu chuter son bénéfice de 69% au premier semestre et prévoit une baisse de sa marge. Pour économiser, il a gelé les embauches au niveau mondial et, selon la presse, envisage un plan de départs.

Réponse le 10 mars, jour de la présentation de son plan stratégique.

Stellantis annoncera le 26 février un résultat dans le rouge vif, dû aux énormes charges annoncées vendredi, destinées notamment à ralentir sa production dans l'électrique, une volte-face à contre-courant de ses concurrents chinois. La perte sera de 19 à 21 milliards d'euros pour le second semestre, a prévenu Stellantis, après celle de 2,3 milliards au premier.

"Usines compactées"

Le contexte est encore plus difficile pour les équipementiers et leurs fournisseurs, ébranlés par des concurrents chinois qui bradent les prix. Ceux qui fabriquent des pièces pour moteurs thermiques sont aussi particulièrement menacés.

Après avoir annoncé la suppression d'environ 2.000 emplois en France et en Allemagne, Valeo, qui publiera ses résultats le 26 février, a vu son bénéfice net chuter de 26% au premier semestre. Le groupe prévoit des ventes annuelles d'environ 20,5 milliards d'euros, soit une baisse de 5%.

Seule exception, OPmobility (le 25 février), qui prévoit une amélioration de sa marge opérationnelle et de son résultat net, avec un chiffre d'affaires quasiment stable sur neuf mois. Mais pas son concurrent Forvia (publication le 24), qui a perdu 269 millions d'euros au premier semestre et annoncé la suppression de 10.000 postes d'ici 2028. Tous trois ont la même stratégie, produire en Chine pour des clients chinois.

"L'Europe a un écart de coût de 15 à 35% avec la Chine. Si on ne fait rien, elle peut perdre 23% de valeur ajoutée pour les équipementiers automobiles, avec 350.000 emplois menacés", souligne le cabinet Roland Berger, qui a réalisé une étude pour le Clepa (association des équipementiers automobiles européens).
Avec un effet domino, ces derniers mois ont vu se multiplier les plans sociaux dans le secteur, comme chez le groupe allemand Bosch, leader mondial en difficulté, qui ferme plusieurs usines en Europe dont une en France, à Yzeure (Allier), ou Lisi Automotive, qui ferme une usine dans le Val-d'Oise.

Fin 2024, le n°2 mondial des constructeurs automobiles, Volkswagen, a décidé de supprimer 35.000 postes en Allemagne d'ici 2030 et Ford 4.000 postes en Europe d'ici fin 2027.

Ces suppressions d'emplois ne sont pas toujours immédiatement visibles : plutôt que de fermer des sites, les industriels préfèrent "compacter" des usines, c'est-à-dire suppriment des lignes, quitte à laisser des bâtiments vides.

La préférence européenne que l'UE pourrait décider le 25 février - l'exigence de 75% de contenu local dans les voitures vendues en Europe, pour pouvoir bénéficier de bonus à l'achat - pourrait protéger en partie les industriels européens, selon Roland Berger.

Mais rien ne dit que cette mesure suffise à inverser la tendance, sachant que déjà, selon le cabinet Dataforce, les marques chinoises ont atteint 9,5% des ventes en Europe en décembre. Et ce malgré les droits de douane européens instaurés en 2024 sur les voitures chinoises, qui peuvent pourtant atteindre 37%.

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Par Agence de presse AFP

L’Agence France-Presse (AFP) est une agence de presse internationale indépendante qui produit et diffuse en continu dépêches, photos, vidéos et infographies dans le monde entier. Présente dans plus de 150 pays, elle est l’une des principales sources d’information pour les médias et institutions. Autoactu.com diffuse en verbatim les dépêches AFP concernant l’automobile.

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